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  • cours - matière potentielle : des deux der
  • cours - matière potentielle : des prochaines années
38 L ongtemps boudée par les investisseurs en rai- son de sa vie politique chaotique, la Guinée a prisunnouveaudépart voilàunan,avec l'élec- tion à la présidence de la République d'Alpha Condé. Ce professeur d'université formé en France a remporté le premier scrutin démo- cratique organisé depuis l'indépendance en 1958.Il s'est aussitôtatteléà lacréationd'unEtatdeDroitgarant des libertés fondamentales et organise parallèlement la relance de l'économie grâce aux immenses ressources naturelles que possède son pays : premières réserves de bauxite de la planète, fer,diamants,or, etc. « Nous sommes décidés à faciliter l'accès des investisseurs étrangers aux potenti- alités de la Guinée dans
  • gamme complète de ser- vices logistiques
  • jeux du secteur des télécommunications
  • transports ¶
  • interconnexionentre lesréseaux des opérateurs de téléphonie mobile et de l'amélioration de la couverture du territoire
  • construction de nouvelles routes
  • badam ¶
  • marchés nationaux
  • marché national
  • marchés national
  • guinée

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Langue Français
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Exrait

Invitation d’Alpha Condé au G8 :GUINEE un appui à la démocratisation de l’Afrique.
pourposerlesbasesdudécollageéconomique.
Dans ce contexte, nous souhaitons renforcer
notrecoopérationaveclaFrance.Nosrelations
ont été tumultueuses par le passé, mais nous
voulonslesintensifiersurdenouvellesbases»,
déclare Alpha Condé, qui rappelle que le Me-
defa organisé la visite de plusieursdizaines
d’hommesd’affairesàConakryenjuindernier.
Phot o:Lo Do VIC-PooL /SIPA Lessecteursdel’énergie,del’eau,desinfrastruc-
turesroutières,del’agricultureetdesminesétaient
lesmieuxreprésentésauseindecettedélégation.Retoursurlascène
« Nous sommes aujourd’hui perçus sur la
scène internationale comme un pays crédible.
Nous avons créé un cadre juridique adéquatinternationale
pour protéger les investisseurs et mis en place
ongtempsboudéeparlesinvestisseursenrai- des procédures qui garantissent la transparence de toutes les
sondesaviepolitiquechaotique,laGuinéea opérations.Encequiconcernelescontratspublics,leprésident
prisunnouveaudépartvoilàunan,avecl’élec- delaRépubliqueveillepersonnellementàcequechaquepar-
tionàlaprésidencedelaRépublique d’Alpha tie tienne ses engagements »,assureAmara Camara,ambas-
Condé. Ce professeur d’université formé en sadeurdeGuinéeenFrance.Parisarenforcésondispositifde
France a remporté le premier scrutin démo- coopérationinstitutionnelleavecConakry,afind’aiderlesau-Lcratique organisé depuis l’indépendance en toritésàrétablirlepleinfonctionnementdel’Etatdansdesdo-
1958.Ils’estaussitôtatteléàlacréationd’unEtatdeDroitgarant mainesaussivariésquelesdouanes,laBanquecentrale,lefisc,
deslibertésfondamentalesetorganiseparallèlementlarelance la Justice…« Nous formons également les forces de sécurité,
de l’économie grâce auximmenses ressources naturelles que pôleessentieldelastabilisationdupays.Cettebonneentente
possèdesonpays:premièresréservesdebauxitedela favorise les échanges bilatéraux, même si les grands
planète,fer,diamants,or,etc.«Noussommesdécidésà projetsbuttenttoujourssurl’obstacledufinancement.
faciliterl’accèsdesinvestisseursétrangersauxpotenti- Le Président Alpha Condé a favorablement impres-
alitésdela Guinéedanslecadredecontratsgagnant- sionnélesentrepreneursfrançaisetnousespéronsque
gagnant. Nous voulons que les entreprises qui sont dessociétésdelatailled’EDFetdelaSAURserontbien-
partiesreviennentetparticipentàlamiseenvaleurde tôtenmesuredecontribueràl’améliorationdel’appro-
nos richesses minières,de notre agriculture et de nos visionnementeneauetélectricité»,affirmeJeanGrae-
capacités de production d’hydroélectricité »,explique bling,ambassadeurdeFranceenGuinée,quisouligne
AmaraCamaraAlpha Condé.Le président de la République cherche queParisappuielesdemandesdefondsqueConakryAmbassadeurde
autant à accélérer la croissance – le PIB devrait aug- Guinéeen France soumetauxinstitutionsinternationales,BanqueMon-
menterde4%cetteannée–qu’àmettresurpieddes dialeetUnionEuropéenneentête.Ilpensequeplusieurs
projetsporteursd’unevéritableplus-valuesociale,c’est-à-dire dossiersmajeursvontsedébloqueren2012etappellelesentre-
capables d’améliorer les conditions de vie de la population. preneurstricolores à prendreposition sur le marché guinéen.
«Peuimportelacroissances’iln’yarienàmangerdansl’assiette Les investisseurs étrangers intéressés par la Guinée peuvent
du citoyen. Dans cette optique, l’autosuffisance alimentaire compter sur le soutien de l’Agence de Promotion des Inves-
constituel’unedenospriorités.Nousdisposonsdesterresetde tissements Privés (APIP). « Les capitaux sont encore trop
l’eaunécessairespourdevenirunepuissanceverteenAfrique concentrésdanslesecteurminier.Pourtant,notrepaysn’estpas
de l’Ouest et diminuer nos importations.Nos cherchons des seulementunscandalegéologique,maisaussiunscandaleagri-
partenaires pour étendre les cultures industrielles »,poursuit cole.Nousvoulonsdepluscommencerànousindustrialiser:
Alpha Condé,qui a pu exposer sa vision du développement la transformation des matières premières constitue une prio-
lors du sommet du G8 de Deauville de mai dernier, auquel ritégouvernementale»,expliqueAlsényDiallo,directeurgéné-
l’avaitconviéNicolasSarkozy.Auchapitremacroéconomique, ral de l’APIP,qui a contribué au succès de la visite du Medef.
le gouvernement poursuit les négociations avec le Fonds Le prochain agrandissement du port de Conakry par le
monétaire international: il espère atteindre dans quelques Groupe Bolloré illustre le potentiel du marché guinéen.
semaines le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Ce projet suscite l’enthousiasme des hommes d’affaires
TrèsEndettés,cequidevraitsetraduireparunallégementde locaux.« L’investissementprogramméde500millionsd’euros
2milliardsdedollarsdeladetteextérieure.«Nouspossédons devrait éliminer le goulet d’étranglement logistique et accé-
un sol et un sous-sol suffisamment riches pour subvenir à lérerles opérations de déchargement. Routes,capacités de
nosbesoins,maisnousavonsbesoindusoutieninternational stockage, distribution… beaucoup reste à faire. L’administra-
tion a simplifié les formalités et nous travaillons aujourd’hui
plus facilement », conclut Hassan Wazni, directeur général
d’ALIMAG, une société d’importation de produits alimen-
taires qui a récemment cédé 18 000 tonnes de riz au gou-
vernement à prix coûtant. La marchandise a été ensuite
revendue aux plus démunis à prix subventionné. En cette
période de profondes réformes que vit la Guinée, le gou-
vernement n’entend laisser personne sur le bord de la route.
38ENTRETIENAVECALPHACONDÉ
LAFORCEDECONVICTIOND’UNDESTINFORGÉDANS L’OPPOSITION
Alpha Condé est devenu président de la République de national et la Banque Mondiale.Le nouveau code minier
Guinée le 15 novembre 2010. Ce professeur universi- voté par le Parlement il y a quelques jours va augmenter
taire au parcours brillant – il est devenu docteur d’Etat nos revenus.Parallèlement,legouvernementva reprendre
en Droit public à la Sorbonne – militait depuis plusieurs le contrôle des principales infrastructuresdetransport et
décennies pour la démocratisation de son pays, ce qui demander aux compagnies minières de s’acquitter d’une
lui a valu l’exil et la prison.Confronté à l’impatience d’un taxed’utilisation.Grâceauxrecettessupplémentaires,nous
peuple qui n’a pas vu ses conditions de vie s’améliorer avonsparexemplel’intentiondeconstruiredescentreshos-
de façon substantielle depuis l’indépendance, il consacre pitaliersenprovince.Nousavonsaussidécidé d’ouvrirdes
toute son énergie à remettre en état de marche l’une des écoles professionnelles.60% des Guinéens ontmoins de
économies au plus fort potentiel d’Afrique de l’Ouest. 30ans.Nousdevonsleurpréparerunavenirmeilleuretinci-
Question : Quel bilan pouvez-vous dresser à l’aube de terlesjeunesqualifiésquiviventàl’étrangeràreveniraupays.
votrepremieranniversaireàlaprésidence? Q.:QuelrôlelaFrancepeut-ellejouerdanscettenouvelle
Réponse :Nous avons pour mission de refonder l’Etat sur étapedel’histoiredelaGuinée?
des bases saines. Nous avons commencé à redresser une R. : Malheureusement, la plupart des sociétés françaises
situation fortement compromise par plusieurs décennies sont parties.Aujourd’hui,je propose à Paris une nouvelle
d’incurie et de corruption.Le Trésor centralise désormais base de coopération respectueuse de la souveraineté des
touslescomptesetmoyensdepaiementdesentreprisespu- Etats. Les responsabilités partagées des mauvaises expé-
bliquesetnereçoitplusd’argentdelaBanquecentralequ’en riences passées doivent alimenter une réflexion bilaté-
contrepartiededevises.Nousavonsrécupérélesterrainset rale et permettre de bien préparer le retour des entre-
biensimmobilierspublicsdontjouissaientillégalementles prises tricolores dans notre pays. Nous collaborons déjà
dignitairesdel’ancienrégimeetnousfaisonslachasseaux avec la France au niveau de la gendarmerie et de l’armée.
salariésfantômesdessociétésd’Etat.Nousavonsdemandé Nousavonsdemandédescoopérantsauniveaudela Jus-
àlaCourdesComptesfrançaiseunauditdescontratssignés tice,deladouaneetduport.Nousavonségalementnoué
parlegouvernementantérieuravecdifférentsinvestisseurs, un partenariat avec la RATP pour gérer les transports
cequinouspermettraderévisercertainesclausesabusives. en commun dans la capitale. Electrifica-
Parallèlement, nous donnons aux forces de sécurité les tion et autosuffisance alimentaire sont
moyensdeluttercontrelestraficsentousgenres.Latâche deux enjeux majeurs et nous sommes
est ardue, mais nous avançons dans la bonne direction. demandeurs des savoir-faire français
Q.:Oùpensez-voustrouverlesmoyensd’accélérerlalutte dans ces domaines.Nous sommes en
contrelapauvreté? traindecréerunenvironnementfavo-
R.:Toutresteàfaireenmatièredesanté,d’éducation,d’ac- rableàl’investissementafindefaciliter
cèsà l’eauoubienencore d’infrastructures.Nouspouvons l’implantation des entreprises étran-
nousattaqueràcetimmensechantierengérantmieuxnos gères.LapartdelaJusticedans
propresressources.En2010,lesredevancesverséesparles le budget de l’Etat va
compagniesminièressesontétabliesàseulement120mil- passerde0,5%à5%:
lions de dollars.Cette année,en négociant avec Rio Tinto, nous voulons offrir
l’Etatadéjàobtenu700millions.Nousvoulonsquecetar- au secteur privé les
gentalimenteuncollectifbudgétairedestinéàluttercontre garanties juridiques
lapauvreté,encollaborationavecleFondsmonétaireinter- dont il a besoin.
ReportageréaliséparVeritasCommunications39vise un taux à un chiffre. « Cela fait partie deBanquesetfinances nos engagements envers la Zone monétaire de
l’Afrique de l’Ouest et de l’Agence monétaire deAssainissement et relance du crédit l’Afriquedel’Ouest.Cetteévolutiondevraitnous
permettredereveniràuntauxd’intérêtréelposi-
e service de la dette et la masse salariale de la tif tout en maintenant le coût du crédit à un niveau abordable
fonction publique représentent aujourd’hui les pour les agents économiques. Nous mettons progressivement
deux tiers des dépenses publiques, pra- enplaceunenvironnementfavorableàl’investissementLtiquementàparts égales. La margede dans un pays où tout reste à faire »,déclare Louncény
manœuvre du gouvernement en termes d’investis- Nabé, gouverneur de la BCRG depuis janvier 2011.
sement est donc limitée,mais plusieurs initiatives de- Il travaille aujourd’hui d’arrache-pied au rétablis-
vraientrapidementpermettrederedresserlasituation. sement des grands équilibres macroéconomiques.
«Nousavonsentreprisuntravaildefondauniveaudes «Notremonnaies’estdépréciée,letauxdechangepas-
recettes,impôts et taxes douanières par exemple.Cela santde6500à8500francsguinéenspourundollarentre
passeparunchangementdementalitéetunelutteaccrue décembre et mars derniers. Pour enrayer ce phéno-
LouncényNabécontre la corruption.Avec le soutien mène,nous avons arrêté de comman-Gouverneur
BCRGdu Fonds monétaire international et der de nouveaux billets pour financer
delaFrance,noussommesentraind’informa- leTrésorpublic.Letauxdechangeestremonté
tiser différentes administrations et d’effectuer à moins de 7500 francs pour un dollar et les
descontrôlesfiscauxpournousassurerqueles versements des opérateurs privés à la Banque
grandes entreprises s’acquittent bien de leurs centraleontrepris»,seréjouitLouncényNabé.
devoirs», explique KerfalaYansane, ministre Pourlesprochainsmois,ils’estfixépourobjec-
de l’Economie et des Finances.« Nous avons tifde faire converger les taux de change des
René BuéeKerfalaYansane aussi changé le mode de fonctionnement des marchés interbancaire et libre.Au chapitre des DirecteurGénéralMinistrede
UGARl’Économieetdes administrations: elles ne peuvent désormais signaux encourageants, le gouverneur signale
Finances dépenser que les recettes qu’elles engrangent. ledésendettementduTrésorpublicvis-à-visde
A terme,cette stratégie va contenir la hausse des prix et facili- laBCRG:l’ardoisede3500milliardsdefrancsdelafin2009a
terlastabilisationdenotremonnaie»,reprendKerfalaYansane. étéeffacée.Avecsescomptesassainis,laBanqueespèreobtenir
Le ministre,qui prévoit untaux de croissance de 4 % en 2011, duFMIuncréditde125millionsdedollarsafind’augmenterses
poursuit les négociations avec le FMI et la Banque Mondiale liquidités.La décision sera prise en novembre.
pour atteindre rapidement le point d’achèvement de l’initiative « Nous faisons en sorte que la Guinée rede-
PaysPauvresTrèsEndettésL’inflationadépassé20%l’annéeder- vienne rapidement un pays comme les autres
nière.LaBanqueCentraledelaRépubliquedeGuinée(BCRG) dansledomainebancaire»,reprendLouncény
Nabé.Plusieursétablissements financiers fran-
çais sont déjà implantés en Guinée-Conakry.
Larelancedelaproductionminièreetagricole
constituel’axecentraldelapolitiqueéconomique
Moriba Keita du gouvernement. Un établissement financierDirecteurGénéral
BADAM spécialisé s’adressedepuis2010auxentreprises
decesdeuxsecteurs:laBanqueAfricainedeDé-
veloppementAgricoleetMinier(BADAM).«Lesbesoinsenser-
vicesbancairesdesexploitationsagricolesetminièresconstituent
unpotentieldecroissancetrèsintéressant»,assureMoribaKeita,
directeurgénéraldelaBADAM.L’Etatestleprincipalactionnaire
del’établissementets’estengagéàluifournirlesfondsnécessaires
à l’accomplissementdesamission.Labanqueprévoit d’étendre
rapidementsonréseaucommercialàl’intérieurdupays,afindese
rapprocherdeszonesagricolesetminières.«Alongterme,nous
entendons devenir un acteur de premier plan des échanges de
produitsagricolesentrepaysafricainsd’unepartetentrel’Afrique
etlesautrescontinents,unprojetpourlequelnousn’excluonsune
allianceavecunebanqueinternationale»,affirmeMoribaKeita.
Auxcôtés des banques,les assurances constituent le deuxième
pilier du secteur financier.Le marché national est dominé par
l’Union guinéenne d’Assurances et de Réassurances (UGAR),
dont les principaux actionnaires sont un fonds d’investisse-
ment luxembourgeois (65 %) et l’Etat (18 %) .« Grâce à notre
expérience de plus de 20 ans et aux partenariats enrichissants
nouésaucoursdenotrehistoireavecdessociétéseuropéennes,
nous détenons aujourd’hui plus de 60 % des parts de mar-
ché et les perspectives de croissance restent bonnes : le total
des primes que nos assurés nous versent devrait augmenter de
30 % l’année prochaine »,déclare René Buée,directeur général
de l’UGAR,qui pilote un réseau de 15 agences réparties dans
toutlepays.Sesprévisionss’appuientsurlelancementdenom-
breux projets dans lessecteurs de la construction et des mines.
40oudi sa
Poste, télécoms et
nouvelles technologies
eL’entrée dans le XXI siècle
aGuinée met les bouchées doubles pour se
hisser au niveau des pays africains les plus avan-
cés en matière de télécommunications et nou-Lvelles technologies. L’Autorité de Régulation des
Postes et Télécommunications (ARPT) met en place un
environnementfavorable auxinvestisseursprivésetveille
au respect du cahier des charges des opérateurs en place,
afin de faciliter l’accès du plus grand nombre à des ser-
vices efficaces et bon marché. « Il s’agit
d’une institution clé dans le processus de
développementsocio-économique de la
Guinée.A travers la mise en œuvre d’une
concurrence loyale et l’application des
textes,nousprotégeonsaussibienlesinté-
rêtsdesconsommateursqueceuxdel’Etat,
tout en garantissant la liberté d’action des
Moustapha opérateurs privés », explique Moustapha
MamyDiaby MamyDiaby,directeurgénéraldel’ARPT.Dir. Général -ARPT
Ilafaitdel’interconnexionentrelesréseaux
des opérateurs de téléphonie mobile et de l’amélioration
de la couverture du territoire ses deux priorités. L’ARPT
a assisté en juillet dernier à la signature de la convention
par laquelle la Banque Mondiale s’est engagée à financer
à hauteur de 34 millions de dollars le raccordement à un
câble sous-marin de télécommunication.
«Notre objectif estd’interconnecter l’en-
semble des préfectures à ce câble au tra-
versd’unréseaud’environ4000kilomètres
de fibres optiques.Voilà une excellente
opportunité pour les investisseurs privés,
en particulier les entreprises françaises »,
poursuit Moustapha Mamy Diaby. Diffé-
Moussa Keitarents appels d’offres seront bientôt lancés. Directeur Général
SOTELGUILa technologie et le savoir-faire tricolores
sontappréciésenGuinée,oùilsontdéjàfaitleurspreuves.
Un partenariat avec une société française a ainsi permis
de redresser la Société des Télécommunications de Gui-
née (SOTELGUI) au milieu des années 1990. Il s’agit
du principal opérateur du pays, avec en début d’année
800000abonnésàlatéléphoniemobile,35000abonnésàla
téléphoniefixeet1100abonnésàInternet.«Noussommes
l’opérateurhistorique.Nousavonsétélespremiersàintro-
duirelatechnologieGSMenAfriquedel’Ouest,dès1997,
pratiquement en même temps que le service Internet.
En termes de téléphonie mobile,nous couvrons 84 %
du territoire national, ce qui nous place loin devant nos
concurrents», déclare Moussa Keita, directeur général
de la SOTELGUI. La société a adopté un plan de déve-
loppement ambitieux et prévoit d’atteindre 1,7 million
ReportageréaliséparVeritasCommunications41
Phot o:s.d’abonnéscourant2012.«Nousallonsra- ses deux priorités. « Nous voulons parallèlement nous
pidement doubler notre chiffre d’affaires. positionner comme entreprise citoyenne : en plus de
Pourparveniràcerésultat,nousavonspla- créer de nombreux emplois indirects, nous parrainons
nifiédesinvestissementsde30millionsde plusieurs événements sportifs et culturels, un véritable
dollarscetteannéeetde20millionsl’année motifdefiertépourtoutelasociété»,assureDjibril Tobe.
prochaine.Celanouspermettrad’êtreprêts Unmaillageefficaceduterritoirerestel’undesgrandsen-
pour la révolution technologique que va jeux du secteur des télécommunications. Une entreprise
entraîner en juin prochain la mise en ser- connexe a déjà atteint cet objectif et veut s’appuyer sur
AlsényTaranDiallo viceducâblesous-marin»,ajouteMoussa cet avantage comparatif pour dynamiser sa croissance :Directeur Général
Office de la Poste Keita.Le câble va entraîner une baisse du l’OfficedelaPosteguinéenne(OPG).«Nouspossédons45
Guinéenne coût des télécommunications et de l’accès bureaux répartis dans toutes les régions.Nous cherchons
àInternet,augmentantainsilebassindeclientspotentiels. à développer de nouveaux services en nous appuyant sur
« Grâce au câble et au réseau de fibre optique qui va le nosinfrastructures:nousavonsparexemplenouéunpar-
prolonger,nousallonspouvoirmieuxdesservirles tenariatavecDHL.Nouslivronsleursplissurl’en-
zones rurales, où la demande de téléphonie reste semble du territoire.Nousbénéficions en échange
trèsforte »,seréjouitMoussaKeita,quientendéga- d’unprogrammedeformation,afind’améliorernos
lementdévelopperlatélé-éducationetlatéléméde- délaisetnotregestionfinancière»,expliqueAlsény
cineàl’échelledupays.Ilrappellequ’entantqu’opé- TaranDiallo,directeurgénéraldel’OPG.Ilentend
rateurpublic,laSOTELGUIestchargéedefaciliter également se lancer dans les services financiers :
l’accès des populations aux télécommunications. ilademandéunelicenceauxautoritéscompétentes.
L’un des principaux concurrents de la société Plusieursentreprises étrangères ontdéjàin-
Aboubacard’Etat est Intercel Guinée, un opérateur privé de vesti dans le secteur des télécommunications :
Kourouma
téléphonie mobile qui a vu le jour en 1993 et dé- la multinationale britannique Cable&WirelessDirecteur Général
Connecteo Guinéetient aujourd’hui 10 % du marché national avec Communications, par l’entremise d’unede ses fi-
environ 300 000 abonnés. « La qualité de notre liales – Monaco Telecom International – contrôle
réseau n’a pas d’équivalent. Cet atout nous permet de ainsi la société Connecteo Guinée. « Connecteo com-
nous étendre rapidement. Depuis 2007, nous dévelop- mercialise ses solutions et services sous la marque Afi-
pons notre réseau à l’extérieur de Conakry. Nous avons nis Communications, marque globale lancée par notre
doublélenombredenosabonnés aucoursdesdeuxder- maison-mère cette année,présente du Sénégal au Came-
nières années », affirme Djibril Tobe, directeur général roun en passantpar le BurkinaFaso,le NigeretleBénin.
d’Intercel Guinée. Expansion géographique et commer- Nousproposonsauxentreprisesunegammecomplètede
cialisation des produits et services de dernière généra- servicesdetélécommunication.EnGuinée,
tion (Internet sur mobile,réseaux sociaux…) constituent nous sommes l’un des acteurs les plus im-
portants dans notre domaine d’activité »,
déclareAboubacar Kourouma, directeur
général deConnecteo Guinée.« Nous sui-
vonsdeprèslessecteursbancaireetminier
quiconnaissentunevéritablesecondejeu-
nesse», se réjouit Aboubacar Kourouma,
DjibrilTobe
quientenddoublervoiretriplersonchiffre Directeur Général
Intercel Guinéed’affairesaucoursdes5prochainesannées.
Les télécommunications ne sont pas qu’une affaire d’in-
frastructures : ce sont souvent les contenus - et la clien-
tèle qu’ils séduisent – qui rentabilisent en dernière ins-
tance les investissements. La libéralisation des ondes
a permis la création de chaînes de télévision et sta-
tions de radio privées qui ont capté une large audience.
« Nous avons fêté nos cinq ans en août dernier. Nous
sommes devenus une référence du paysage audiovi-
suel », explique Souhel Hajjar, directeur général de
Nostalgie Guinée, première station de radio du pays.
Ilmetl’accentsurlaproductiondesespropresprogrammes
et négocie avec l’ARPT l’utilisation de nouvelles fré-
quencesenrégion.«Nousallonsbientôtlancerunechaîne
detélévisionbaptiséeVisionSud.Elleseragénéraliste,tout
comme notreradio,etémettra des programmes auxquels
lesGuinéenspourronts’identifier»,conclutSouhelHajjar.
42Valeurs actuelles 27 octobre 2011
ReportageréaliséparVeritasCommunications6ard thu
des pistes cotonnières de Kankan.Transports Ceschantiers ont renforcélesassises
de notre compagnie », affirme An-
soumane Kaba, directeur général de
Guiter.Pouraugmenter sescapaci-
tés, la société prospecte aujourd’hui
en Espagne, où la crise économique
poussedenombreuxconstructeursà
sedéfairedeleursengins.Aprèsavoir
participé à la construction d’une
usine de traitement de l’or,elle a parDes partenariats prometteurs ailleurs entamé une diversification
prometteuse dans le secteur minier.
a modernisation des in- Conakry. « Nous avons peu de res- « Nous exploitons une conces-
2frastructures de transport sources à consacrer au Fonds d’en- sion diamantifère de 300 km , dans
constitue un enjeu majeur tretien routier, qui est alimenté par laquelle nous avons déjà investiLpour la Guinée :l’essor de une taxe minime sur les carburants. près de 5 millions de dollars. Nous
l’agriculture et du Pour l’ensemble des infrastructures avons effectué des prospections de
secteurminier,cléde detransport,nouscherchonsàattirer contrôle,réalisé l’étude de faisabi-
voûte de la politique desinvestisseurs privés,ce qui aurait lité, calculé le budget et commencé
gouvernementale de également pour effet d’améliorer le les travaux », raconte
développement, en savoir-fairetechniquedesprofession- Ansoumane Kaba,
dépend.« Très peu nels guinéens,à traversdes partena- qui vise maintenant
de grands chantiers riats et contrats de sous-traitance », le secteur agricole.
ont été lancés de- reprend Ousmane Bah, qui entend En matière de trans-
OusmaneBah puis l’indépendance. par ailleurs compléter le réseau rou- port aérien, le gou-
Min. d’Etat chargé
Certains ponts tiernationalavecdesaxestransfron- vernement étudie ladesTravaux Publics
&Transports doivent supporter taliers, dans l’optique de favoriser création d’une com-
des poids lourds de 40 tonnes pour les échanges avec les pays voisins. pagnie nationale pour AnsoumaneKaba
PDGlesquels ils n’ont pas été conçus. La Guinée recense plusieurs entre- améliorer la desserte
GUITERLaGuinéeabesoind’axesroutiersàla prises de travaux publics qui ont intérieure et interna-
hauteur de ses ambitions »,explique fait leurs preuves sur des chantiers tionale du pays.Les bons résultats
OusmaneBah,ministred’Etatchargé complexes. La Guinéenne de Ter- de l’Aéroport de Conakry-Gbes-
desTravauxpublicsetdesTransports. rassement (Guiter) a par exemple sia traduisent une forte demande.
Un Plan national des Transports a construit la route Macenta-Koun- « Nous enregistrons une crois-
permis de définir des objectifs pré- sankoro, grâce à un financement de sance à deux chiffres aussi bien en
cis.Avec le soutien de l’Union Euro- l’agence de développement USAID. termes de passagers que de vols.
péenne,la construction de nouvelles « Il s’agit du projet dont je suis le Nousvoulonsagrandirletarmacpour
routes et la réhabilitation des axes plus fier. Nous avons remporté ce pouvoiraccueillirdavantaged’avions.
existants s’accélèreront au cours des contrat devant plusieurs groupes Le fait d’avoir pour actionnaire la
prochaines années. Un programme étrangers. Nous avons aussi par- société Aéroports de Paris nous
d’urgenceest déjà en œuvre pour ticipé avec l’Agence française de permet d’approfondir nos com-
moderniser les accès routiers à Développement à la réhabilitation pétences et de bien planifier notre
44
Phot o:s.développement.Nouscherchonsenparal-
lèle à établir un partenariat durable avec
l’Agence française de Développement
et la Chambre de Commerce de Paris »,
déclare Kabassan Oulaba Keita, direc-
teur général de la Société de Gestion et
d’Exploitation de l’Aéroport de Conakry-
Gbessia (SOGEAC), qui entend mettre
Kabassan Oulabarapidement cette infrastructure aux Keita, Dir.Général
normes de l’Organisation de l’Aviation SOGEAC
civile internationale.Il compte également
investir dans de nouveaux équipements afin d’amélio-
rer le tri des bagages. « En ce qui concerne la sécurité,
nous offrons des garanties importantes qui ont décidé
des compagnies de la taille d’Air France et Air Séné-
gal à élever Conakry au rang de plateforme de corres-
pondances. Nous voulonsdevenir le premieraéroport
de la sous-région », ajoute Kabassan Oulaba Keita.
Aéroports de Paris n’est pas la seule entreprise fran-
çaise à s’intéresser aux infrastructures de transport gui-
néennes:leGroupeBolloréarécemmentdébarquédans
leportdeConakryavecpourresponsabilitéd’augmenter
le nombre de quais et d’aménager un port sec de
147 hectares à 35 kilomètres de la capitale.500 millions
d’euros doivent être investis.«Le projet se réalisera en
3étapes.De2011à2013,unpland’urgencevapermettre
d’entretenir et rénover infrastructures et équipements.
De 2014 à 2026 se dérouleront les travaux d’agrandis-
sement à proprement parler et enfin,de 2027 à 2035,
s’achèvera l’aménagement de l’intérieur du port »,
se réjouitMamadoubaSankhon,directeur généraldu
Port Autonome de Conakry, qui souffre aujourd’hui de
l’exigüité de ses installations. Avec l’assainissement du
ReportageréaliséparVeritasCommunications45climat politique, les investisseurs sont de
retour et le commerce fleurit.Les bateaux
doiventsouventattendreenradeleurtour
d’entrer dans leportpour décharger leurs
marchandises.«Le président de la Répu-
blique s’est personnellement impliqué
dansdestravauxdéjàeffectués»,poursuit
Mamadouba Sankhon,qui se rend sur les
Mamadoubaquais plusieurs fois dans la journée pour Sankhon
s’assurer que les cadences de décharge- DirecteurGénéral
PortAutonomedement, qui viennent d’être augmentées de
Conakry
30 %, sont respectées. A noter que pour
simplifier le travail des opérateurs portuaires et réduire
les délais, un guichet unique entrera prochainement
en fonctionnement. Toutes les démarches administra-
tives seront centralisées, ce qui facilitera au passage le
contrôle des mouvements de marchandises et des paie-
ments et garantira une meilleure transparence. « Notre
partenariat avec le Groupe Bolloré illustre le poten-
tiel du marché guinéen pour les entreprises françaises.
Leslienstissésentrelesdeuxpaysdepuislapériodecolo-
niale et la connaissance que possèdent les Français de la
Guinée font des entrepreneurs tricolores des interlocu-
teurs tout indiqués. Les Guinéens souhaitent un appro-
fondissement et une intensification des échanges bila-
téraux », souligne Mamadouba Sankhon, qui collabore
égalementaveclePortdeMarseilleetlePortduHavreau
niveaudelaformationdesescadres.LePortautonomede
Conakry cherche par ailleurs à accroître son hinterland.
«Les opérateurs économiques maliens appré-
cient notre port et le fréquentent déjà nombreux.
Nous avons mis plusieurs hectares de port sec à leur
disposition et ils prévoient d’y construire
des entrepôts de coton. Le chemin de fer
renforcerait notrepositionetétendrait
notre zone d’influence jusqu’au Burkina
Faso », affirme Mamadouba Sankhon.
Parmilestransitaireslesplusrespectésdu
port de Conakry se trouve Transco, une
entreprise fondée en 1987 qui propose à
GamalChalloubses clients une gamme complète de ser-
DirecteurGénéral
vices logistiques.Elle s’occupe du déchar- TRANSCO
gement,des formalités de dédouanement,
du transport routier et de la manutention, garantissant
en tout moment la traçabilité. « Nous disposons des
moyens humains et matériels pour offrir à nos clients
les meilleurs délais et prendre en charge l’intégralité de
la chaîne logistique, sans sous-traiter aucune opération.
Nous employons des professionnels qualifiés et nous
possédons une flotte de plus de 100 camions – équipés
46d’un système de géolocalisation – et grues de différents
gabarits. Nous sommes même en mesure d’assurer le
transport des produits dangereux ou toxiques et nous
livrons aux quatre coins de la Guinée », déclare Gamal
Challoub,directeurgénéraldeTransco,quis’appuiepour
les envois hors de Guinée sur l’un des plus gros logis-
ticiens du monde. Certifiée ISO 9001, Transco subit un
audit externe tous les trois mois.« Qualité et perfor-
mance sont nos points forts et nous distinguent de nos
concurrents.Noussommesspécialisésdanslamanuten-
tionduriz,duciment,duferàbéton,desenginsroulants,
du matériel minier… Nous traitons environ 450 000
tonnesdemarchandisesparan»,préciseGamalChalloub,
quipossèdeégalementunelicenced’agentdefretaérien.
La croissance économique des dernières
annéesafavorisél’apparitiondenouvelles
sociétés de transport. Globetrans a par
exempledémarrésonactivitéen2006avec
un seul camion.« Nous en comptons une
vingtaine aujourd’hui,ainsi que desgrues.
Notre expansion a été financée sur fonds
propres, en réinvestissant tous nos béné-
AlexandreCamara fices pendantles 5 premières années »,
DirecteurGénéral explique Alexandre Camara, directeurGLOBETRANS
généraldel’entreprise, quiarenoncé à
sous-traiter pour garantir à ses clients le meilleur service.
IlacréévoicideuxansunefilialebaptiséeGlobetransFo-
rage,enpartenariatavecunesociétéportugaise.«Noustra-
vaillonsavecplusieursONGquidéveloppentl’accèsàl’eau
potabledanslescampagnes.Notreentrepriseveutavoirune
dimension humaine »,préciseAlexandreCamara.Globe-
transentendpoursuivresacroissancepourdevenirunpar-
tenairedesplusintéressantspourlescompagniesminières.
La mise en valeur des ressources minérales alimente les
espoirs de nombreuses sociétés.« 2011 marque le démar-
ragedesgrandsprojetsminiers.Lescompagniesvontavoir
besoin d’énormément de matériel et équipementsdivers,
qu’il faudra importer et transporter. Nous sommes sur
les rangs pour répondre à cette demande. Nous assurons
déjà la logistique de plusieurs grands groupes », affirme
Youssouf Diallo, PDG de Transmar, un transitaire qui
travaillesurleportdeConakry,oùses30camionsprennent
en charge des marchandises distribuées dans tout le pays.
Lasociététransporteessentiellementdesalimentsetbiens
de consommation courante, à raison de 250 000 tonnes
par an.« Notre connaissance du marché local représente
notre principal avantage comparatif. Nous conseillons
nos clients au mieux de leurs intérêts et nous les aidons à
réaliser les études de marché pertinentes s’ils se trouvent
en phase d’implantation », conclut Youssouf Diallo.
ReportageréaliséparVeritasCommunications47

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