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UNIVERSITE LYON 2 - 2006-2007   Institut d'Etudes Politiques de Lyon
 La Deuxième Guerre mondiale dans le cinéma hollywoodien des années 1940 : l’Europe comme modèle pour l’Amérique ?
Marion MICLET Section Politique et Communication  Séminaire Histoire des XIXe et XXe siècles    Sous la direction de Bruno Benoit  date soutenance : 4 juillet 2007
Table des matières Remerciements. .5 Liste des films étudiés. .6 Introduction. .7 Hollywood dans les années 1940 . .7 Le combat des isolationnistes et des interventionnistes à la veille de l’entrée en guerre des Etats-Unis . .9 Plan du mémoire . .12 Première Partie : La Résistance individuelle ou collective en Europe comme métaphore du nécessaire engagement des Etats-Unis dans la guerre. .14 A. Le héros réticent qui représente la société américaine partagée entre isolationnisme et interventionnisme . .14 1) Le héros réticent dans  Casablanca . .15 2) Le héros réticent dans  Le Port de l’angoisse . .19 B. Le sacrifice européen comme métaphore du sacrifice américain . .22 1) Un genre nouveau : le film sur la Résistance . .22 2) Le rôle de la femme dans les films sur la Résistance . .23 C. Une cohésion sociale européenne idéalisée par le cinéma pour servir de modèle aux Américains . .26 1) Une cohésion sociale dans les pays occupés idéalisée par Hollywood . .26 2) Une cohésion sociale idéalisée par Hollywood dans un pays allié, la Grande Bretagne . .30 DeuxièmePartie : Des films de propagande : l’axe du mal contre l’axe du bien. .33 A. L’image de la présence ennemie allemande en Europe . .33 1) L’occupation allemande en Europe de l’Est . .34 2) Les débats posés par la répression nazie et les prises d’otages . .34 3) La présence ennemie allemande en Europe de l’Ouest . .37 B. La dénonciation de la collaboration française au cinéma . .39 1) La collaboration d’Etat . .40 2) Les autres formes de la collaboration vues par Hollywood . .43 C. Des idéaux partagés par l’Europe et l’Amérique . .46 1) La résistance à l’oppression et la défense de la démocratie . .46 2) L’exaltation du patriotisme . .49 Troisième Partie : Les limites de la propagande hollywoodienne. .54 A. L’influence du  Bureau of    Motion    Pictures . .55 1) Hollywood, la guerre et le gouvernement . .55 2) Le fonctionnement du  Bureau of Motion Pictures . .56 3) L’échec de l’influence du gouvernement dans la production de films . .57 B. Des thèmes controversés sur les écrans . .59 1) Jean Renoir : un réalisateur européen engagé expatrié à Hollywood . .59 2) La Deuxième Guerre mondiale, l’Amérique et les Juifs . .62 Conclusion. .65 Bibliographie. .68
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Annexes. .
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Remerciements
Remerciements Je tiens à remercier l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon ainsi que mon directeur de recherches, M. Bruno Benoit, Professeur d’histoire, pour m’avoir permis de choisir un sujet de mémoire qui associe l’histoire et le cinéma, deux sujets qui me passionnent. Pour mes recherches bibliographiques et filmiques, je souhaite remercier les équipes de la Bibliothèque Raymond Chirat de l’Institut Lumière à Lyon, de la Bibliothèque du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon, de la Bibliothèque du Film à Paris et de la Bibliothèque Van Pelt à l’Université de Philadelphie. Pour m’avoir permis de voirCasablancasur grand écran, je remercie mon ancien Professeur d’histoire du cinéma hollywoodien à UCLA, Jonathan Kuntz. Merci également à Kathy Peiss, Professeur d’histoire à UPenn, pour m’avoir montré comment le cinéma américain et l’histoire de ce pays sont inextricablement liés. La logistique est indispensable : un grand merci à Joan Griswold qui a acheté pour moi les cassettes vidéos américaines des films sélectionnés pour l’étude, introuvables en France, et qui me les a expédiées de Seattle jusqu’à Lyon. Merci à mes parents pour leurs encouragements. Je tiens aussi à saluer mes amis qui traversent le même triathlon que moi en ce moment : 1) terminer la quatrième et dernière année à l’IEP 2) rédiger le mémoire 3) trouver un Master pour l’année prochaine. Bon courage à Clémentine, Elsa, Gaëlle, Jen, Laurène, Manon, Mélanie, Nathalie, Noémie, Pauline, Sarah, et les autres. Et aussi à Jess et Danielle, parce qu’elles le valent bien.
_ MICLET Marion 2007
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La Deuxième Guerre mondiale dans le cinéma hollywoodien des années 1940 : l’Europe comme modèle pour l’Amérique ?
Liste des films étudiés
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Casablanca  , de Michael Curtiz, 1942, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, se déroule au Maroc. To be or not to be  (  Jeux dangereux  ), de Ernst Lubitsch, 1942, avec Carole Lombard et Jack Benny, se déroule en Pologne. Once upon a honeymoon  (  Lune de miel mouvementée  ), de Leo McCarey, 1942, avec Cary Grant et Ginger Rogers, se déroule en Europe occupée. Mrs Miniver  , de William Wyler, 1942, avec Greer Garson et Walter Pidgeon, se déroule en Grande Bretagne. Reunion in France  , de Jules Dassin, 1942, avec John Wayne et Joan Crawford, se déroule en France. The Edge of Darkness  (  L’ange des ténèbres  ), de Lewis Milestone, 1943, avec Errol Flynn et Ann Sheridan, se déroule en Norvège. The Land is mine  (  Vivre Libre  ), de Jean Renoir, 1943, avec Charles Laughton et Maureen O’Hara, se déroule en Europe occupée. Hangmen also die  (  Les bourreaux meurent aussi  ), de Fritz Lang, 1943, avec Walter Brennan et Anna Lee, se déroule en Tchécoslovaquie. Watch   on the Rhine  (  Quand le jour viendra  ), de Herman Schumlin, 1943, avec Paul Lukas et Bette Davis, se déroule aux Etats-Unis. To have and have not  (  Le Port de l’angoisse  ), de Howard Hawks, 1944, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, se déroule en Martinique. Passage to Marseille  , de Michael Curtiz, 1944, avec Humphrey Bogart et Michèle Morgan, se déroule en France. Uncertain Glory  (  Saboteur sans gloire  ), de Raoul Walsh, 1944,avec Errol Flynn et Paul Lukas, se déroule en France.
_ MICLET Marion 2007
Introduction
Introduction
« Je ne préfère pas vous dire tout ce que je pense de vous, c’est sûrement passible de la peine de mort. ». Réplique de Michèle de la Becque (Joan Crawford) à un officier allemand dansReunion in France(Jules Dassin, 1942)
Hollywood dans les années 1940 Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe, les Américains ne sont prêts à s’engager ni politiquement ni militairement dans le combat. Il faudra attendre le 7 décembre 1941, le jour où les Japonais attaquent Pearl Harbor, pour que le conflit prenne véritablement sa dimension mondiale. En revanche, depuis la fin des années 1930, les producteurs hollywoodiens s’intéressent à la guerre et réagissent à l’actualité en intégrant les nouvelles venues du« Vieux Continent »à des récits de fiction. Le but est d’influencer les spectateurs en faisant de la situation de l’Europe un modèle pour le patriotisme américain. Bien que les Etats-Unis entrent en guerre sous la pression des évènements, plutôt que dans un élan d’union nationale, il faut convaincre le public que l’intervention correspond à un véritable choix idéologique. Le Président Roosevelt est persuadé que les films sont le moyen le plus efficace de toucher une large audience. Elmer Davis, directeur de l’agence gouvernementale chargée de superviser l’ensemble des médias pendant les années de guerre, l’Office of War Information, parle même du cinéma comme « l’instrument le plus puissant de la propagande dans le monde, que ce soit son objectif ou non »1. La propagande se définit comme l’« action exercée sur l’opinion pour l’amener à adopter certaines idées politiques et sociales, à vouloir et soutenir une politique, un gouvernement, un représentant »2. Dans les années 1940, il faut certes distinguer les techniques de propagande systématiquement appliquées dans les régimes totalitaires de celles ayant cours dans les démocraties. Mais l’Amérique n’échappe pas à une certaine forme de propagande : l’administration Roosevelt, en coopération avec les médias, a délivré des messages de mobilisation patriotique tout au long de la guerre. Si l’utilisation politique des films a été bien comprise par les chefs d’Etat, le véritable impact d’un film sur le public est cependant difficile à évaluer. Depuis la naissance du cinéma, des scientifiques, des psychologues et des sociologues se sont penchés sur la question. On connaît la légende selon laquelle, la première fois que des spectateurs ont vu un train dans le film des frères Lumière,L’arrivée d’un train en gare de la Ciotatvraiment cru que la machine allait traverser l’écran et ont pris ils ont  (1895), 1 “the most powerful instrument of propaganda in the world, whether it tries to be or not.” Davis press conference, Dec. 23, 1942, Box 1442, Records of the Office of War Information; Reduction of Nonessential Expenditures, 1213-14; Movies al War, Reports of War Activities, Motion Picture Industry, 1942-1 945, Vol. I, No. 1, pp. 1-5. Cité par: KOPPES, Clayton R. et BLACK, Gregory D., What to show the world: The Office of War Information and Hollywood, 1942-1945, Journal of American History, numero 64, juin 1977, page 89. 2 REY, Alain, (sous la direction de),Dictionnaire culturel en langue française, Dictionnaires Le Robert, 2005, page 2128. MICLET Marion 2007 7 _
La Deuxième Guerre mondiale dans le cinéma hollywoodien des années 1940 : l’Europe comme modèle pour l’Amérique ?
peur. Dans les années 1920, les lobbys américains défenseurs de l’ordre moral se sont élevés contre les effets néfastes du cinéma sur la santé mentale des enfants ou sur les mœurs sexuelles des spectateurs. En 1934, pour calmer les voix qui accusent Hollywood d’être la nouvelle Babylone, un système d’autocensure est accepté par l’ensemble des studios afin de limiter toute forme de controverse dans les films. Avec la mise en application du« Production Code »Hays, le cinéma américain devient très « politiquementpar Will correct ». Dans les années 1940, avant l’avènement de la télévision, l’importance des films pour informer et divertir est à son apogée. Entre 1939 et 1945, les salles de cinéma sont le seul lieu où l’on peut voir la Deuxième Guerre mondiale en images : au début de chaque séance, on projette les actualités de guerre et de nombreux films incorporent des scènes réelles du combat contre les Nazis. L’influence idéologique et politique de ce média est indiscutable. Cependant, le cinéma est aussi une industrie qui répond à des enjeux économiques. Clayton R. Koppes et Gregory D. Black expliquent que la production cinématographique pendant les années de guerre est d’environ 500 films par an. Le nombre d’entrées payantes s’élève alors à 80 millions par semaine, chiffre qui bat tous les records d’avant-guerre. Il faut ajouter à cela les entrées des films exportés, qui sont du même ordre de grandeur que les chiffres du marché intérieur. D’ailleurs, c’est bien souvent le succès à l’étranger qui permet la rentabilité pour les studios hollywoodiens3. Les Américains se pressent dans les salles de cinéma pendant la durée de la guerre pour se tenir informés et se divertir. Les années 1940 correspondent à l’âge d’or d’Hollywood. Cinq grands studios se partagent la quasi-totalité du marché de la production de films : laFox ;Loew’s Incorporated deviendra (qui la M.G.M ouMetro-Goldwyn-Mayer ) ;Paramount Pictures ;RKO (Radio-Keith-Orpheum) ; etWarner Brothers. C’est l’époque du « studio system » : ces compagnies sont verticalement intégrées de la production jusqu’à la distribution et la diffusion. L’industrie du film est l’une des plus importantes branches de l’économie américaine. Les producteurs hollywoodiens et le gouvernement ont bien compris que les films ont un rôle fondamental à jouer aux Etats-Unis et dans le monde pendant la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1941 et 1945, les liens entre Hollywood et Washington se resserrent incontestablement afin de canaliser le potentiel patriotique du cinéma. Produits par les studios sous l’influence des messages de propagande de l’administration Roosevelt, de plus en plus de films qui évoquent la situation sur les différents fronts commencent à sortir. Ils se déclinent selon tous les genres classiques du cinéma américain : aventure, amour, tragédie, comédie etc. Mais leur point commun est d’utiliser l’Europe comme inspiration pour la nation américaine. Parmi ces films, douze ont été choisis pour cette étude, tous présentés au public américain entre 1942 et 1945. Ils peuvent être analysés comme des documents historiques qui nous renseignent sur la situation de l’Amérique à travers le prisme de l’Europe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hollywood réagit presque immédiatement à la situation politique et militaire internationale. Cela permet de considérer le cinéma de l’époque comme un témoignage sur le vif de l’état d’esprit de la nation au cours du conflit. Ces films montrent les stéréotypes, les réflexes patriotiques, les peurs et les attentes de l’imaginaire collectif de l’Amérique. Ce ne sont pas des films de combat. Ils décrivent la vie en Europe occupée où les héros se trouvent confrontés au choix de la Résistance, de la collaboration ou de l’attentisme. Dans les années 1940, le cinéma américain est en transition : avant tout un
3 KOPPES, Clayton R. et BLACK, Gregory D., What to show the world: The Office of War Information and Hollywood, 1942-1945, Journal of American History, numero 64, juin 1977, page 89. _ 8 MICLET Marion 2007