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LA STRATÉGIE DE LA RECHERCHE CHAPITRE PAGE

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  • cours - matière potentielle : son dernier


LA STRATÉGIE DE LA RECHERCHE / CHAPITRE 1 - PAGE 13 Il possède aussi un “sens” solide de la recherche, dans la mesure où il s'efforce sans cesse de rendre son travail applicable et directement utile. Utile économiquement, utile socialement. C'est dans cette optique que le LCPC conduit les recherches pour respecter les cinq grandes orientations prioritaires du contrat quadriennal 2001- 2004 : valorisation des infrastructures existantes ; sécurité des usagers des infrastructures routières ; impacts des infrastructures sur l'environnement et la maîtrise des risques naturels ; impact des ouvrages de génie civil en zones urbaines ; impact des nouveaux matériaux et de nouvelles technologies dans le domaine du génie civil et des transports. Outre ces priorités stratégiques, le LCPC s'est aussi doté d'une stratégie de la recherche, pour fédérer - autour d'un “sens” commun - ses équipes de scientifiques et de techniciens. Cette stratégie s'applique dans les quatre grands “secteurs d'activités” où le LCPC intervient et constitue sa philosophie de la recherche. Par “secteurs d'activités”, le LCPC entend les quatre grands domaines liés aux infrastructures de transport dans lesquels ses équipes exercent un travail de recherche. Ce sont : les “routes”, les “ouvrages d'art”, la “géotechnique et les risques naturels”, le domaine “urbain”. Mais où est “l'environnement” dont le nom revient si souvent dans les orientations stratégiques du LCPC ? Il est partout présent, tout simplement.

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LA STRATÉGIE DE LA RECHERCHE / CHAPITRE 1 - PAGE 13
L’esprit de recherche
du LCPC
LE LABORATOIRE CENTRAL DES PONTS ET CHAUSSÉES POSSÈDE “L’ESPRIT DE RECHERCHE”
ET SE FIXE COMME OBJECTIF DE LE CONSOLIDER DANS TOUS LES RÉSEAUX AUXQUELS IL APPARTIENT...
Il possède aussi un “sens” solide de la recherche, dans les politiques de la société moderne : celle du
la mesure où il s’efforce sans cesse de rendre son travail développement durable.
applicable et directement utile. Utile économiquement, utile
socialement. C’est dans cette optique que le LCPC
Les “routes”conduit les recherches pour respecter les cinq grandes
orientations prioritaires du contrat quadriennal 2001- Le secteur d’activités “routes” regroupe la conception, la
2004 : construction, l’entretien et l’exploitation de la route, y
compris la lutte contre l’insécurité routière.
valorisation des infrastructures existantes ;
sécurité des usagers des infrastructures routières ; Du béton bitumineux ultra-mince aux techniques de mise
impacts des infrastructures sur l’environnement et la en œuvre en passant par la visibilité par temps de brouillard
maîtrise des risques naturels ; ou les systèmes de Route Intelligente, rien de ce qui est
impact des ouvrages de génie civil en zones urbaines ; route ne lui est étranger.
impact des nouveaux matériaux et de nouvelles
technologies dans le domaine du génie civil et des L’enjeu économique n’est plus à démontrer : la route
transports. assure 90 % du transport des voyageurs et 75 % du
transport des marchandises. Le secteur connaît ses
Outre ces priorités stratégiques, le LCPC s’est aussi doté réussites : la bonne gestion d’un patrimoine estimé à
d’une stratégie de la recherche, pour fédérer - autour d’un 183 milliards d’euros pour le seul réseau national et
“sens” commun - ses équipes de scientifiques et de l’existence d’une véritable “politique française des routes”,
techniciens. Cette stratégie s’applique dans les quatre source de grands succès internationaux pour les
grands “secteurs d’activités” où le LCPC intervient et 1 500 entreprises françaises du secteur. Il connaît aussi
constitue sa philosophie de la recherche. Par “secteurs ses faiblesses : un effort à poursuivre pour réduire encore
d’activités”, le LCPC entend les quatre grands domaines l’insécurité routière, y compris en impliquant davantage
liés aux infrastructures de transport dans lesquels ses l’infrastructure dans sa réflexion. Le LCPC, en cohérence
équipes exercent un travail de recherche. avec les grandes orientations nationales, développe
Ce sont : d’ailleurs fortement ses activités et ses moyens pour une
les “routes”, nouvelle conception des infrastructures, plus interactive
les “ouvrages d’art”, avec les véhicules et l’usager, dans le but d’améliorer la
la “géotechnique et les risques naturels”, sécurité.
le domaine “urbain”.
Enfin, la dimension environnementale s’exprime dans le
secteur “routes”, notamment dans les recherches menées
Mais où est “l’environnement” dont le nom revient si en matière de retraitement des matériaux de chaussées
souvent dans les orientations stratégiques du LCPC ? ou dans la réduction du bruit.
Il est partout présent, tout simplement. Chacun des
quatre secteurs d’activités “traite” de la dimension
environnementale qui le concerne. Et les routes, la
géotechnique, les risques naturels et l’urbain sont
concernés, et le seront même de plus en plus. En faisant
ce choix, le LCPC exprime clairement son analyse :
l’environnement n’est pas un secteur d’activités.
C’est une valeur à respecter, partout et à tout moment,
pour inscrire la recherche dans la logique voulue par Les “ouvrages d’art” Le domaine “urbain”
En s’attachant à la partie de la raison sociale “ponts” du Longtemps, les infrastructures de transport sont restés
LCPC, le secteur d’activités “ouvrages d’art” est un une question “rurale” par opposition à une question
secteur d’activités de premier plan pour le Laboratoire. “urbaine”. Le phénomène d’urbanisation qui a pris une
Ce secteur aborde les problématiques liées aux matériaux, ampleur considérable dans la seconde partie du
eà la conception, l’entretien et l’exploitation. Dans un pays XX siècle et la création de villes nouvelles multiplient les
comme la France, la richesse patrimoniale en ouvrages situations où d’importantes infrastructures sont situées en
d’art est immense : ponts de dimensions exceptionnelles zone urbaine ou sub-urbaine. La croissance de la
(pont de Normandie, pont d’Aquitaine et d’ici quelque demande de transports dans ces zones exige en outre
temps le viaduc de Millau, etc.), barrages, tunnels, d’importants travaux (élargissement, voies dédiées, etc.)
tranchées couvertes, murs, etc. Comme les routes, les ou, par exemple, la création de nouvelles infrastructures
ouvrages d’art font l’objet d’un important programme de de transports en commun. La densité et la sensibilité
surveillance, compte tenu des enjeux économiques. des sols et des sous-sols, les particularités et la complexité
des systèmes d’assainissement, l’existence de multiples
Le LCPC s’investit donc particulièrement dans réseaux, rendent indispensables une approche
l’instrumentation des ouvrages, afin de développer des spécifiquement urbaine et une compétence pointue dans
méthodes et des outils d’auscultation, de surveillance, les domaines de la protection des eaux et des pollutions
de diagnostic et de pronostic. liées aux infrastructures.
Le secteur “ouvrages d’art” mène également des
recherches sur la conception et l’utilisation de nouveaux Le domaine “urbain” s’avère particulièrement transversal :
matériaux, dans le domaine des liants hydrauliques, des il intègre également les questions d’environnement liées
composants métalliques ou des matériaux composites. au bruit et à l’éclairage.
La “géotechnique
et les risques naturels”
La géotechnique est, par nature, transversale : à l’origine,
elle s’est imposée grâce aux connaissances qu’elle a
apportées sur les sols et sous-sols, à la conception et
à la réalisation des infrastructures de transport routier.
Elle continue d’apporter cette connaissance.
Et c’est une évolution tout aussi naturelle qui a poussé
le secteur d’activités “géotechnique” à s’enrichir de la
recherche sur les risques naturels. Aujourd’hui, les risques
sismiques, les mouvements de terrain, les risques
hydrauliques deviennent un domaine de préoccupation
qui prend une importance majeure, scientifique et
technique, mais aussi sociale et économique. La
prévention des risques naturels, par l’État et les collectivités
locales, est estimée à près de 300 millions d’euros, dont
près de 80 % sont affectés aux actions techniques.
Le secteur d’activités “géotechnique et risques naturels” se
trouve donc au sein d’une stratégie qui vise à sécuriser
les ouvrages et les sites par une meilleure connaissance
des risques, une vision transversale de l’environnement
que défend le LCPC.LA STRATÉGIE DE LA RECHERCHE / CHAPITRE 1 - PAGE 15
ENTRETIEN AVEC PIERRE BEREST
Président du conseil scientifique du LCPC
Quelles sont les Quel est le rôle du conseil scientifique
dans le recrutement des chercheurs ?missions du conseil
scientifique du LCPC ? Les chercheurs sont recrutés sur la base d’un concours
Le rôle du conseil scientifique est national. Le rôle du conseil scientifique se situe en amont : il
d’accompagner le laboratoire central vérifie avec la direction du LCPC l’adéquation des profils de
dans ses efforts d’élaboration, postes proposés à la politique scientifique du Laboratoire et
d’expression et d’évaluation de sa aux besoins qui ressortent de l’évaluation des équipes. C’est
politique scientifique. La composition d’ailleurs une tâche difficile : le souci de cohérence avec la
du conseil est éclairante : six politique scientifique appelle la définition de profils très “pointus”,
représentants élus du personnel ; sept représentants des mais qui risquent alors de restreindre le vivier des candidats
tutelles, des CETE, du CNRS, des universités ; douze de qualité.
personnalités - dont des personnalités étrangères - provenant
de la communauté scientifique et des secteurs économiques
Quel est votre appréciation sur la qualitéet sociaux concernés par l’activité du LCPC. Cet équilibre,
des programmes de recherche ?défini par le décret d’organisation et de fonctionnement, met
bien en évidence la triple aspiration du LCPC : l’excellence Les programmes de recherche sont organisés autour des
scientifique, la contribution technique aux missions de l’État, orientations majeures qu’a définies le Laboratoire : la gestion
le souci de répondre aux besoins de la société, dont ceux du patrimoine, la sécurité, l’environnement, la ville. Le LCPC
qu’expriment les entreprises. La première aspiration est apporte un grand soin à l’élaboration de ses programmes, en
commune à tous les établissemnts publics de recherche ; les y associant largement tous les acteurs concernés. Si les
deux autres recouvrent notamment aujourd’hui, pour le LCPC, orientations majeures paraissent pérennes, le souci des
la gestion du patrimoine, le rôle des infrastructures dans la évolutions nécessaires est fortement présent. Le conseil
sécurité routière, la préservation de l’environnement, la politique scientifique a salué à plusieurs reprises cet effort. La coopération
de la ville. J’ai mentionné la participation des personnels : le internationale offre de ce point de vue l’occasion d’un jugement
travail du conseil scientifique d’un établissement public ne exigeant, et j’observe que le LCPC se voir confier l’animation
peut se concevoir que s’ils en sont des témoins et des acteurs. de plusieurs programmes internationaux majeurs de recherche.
Comment est organisée l’évaluation Quel est le rôle du réseau du LCPC ?
des équipes ? Ce réseau, et notamment la quinzaine d’équipes de recherche
Le conseil scientifique, au cours de son dernier mandat associés (ERA) réparties sur le territoire national, est une forte
- 1999 à 2003 - a attaché une attention particulière aux originalité du Laboratoire. Le réseau dote le LCPC d’un
procédures d’évaluation des équipes. L’évaluation utilise le bilan “ancrage au terrain” qui manque parfois à d’autres organismes
que chaque unité fait elle-même de son activité mais fait une de recherche appliquée ; c’est un antidote puissant au risque
large place à l’entretien direct des évaluateurs avec l’unité ; de l’académisme. Les membres du conseil scientifique d’origine
le sytème d’évaluation me semble à la fois exigeant et doté universitaire - c’est mon cas - regardent d’abord avec perplexité
d’une certaine souplesse dans l’application des critères cet ensemble d’équipes de petite taille, composées souvent
d’appréciation. Les évaluateurs, qu’ils soient extérieurs au de personnels appelés à temps partiel à d’autres tâches, et
LCPC ou membres de son conseil scientifique, ont fait un travail qui ne répondent pas aux canons classiques de l’organisation
de grande qualité, essentiel pour le Laboratoire. Il me semble de la recherche. Puis ils observent que le système fonctionne,
que les équipes y sont sensibles et jouent le jeu. C’est un grand beaucoup sans doute grâce à la qualité des personnels et à
atout pour la capacité d’adaptation et d’évolution du LCPC. l’importance attachée par les équipes du LCPC à ce mode
L’évaluation met notamment bien en évidence des tensions d’organisation, qui compte beaucoup dans l’identité particulière
naturelles qui naissent des aspirations diverses propres aux du LCPC. Il n’en reste pas moins que ces équipes doivent
missions du LCPC. Le LCPC doit être excellent au niveau développer des relations avec le tissu universitaire régional,
scientifique et en même temps directement utile à un secteur qui peuvent aider à compenser le handicap de taille. Le
socialement et économiquement essentiel. Il n’y a pas de conseil scientifique, qui a approuvé la politique scientifique du
formule toute faite pour concilier ces deux objectifs, qui se Laboratoire vis-à-vis de ces équipes, notamment dans le
confondent à long terme, mais qui demandent au quotidien domaine des thèses, attache un intérêt particulier à leur
des arbitrages difficiles à des équipes très sollicitées. Sur évaluation. De façon plus générale, l’articulation de l’activité
cette question essentielle, le conseil scientifique s’efforce du LCPC avec celle des Centres techniques de l’équipement
d’accompagner la réflexion du Laboratoire et de ses équipes. est examinée chaque année.