Les églises romanes du Pays mosan.qxd

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L’architecture mosane n’est pas
tellement connue, du grand public
tout au moins, voire des érudits
puisque des synthèses spécialisées
l’ignorent encore, ou l’évoquent à
peine.
Pourtant, elle a été vivace et abon-
dante. Elle a laissé des témoins
remarquables et plus nombreux qu’il
n’y paraît à première vue. Mais elle
en a perdu bon nombre et des plus
considérables,
spécialement
la
cathédrale Saint-Lambert de Liège,
consacrée
en
octobre
1015,
incendiée en 1185, détruite en 1829.
Ce qui pose encore des problèmes
difficiles d’originalité et d’interpré-
tation, qu’on a cru trop vite résolus
ou trop tôt dépassés. Il est hors de
question de les examiner ou même
de les aborder tous.
Ce texte veut essentiellement
introduire et essayer de comprendre
une architecture religieuse de
l’époque romane dans un cadre
donné.
Au point de départ, l’église,
comme un château, une ferme ou
une maison, n’est pas une idée, ou
seulement ni d’abord une idée, donc abstraite. Elle n’est pas davantage un
musée. Elle est à la fois site et programme, volume et espace, fonction et sen-
sibilité. Elle est porteuse de valeurs historiques qui plongent des racines pro-
fondes dans le substrat humain.
L’église est un document concret, le seul d’ailleurs où l’on puisse à la let-
tre pénétrer. Rendre les choses parlantes et tangibles apparaît primordial. Il
n’est pas en définitive de méthode plus intéressante que celle-là. Sans con-
tact direct, physique peut-on dire, avec l’oeuvre architecturale et son environ-
nement, par définition intransportables comme tout le « domaine bâti », le
monument a toute chance d’être mal senti et mal compris, ce qui n’est pas
moins grave.
Tiré de son ambiance naturelle et historique, il vivote dans l’abstrait. La
réflexion est indispensable et subtile sans doute, mais elle reste à la surface
des choses quand elle se limite à des raisonnements archéologiques qui
enlèvent à l’église son caractère sacré et humain, et quand elle ne débouche
pas sur la vie des hommes d’autrefois. Bref, l’église demeure alors fermée.
Elle se désincarne. Son intérêt est plus profond et moins irréel que cela. Elle
est aussi affaire de bon sens. Il faut aller plus avant, contourner l’église, y en-
trer, y circuler et recevoir son message avec le risque inévitable mais
fructueux de la subjectivité. Par ailleurs, les édifices du passé tissent un ré-
seau de repères matériels et spirituels. Ils sont une des formes de la mémoire
collective des générations. Ils font partie d’un monde qui est le nôtre main-
tenant, où nous sommes, qui peut et qui doit nous dire ses raisons d’être et
ses origines. Chacun de nous doit y trouver son compte, ne pas le refuser à
priori, pouvoir le comprendre et peut-être l’aimer. Il s’agit donc aussi d’une
communication humaine et d’une vulgarisation des connaissances.
———
Les églises romanes du Pays mosan
1
Situation sur la carte de l’ancien diocèse de Liège
(avant 1559) et de la Belgique moderne des édifi-
ces romans les plus signaficatifs.
L’église Saint-Lambert à Rachamps.