Mails - Actes du colloque du 14 décembre 2010 good
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  • cours - matière potentielle : l' histoire
  • cours - matière potentielle : du scénario
  • exposé - matière potentielle : aux violences conjugales
  • exposé
Enfants victimes de violences conjugales Que faire ? Qui fait quoi ? Colloque du 14 décembre 2010
  • lutte en faveur de la liberté et de l'égalité
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Langue Français
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Exrait


Enfants victimes de violences conjugales

Que faire ? Qui fait quoi ?






























Colloque du 14 décembre 2010























Actes du colloque du 14 décembre 2010
« Les enfants victimes de violences conjugales : que faire ?
Qui fait quoi ? »








Le Délégué général aux droits de l’enfant

Table des matières


1. Discours d’introduction de Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’enfant

2. Performance de théâtre forum- Cie Alternative Théâtre avec des acteurs de terrain

3. Conférencières

• Docteur Anne d’ALCANTARA, professeure à l’Université catholique de Louvain,
• pédopsychiatre
• Docteur Christine DELVENNE, professeure à l’Université libre de Bruxelles, pédopsychiatre
• Madame Catherine VASSELIER NOVELLI, Psychologue, psychothérapeute, Centre de
consultations et de formations LA DURANCE, Marseille, et CHRS La Roque

4. Ateliers

4.1 Quelle intervention auprès de ces enfants ? Transformer notre regard sur les violences
conjugales par la formation

Organisé et animé par :
• Diane HUPPERT, licenciée en sciences sociales, YAPAKA
• Jean-Louis SIMOENS, intervenant et formateur au CVF

4.2 Comment mieux articuler ce qui est épars ? Etat des lieux et perspectives, en tenant
compte de la bientraitance de l’enfant

Organisé et animé par :
• Emmanuelle PAUL et Corine JEDOCI, service de l’égalité des chances de la province de
Liège
• Françoise RAOULT, conseillère de l’aide à la jeunesse à Huy

Personnes-ressources :
Gérard HANSEN, Nathalie RUYSKART, Valérie BOURGEOIS, Michelle DRAPIER, Pierre
PETRY, Laurence NOËL.

4.3 Histoire d’enfants». Ecoute de récits d’enfants exposés aux violences conjugales et
réflexions

Organisé et animé par :
• David LALLEMAND, chargé de communication et projets auprès du Délégué général aux
droits de l’enfant

Personnes-ressources :
Marianne ROMUS, Bernard DE VOS.


- 2 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




4.4 Comment traiter de la parentalité dans un contexte de violence conjugale ?

Organisé et animé par :
• Nathalie VAN CAUWENBERGHE, criminologue auprès du Délégué général aux droits de
l’enfant
• Serge LEONARD, juriste expert auprès du Délégué général aux droits de l’enfant

Personnes-ressources : Dr Anne d’ALCANTARA, Isabelle WALHAIN, Eric JANSSENS.

4.5 Enfants et adolescents exposés à la violence conjugale. Quel impact ?
Comment envisager un travail d’accompagnement dans le cadre d’une reconstruction ?

Organisé et animé par :
• Deborah KUPPERBERG, Direction de l’Egalité des Chances au Ministère de la Communauté
française, en collaboration avec les personnes ressources

Personnes-ressources :
Josiane CORUZZI, Frédéric BENNE, Xavier BLENDEMAN, Olivier BONNET-EYMARD,
Stéphanie EECKHOUDT, Céline GHYSELINCK, Anissa MOUCHTAHI, Véronica SALDI.

4.6. Impacts de la violence conjugale sur les tout-petits (0-3 ans). Dépistage, diagnostics
et relais possibles en termes de prise en charge ?

Organisé et animé par :
• Déborah DEWULF, responsable du service SOS Enfants de l’ONE, assistante sociale et
criminologue
• Anne-Françoise JANSSEN, coordinatrice de l’équipe SOS Enfants de Liège, psychologue

Apports théoriques sur le thème général de l’atelier par Mme VASSELIER-NOVELLI

Personnes-ressources :
Linda WINS, Martine BAUDSON, Ivan GREGOIRE, Christelle PIETTE, Jacqueline
LESPINGLART, Joëlle PIQUARD, N. HUMBLET











- 3 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




1. Discours d’introduction de Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’enfant

Mesdames, Messieurs les représentants des Ministres,
Madame la Députée provinciale, Madame Katty Firquet,
Mesdames, Messieurs,

Cette journée est l’émanation d’un groupe de travail initié en 2009 par le Délégué général aux
droits de l’enfant et composé de représentants de l’union des magistrats de la jeunesse, de
l’union des conseillers et directeurs de l’aide à la jeunesse, du service Sos enfants de Liège, du
collectif contre les violences familiales et l’exclusion, de la Communauté française
(l’administration de l’aide à la jeunesse, l’office de la naissance et l’enfance, la Direction de
l’Egalité des Chances, Yapaka - programme de prévention de la maltraitance) et de la province de
Liège.
Cette journée n’aurait pas pu se réaliser sans le concours des services de la Province de Liège et
de son service « égalité des chances ». Je tiens à remercier tout particulièrement Madame la
Députée, Madame Katty Firquet de l’aide précieuse de son service.
Nous avons également bénéficié de l’aide financière de la Direction de l'Egalite des Chances du
Ministère de la Communauté française qui s’inscrit dans le cadre du plan d’action national 2010-
2014 en matière de lutte contre les violences entre partenaires. Ce plan a été adopté à l’initiative
de Mesdames Fadila Laanan, Eliane Tillieux et de Monsieur Emir Kir, membres des
Gouvernements de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Commission
communautaire française (COCOF).

Nous avons également bénéficié d’une aide financière de l’ONE et du fonds Houtman.
Ce colloque est donc l’émanation d’une réflexion d’un groupe de travail sur la problématique des
enfants exposés aux violences conjugales. Je dois cependant vous avouer très humblement que le
sujet abordé reste encore une matière à approfondir, que face à cette problématique nous en
sommes encore toujours aux prémices. Il est donc important d’y penser ensemble et l’objet du
colloque et des ateliers a aussi pour mission de contribuer à l’élaboration de recommandations.
Chaque atelier aura donc pour objet de travailler sur la mise en perspective de recommandations
et nous les porterons ensuite devant les autorités compétentes.
Le groupe de travail ne s’est cependant pas exclusivement attaché à organiser un colloque.

Nous sommes partis d’un constat. De nombreuses études scientifiques nous enseignent que les
enfants exposés à ces situations peuvent ressentir ces violences comme des actes commis à leur
égard, des violences ressenties par procuration ou par ricochet, susceptibles d’entraîner des
traumatismes. Ces situations sont d’autant plus complexes qu’elles sont par leur contexte souvent
déniées et souvent occultées par les intervenants sociaux. De par ce déni, l’enfant n’est pas aidé
et se trouve dans l’impossibilité de surmonter la situation.

- 4 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




Pour traiter de la violence dans un contexte de conjugalité et de leur impact à l’égard des
enfants, dans le cadre de sa mission de recommandations, l’institution du Délégué général, en
collaboration avec les services précités, a donc estimé nécessaire d’entamer plusieurs
démarches, dont notamment :

Une campagne de sensibilisation

L’objectif est de faire connaître l’impact de ces violences sur les enfants et vous trouverez dans
votre farde de documentation un dépliant intitulé « petits yeux, grandes oreilles ».

La campagne de sensibilisation est axée vers les professionnels de premières lignes (SOS
enfants, PMS, SAJ, médiateurs scolaires, …). Le but est de donner, via un folder, des
informations aux professionnels sur les services auxquels ils peuvent s’adresser dès lors qu’ils
sont confrontés à un cas de violence conjugale, et sur les formations qui existent dans le
secteur.

Des formations

La formation se présente en deux volets.

- Le premier volet concerne l’organisation de ce colloque.

- Le second volet porte sur la formation.

Il est également proposé un projet pilote s’adressant directement aux travailleurs du secteur de
l’aide à la jeunesse. Ce projet pilote devra être subventionné par la Communauté française et
sera organisée dans les arrondissements suivants (Marche, Charleroi, Huy). Il s’étalera sur une
période de trois ans. L’objectif est de donner à des professionnels les instruments adéquats leur
permettant de se positionner et de réagir face à des enfants, des jeunes ou des parents
confrontés à des situations de violence conjugale et intrafamiliale. Comment détecter la
violence ? Comment accompagner les victimes ? Comment évaluer la sévérité d’une situation ?
Comment intervenir en respectant les personnes, les mandats et leurs limites ? Quels sont les
outils d’intervention ?

Des réformes institutionnelles

Sur le plan institutionnel, le Délégué général entend encourager la création d’un tribunal de la
famille. Le système actuel est complexe. Je vous renvoie au rapport annuel 2009-2010 qui vous
trouverez sur notre serveur : www.dgde.cfwb.be

Le regroupement des matières au sein d’une même juridiction permettra aussi de garantir une
plus grande spécialisation et une meilleure efficacité.



- 5 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




Il nous semble également important d’encourager des pratiques interdisciplinaires se situant en
amont de toute procédure judiciaire. Il pourrait être proposé d’instituer des pratiques
pluridisciplinaires dès que des parents envisagent une séparation. Certaines propositions émanant
de l’ancienne législature suggéraient la mise en place d’une phase de conciliation obligatoire, la
diffusion d’une information sur la médiation, voire l’obligation de tenter une médiation. Nous
pensons que dans le cadre des violences conjugales, le passage obligé vers une tentative de
conciliation obligatoire, voire une tentative de médiation obligatoire peut s’avérer contre-
productif. Exemple, les principes de base de la médiation participent à un engagement en faveur
de la liberté et de l’égalité. Dans des situations de violences conjugales, la victime peut avoir subi
un traumatisme et ne se trouve pas dans un rapport d’égalité et de liberté à l’égard de l’auteur
des actes de violences conjugales. Le passage obligé vers une tentative d’accord peut s’avérer
être une répétition du souvenir des violences subies, la répétition d’une nouvelle maltraitance. Le
traumatisme subi ne permet pas d’envisager une médiation. Il est donc proposé d’instituer des
pratiques interdisciplinaires au sein de chaque arrondissement qui ne soient pas exclusivement
axées sur la médiation mais permettent aux parents de réfléchir, de faire un travail sur leurs
situations conflictuelles, voire sur le contexte de violence.

Une réflexion globale sur des mesures éducatives et macrosociales.

Ce point a été très peu abordé par le groupe de travail. Il reste cependant que la problématique
doit être traitée au niveau éducatif et macrosocial. Les violences conjugales sont d’autant plus
intolérables qu’elles portent atteinte aux valeurs de liberté et d’égalité qui se sont déployées
dans nos sociétés et cette lutte en faveur de la liberté et de l’égalité doit aussi porter sur le
travail des préjugés liés à la question du genre. Les secteurs de l’éducation, de l’enseignement
sont bien évidemment des lieux privilégiés pour poursuivre ces objectifs. Des pratiques de
prévention à la violence, une éducation à la gestion de violences, à l’apprentissage de méthodes de
résistance et de défense face à la violence doivent être développées.

Enfin, il ne faut pas non plus occulter le lien entre les structures sociales et leur impact sur les
personnes. Or, nous avons tendance à dénier certains contextes sociaux dans lesquels naissent
aussi les violences conjugales. Nous avons abordé cette problématique dans le rapport annuel
2008-2009 et je vous renvoie également à notre site internet.

Une réflexion générale sur la parentalité.

Les violences conjugales ont bien évidemment une incidence sur la parentalité.

Nous devons néanmoins tenir compte de certaines réalités :

- La convention internationale postule pour le droit à maintenir des contacts réguliers
entre l’enfant et ses deux parents.
- L’arsenal juridique s’engage en faveur de l’exercice conjoint de l’autorité parentale et de
l’hébergement égalitaire ;


- 6 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




- La famille évolue. Dans le cadre de certaines familles, il est parfois difficile de désigner
le parent (exemple, familles recomposées).

Il faut aussi se méfier des discours et de l’instrumentalisation idéologique de certaines notions.
La notion de parentalité s’affiche partout. Elle est un peu comme la boîte de pandore.

Elle peut verser dans l’affirmation de la primauté de la fonction parentale en faisant abstraction
de toutes les autres fonctions dévolues aux parents. Elle correspond à la mise en œuvre du
modèle du bon parent. Elle postule aussi en faveur d’un modèle parental et implicitement en
faveur d’une nouvelle gouvernance des familles, de nouvelles pratiques de contrôle des familles,
de nouvelles pratiques sécuritaires (soutien à la parentalité, stages parentaux, coaching parental,
management parental, vérification des capacités parentales, écoles des parents…).

La notion de parentalité peut aussi être une forme de questionnement, une forme
d’accompagnement qui tient compte de la réalité concrète de chaque enfant, de ses besoins.

Conclusions

Je souhaiterai terminer par une note positive. Le fait de parler des enfants exposés aux
violences conjugales ne signifie nullement que notre société verse dans une forme de régression.

N’oublions pas que nous revenons de très loin :

- En 1958, la femme mariée était juridiquement considérée comme incapable et c’était par
son veuvage, par son divorce qu’elle retrouvait sa pleine capacité, sa liberté ;
- Antérieurement, seul l’adultère de la femme était pénalisé.

Parler des enfants exposés aux violences conjugales revient surtout à casser la chape de plomb
qui entoure cette problématique et également à s’engager en faveur de plus de liberté, de plus
d’égalité au sein de la famille. C’est en soi une démarche extrêmement positive.

Il ne faut cependant pas verser dans une théorie du risque, dans la mise en œuvre de nouvelles
pratiques sécuritaires familiales nous orientant dans un traitement de la violence qui serait
encore plus violent que la violence dénoncée.

Je vous souhaite un bon colloque. Je donne la parole aux acteurs du Théâtre Forum.


Bernard DEVOS, Délégué général aux droits de l’enfant.






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2. Performance de théâtre forum- Cie Alternative Théâtre avec des acteurs de terrain

En collaboration avec des travailleurs sociaux de terrain, qui ont été libérés par leurs services
respectifs afin de suivre une formation, Alternative Théâtre a construit en 6 jours un
spectacle de théâtre forum sur la thématique des enfants victimes de violences conjugales.

L'objectif de ce spectacle était d’exposer une situation problématique d’enfants victimes de
violences conjugales et de réfléchir de manière interactive, ludique avec le public à ses modalités
possibles de résolution.

Après que les comédiens aient joué pour le public cette situation-problème, la Joker de la Cie a
invité le public à intervenir dans le cours du scénario en utilisant la technique du changement de
rôle.

Présentation de la compagnie Alternative Théâtre

Alternative Théâtre est une compagnie de théâtre qui vise à l’émancipation individuelle et
citoyenne en travaillant de manière ludique à partir de situations vécues et représentatives d’une
proposition individuelle, groupale et sociétale.

Les méthodes utilisées par Alternative Théâtre sont principalement celles du Théâtre de
l’Opprimé d’Augusto Boal: le théâtre Image, le Théâtre-Forum, le Théâtre Invisible… qui
permettent de lutter contre des oppressions de société.

A partir de thématiques de société, un spectacle collectif et interactif est construit en
collaboration avec des publics spécifiques désireux de s’exprimer, de développer leur regard
critique dans l’objectif de chercher des alternatives de changement et de (re)devenir acteurs
citoyens. Les comédiens représentent une histoire dans laquelle un ou plusieurs personnages
tentent de réaliser quelque chose d’important pour eux mais n’y parviennent pas. Un-e joker
sollicite le public à venir remplacer un personnage dont il se sent solidaire afin de tenter de
changer le cours de l’histoire. Le plateau devient donc un laboratoire où le public prend la place
du personnage opprimé pour chercher des solutions dans l’interaction.

Les ateliers sont assurés par Sara Graetz, comédienne, formée au psychodrame et aux
différentes techniques du Théâtre de l’Opprimé d’Augusto Boal, plus spécifiquement au Théâtre-
Forum. Sarah Graetz est aussi éducatrice A1.
- 8 - Le Délégué général aux droits de l’enfant




3. Conférencières


Suite à ces saynètes, trois conférencières sont amenées à intervenir :

- Madame Anne d’ALCANTARA, Professeure à l’Université catholique de Louvain,
pédopsychiatre.
- Madame Christine DELVENNE, Professeure à l’Université libre de Bruxelles,
pédopsychiatre.
- Madame Catherine VASSELIER NOVELLI, psychologue, psychothérapeute, Centre de
consultations et La DURANCE, Marseille, CHRS La Roque.

Ces conférences n’ont pas été enregistrées. Toutefois, de manière à laisser une trace de ces
différentes interventions, la Docteur Anne d’ALCANTARA a été interviewée. La Docteur
Christine DELVENNE et Madame Catherine VASSELIER NOVELLI nous ont communiqué un texte
se rapprochant de leur intervention.





























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