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Novembre 2001

Insertion dans l'entreprise et formation en cours d'emploi
Olivier Joseph, Jean-François Lochet


Une approche courante des travaux sur l'insertion professionnelle prenant appui sur des enquêtes
rétrospectives quantitatives vise à expliquer la situation à la date de l'enquête par l'analyse des
itinéraires appréhendés comme une chronologie de situations. Notre angle d'analyse de l'insertion
est différent : nous abordons l'insertion par l'identification et l'analyse d'évènements qui, a priori, la
construisent. Il convient alors, pour un événement donné, d'en traiter les facteurs explicatifs et
l'aptitude à insérer le jeune.

Dans ce document, l'événement étudié est la formation formelle en cours d'emploi que le jeune est
susceptible de recevoir de la part de son employeur dans le cours de sa phase d'insertion. On
analysera donc successivement des facteurs explicatifs de la formation en cours d'emploi (parties 1
et 2) puis la capacité d'insertion dans l'entreprise offerte par le passage en formation (partie 3).

Nous envisageons a priori deux facteurs explicatifs de la formation en cours d'emploi : d'une part,
les attributs de formation initiale du jeune – à savoir son niveau et sa filière, générale ou
professionnelle – et, d'autre part, les modes de gestion de la main-d'œuvre de l'établissement
employeur dont on approximera ici la réalité et la diversité par le biais du recours à ses
caractéristiques d'activité économique et ...

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Novembre 2001
 Insertion dans l'entreprise et formation en cours d'emploi Olivier Joseph, Jean-François Lochet
  Une approche courante des travaux sur l'insertion professionnelle prenant appui sur des enquêtes rétrospectives quantitatives vise à expliquer la situation à la date de l'enquête par l'analyse des itinéraires appréhendés comme une chronologie de situations. Notre angle d'analyse de l'insertion est différent : nous abordons l'insertion par l'identification et l'analyse d'évènements qui, a priori, la construisent. Il convient alors, pour un événement donné, d'en traiter les facteurs explicatifs et l'aptitude à insérer le jeune.  Dans ce document, l'événement étudié est la formation formelle en cours d'emploi que le jeune est susceptible de recevoir de la part de son employeur dans le cours de sa phase d'insertion. On analysera donc successivement des facteurs explicatifs de la formation en cours d'emploi (parties 1 et 2) puis la capacité d'insertion dans l'entreprise offerte par le passage en formation (partie 3).  Nous envisageons a priori deux facteurs explicatifs de la formation en cours d'emploi : d'une part, les attributs de formation initiale du jeune – à savoir son niveau et sa filière, générale ou professionnelle – et, d'autre part, les modes de gestion de la main-d'œuvre de l'établissement employeur dont on approximera ici la réalité et la diversité par le biais du recours à ses caractéristiques d'activité économique et d'effectifs .  Nous pensons qu'on peut avancer quelques schémas d'analyse de l'articulation entre la formation initiale et la formation en cours d'emploi sur lesquels prendraient appui les politiques d'entreprises en matière d'embauche. Plus précisément, les employeurs tiendraient compte de la formation initiale de leurs salariés débutants pour les envoyer ou non suivre des actions de formation continue ; cette prise en considération serait perceptible dans l'accès et aussi dans la durée de la formation reçue en cours d'emploi. Il y aurait ainsi une certaine articulation observable entre les initiatives de formation de l'entreprise et le système de formation initiale.  Précisons cette hypothèse d'une logique d'articulation entre formation initiale et formation continue qui se manifesterait dans les modes de mobilisation de la formation continue des salariés en début de vie active. En relation avec les formes d'organisation du travail et les modes de gestion de l'emploi, on peut faire s’affronter au moins deux schémas.  - On peut ainsi envisager que les entreprises impliquées dans les nouvelles formes d’organisation du travail (que l’on range sous le terme de “ flexibles ” et qui, au nom de la “ qualité totale ” et/ou d'une centration sur le client, cherche à développer l’adaptabilité, la polyvalence, l’autonomie, la participation, la motivation, la capacité à coopérer, l’inventivité, l’initiative, ... des salariés) privilégient, dans leur critères d’embauche, la formation générale, l’employeur se réservant un niveau d’implication élevé dans la formation professionnelle continue, avec éventuellement un recours aux contrats en alternance, pour spécifier les savoirs professionnels attendus et élargir les capacités de mise en œuvre de ces savoirs par les jeunes. A l’égard du système de formation initiale, l’entreprise apparaîtrait alors comme unpartenaire1;                                                           1 nous référons ici à un précédent travail sur le recrutement, s'appuyant sur des observations Nous en entreprises, dans lequel nous distinguions quatre figures polaires de comportement en matière de recrutement, chacune combinant avec des intensités et des modalités contrastées d'une part le recours au diplôme comme outil de classement et sélection des candidats et d'autre part l'implication  
2
   - A contrario, on peut penser que les entreprises plus typiquement tayloriennes vont privilégier les jeunes titulaires de diplômes de formation professionnelle ou avec expérience professionnelle acquise dans une spécialité précise et ne développer au plus que des stages standards, de courte durée, nécessaires à l'adaptation immédiate aux outils – machines ou logiciels - de l'entreprise. L’entreprise aurait alors un comportement decliente2du système de formation initiale.   On fait donc ainsi l'hypothèse d'un lien entre la formation initiale du jeune et la formation en cours d'emploi ; ce lien relèverait d'une stratégie d'embauche de l'employeur et conduirait notamment à l'octroi d'actions de formation longues aux jeunes plutôt issus de l'enseignement général3 de et formations de courte durée voire une absence de formation pour les sortants de formations professionnelles. Nous éprouverons cette hypothèse en analysant la fréquence et l'intensité de la formation en cours d'emploi selon la filière – professionnelle ou générale – de sortie de formation initiale.  Par ailleurs, la formation en cours d'emploi, en spécifiant les savoirs et savoir-faire professionnels, permettrait au jeune d’atteindre plus rapidement un niveau “ normal ” de productivité. La formation formelle serait ainsi une façon, pour l'entreprise, d'investir dans l'amélioration de la capacité productive du jeune et aussi de maintenir la relation d'emploi avec le jeune. Nous analyserons les liens entre la formation en cours d'emploi et le maintien dans l'entreprise. Outre l'amélioration du capital de formation du jeune, la formation en cours d'emploi faciliterait ou accélérerait ainsi son intégration ; elle participerait donc à la construction de la qualification professionnelle du jeune et à son insertion4.   Sur le plan des matériaux, notre champ d'investigation est délimité par les observations présentes dans l'enquête "Génération 92". Dans cette enquête, le jeune n'est en fait interrogé sur son éventuelle formation en cours d'emploi que dans le cas d'une séquence d'emploi d'au moins six mois ou lors de l'emploi à la date de l'enquête. En sont exclues les séquences d'emploi faites seulement d'un contrat de qualification ou d'un contrat d'apprentissage car ces types de contrats ne sont pas concernés, dans le questionnaire d'enquête, par les questions relatives à la formation en cours d'emploi.Nous limiterons notre investigation aux premières séquences d'emploi individuelles de plus de six moisdate de l'enquête, à l'exclusion des contrats, celles-ci pouvant être en cours à la de qualification.  Le traitement statistique est appliqué à un fichier de données dans lequel à un jeune sorti de l'école correspond un établissement employeur. Cet établissement est le premier établissement dans lequel l'individu a eu une séquence d'emploi d'au moins 6 mois ; la séquence d'emploi peut d'ailleurs toujours être en cours à la date de l'enquête. Ce fichier est renseigné des caractéristiques des individus, de leurs éventuels passages en formation et des caractéristiques des employeurs correspondants aux séquences d'emploi ainsi définies.                                                                                                                                                                                                  de l'entreprise dans le champ de la formation accompagnant le recrutement. Nous distinguions ainsi les entrepriseriseetanpradu système de formation,clientes,otuaadidsetcetattentistesà l'égard du système de formation [Lochet JF., Podevin G., Saunier JM., 1995] 2(ibid.) 3 La formation en cours d'emploi pourrait alors occuper une place d'autant plus grande que la formation initiale du jeune serait générale. 4 finalité économique de l’insertion serait même précisément l’acquisition d’une qualification La demandée par le système productif [Vernières M., 1997].  
3
   Dans l'étude des facteurs explicatifs de la formation en cours d'emploi présentée ici, nous distinguons, analytiquement, d'une part la fréquence de l'investissement en formation autrement dit les chances individuelles d'accès à une formation en cours d'emploi selon l'établissement employeur et, d'autre part, l'intensité de cet investissement que l'on identifie empiriquement à la durée de la formation. Dans la confrontation aux données de l'enquête, cette distinction analytique entre l'accès et la durée de la formation en cours d'emploi est apparue pertinente. Il est en effet apparu très vite que la nature des variables de formation initiale explicatives de la formation en cours d'emploi différait dans les deux cas : le niveau intervient seul pour expliquer l'accès alors qu'en ce qui concerne la durée, le niveau intervient en association avec la filière5.     1. Les facteurs d'accès à la formation dans l'entreprise  Dans cette partie consacrée aux facteurs explicatifs de l'accès à la formation en cours d'emploi, notre objectif est de vérifier si les variations des chances d'accès, au cours des séquences d'emploi, peuvent s'expliquer par : - les variables de formation initiale du jeune, à savoir le niveau de sortie - secondaire ou supérieur - et la filière d'enseignement suivie - générale ou professionnelle - , - les caractéristiques socio-productives de l'établissement employeur, qu'il s'agisse de sa spécialisation productive (secteur d'activité économique) ou de ses effectifs (taille).  On pose le schéma a priori d'analyse des causalités suivant :   
 
Filière
 Employeur Accès à la FCE
 Niveau
  Ce schéma postule une certaine structure de dépendance entre les variables. Celle-ci repose sur les hypothèses suivantes : - le niveau d'étude et la filière de formation initiale du jeune seraient des facteurs déterminants des caractéristiques de l'activité et de la taille de l'établissement employeur dans lequel le jeune se trouve embauché. En appui de cette hypothèse, on peut se reporter notamment aux travaux du Département des Entrées dans la Vie Active du Céreq montrant des liens entre les attributs de formation initiale du jeune et les caractéristiques des établissements d'embauche, voir par exemple [Mansuy M., Thireau V., 1999] , -dans la formation continue, qui pèse sur lesl'investissement de l'établissement employeur chances individuelles d'accès, serait largement discriminé selon ses caractéristiques d'activité économique et de taille (cf. notamment les travaux du Département production et usage de la
                                                          5 le non accès à une formation en cours d'emploi ne peut donc être assimilé à une Pratiquement, durée nulle de formation en cours d'emploi.  
 4  Formation Continue du Céreq, consacrés à l'exploitation des déclarations fiscales "2483", [Céreq, 2000] ) , - les chances individuelles d'accès des jeunes à une action de formation dépendraient aussi des caractéristiques de formation initiale exprimées en termes de niveau et de filière de formation du jeune, c'est là notre hypothèse première.   1.1 Les chances d'accès à la formation continue dépendent de l'employeur et du niveau de formation initiale du jeune  Les résultats émergeant de la modélisation mise en œuvre6confirment, en la précisant, la relation de dépendance entre les variables retenues.  •Les chances d'accès du jeune à une formation en cours d'emploi dépendent des effets intrinsèques du niveau de formation initiale du jeune et des caractéristiques de l'établissement employeur ; l'influence de l'employeur apparaît significativement plus forte que celle de la formation initiale. L'établissement employeur, considéré isolément, pèse pour environ 60 % dans les chances d'accès, le niveau intervenant pour 55 %.   •Mais l'investissement de l'employeur dans la formation formelle du jeune dépend non seulement des effets intrinsèques du niveau de formation initiale du jeune et des caractéristiques d'activité et de taille de l'établissement employeur mais aussi d'un effet d'association entre ces variables. L'influence de l'établissement employeur sur les chances d'accès à la formation varie ainsi selon le niveau de formation initiale du jeune et nous donnerons par la suite une mesure des effets d'association.  •En revanche, l'influence de la filière de formation initiale sur les chances d'accès à la formation continue apparaît très marginale. L'introduction d'un effet de filière de formation initiale sur les chances d'accès à une formation continue ne présente aucun apport explicatif. Autrement dit, les variables individuelles de capital scolaire pesant sur les chances d'accès à la formation se limitent au niveau de formation.  On peut résumer7, à moindre coût, le schéma de causalité de la façon suivante  Niveau Employeur Accès FCE
  Employeur et niveau de formation initiale interagissent pour expliquer l'accès à la formation en cours d'emploi.   
                                                          6d'une modélisation log-linéaire [cf. annexes 2 et 3]Il s'agit  7 La justification est présentée en annexe 3.1, in "tests sur modèles emboîtés"  
 5  1.2 Estimation des influences des facteurs sur l'accès à la formation  Le type de modélisation utilisé permet de donner une mesure des influences respectives des différents facteurs explicatifs de l'accès à la formation continue et de leurs effets associés.   •Les effets intrinsèques du niveau de formation initiale sur les chances d'accès à la formation  Les chances d'accès à une formation en cours d'emploi sont 2,7 fois plus fortes pour les sortants de l'enseignement supérieur que pour les sortants du secondaire, à secteur et taille de l'établissement employeur contrôlés.   •Les effets intrinsèques du secteur et de la taille sur les chances d'accès à la formation  L'avantage des "grands" établissements (établissements d'au moins 50 salariés) sur les petits (établissements de moins de 50 salariés), quant aux chances d'accès à la formation dans l'emploi, est systématique quel que soit le secteur, à l'exception des activités financières [cf. Tableau 1]. Dans les grands établissements, à secteurs d'activité contrôlés, les chances d'accès à une formation en cours d'emploi sont 2,2 fois plus élevées que dans les petits établissements.  Cependant, cet avantage est d'amplitude variable selon le secteur. Ainsi, dans le bâtiment, secteur que l'on sait par ailleurs peu formateur, les jeunes ont 2,6 fois plus de chances de recevoir une formation s'ils sont dans un grand établissement ; dans le commerce, autre secteur traditionnellement peu formateur, la proportion correspondante est de 1,6.   •Les effets d'association du niveau de formation initiale et des caractéristiques de l'établissement employeur sur les chances d'accès à une formation  Une bonne appréciation de l'effet du niveau de formation initiale sur l'accès passe par une lecture en lien avec les caractéristiques de l'établissement8: ainsi, selon la taille et l'activité de l'établissement employeur, l'incidence du niveau sur les chances individuelles d'accès à de la formation en cours d'emploi varie.  L'objectif est ici l'analyse du lien entre le niveau de formation initiale et les chances d'accès à la formation en cours d'emploi et d'examiner la variation de ce lien quand on passe d'un grand établissement à un petit ou d'un secteur d'activité à un autre. On recherche ici une conclusion portant sur l'examen du sens de variation de la force de ce lien quand l'observation passe d'un petit à un grand établissement [cf. Tableau 2].  - Les chances d'accès à une formation sont, pour l'industrie et la construction, globalement plus favorables aux sortants de l'enseignement supérieur, que l'on soit dans un petit établissement ou dans un grand. Dans le tertiaire, c'est le contraire : les chances sont plus favorables aux sortants de l'enseignement secondaire9les grands établissements du secteur des services aux, sauf dans entreprises où le constat rejoint celui fait pour l'industrie.                                                             8on peut écrire cela d'après le modèle retenu à l'issue de la modélisation 9sans doute en raison des Contrats Emploi Solidarité (CES)  
 6    Tableau 1 : avantages relatifs des grands établissements sur les petits quant aux chances d'action de formation continue  Agriculture, sylviculture, pêche (-) Industries agricoles et alimentaires 2,2 Industries des biens de consommation 1,9 Industrie automobile (-) Industries des biens d'équipements 1,6 Industries des biens intermédiaires 2,4 Construction 2,6 Commerce 1,6 Transports 1,9 Activités financières 0,8 Services aux entreprises 2,2 Services aux particuliers (-) Education, santé, action sociale 1,3 Administration 1,8 Exemple de lecture : dans les industries agroalimentaires, les jeunes ont 2,2 fois plus chances de recevoir une formation s'ils sont dans un grand établissement      Tableau 2 : les chances relatives d'accès à une formation pour un sortant de l'enseignement supérieur par rapport à un sortant de l'enseignement secondaire   Secteurs d'activité économique Petits Grands établissements établissements 1 Agriculture, sylviculture, pêche 1,03 (-) 2 Industries agricoles et alimentaires 1,91 1,03 3 Industries des biens de consommation 1,19 1,43 4 Industrie automobile (-) 1,59 5 Industries des biens d'équipements 0,77 1,16 6 Industries des biens intermédiaires 1,15 0,93 7 Construction 1,48 1,04 8 Commerce 0,64 1,05 9 Transports 0,61 0,83 10 Activités financières 0,74 0,88 11 Services aux entreprises 0,96 1,30 12 Services aux particuliers 0,64 (-) 13 Education, santé, action sociale 0,68 0,79 14 Administration 1,04 0,81 Exemple de lecture : pour les salariés en emploi dans un petit établissement des IAA, les chances d'accéder à une formation continue sont 1,91 fois plus fortes pour les jeunes issus de l'enseignement supérieur plutôt que secondaire.  
7
   - Dans les petits établissements, l'influence du niveau de formation initiale sur les chances d'accéder à une formation varie de 0,61 à 1,91 selon le secteur d'activité économique. Dans les grands établissements, la dispersion est plus resserrée, elle évolue de 0,79 à 1,5910. Ainsi, quand l'observation passe d'un petit à un grand établissement, le lien apparaît moindre, c'est à dire que le niveau de formation initiale perd de son influence clivante avec la taille de l'établissement. Autrement ditl'influence du niveau de formation initiale sur les chances de recevoir une formation en cours d'emploi est plus forte dans un petit établissement que dans un grand. Si on assimile, dans une approximation grossière, les petits établissements aux établissements les moins formateurs, alors c'est dans les établissements les moins formateurs que la discrimination d'accès à la formation en cours d'emploi, selon le niveau de diplôme, serait la plus forte    2. Expliquer la durée de la formation en cours d'emploi  Cette deuxième partie explore, de façon complémentaire à la première et avec la même méthodologie de traitement des données, la durée de la formation en cours d'emploi et ses facteurs explicatifs. La durée de formation en cours d'emploi constitue un indicateur qui rend compte de l'intensité d'investissement de l'employeur en formation formelle du jeune.  Notre ou d'interrogation des données devient un sous-ensemble du précédent en limitant l'observation des séquences d'emploi de plus de 6 mois à celles comportant au moins une action de formation financée ou organisée par l'entreprise. Les facteurs explicatifs de la durée de formation sont recherchés dans l'analyse des effets, propres et associés, des variables de formation initiale - niveau et filière - et des caractéristiques de l'établissement employeur - secteur et taille -.  On pose le schéma d'analyse de la causalité suivant :   
 
Filière
 Employeur Durée de la FCE
Niveau
   Ce schéma suppose une certaine structure de dépendance entre les variables. Celle-ci repose sur les mêmes types d'hypothèses que précédemment mais appliquées, non plus à l'accès à la formation en cours d'emploi, mais à sa durée. Selon ce schéma, les durées de formation en cours d'emploi seraient dépendantes des caractéristiques de formation initiale du jeune, qu'il s'agisse du niveau ou
                                                          10 La distribution observée des odds-ratio pour les petits établissements s'écarte plus de l'indépendance que celle observée pour les grands établissements. On peut ainsi se baser sur l'amplitude pour conclure que le lien entre niveau de formation initiale et accès à la formation continue est plus strict dans les petits établissements que dans les grands.  
 8  de la filière, et c'est là l'hypothèse majeure que nous souhaitons éprouver11. De plus, cet effort de formation continue serait également discriminé selon les caractéristiques de secteur d'activité économique et de taille de l'établissement employeur.    2.1 La durée de la formation en cours d'emploi dépend de l'employeur mais est aussi relative au niveau et à la filière de formation initiale  Nous testons ici les facteurs de variation de la durée de la formation en cours d'emploi. Les principauxrésultatssont les suivants.  •La durée de formation dépend bien des trois variables explicatives avancées. Autrement dit, l'investissement de l'employeur en formation formelle dépend à la fois du niveau de formation initiale du jeune, de sa filière et des caractéristiques d'activité et de taille de l'établissement.   •de taille et d'activité de l'établissement employeur influent sur laToutefois, les caractéristiques durée nettement plus que la formation initiale - ie plus que la filière et le niveau réunis –. L'établissement, pris isolément, pèse pour environ 65 % sur la durée ; la filière et le niveau intervenant pour moins de 10 % chacun – respectivement 9% et 8% - ; la filière, ainsi considérée isolément, a une incidence sur la durée de la formation légèrement supérieure au niveau12. Les variables individuelles de capital scolaire sont donc un déterminant nettement moindre de la durée de formation que les caractéristiques "structurelles" de l'employeur. Autrement dit, plutôt que les variables de capital individuel, ce sont des facteurs structurels qui pèsent de façon importante sur la durée. Toutefois, l'influence moindre des variables de formation initiale sur la durée de formation reste significative.  •bien des trois variables explicatives mobilisées (filière,Enfin, si la durée de formation dépend niveau de formation initiale du jeune et caractéristiques de l'établissement employeur), deux de ces trois variables interagissent - le niveau et l'employeur - , alors que la filière agit seul. Dans l'explication de la durée de la formation en cours d'emploi, interviennent non seulement les effets propres à chacune des variables mais aussi un effet d'interaction du niveau de formation initiale et de l'employeur. Tout se passe comme si l'employeur interprétait le niveau de formation du jeune - l'employeur aurait des marges de manœuvre - mais pas sa filière de formation. Le niveau de formation initiale s'articulerait différemment à la durée de formation en cours d'emploi selon le type d'établissement employeur alors que les mêmes modes d'articulation entre filière et durée serait communément partagés quel que soit l'empoyeur.  
                                                          11Au vu d'un test du khi2, la filière de formation initiale et la durée de la formation au cours de la séquence d'emploi apparaissent bien comme des variables dépendantes. Il en est de même pour le niveau de formation initiale avec la durée de la formation en cours d'emploi. 12 Ceci résulte de l'examen des valeurs des "ratio de vraisemblance" et des parts de ces ratio expliquées pour les modèles 3 à 5 d'une part et 6 à 8 d'autre part [cf. annexe 3.2].  
 9  Le meilleur modèle résumant, à moindre coût et de façon satisfaisante, l'information intègre, comme facteurs explicatifs de la durée, l'effet associé du niveau de formation initiale et des caractéristiques de l'établissement employeur, plus l'effet, à part entière, de la filière de formation initiale [cf. annexe 3.2].    
Niveau de FI! Employeur! de la FCE Durée" de FI Filière
 
   2.2 Estimation de l'influence des facteurs sur la durée de formation  Pour préciser l'influence de ces différents facteurs explicatifs sur la durée de formation, on peut en donner un estimation quantitative.   •La filière de formation initiale ordonne les durées de formation suivie en cours d'emploi  Les chances de suivre une formation longue plutôt que moyenne et moyenne plutôt que courte sont d'autant plus fortes que l'on sort de formation générale et non de filière professionnelle.  Plus précisément, les résultats des calculs des rapports de chance sont les suivants : à niveau de formation initiale et à caractéristiques d'employeur contrôlés, les chances d'avoir suivi une formation longue plutôt que moyenne sont 1,4 fois plus fortes chez les jeunes sortis de filière générale que chez les jeunes sortis de filière professionnelle. Leurs chances d'avoir suivi une formation moyenne plutôt que courte sont 1,1 fois plus fortes et enfin leurs chances d'avoir suivi une formation longue plutôt que courte sont 1,5 fois plus fortes.  Ceci est cohérent avec notre hypothèse d'articulation entre la formation initiale et la formation en cours d'emploi : la formation en cours d'emploi, lorsqu'elle intervient, a d'autant plus de chances d'être longue que la formation initiale est générale. La durée de la formation en cours d'emploi révèlerait ainsi l'effort des employeurs pour spécifier "professionnellement" (au sens de l'entreprise) les savoirs des jeunes sortant de formation initiale et l'effort – donc la durée – serait d'autant plus important que la formation initiale du jeune serait "générale" et non "professionnelle" (au sens de l'Education Nationale). De plus, ce constat est général et ne nécessite pas le besoin d'être interprété relativement aux caractéristiques des employeurs13.   •Le niveau de formation initiale ne hiérarchise pas les durées individuelles passées en formation dans l'emploi  Le niveau de formation initiale n'ordonne pas les durées de formation alors qu'il hiérarchisait les probabilités d'accès à la formation. Globalement, le résultat est le suivant : les sortants du supérieur ont, par rapport aux sortants du secondaire, des fréquences plus élevées de durée moyenne de                                                           13On ne peut toutefois exclure un éventuel biais lié notamment à la durée de la relation d'emploi : ce serait le cas si la formation générale "allait" avec des durées de séquences d'emploi longues, a priori plus favorables à des opportunités de durée de formation longue.  
 10  formation. Par rapport aux jeunes sortis de l'enseignement supérieur, les sortants du secondaire ont plus de chances de recevoir une formation continue courte (1,1) que longue et surtout que moyenne (1,4 fois plus de chance), mais ont aussi plus de chances de recevoir une formation longue que moyenne (1,3). Autrement dit, les durées moyennes de formation sont moins probables que les autres pour les sortants du secondaire par rapport aux sortants du supérieur.  Sortir de l'enseignement supérieur avantage donc les chances d'atteindre une durée moyenne de formation. Ceci peut traduire une plus grande propension à suivre des actions de formation de durée effectivement moyenne ou bien révéler une fréquence plus forte de passages en formations courtes au cours de la même séquence d'emploi, l'enquête ne retenant que la durée cumulée des actions de formation par séquence d'emploi.   •Les grands établissements allongent la durée de la formation  L'avantage des grands établissements sur les petits, par rapport aux chances individuelles d'accès à une durée longue de formation plutôt que courte est quasi systématique selon le secteur. Cependant, cet avantage est d'amplitude variable. Ainsi, dans les industries de biens d'équipement et les transports, les jeunes ont 2 fois plus chances de recevoir une formation longue, plutôt que courte, s'ils sont dans un grand établissement alors que dans le secteur de la construction, l'avantage n'apparaît pas [cf. Tableau 3].    •Une mesure des effets d'interaction entre le niveau de formation initiale et les caractéristiques de l'établissement employeur sur la durée de la formation en cours d'emploi  L'effet du niveau sur la durée est apparu complexe car non linéaire mais sa "bonne" appréciation passe par une lecture en lien avec les caractéristiques de l'établissement14: ainsi, selon la taille de l'établissement, selon le secteur d'activité, le niveau ordonne ou désordonne de façon variée les durées de formation.  Notre objectif est ici l'analyse du lien entre le niveau de formation initiale et la durée de la formation en cours d'emploi et d'examiner la variation de ce lien quand on passe d'un grand établissement à un petit ou d'un secteur d'activité à un autre [cf. Tableaux 4, 5 et 6]. Nous traiterons successivement l'industrie puis le tertiaire.   #Dans l'industrieà une durée longue de formation (plutôt qu'à une durée, les chances d'accès courte ou même moyenne) est plus favorable aux sortants de l'enseignement supérieur lorsque ceux-ci sont en poste dans un petit établissement. En revanche, ces chances leur sont grandement défavorables dans un grand établissement ; l'influence du niveau de formation initiale est encore plus fort dans les grands établissements que dans les petits.  Dans les petits établissements de l'industrie, l'accès à la formation – comme on l'a vu dans la partie précédente – et la durée de la formation sont favorables aux sortants de l'enseignement supérieur : autrement dit, la formation en cours d'emploi va au meilleur niveau de la formation initiale. Dans les grands établissements, l'accès continue à leur être favorable mais pas la durée :
                                                          14des résultats de la modélisation et des caractéristiques du modèle retenu.Ceci résulte   
 11  quand ils ont accès à la formation, les sortants du secondaire ont alors des durées de formation plus longues.   #Les liens entre le niveau de formation initiale et la durée de la formation présentent beaucoup moins d'homogénéité à l'intérieur dutertiaire. Au moins deux grands ensembles de secteurs sont à distinguer.   Tableau 3 : avantages relatifs des grands établissements sur les petits quant aux chances de durée longue de formation plutôt que courte  Industries agricoles et alimentaires 1,1 Industries des biens de consommation 1,1 Industries des biens d'équipements 2,0 Industries des biens intermédiaires 1,4 Construction 1,0 Commerce 1,1 Transports 2,0 Activités financières 0,7 Services aux entreprises 1,6 Education, santé, action sociale 0,7 Administration 1,6 Champ : jeunes ayant eu une séquence d'emploi d'au moins 6 mois avec formation continue Exemple de lecture : dans les industries agro-alimentaires, les jeunes ont 1,1 fois plus chances de recevoir une formation longue, plutôt que courte, s'ils sont dans un grand établissement       Tableau 4 : les chances relatives d'accès à une durée longue de formation plutôt que courte pour un sortant de l'enseignement supérieur plutôt que secondaire  Secteurs d'activité économique Petits Grands établissements établissements Industries agricoles et alimentaires 1,52 0,66 Industries des biens de consommation 1,40 0,42 Industries des biens d'équipements 1,03 0,44 Industries des biens intermédiaires 1,44 0,39 Construction 0,40 0,32 Commerce 1,16 1,50 Transports 0,43 1,63 Activités financières 3,91 2,53 Services aux entreprises 2,32 2,22 Education, santé, action sociale 0,38 0,69 Administration 0,80 0,86 Champ : jeunes dont la 1èreséquence d'emploi d'au moins 6 mois est avec formation continue. Exemple de lecture : pour les salariés en emploi dans un petit établissement des IAA, les chances d'accéder à une formation longue, plutôt que courte, sont 1,52 fois plus fortes pour les jeunes issus de l'enseignement supérieur plutôt que secondaire.   
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