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  • cours - matière potentielle : des aliments et de l' énergie
  • cours - matière potentielle : élaboration
  • exposé
• w w w . g r a z i a n o d a s i l v a . o r g J O S E G R A Z I A N O D A S I L V A Candidat du Brésil au poste de Directeur Général de L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) PROCHAIN DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO: TRAVAILLER ENSEMBLE POUR LE BIEN DE L'HUMANITE
  • entier soutien au comité de la sécurité alimentaire
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Langue Français

Exrait

JOSE GRAZIANO DA SILVA

Candidat du Brésil au poste de Directeur Général de
L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO)













PROCHAIN DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO:
TRAVAILLER ENSEMBLE POUR LE BIEN DE L’HUMANITE







www.grazianodasilva.org
José Graziano da Silva - Biographie
José Graziano da Silva a mené une brillante carrière professionnelle dans les domaines de la sécurité alimentaire, de
l'agriculture et du développement rural. On ne saurait oublier sa contribution marquante, en tant que ministre
extraordinaire de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la faim, chargé de mettre en œuvre le Programme “Faim
zéro” (“Fome Zero”) au Brésil.
M. Graziano da Silva, 61 ans, est titulaire d’une licence en agronomie et d'une maîtrise en économie et sociologie rurales
de l'université de São Paulo ainsi que d'un Ph.D en sciences économiques de l'université d'État de Campinas. Il a
également deux diplômes de post-doctorat: études latino-américaines (University College of London) et études
environnementales (Université de Californie, Santa Cruz).
Depuis 2006, il est Sous-directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
M. Graziano da Silva a été choisi par la Présidente Dilma Rousseff et l'ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva pour
être le candidat du Brésil au poste de Directeur général de la FAO.

Lutter contre la faim
Depuis 1977, M. Graziano da Silva s'emploie à faire progresser le développement rural et la lutte contre la faim, que ce
soit dans le cadre de ses activités universitaires, aux plus hauts niveaux de responsabilité ou en travaillant avec les
syndicats.

En 2001, il a coordonné la formulation du Programme “Faim zéro” (“Fome Zero”) avant d'être nommé par le Président
du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, au poste de ministre extraordinaire de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la
faim et d'assumer, à ce titre, la responsabilité de la mise en œuvre du Programme.

Le Programme “Faim zéro” n'est pas seulement le reflet de la priorité essentielle du Président Lula da Silva mais c’est
aussi une innovation importante en matière de politiques publiques de lutte contre l'extrême pauvreté. Le programme se
distingue en particulier par son approche multisectorielle, son ouverture à la participation de la société civile pour la
planification et l'allocation des ressources ainsi que pour le suivi des activités, et enfin son souci de tenir compte des
problèmes de parité hommes-femmes, illustré par l'attribution des transferts monétaires aux femmes des ménages
bénéficiaires, afin d’améliorer leur autonomie et de garantir une utilisation plus efficace des ressources.

Cinq ans après son lancement, le Programme “Faim zéro” avait aidé 24 millions de personnes à se hisser hors de
l'extrême pauvreté et contribué à réduire la sous-alimentation au Brésil de 25%.

Son action à la FAO
En 2006, José Graziano da Silva a été nommé Représentant régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes et Sous-
directeur général de la FAO.

Au titre de ses fonctions, M. Graziano da Silva s'est employé à renforcer le rôle de l'agriculture familiale dans le
développement rural, comme un moyen d'améliorer la sécurité alimentaire. Il a également joué un rôle capital dans la
promotion de l’initiative “Amérique latine et Caraïbes libérées de la faim”, qui a fait de la région la première du monde à
prendre l'engagement d’éradiquer la faim d'ici à 2025.

M. Graziano da Silva est également le promoteur d'un programme de travail considérable sur les questions rurales, qui
prône le renforcement des institutions du secteur et demande que les politiques publiques garantissent un
développement général et bénéfique pour tous les habitants des zones rurales, en mettant plus particulièrement l'accent
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

1
sur le problème de l'emploi rural. À cet égard, il convient de mentionner trois études préparées par le Bureau régional de
la FAO:
Boom Agrícola y Persistencia de la Pobreza Rural (Essor de l'agriculture et persistance de la pauvreté rurale), La
Institucionalidad Agropecuaria en América Latina, Estado Actual y Desafíos (Le cadre institutionnel agricole en
Amérique latine, situation actuelle et problèmes à résoudre), et Políticas de Mercado de Trabajo y Pobreza Rural en
América Latina (Les politiques de l'emploi et la pauvreté rurale en Amérique latine).

Par ailleurs, M. Graziano da Silva a encouragé activement les initiatives conjointes conduites avec d'autres institutions
des Nations Unies, notamment la CEPALC, le PAM, le PNUD et l’OIT, et des organismes internationaux tels que l’IICA
et l’OIE, et soutenu les initiatives de coopération Sud-Sud.

En sa qualité de Représentant régional, il s'est employé à mettre en œuvre les réformes internes au sein de la FAO, en
particulier le processus de décentralisation de l'Organisation, en tirant un meilleur parti des entités nationales et en
donnant aux gouvernements un rôle plus actif dans la définition des priorités. Son ouverture envers la société civile a été
tout aussi importante, ce qu’il a démontré en associant de multiples entités politiques, sociales, professionnelles et
syndicales à l'action de la FAO.

Une brillante carrière universitaire
M. Graziano da Silva mène, depuis 1978, une carrière universitaire aussi longue que fructueuse: il est professeur titulaire
à l'université d'État de Campinas et directeur du programme de maîtrise et de doctorat en développement économique,
espace et environnement, à l'Institut d'économie de cette université.

En tant que professeur, M. Graziano da Silva a été salué pour sa précieuse contribution à la formation et la préparation
d'une nouvelle génération de jeunes cadres latino-américains, spécialistes des questions de développement rural et
sécurité alimentaire.

Il est l'auteur de publications importantes sur le développement rural, la sécurité alimentaire et l'économie agraire. Il a
publié 25 ouvrages, notamment Que é a questão agrária (“Qu'est-ce que la question agraire ?”) et De boias frias
a empregados rurais (“Des Bóias Frias aux travailleurs ruraux”).

Informations personnelles
José Graziano da Silva est né en 1949. Ressortissant brésilien et italien, il est marié à la journaliste Paola Ligasacchi et a
deux enfants et deux petits-enfants. Il parle couramment l'anglais, l'espagnol et le portugais.
Parmi les nombreux prix et décorations qui lui ont été décernés, il convient de citer: l’Ordre du Rio Branco, remis par le
Président de la République du Brésil; la Médaille Paulista du mérite scientifique et technologique, conférée par le
Gouvernement de l'État de São Paulo; et le Prix de la Société brésilienne d'économie, administration et sociologie rurales
(Prix SOBER).
.
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

2
Les Atouts du Brésil
Je suis fier d'avoir été proposé en tant que candidat du Brésil au poste de Directeur général, à la fois par l'ancien
Président Lula et par la Présidente actuelle, Dilma Rousseff.
Ces dernières années, le Brésil a conjugué un rythme de croissance économique rapide et une réduction de la disparité
des revenus. Il a ainsi démontré qu'il était possible pour les pays en développement de favoriser l'essor de l'agriculture
commerciale et de la petite agriculture, simultanément, en appliquant des politiques distinctes; de faire reculer
rapidement la faim et la malnutrition; et de commencer à maîtriser les incidences négatives de ce développement sur
l'environnement.

Le Brésil fait partie aujourd’hui des grandes puissances économiques du monde et, à l'instar des autres pays du BRICS –
Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - il prend ses responsabilités internationales à cœur. Il siège au Conseil de sécurité
des Nations Unies et est un membre influent du G-20 et un participant actif du G-77. Les Brésiliens participent à des
opérations des Nations Unies pour le maintien de la paix dans de nombreux pays.

Au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Brésil a joué un rôle très positif dans
la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, en contribuant à concilier les perceptions différentes des pays
en développement et des pays développés et en promouvant la participation de la société civile, des petits producteurs
et du secteur privé. Il partage son expérience en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire par le biais de
programmes de coopération technique avec des pays d'Afrique, des Caraïbes et d’Amérique latine.

Bien qu'il n'existe pas de règles écrites à ce sujet, il est d'usage que les directeurs des institutions des Nations Unies
représentent toutes les régions par rotation. Depuis sa création, la FAO a vu se succéder sept directeurs généraux: deux
des Etats-Unis, deux d'Europe, et un d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique, respectivement. La région Amérique latine et
Caraïbes est donc la seule région qui n'a pas encore donné de Directeur général à la FAO; de plus, à l'heure actuelle,
aucun Brésilien n'occupe de poste de direction dans le système des Nations Unies.



“José Graziano da Silva, compte tenu de son brillant parcours universitaire – en tant
qu’économiste et agronome – et de son expérience politique et professionnelle, puisqu’il a été
ministre et qu’il est chef du Bureau régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes,
possède toutes les qualifications nécessaires pour occuper le poste de Directeur général de la FAO.

Nous avons assumé ensemble des responsabilités ministérielles dans le gouvernement de Lula, où
Graziano a été l’architecte des programmes conduits par le Brésil pour combattre la faim. Je l’ai
vu moi-même au travail et c’est pourquoi je donne l’entier soutien de mon gouvernement à sa
candidature à la direction de la FAO.”

Dilma Rousseff
Président du Brésil



José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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Mes Qualifications
En tant que Brésilien, agronome et économiste, j'ai contribué aux remarquables réussites de mon pays. Pendant ma
longue carrière, à la fois de professeur puis de ministre, j'ai toujours conduit des activités professionnelles – dans des
domaines tels que la production agricole, le développement rural et la sécurité alimentaire – qui sont parfaitement
cohérentes avec le mandat de la FAO. D'ailleurs, je dois avouer qu'il n'est guère de jours où je me réveille sans penser à
la faim et aux façons de la combattre, aux problèmes rencontrés par les petits agriculteurs et aux conditions de vie
difficiles dans lesquelles tant de femmes rurales doivent subsister.

J'ai dirigé l'équipe qui a conçu l'initiative brésilienne Faim zéro, lancée par le Président Lula quand il a pris ses fonctions
en 2003, en tant que pièce maîtresse du programme de son gouvernement. Le Président m’a ensuite nommé au premier
poste de ministre de la sécurité alimentaire, avec la redoutable mission de créer un ministère entièrement nouveau et de
mettre en œuvre jusque dans les moindres recoins du vaste territoire du Brésil un programme extrêmement ambitieux –
doté d’un budget annuel deux fois plus important que celui de la FAO!

Je suis fier de déclarer que l'initiative Faim zéro est universellement considérée comme l'un des programmes de lutte
contre la faim les plus performants du monde et que la FAO et bon nombre de ses pays membres jugent qu'il s'agit d'un
programme à prendre pour modèle. Il se poursuit sous l'égide de la Présidente Dilma Rousseff et sert de référence à
d'autres programmes qui ont été mis en place au Brésil ces dernières années en vue de promouvoir un développement
économique et social bénéfique pour l'ensemble de la population.

Pendant plus de 25 ans, j'ai enseigné à l'université, travaillé avec des organisations rurales et conseillé Lula, depuis
l'époque où il était dirigeant syndical jusqu'à son élection à la présidence. L'une des leçons que j'ai tirées de cette
expérience est qu'il est capital de parvenir à un consensus pour jeter des bases solides permettant d’aller de l'avant
rapidement conformément à un programme approuvé.

J'ai été nommé Représentant régional de la FAO pour l'Amérique latine et les Caraïbes en 2006. Dans le cadre de mes
fonctions internationales, j'ai activement participé au processus qui a permis que des questions telles que le renforcement
de l'agriculture familiale et la sécurité alimentaire soient inscrites à l'ordre du jour des régions. J'ai élargi ma
connaissance et ma compréhension des réalités agricoles et rurales dans les pays membres de la FAO, en particulier les
pays en développement. J’ai mis sur pied des partenariats fructueux avec d'autres institutions des Nations Unies, des
banques de développement et des organisations régionales, tout en collaborant étroitement avec les commissions
économiques régionales des Nations Unies. J'ai également noué d'étroites relations de travail avec de nombreux
gouvernements (y compris les agences donatrices), parlements et organisations de la société civile pour atteindre nos
objectifs communs.

Je suis le seul candidat qui possède une expérience de gestion concrète au sein de l’Organisation. Cette expérience et le
fait que j'ai été un ardent partisan de la réforme revêtent une importance particulière quand on sait que le prochain
Directeur général n'occupera son poste que 42 mois et que tous les pays membres ont hâte de voir le long processus de
réforme se conclure avec succès.

Pour être bref, quand je parle d'agriculture, de sécurité alimentaire ou de croissance économique dans les pays en
développement, je le fais en tenant compte de ma propre expérience dans ces domaines.

José Graziano da Silva
Avril 2011
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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Le monde a encore besoin d’une FAO forte et efficace
La proposition de créer la FAO s’est faite jour vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les fondateurs de la FAO
étaient profondément conscients du lien existant entre les pénuries, particulièrement graves pendant la Grande
Dépression des années 1930, et les conflits. Ils ont donc fait valoir que “l'élimination des pénuries était essentielle à la
paix puisque indispensable à la disparition des tensions qui découlent des déséquilibres économiques, des
mécontentements profonds et du sentiment d'injustice, si dangereux pour la communauté soudée des États modernes”.

La justification de la création d’un organisme intergouvernemental fort et efficace pour promouvoir et orienter le
développement de l'agriculture et des systèmes de gestion alimentaire mondiaux dans l'intérêt de l'ensemble de
l'humanité est aussi valide aujourd'hui qu'elle l’était en 1945. Les hausses récentes des cours des aliments et de l'énergie,
conjuguées à la lenteur de la reprise après les crises économique et financière les plus graves que l’on ait traversées
depuis les années 1930, nous rappellent le rôle capital que l'alimentation joue dans les rouages de l'économie mondiale et
combien les populations les plus pauvres sont vulnérables quand les choses vont mal.

La FAO peut affirmer que, pendant les 65 années qui ont suivi sa création, elle a contribué à la croissance spectaculaire
de la production alimentaire. L'offre moyenne de denrées alimentaires par personne a augmenté de 40%. On produit
désormais suffisamment pour couvrir les besoins alimentaires de l'ensemble de la population mondiale, qui est passée
de 2,5 milliards d'habitants à 7 milliards d'habitants, au cours de cette période de 65 ans.

Les bons résultats obtenus en termes d'augmentation de la production alimentaire n'ont pas suffi, toutefois, pour vaincre
la faim. Une personne sur sept dans le monde – soit près d'un milliard de personnes – est confrontée à la faim chaque
jour de sa vie et, en outre, près de 3 millions sont touchées par la malnutrition, y compris la malnutrition nocive pour la
santé provoquée par la surconsommation d'aliments. En d'autres termes, plus de la moitié de la population mondiale
souffre de ne pas manger de façon appropriée. Les gens sont confrontés à la faim, non pas tant parce qu'ils n'ont pas
d'aliments à leur disposition mais essentiellement parce qu'ils n'ont pas les moyens de se procurer les aliments dont ils
ont besoin pour conduire une vie saine et productive.

Par ailleurs, la croissance spectaculaire de la production alimentaire a fait peser une pression colossale sur les ressources
naturelles de la planète. L'agriculture est pratiquée jusque dans les écosystèmes fragiles, altérant les sols et menaçant la
diversité biologique; les ressources en eau sont toujours plus surexploitées et polluées; la production végétale et animale
intensive contribue largement au réchauffement mondial; et les ressources halieutiques maritimes sont en voie
d’épuisement. De plus, un grand nombre de familles rurales pratiquant l'agriculture, la pêche et la foresterie vivent dans
le plus grand dénuement.

D'un autre côté, la mondialisation effrénée et la révolution des technologies de l'information et de la communication ont
radicalement changé les façons dont les pays établissent des liens entre eux et la vitesse à laquelle on peut accéder à
l'information et aux connaissances et les utiliser pour le bien de tous. Mais elles ont aussi amplifié un grand nombre des
risques auxquels la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité alimentaire dans le monde sont exposées. La diffusion
des maladies, des ravageurs et des espèces végétales envahissantes s'est accélérée; la sécurité sanitaire des aliments,
naguère un souci local, a pris des dimensions mondiales; et l'intégration croissante des marchés peut signifier que des
investissements décidés dans les grands centres financiers sont susceptibles d’avoir des incidences non négligeables sur
la sécurité alimentaire de millions d'enfants, de femmes et d'hommes dans le monde. Cette interdépendance n'est nulle
part plus évidente que dans les processus du changement climatique induits par l'homme, où la croissance de l’émission
de gaz à effet de serre dans les pays qui consomment de grandes quantités d'énergie va changer les conditions dans
lesquelles les agriculteurs produisent nos aliments et provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes plus
fréquents, dans le monde entier.
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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La FAO, en sa qualité de principale tribune réunissant tous les pays du monde pour traiter et résoudre les problèmes liés
à la production et l'utilisation des denrées alimentaires, se doit de réagir face à ces situations, en orientant la façon dont
le système alimentaire mondial est géré, afin que chacun puisse manger de façon appropriée. C'est une formidable
responsabilité parce que les décisions prises – ou non prises – par l’Organisation, ont une incidence sur la vie de toutes
les populations du monde, producteurs et consommateurs confondus, et parce que ce qui est décidé aujourd'hui aura
des retombées fondamentales sur les moyens d'existence des générations futures. Il est capital que les gouvernements
membres de la FAO donnent à celle-ci le pouvoir et la capacité d'agir efficacement en leur nom afin d’être à la hauteur de
cette responsabilité.


“Les États parties au présent Pacte, reconnaissant le droit fondamental qu'a toute personne d'être à
l'abri de la faim, adopteront, individuellement et aux moyens de la coopération internationale, les
mesures nécessaires, y compris des programmes concrets:
a) pour améliorer les méthodes de production, de conservation et de distribution des denrées
alimentaires par la pleine utilisation des connaissances techniques et scientifiques, par la diffusion de
principes d'éducation nutritionnelle et par le développement ou la réforme des régimes agraires, de
manière à assurer au mieux la mise en valeur et l'utilisation des ressources naturelles;
b) pour assurer une répartition équitable des ressources alimentaires mondiales par rapport aux besoins,
compte tenu des problèmes qui se posent tant aux pays importateurs qu’aux pays exportateurs de
denrées alimentaires.”
Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels,
Article 11, para. 2.


“Les Etats qui adhèrent au présent acte, résolus à développer le bien-être général par une action
particulière et collective, afin:
d'élever le niveau de nutrition et les conditions de vie des populations placées sous leur juridiction
respective;
d'améliorer le rendement de la production et l'efficacité de la répartition de tous les produits
alimentaires et agricoles;
d'améliorer la condition des populations rurales
et ainsi de contribuer à l'expansion de l'économie mondiale et de libérer l'humanité de la faim;
constituent par les présentes l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et
l'agriculture, ci-après désignée sous le nom «l'Organisation», par l'intermédiaire de laquelle les
membres se tiendront mutuellement informés des mesures prises et des progrès accomplis dans les
champs d'activité énoncés ci-dessus”
Préambule del’Acte Constitutif de la FAO


“Les Nations Unies sont l’expression de notre désir de trouver une synthèse entre le pays et le monde....
C’est une tentative de se donner un cadre dans lequel il est possible d’être au service du monde en
servant notre pays et d’être au service de notre pays en servant le monde. Quelles que puissent être ses
défaillances, cet essai d’organisation du monde donne une idée de la route à suivre à tous les hommes qui
se battent pour un monde meilleur.”
Dag Hammarskjöld
Secrétaire Général des Nations Unies (1953-1961)


José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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Cinq grandes lignes d'action: définir des priorités
In À mon sens, le prochain Directeur général de la FAO devra focaliser son attention et son énergie sur cinq grandes
lignes d'action ou piliers. Les trois premiers piliers sont liés aux défis majeurs que l'Organisation doit relever et les deux
autres concernent l'amélioration de sa capacité à le faire.

Pilier 1 – Éradication de la faim

Les résultats de la FAO – et de son Directeur général – seront mesurés en dernier ressort par la vitesse à laquelle le
nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde aura reculé. Comme le soulignent les Directives volontaires à
l'appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate, il est fondamentalement inadmissible que
quiconque souffre de la faim alors que tous les moyens existent aujourd'hui pour l'éviter. Au demeurant, l'existence
persistante de la faim et de la malnutrition à aussi grande échelle peut être considérée comme un échec de la FAO quant
à sa capacité à remplir sa fonction la plus essentielle.

L’Organisation doit maintenant reprendre son rôle de chef de file dans le cadre d'une action mondiale visant à éradiquer
la faim, selon une démarche plus ambitieuse que la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le développement
consistant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015. Beaucoup de pays ne
parviendront pas à franchir cette étape qui est cruciale pour parvenir à réaliser tous les Objectifs du Millénaire pour le
développement. Je suis convaincu, toutefois, compte tenu de ma propre expérience au Brésil et de celle d'autres pays,
que l'éradication de la faim est un objectif réaliste et financièrement réalisable. Bien comprise, l'éradication de la faim est
totalement compatible avec le développement économique responsable, la gestion durable des ressources naturelles et le
maintien de la paix. Comme nous l'avons vu au Brésil, des programmes d'éradication de la faim bien conçus non
seulement améliorent la nutrition, en particulier parmi les enfants, mais entraînent aussi une diminution rapide du
nombre de personnes vivant dans la pauvreté, améliorent la situation des femmes – qui se sentent plus particulièrement
responsables de la santé de leurs enfants – et ouvrent de nouveaux débouchés commerciaux, en particulier pour les
petits agriculteurs.

Avec votre appui, je m’efforcerai de convaincre tous les pays de s'engager volontairement à éradiquer la faim aussi
rapidement qu'il est humainement possible de le faire et je m’attèlerai avec tous les gouvernements et institutions
partenaires intéressés à la conception et la mise en œuvre de programmes efficaces pilotés par les pays.

Pilier 2 – Production et consommation alimentaires durables

La FAO a un rôle essentiel à jouer en promouvant l'instauration d’un nouvel équilibre durable entre la production et la
consommation alimentaires.

Du côté de la production, il convient d'accélérer l’identification et la promotion de méthodes d'agriculture et de pêche
réellement durables mais hautement productives, permettant de satisfaire dans le futur la demande croissante en
aliments, tout en préservant les ressources naturelles vitales et rares (la terre, l'eau douce, la diversité biologique, y
compris les forêts, les océans et les ressources halieutiques marines), en améliorant les moyens d'existence des
populations rurales et côtières et en étant moins vulnérables face au changement climatique et aux autres chocs, et
d'investir dans l'adoption généralisée de ces méthodes. La production alimentaire devra aussi jouer son rôle dans
l'atténuation des processus de changement climatique qui, eux-mêmes, menacent les moyens d'existence des familles
d'agriculteurs et de pêcheurs dans plusieurs parties du monde. Heureusement, il existe de nombreux antécédents
prometteurs sur lesquels s'appuyer, qui montrent qu'il est possible pour les agriculteurs d'améliorer leurs rendements,
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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de limiter l'émission de gaz à effet de serre, de fixer le carbone et de gagner davantage, simultanément. À cet égard, je
me félicite de la création récente par le GCRAI de sa Commission sur l'agriculture durable et le changement climatique.

Mais il sera d'autant plus facile de satisfaire les besoins alimentaires futurs, tout en respectant l'environnement, si l'on
peut promouvoir un meilleur contrôle des naissances et influencer les habitudes des consommateurs dans le but de
limiter les gaspillages alimentaires et la surconsommation, avec les problèmes de santé qu'elle provoque.

Pilier 3 – Plus grande équité dans la gestion du système alimentaire

Au cours des quatre prochaines années, la FAO, et la Commission de la sécurité alimentaire mondiale, devront traiter, en
étant conscientes de leur urgence, un grand nombre de questions hautement prioritaires. Il conviendra notamment de
catalyser l'émergence d'un système réellement efficace de gouvernance mondiale pour la sécurité alimentaire et
nutritionnelle, susceptible de limiter et tamponner les effets des crises futures; de promouvoir l'atténuation du
changement climatique et l'adaptation à ses effets; et de s'attaquer aux questions liées à la sécurité sanitaire des aliments,
la parité hommes-femmes, l'emploi rural et l'utilisation durable des ressources naturelles, en particulier l'eau douce, la
terre, les forêts et les océans.

La FAO doit agir avec fermeté dans l'intérêt général, en créant un cadre institutionnel et réglementaire mondial qui
protège les producteurs et les consommateurs des principaux risques menaçant la qualité et l'offre de denrées
alimentaires et qui concourt aux efforts déployés par les pays pour vaincre la faim. Les avantages colossaux apportés par
la mondialisation des systèmes de gestion alimentaire doivent être contrebalancés par des garde-fous adéquats, propres
à limiter les risques associés, par exemple la propagation des ravageurs et des maladies et autres menaces
compromettant la sécurité sanitaire des aliments. Des garde-fous doivent également être mis en place pour garantir la
conservation des ressources naturelles, y compris les forêts et les zones de pêche, et pour maîtriser la volatilité des prix
qui ébranle les moyens d'existence des membres les plus pauvres de la société et dissuade les agriculteurs de produire
davantage.
Par rapport aux nombreux autres domaines d'activité humaine, l'agriculture se caractérise par le fait qu'elle est très
exposée à de multiples risques, dont la plupart sont difficilement prévisibles. L'une des fonctions de la FAO qu'il
conviendrait de renforcer est sa capacité à faire face, avec diligence et compétence, aux questions émergentes, en
améliorant les systèmes d'information et d'alerte précoce et en renforçant son aptitude à garantir une intervention rapide
pour protéger les populations potentiellement menacées.

Pilier 4 – Mener à bien le processus de réforme de la FAO

Pour satisfaire les attentes justifiées de ses membres concernant l'amélioration de son efficience et de son efficacité et
pour pouvoir consacrer toute son énergie aux problèmes évoqués plus haut, la FAO se doit d’achever rapidement et avec
succès son processus de réforme, actuellement en cours. Elle pourra ainsi concentrer tous ses efforts sur l'exécution de
son programme. Travaillons ensemble pour faire en sorte que 2012 soit l'année des décisions finales en matière de
réforme et pour qu’elle s’achève par une décentralisation concrète de l’Organisation.

En ma qualité de candidat interne, j’ai l'avantage unique d'être particulièrement apte à conduire le processus de réforme
à bonne fin. En tant que chef d'un Bureau régional de la FAO depuis 2006, j'ai toujours préconisé une véritable
décentralisation, la délégation des pouvoirs et une meilleure transparence et obligation de rendre des comptes au sein de
l’Organisation. Il est donc tout naturel que la réalisation de l’ensemble des objectifs du processus de réforme me tienne à
cœur. J'entends également passer d'un style de gestion hiérarchique à une approche plus collégiale dans l’Organisation.
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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Pilier 5 – Développer les partenariats et la coopération Sud-Sud

La FAO, à elle seule, ne peut pas s'attaquer au problème de la faim et du développement durable ni garantir une
meilleure équité dans la gestion du système alimentaire. Il est vital, par conséquent, de consolider les partenariats
existants avec les institutions ayant leur siège à Rome, le PAM, le FIDA et Bioversity International, et de nouer des liens
plus étroits avec les autres membres de l’Équipe spéciale de haut niveau du Secrétaire général des Nations Unies et la
société civile, y compris les mouvements qui en sont issus. La FAO devrait apporter son entier soutien au Comité de la
sécurité alimentaire mondiale (CSA) réformé, en tant que plate-forme internationale phare pour la coordination et la
cohérence des politiques. Le Cadre global d'action mis à jour, proposé par l’Équipe spéciale de haut niveau, est un bon
point de départ si l'on veut adopter une approche plus générale de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le
développement, en particulier le premier. Le Cadre stratégique mondial du CSA pour la sécurité alimentaire et la
nutrition, en cours d'élaboration, devrait s'en inspirer.

Les pays en développement qui ont réussi à améliorer la production alimentaire, à préserver les ressources naturelles et
à faire reculer la faim, même en ces temps difficiles, possèdent une expérience précieuse à partager avec les pays
souhaitant suivre leur exemple. La plupart des avancées récentes en matière d'agriculture tropicale trouvent leur origine
dans des pays en développement.

Je souhaite voir la FAO encourager les pays membres à jouer un plus grand rôle dans ses activités, non seulement en tant
que donateurs au sens traditionnel de « pourvoyeur de ressources financières », mais aussi en tant que fournisseurs d’un
appui technique hautement utile et qualifié à ses programmes. La coopération Sud-Sud étendue, y compris les
arrangements triangulaires en vertu desquels un pays assure la coopération technique tandis qu’un autre fournit les
ressources financières, peut aussi contribuer à atténuer les incidences d’éventuelles restrictions budgétaires sur la portée
et l'ampleur des activités de coopération technique de l’Organisation.

Les avantages de cette approche

Les progrès accomplis par la FAO et ses membres et partenaires dans les domaines liés aux trois premiers piliers
apporteront de nombreux avantages à tous les pays et leur population. L'impact immédiat du recul de la faim sera une
réduction des souffrances humaines et des morts prématurées inutiles. Les améliorations qui en découleront en matière
de nutrition et de santé entraîneront une accélération de la croissance économique là où elle est le plus nécessaire – c'est-
à-dire, dans les pays les plus pauvres et les communautés les plus démunies. Cette situation allégera les tensions et le
sentiment d'injustice qui font le lit des conflits et de l’instabilité et qui poussent les gens à migrer en quête d'une vie
meilleure.

Le passage à un système de production, de distribution et de consommation alimentaire plus durable n'allégera pas
seulement la pression exercée sur les ressources naturelles, il sera aussi vital si nous voulons transmettre aux générations
futures les ressources dont elles auront besoin pour se nourrir. Comme les crises récentes qui ont déferlé sur le monde
l'ont montré, nous sommes aujourd'hui dangereusement exposés aux risques énormes entraînés par la façon dont les
actions entreprises d'un côté du monde sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la vie de millions de personnes
habitant de l'autre côté. La mise en place de garde-fous efficaces sera donc bénéfique pour tous.
José Graziano da Silva Prochain Directeur Général de la FAO: travailler ensemble pour le bien de l’humanité

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