Tendances Économiques

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  • cours - matière potentielle : du pétrole
Les thématiques de l'IWEPS Tendances Économiques Analyses et prévisions conjoncturelles N° 41 | novembre 2011 IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 1
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Les thématiques
de l’IWEPS
Tendances
Économiques
Analyses et prévisions
conjoncturelles
N° 41 | novembre 2011IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 2
L’IWEPS est un institut scientifque public d’aide à la prise de décision
à destination des pouvoirs publics. Par sa mission scientifque transversale,
il met à la disposition des décideurs wallons, des partenaires de la Wallonie et
des citoyens des informations diverses qui vont de la présentation de statistiques
et d’indicateurs à la réalisation d’études et d’analyses approfondies dans les champs
couverts par les sciences économiques, sociales, politiques et de l’environnement.
Par sa mission de conseil stratégique, il participe activement à la promotion et la mise en
œuvre d’une culture de l’évaluation et de la prospective en Wallonie.
CONCEPTION GRAPHQIUE | Expansion Partners SA, Namur
MISE EN PAGE & IMPRESSION | IPM PRINTING, Bruxelles
ÉDITEUR RESPONSABLE | Sébastien BRUNET
DÉPÔT LÉGAL | D/2011/10158/4
Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique
Route de Louvain-la-Neuve 2 - 5001 BELGRADE (NAMUR)
Tél. 32 (0)81 46 84 11 | Fax 32 (0)81 46 84 12
http://www.iweps.be
info@iweps.beIWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 3
TENDANCES ÉCONOMIQUES | N° 41 | 3
Table des
matières
1. PERSPECTIVES MACRO-ÉCONOMIQUES DE LA WALLONIE POUR
LA PÉRIODE 2011-2012 .......................................................................................... 5
2. CONTEXTES INTERNATIONAL ET NATIONAL ................................................. 9
2.1. Le contexte international 10
2.1.1. La croissance mondiale .................................................................................. 10
2.1.2. La situation conjoncturelle des deux premières puissances économiques .. 14
2.1.3. Les matières premières ................................................................................... 21
2.1.4. La politique monétaire, le marché des changes et l’évolution des taux longs 23
2.2. La situation conjoncturelle en Belgique .................................................................... 29
3. TENDANCES ÉCONOMIQUES EN WALLONIE ................................................ 33
3.1. L’activité économique ............................................................................................... 34
3.2. L’évolution de l’emploi .............................................................................................. 39
3.3. La demande intérieure 48
3.3.1. Les ménages ................................................................................................... 48
3.3.2. Les entreprises 54
3.3.3. Le secteur public ............................................................................................ 57
3.4. Le commerce extérieur ............................................................................................. 59
Les Tendances économiques présentées ci-dessous ont été élaborées par :
Caroline ALBESSART, Frédéric CARUSO, Marc DEBUISSON, Didier HENRY, Evelyne ISTACE,
Olivier MEUNIER, Régine PAQUE, Valérie VANDER STRICHT.
Sous le conseil scientifque de Vincent BODART, Institut de recherches économiques et sociales (IRES-UCL).
Analyses terminées le 27 octobre 2011.IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 4
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Chapitre 1
PERSPECTIVES
MACRO-ÉCONOMIQUES
DE LA WALLONIE
POUR LA PÉRIODE
2011-2012IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 6
6 | N° 41 | PERSPECTIVES MACRO-ÉCONOMIQUES DE LA WALLONIE | TENDANCES ÉCONOMIQUES
1. PERSPECTIVES MACRO-ÉCONOMIQUES DE
LA WALLONIE POUR LA PÉRIODE 2011-2012
devraient considérablement freiner la progression encoreRalentissement de la conjoncture
forte de l’activité enregistrée en début d’année. Dans cemondiale
contexte, le PIB de l’ensemble de la Zone euro devrait pro-
La croissance économique mondiale s’est nettement ralen-
gresser de +1,6% en 2011 et seulement de +0,6% en 2012.
tie ces derniers mois. Cet essoufflement résulte d’abord de
La croissance de l’activité des deux poids lourds de l’éco-
facteurs provisoires : la hausse des prix des matières pre-
nomie européenne, la France et surtout l’Allemagne,
mières, en particulier la montée des cours du pétrole, et l’in-
n’échapperait pas au ralentissement global, enregistrant un
cidence de la catastrophe naturelle qui a frappé le Japon sur
taux de croissance proche de +1,0% en 2012.
les chaînes d’approvisionnement mondiales. Au-delà de ces
éléments transitoires, dont nous faisions déjà état dans notre
La Wallonie n’évite pas le retournement conjoncturel de cet
dernière analyse conjoncturelle, il apparaît à présent que des
été. A mesure que le ralentissement du commerce mondial
obstacles structurels, liés au désendettement des secteurs
et le développement de la crise de l’endettement se muent
privés et publics, freinent le rythme de la reprise économique.
en une crise de confiance des ménages et des entreprises,
Contrairement à ce que l’on observe après une récession
le ralentissement s’étend du secteur industriel à tous les sec-
classique, l’ajustement qui suit une crise financière est le plus
teurs de l’économie wallonne. Alors que le relais de la
souvent lent, en raison de la correction nécessaire des excès
demande intérieure s’amorçait en début d’année, favorisant
financiers qui l’ont engendrée. C’est ce que l’on constate
la croissance dans les services et dans la construction, cet
aujourd’hui. Le rétablissement des bilans bancaires et l’as-
élan paraît aujourd’hui mis à mal.
sainissement des finances publiques pèsent sur la reprise
des économies avancées et font naître de fortes incertitudes.
Dans un contexte de grande volatilité des marchés financiers, Poursuite de la croissance au premier
les acteurs économiques tendent alors à adopter des com- semestre en Wallonie
portements plus restrictifs, report d’investissements ou
En première partie d’année 2011, la croissance économiquehausse de l’épargne, qui ralentissent encore le retour de la
wallonne s’inscrivait dans la trajectoire de reprise de 2010. Encroissance.
effet, au regard des dernières données dont nous disposons,
le repli du dernier trimestre 2010, que nous mentionnionsSi les perspectives économiques globales se sont récem-
dans notre précédente édition, s’est avéré temporaire. Pro-ment assombries, l’activité mondiale devrait continuer à pro-
bablement lié aux conditions climatiques particulièrementgresser en 2011 et en 2012, à un rythme relativement
rudes, il s’est vu compensé par une croissance très dyna-modeste, éloigné toutefois des affres de la récession. La
mique au premier trimestre de 2011.croissance mondiale devrait ainsi s’établir cette année à
+4,0% et encore à +3,9% l’année prochaine. Malgré une
L’activité industrielle wallonne demeurait notamment soute-évolution conjoncturelle également moins favorable, les éco-
nue par un environnement international encore porteur ennomies émergentes seront, une fois encore, la principale
début d’année. La résorption des marges de capacités desource de dynamisme, la croissance des pays industrialisés
production et l’appréciation favorable des perspectives ontdemeurant pénalisée par les répercussions de la crise finan-
vraisemblablement amené les entreprises à investir, commecière. Aux Etats-Unis, l’évolution décevante des chiffres
le confirment les données de la TVA. L’évolution très dyna-d’emploi, l’état du marché immobilier et les déséquilibres des
mique de cette composante du PIB a fortement contribué àfinances publiques devraient continuer à peser sur la crois-
la croissance wallonne durant les premiers mois de 2011.sance, qui atteindrait +1,5% en 2011 et +1,8% en 2012.
Poursuivant sur sa lancée de 2010, l’emploi wallon a conti-En Europe, le climat général de défiance créé par la crise de
nué de progresser à un rythme relativement soutenu durantl’endettement, l’ampleur de l’ajustement budgétaire et le
la première moitié de 2011. Le volume de travail a, cette fois,ralentissement économique, principalement aux Etats-Unis,IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 7
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crû plus rapidement que le nombre de travailleurs. Les +1,3% en 2011, soit une augmentation de 15 500 per-
employeurs semblent renouer avec la logique qui consiste, sonnes. Cette croissance est plus importante en moyenne
en phase de reprise, à augmenter la durée de travail du per- annuelle qu’en 2010 suite à un effet de seuil favorable.
sonnel en place avant de procéder à de nouvelles
embauches.
Les marchés extérieurs en soutien de la
Malgré la bonne tenue du marché du travail qui soutient les croissance en 2012
revenus des ménages, la consommation privée tardait, elle, Le commerce mondial, soutenu notamment par la vigueur
à se redresser, principalement en raison de la forte hausse de des marchés émergents, demeure source de croissance.
l’inflation. Nous estimons qu’elle s’accroîtrait de +1,2% sur Dans notre scénario, nous prévoyons ainsi un raffermisse-
l’ensemble de l’année 2011. ment de la demande extérieure en 2012. Cela devrait en
outre contribuer à l’amélioration du climat des affaires et per-
mettre de débloquer les décisions d’investissement. Long-
La dynamique enrayée en seconde temps repoussés, les besoins de capital fixe devraient se
partie de 2011 faire ressentir rapidement dès que les capacités de produc-
Alors que le moteur de la demande extérieure montrait dès tion seront davantage utilisées. Nous prévoyons une reprise
le printemps des signes d’essoufflement induit par le ralen- modérée des investissements productifs en 2012, plus sou-
tissement des échanges commerciaux, la montée des incer- tenue durant la seconde partie de l’année, de sorte que la
titudes, liées à la problématique de la soutenabilité des croissance de cette composante s’établirait à +3,7%.
finances publiques et à la fragilité du système bancaire, a
enrayé le relais de la demande intérieure à partir de l’été. Les perspectives de création d’emplois sont relativement fai-
bles pour 2012. En effet, l’impact négatif du ralentissement
de la croissance économique et de la perte de confiance desAinsi, les rythmes de production se retournent dès le
entreprises sera probablement renforcé par d’autres fac-deuxième trimestre et ne montrent pas de signe de redres-
teurs. D’une part, à politique inchangée, l’emploi wallon nesement les mois suivants. Les prévisions de la demande,
pourra en effet plus bénéficier du soutien de la mesure Win-elles aussi, se détériorent, baissant rapidement aux
Win, qui s’arrête fin 2011. Ce dispositif avait fortement contri-deuxième et troisième trimestres. Le cycle conjoncturel sem-
bué à la bonne tenue de l’emploi en 2010 et en 2011. Lesble en somme avoir fait « marche arrière » en Wallonie, ren-
Wallons occupant plus de 50% des emplois Win-Win, l’arrêtforçant les comportements d’attente des ménages et des
de la mesure toucherait davantage la Wallonie que la Bel-entreprises, principalement en matière d’investissement.
gique. D’autre part, le rôle d’amortisseur du chômage tem-Néanmoins, sur l’ensemble de 2011, la formation brute de
poraire devrait également fortement s’affaiblir.capital des entreprises atteindrait encore +7,0% grâce aux
acquis de début d’année.
Ces éléments, couplés aux effets du ralentissement de la
croissance et aux faibles perspectives d’embauche desComme nous le montrent plusieurs signes tels que le ralen-
employeurs, nous poussent à prévoir une croissance trèstissement de la croissance de l’emploi en volume et du nom-
faible de l’emploi en 2012 : +0,3% soit une création nette debre d’heures prestées par les intérimaires, ainsi que la
4 000 emplois en moyenne annuelle, c’est-à-dire l’acquisdétérioration des perspectives d’embauche tant dans l’in-
de croissance. Endéans l’année, la croissance de l’emploidustrie que dans les services, le ralentissement économique
devrait être proche de zéro.a déjà un impact négatif, limité cependant, sur le marché du
travail. Le chômage continue à reculer, mais le rythme de
L’évolution attendue du marché du travail en Wallonie pèseradécroissance semble ralentir, surtout pour le chômage de
sur la consommation des ménages. Dès lors, bien que nouscourte durée. En moyenne annuelle, l’emploi s’accroîtrait deIWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 8
8 | N° 41 | PERSPECTIVES MACRO-ÉCONOMIQUES DE LA WALLONIE | TENDANCES ÉCONOMIQUES
nous attendions à une hausse plus importante du revenu dis- prochaine de +0,9%. La confiance des ménages ne pro-
ponible réel des ménages en 2012 par rapport à 2011, nous gressant guère, ceux-ci devraient relever leur taux d’épargne.
estimons que la consommation privée progressera l’année
La croissance wallonne plus rapide que
la moyenne de la Zone euro
Tableau 1.1 | Affectation du PIB : prévisions du taux de croissance annuel en volume
(1) NOTES : CONTRIBUTION À LA CROISSANCE ANNUELLE DU PIB.
(2) VARIATION ANNUELLE CORRIGÉE POUR LES JOURS OUVRABLES.
SOURCES : CONSENSUS FORECAST POUR LA ZONE EURO ET CALCULS IWEPS. DONNÉES ICN ET ESTIMATIONS IWEPS POUR LA BELGIQUE ET LA WALLONIE
2011 2012
Zone euro Belgique Wallonie Zone euro Belgique Wallonie
Dépenses de consommation finale privée 0,5 1,3 1,2 0,5 1,0 0,9
Dépenses de consommation finale
des administrations publiques 0,4 0,5 0,5 0,0 0,5 0,5
Formation brute de capital fixe 2,6 5,6 4,5 1,4 3,1 2,8
des entreprises, indépendants et ISBL - 7,8 6,2 - 3,7 3,3
des ménages - -0,4 -0,9 - 0,2 0,1
des administrations publiques - 10,3 11,3 - 7,5 8,1
1Variation des stocks 0,2 0,1 0,0 0,1 -0,2 0,0
1Exportations nettes de biens et services 0,5 0,1 0,5 0,2 -0,1 -0,1
Exportations 6,2 5,0 4,4 3,4 2,1 2,1
Importations 5,1 5,2 4,0 3,1 2,3 2,4
2Produit intérieur brut aux prix du marché 1,6 2,2 2,1 0,6 1,1 1,1
Emploi - 1,3 1,3 - 0,6 0,3
Prévisions de l’IWEPS arrêtées au 27.10.2011.
Selon ce scénario, nous estimons donc que le PIB wallon sements en seconde partie d’année 2012. La contribution
progresserait encore assez rapidement durant le premier de la consommation demeure quant à elle faible. Celle des
semestre de 2011. Ensuite, depuis l’été, sous l’effet de la ménages est modérée par l’arrêt de la croissance de l’em-
baisse de la demande extérieure et de la demande d’in- ploi, tandis que celle des administrations publiques est
vestissements, les rythmes de croissance trimestriels contrainte par les assainissements budgétaires. De cette
devraient être de l’ordre de +0,2 à +0,3 point, tandis que la manière, on estime que la croissance régionale annuelle
consommation privée profite encore du reflux de l’inflation moyenne s’établirait à +2,1% en 2011, bénéficiant d’acquis
et d’un chômage toujours en baisse. Dès le début de 2012, de croissance favorables. En 2012, la progression de l’ac-
cet effet favorable disparaît. Ensuite, si la reprise des expor- tivité wallonne s’établirait aux alentours de +1,1%.
tations est contrebalancée par la hausse des imports en
termes de contribution au PIB, elle participe néanmoins au
retour de la confiance qui favorise à son tour les investis-IWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 9
Chapitre 2
CONTEXTES INTERNATIONAL
ET NATIONALIWEPS_Tendances_42_octobre_2011OK 4/11/11 16:41 Page 10
10 | N° 41 | CONTEXTES INTERNATIONAL ET NATIONAL | TENDANCES ÉCONOMIQUES
2.1 LE CONTEXTE INTERNATIONAL
équilibre traditionnel de l’économie américaine. Certains le2.1.1 La croissance mondiale
jugent néanmoins comme une bombe à retardement, le
Après être sortie rapidement en 2008 de la crise la plus
montant de la dette dépassant les 90% du PIB. Elections
importante depuis le Krach boursier de 1929, l’économie
présidentielles obligent, le Gouvernement américain doit, tout
mondiale semblait avoir repris le chemin d’une croissance
en tentant de réduire le déficit, relancer la croissance. L’éco-
durable en 2009 et 2010. Cependant, des premiers signes
nomie américaine ne parvient cependant pas à réamorcer
d’essoufflement sont apparus au printemps 2011, dont nous
son moteur traditionnel, la consommation des ménages.
faisions état dans notre précédente analyse conjoncturelle.
Celle-ci reste atone jusqu’à présent devant les hauts taux de
Durant l’été, le retournement indiqué par les indicateurs
chômage, la faiblesse des créations d’emplois et un marché
conjoncturels issus des différentes zones économiques s’est
immobilier qui reste déprimé.
clairement accentué.
Les ralentissements des économies dites développées
Que s’est-il passé pour que le cycle de reprise conjonctu-
pèsent sur la croissance des économies émergentes et en
relle présent au début de cette année périclite ? En Europe
développement, mais le ralentissement attendu de ces der-
comme aux Etats-Unis, les politiques de relance, qui ont rapi-
nières reste très modéré. Les dernières prévisions du FMI de
dement permis de sortir de la crise, et la faiblesse de la crois-
septembre dernier tablent maintenant sur une croissance de
sance de ces dernières années ont creusé dangereusement
+4,0% cette année et de +3,9% l’année prochaine. Si ces
les déficits publics. Certains pays périphériques de la Zone
chiffres sont en recul par rapport à l’année 2010, +5,1%, ils
euro rencontrent de grosses difficultés pour lever les capi-
sont très loin au-dessus des +0,7% de 2009 et rejoignent le
taux nécessaires au financement de leur dette. La situation
niveau moyen de croissance mondiale observé au début des
de la Grèce a nécessité l’intervention des Gouvernements
années 2000.
de la Zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).
Ceux-ci ont mobilisé des capitaux considérables pour éviter
Tout se passe comme si la crise des grandes puissances
un défaut de paiement grec. Nombre de banques euro-
économiques affectait peu l’économie mondiale, de plus en
péennes sont engagées dans ces emprunts, laissant à nou-
plus déterminée par l’activité des pays émergents ou en
veau planer le risque d’un effondrement du système bancaire
développement, dont la croissance est attendue au-delà de
dans son ensemble. D’autres pays comme l’Irlande, le Por-
+6,0%. La Chine, qui représente maintenant 13,6% de l’éco-
tugal, l’Espagne et même l’Italie restent dans le collimateur
nomie mondiale, soit presque l’équivalent de la Zone euro,
des agences de notation. Les Gouvernements européens,
continuerait à enregistrer une croissance de +9,5% cette
particulièrement de ces pays, n’ont dès lors d’autres choix
année et +9,0% l’année prochaine. Déjà, la vigueur des éco-
que d’imposer des politiques d’austérité drastique pour ten-
nomies émergentes avait permis, avec les plans de relance
ter de rétablir l’équilibre des déficits publics. Ces politiques
dans les économies dites avancées, de sortir très rapide-
pèsent à leur tour sur la consommation des ménages, déjà
ment de la crise financière de 2008. Aujourd’hui encore, le
freinée par la hausse des prix, et sur les investissements,
maintien de leur dynamisme permet d’envisager un redres-
entraînant les économies dans une spirale dangereuse. La
sement prochain des économies tant européennes qu’amé-
confiance des ménages est de plus ébranlée par une
ricaines, à condition que les écueils de la dérive des finances
absence d’amélioration du marché du travail. Quant aux
publiques soient évités. La croissance chinoise devrait éga-
entreprises, elles sont touchées par l’assombrissement des
lement reculer l’année prochaine. Mais ce n’est pas néces-
perspectives de la demande interne comme externe. Outre-
sairement une mauvaise nouvelle pour les pays occidentaux.
Atlantique, le déficit public atteint des niveaux colossaux qui
En effet, la volonté du Gouvernement chinois est de ramener
dépassent les -8,0%. Mais bien que les Etats-Unis aient vu
la croissance à moyen terme autour de +8,0%, en poussant
leur rating rétrogradé, la croissance potentielle de l’écono-
plus la consommation privée et en réduisant les postes des
mie, beaucoup plus élevée qu’en Europe, fait passer au
investissements, afin d’éviter l’éclatement d’une bulle spé-
second plan des préoccupations du Gouvernement ce dés-
culative, surtout dans l’immobilier. Ce rééquilibrage de la