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N°5 décembre 2011 S ous l'égide de Communication publique, le colloque « Communiquer lascience vers les publics scolaires, regards croisés entre producteurs de scienceet communauté éducative » s'est déroulé le 21 septembre 2011 à l'Insti-tut Pasteur. Organisé à l'initiative d'institutions de recherche et de col- lectivités territoriales – CEA, Genopole®, Ifremer, Inserm, Institut Pasteur, IRD, Irstea (nouvelle identité de Cemagref *) et Communauté urbaine du Grand Nancy – ce colloque, placé sous le haut patronage du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, a reçu le concours de la CASDEN et le
  • science vers les publics scolaires
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XP Les Cahiers N°5 COR_XP 24 P DICA N°133 OK 01/12/11 15:05 Page1
N°5 décembre 2011
sommaire Communiquer
la science vers
Programme du colloque3 les publics scolaires
4 Introduction
5 Producteurs de Regards croisés entre science et
communauté producteurs de science
éducative : points
de vue et attentes et communauté éducative
5 Les chercheurs : producteurs
de science… et diffuseurs ?
6 La communauté éducative ous l’égide de Communication publique, le colloque « Communiquer la
face à la culture scientifique science vers les publics scolaires, regards croisés entre producteurs de science
et technique et communauté éducative » s’est déroulé le 21 septembre 2011 à l’Insti-S tut Pasteur. Organisé à l’initiative d’institutions de recherche et de col-
10 Etude de cas : ®lectivités territoriales – CEA, Genopole , Ifremer, Inserm, Institut Pasteur, IRD,
chercheurs et Irstea (nouvelle identité de Cemagref *) et Communauté urbaine du Grand
enseignants … Nancy – ce colloque, placé sous le haut patronage du ministre de l’éducation
ensemble nationale, de la jeunesse et de la vie associative, a reçu le concours de la
CASDEN et le soutien du ministère de l’enseignement supérieur et de laLa question des moyens16
recherche. Son programme et son organisation ont été conduits par un comité de
pilotage, animé par Françoise Bellanger, au titre de Communication publique, etDes pistes17
Aline Chabreuil, vice-présidente de Planète Sciences.d’amélioration et
d’innovation
Après le colloque de juin 2010 sur le thème « Communiquer la science en terri-
Les ressources disponibles17 toires » – dont la synthèse a fait l’objet du numéro 1 des Cahiers de Communica-
Les médiateurs de sciences tion publique –, cette deuxième édition avait pour objectif de développer la18
réflexion et le dialogue entre les producteurs de science et la communauté éduca-Animation et médiation19
tive, pour mieux diffuser la culture scientifique et technique vers les publics sco-
Valoriser la médiation… et les20 laires, et de donner aux jeunes le goût et l’envie des sciences.
médiateurs
Transversalité… et20 Ce colloque s’adressait, bien entendu, aux enseignants pour connaître leurs
pluridisciplinarité besoins en ressources scientifiques, leur avis sur l’offre actuelle et leurs proposi-
tions pour développer et améliorer leurs liens avec la recherche. Conclusion : enthousiasme, 21
aide et diversité
&XP Les Cahiers N°5 COR_XP 24 P DICA N°133 OK 01/12/11 15:05 Page2
Communiquer la science vers les publics scolaires
Il concernait également les structures associatives, territoriales, privées ou
relevant de l’éducation nationale, qui développent des ressources pédago-
giques scientifiques ou soutiennent la diffusion de la science auprès des
scolaires.
Partage et mise en commun des pratiques, recherche de pistes d’améliora-
tion et d’innovation, discussion autour de nouveaux enjeux, tels furent les
thèmes de cette rencontre animée par Fabienne Chauvière de France
Inter, qui a réuni plus de 200 participants tout au long de la journée.
Le présent document présente la synthèse des points marquants des inter-
ventions et des débats.
Le colloque comportait trois parties qui forment la trame de ce compte
rendu :
- Points de vue et attentes des producteurs de science et de la commu-
nauté éducative.
- Etudes de cas, présentées par des « duos » composés d’un producteur
scientifique et d’un utilisateur du monde éducatif, complétées par une
exposition de posters sur des projets et des ressources pédagogiques pour
l’école.
- Pistes d’amélioration et d’innovation pour faire plus et mieux.
Comité de pilotage
Lucie Alves (CASDEN), Sabine Arbeille (Irstea), Catherine d’Astier (Inserm), Florence Besset
(Grand Nancy), Françoise Bellanger (Communication publique), Sylvane Casademont (Irstea),
Aline Chabreuil (Planète Sciences), Nicole Chémali (Genopole), Elodie Cheyrou (Inserm),
Florence Cognard (CASDEN), Sabine d’Andréa (Institut Pasteur), Pierre-Alain Douay
(Communication Publique), Patrice Durand (ministère de l’éducation nationale), Marie-Noëlle
Favier (IRD), Choukry Kouas (ministère de l’éducation nationale), Pascale Pessey-Martineau
(Ifremer), Brigitte Raffray (CEA), Vincent Schiltz (Ifremer), Nathalie Sciardis (CEA). Avec la
participation d’Isabelle Frédéric, Sandrine Gaillard, Frédérique Koulikoff et Peggy Pircher.
*Irstea : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture
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Mercredi 21 septembre 2011
Institut Pasteur - Paris
« Communiquer la science vers les publics scolaires »
Regards croisés entre producteurs
de science et communauté éducative
4 Accueil par Alice Dautry, 11 n Raphaëlle Nisin, service culture scientifique de l’IRD, actions
directrice générale de l’Institut Pasteur 12 pour les jeunes, Aurélie Miagkoff, professeure de SVT, Lycée
Vaugenargues, Aix-en-Provence : « De l’espace pour la mer »,
4 Ouverture par Bernard Emsellem, présentation du suivi pédagogique des données
président de Communication publique océanographiques » (opération IRD, Ifremer, Cnes).
4 Intervention de Jean-Michel Blanquer, 12 n Constance Hammond, directeur de recherche Inserm,
directeur général de l’enseignement scolaire 13 présidente de l’association « Tous chercheurs », Laurence
Loesche-Varjabétian, professeure de SVT, lycée Saint-Exupéry,
ère1 partie Marseille : « Expérimenter les sciences en laboratoire pour
mieux les comprendre » (Inserm).
Points de vue et attentes des producteurs de science
14 n Brigitte Courbet-Manet, directrice du CRDP de Loraine,et de la communauté éducative
Philippe Leclère, enseignant et chercheur associé au CREM-
Introduction par Françoise Bellanger, Communication publique5 centre de recherche sur les médiations – Université Paul-
Verlaine, Metz : « Le concours « Chercheurs en herbe » -
Pourquoi et comment diffuser la science vers les accompagnement en science et en technologie à l’école
scolaires ? Les attentes des producteurs de science primaire ».
n Pascale Pessey-Martineau, directrice de la communication de 15 n Nathalie Guillaume, direction de la communication du CEA,5
l’Ifremer : « Pourquoi et comment conduire des actions de Didier Geiger, directeur de l’IUFM de Créteil  : « Sensibiliser à la
diffusion scientifique vers les publics scolaires ? » recherche scientifique des enseignants en formation ».
n Aline Chabreuil, vice-présidente de Planète Sciences,
eFrançoise Bellanger, Communication publique : Tour d’horizon 3 partie
des actions des organismes de recherche partenaires du
colloque vers les publics scolaires. Les pistes d’amélioration et d’innovation
17 n Dominique Rojat, inspecteur général de l’éducation nationaleQu’est-ce que la communauté éducative attend
n David Blanchard, directeur délégué GIE lesite.tv (France 5 etdes institutions de recherche ?
scérén-CNDP)
n Jean-Pierre Ledey, président de Planète Sciences
n Lucie Alves, responsable du département enseignement
n Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA (Prix Diderot 2010)supérieur et recherche de la CASDEN : « Enquête sur les
n Sylvie Retailleau, professeure de l’université Paris Sud,attentes et avis des enseignants au sujet des ressources
doyenne de la faculté des sciences d’Orsay, représentante duémanant des organismes de recherche. »
groupe « la Diagonale » (centre de dialogue science et société)
n Jean-François Cervel, Roger-François Gauthier, 6
19 Animation et médiationinspecteurs généraux de l’administration de l’éducation nationale
et de la recherche : « Les mesures favorisant la diffusion de la 20 Valoriser la médiation… et les médiateurs
culture scientifique et technique auprès des scolaires, recom -
20 Transversalité… et pluridisciplinaritéman dations du rapport commandé par les ministres chargés de
l’enseignement supérieur et de la recherche et de la culture. »
e 21 Conclusion2 partie
Cinq études de cas
10 Introduction par Aline Chabreuil, Planète Sciences
n Marion Gosselin, ingénieur-chercheur, Irstea, Aurélie Pouet,10
professeure à l’école élémentaire de Nogent-sur-Vernisson :
« Communiquer la science dans les écoles, le contact direct avec
les chercheurs ».
Décembre 2011 - 3
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Communiquer la science vers les publics scolaires
Synthèse de Peggy Pircher C’est « avec plaisir et enthousiasme » qu’Alice Dautry, directrice
avec la collaboration générale de l’Institut Pasteur, a accueilli le colloque dans les locaux
de Françoise Bellanger de l’Institut. Elle juge qu’il est essentiel de sensibiliser les plus jeunes
et Aline Chabreuil à la science et aux carrières scientifiques. Le but c’est de mettre en
œuvre une économie de la connaissance, basée sur la formation des
cerveaux. « La recherche est source de richesses, d’emplois, de créa-
tion d’entreprise, de savoir-faire technique et technologique ». Mais
il faut aussi insister sur la dimension culturelle de la science, au
même titre que l’art, la littérature, l’histoire ou la philosophie.
Le professeur Alice Dautry regrette, par ailleurs, que les filles se diri-La recherche est
gent si peu vers les métiers de chercheurs ou d’ingénieurs, qui reflètent àsource de richesses.“ leurs yeux « une image de la femme terne, grise, sans mari ni enfant ».
D’où l’utilité, l’exigence d’un message à faire passer auprès des jeunes :
« les études scientifiques conduisent à des métiers profondément
humains », des métiers faits à 80 % de travail en équipe et de gestion de
L’Institut Pasteur projet, bien au-delà de l’aspect purement technique. Cette sensibilisation
passe par un travail sur le terrain, des stages et des témoignages deConnu pour sa recherche
biomédicale, l’Institut a trois femmes qui ont choisi des carrières scientifiques. Les femmes, souligne
missions : recherche, Alice Dautry, réussissent dans ces filières aussi bien, si ce n’est mieux, que
enseignement et santé publique. les hommes. Les enseignants jouent, également, un rôle primordial dans
Il organise des actions à destination
la naissance des vocations. La carrière de nombre de scientifiques a pourdu grand public et du public scolaire.
origine la rencontre avec l’un d’entre eux.Parmi elles, le Pasteurdon, des
journées portes-ouvertes, des ateliers
Au nom de Communication publique, son président Bernard Emsellem,travaux pratiques sur l’extraction de
met l’accent sur « deux éléments clés » dans le regard « complémentaire »l’ADN… A l’occasion des 120 ans de
l’Institut, dans le cadre de l’opération que peuvent porter les professionnels de la communication – et l’appui
Mains sales/mains propres, des qu’ils peuvent apporter aux chercheurs : l’échange et le partage. Car la
chercheurs sont intervenus dans des communication est un processus d’écoute de l’autre, d’interaction,
écoles pour sensibiliser les enfants à d’adaptation, de co-construction, de co-production. Or, dans l’image del’hygiène. L’opération Apprentis
la science, la dimension technique l’emporte souvent. C’est pourquoi, enchercheurs, lancée en septembre
matière de culture scientifique, les communicants doivent être attentifs au2010, permet pour sa part à des
doctorants de l’Institut d’accueillir au contenu mais aussi à la mise en scène, au ressenti, à l’intuition, au vécu, à
cours d’une année scolaire des l’humain. La technique et l’humain, double dimension de la science,
collégiens et des lycéens afin de les double dimension de la communication.
aider à mener un projet de recherche.
Qui dit publics scolaires dit éducation nationale. Jean-Michel Blanquer,
directeur général de l’enseignement scolaire, représentait le ministère.
Ancien recteur de Guyane, il peut témoigner de l’implication de l’Institut
Les enseignants jouent Pasteur, avec le CNRS et l’IRD, dans la diffusion de la culture scienti-
fique et technique sur ce territoire : interventions dans les classes, visitesun rôle primordial dans la“ des institutions… Autant d’actions visant à donner le goût des sciencesnaissance des vocations.
dès l’école primaire, et à montrer leurs applications pratiques et l’intérêt
qu’elles représentent pour la collectivité.
Rejoignant Alice Dautry, Jean-Michel Blanquer constate que chez les
filles l’ambition scientifique fait défaut. Mais plus généralement, le fait est
que trop peu de jeunes se destinent aux sciences. « Les sciences ne doivent
Chez les filles, pas être élitistes », il leur incombe d’investir les territoires qui concentrent
l’ambition scientifique fait“ les plus grandes difficultés scolaires.
défaut et trop peu de jeunes
Face à ce double enjeu, qualitatif et quantitatif, le ministère a élaborése destinent aux sciences.
un Plan science qui commence par un renforcement des mathématiques à
l’école primaire. Mais passe aussi, dans le sillage des initiatives de la Main
à la pâte, par le jeu, tels les échecs. Les sciences doivent concerner tous les
élèves. L’intervention de professeurs de sciences du secondaire à l’école
primaire est également à encourager.
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Autre enjeu, celui de la formation des professeurs : les masters en alter-
nance doivent favoriser le dialogue entre les universités et les académies, Le système scolaire est
afin de mieux cerner les attentes et besoins des futurs professeurs en conscient des enjeux d’un“matière scientifique. Les mesures prises par le ministère répondent à une développement de la culture
cohérence d’ensemble qui va de la maternelle à l’université. Le système scientifique à l’école.
scolaire est conscient des enjeux d’un développement réussi de la culture
scientifique à l’école, dans un monde qui a besoin de défendre cette
culture face à toute forme d’irrationalité ou de peur du progrès.
A noter que le Programme d’investissement d’avenir (PIA) consacre 50 Le film : « La recherche,
millions d’euros pour la diffusion de la culture scientifique vers les jeunes. paroles de lycéens »
(Pour en savoir plus : www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ pid24578/
investissement-d-avenir. - www.anru.fr/-programme-internats-d-excellence) Par Pour illustrer le colloque et mieux
connaître les perceptions etailleurs, Universcience s’est vu confier une mission sur le thème « Science
représentations des jeuneshors l’école ».
concernant la science et la
recherche, Irstea a rencontré des
élèves de seconde et de terminale du
lycée Descartes à Antony. Leurs
réactions ont donné lieu à un film LaProducteurs de science et communauté
recherche, paroles de lycéens
éducative : points de vue et attentes (http://www.dailymotion.com/video
/xl68wx_la-recherche-paroles-de-
lyceens_webcam).
Qu’attendent les différents acteurs pour une meilleure diffusion de la
science à l’école ? s’interroge Françoise Bellanger en ouverture de la pre- Les propos des lycéens traduisent un
mière partie du colloque. déficit d’information sur les métiers
de la recherche, uneQuels sont les questionnements des producteurs de sciences ? Les-
méconnaissance des institutions dequels proposent des ressources diverses à la communauté éducative : cer-
recherche : « Dans les salonstains offrent un grand choix de produits pour l’école, d’autres se deman- d’orientation, j’ai trouvé peu de
dent ce qu’il faut faire. choses sur la recherche et le métier
Pourquoi diffuser la science à l’école ? Est-ce le rôle des institutions de de chercheur. C’est un peu comme
si c’était un domaine caché ». Maisrecherche ? S’agit-il de sensibiliser les jeunes aux métiers de la recherche dont
aussi le manque et le souhait deon a tant besoin ? De promouvoir les missions et activités des organismes
contact direct avec les chercheurs :pour peser sur les citoyens, et ainsi de susciter une demande de recherche
« Les chercheurs, on aimerait les
scientifique, et par conséquence une demande de budget ? De lutter contre rencontrer directement dans leur
les mouvements antisciences qui ont tendance à se développer ? laboratoire. En seconde par exemple,
Qu’attendent les enseignants de la part des chercheurs ? Des réponses car c’est juste avant l’orientation ! ».
Et l’importance du lien science-sur la recherche en train de se faire ? Un chercheur par classe ? Connais-
enjeux de société, avec la fiertésent-ils l’offre des institutions ? Ces ressources sont-elles bien adaptées aux
d’exercer un métier utile aux autres :programmes ? « La recherche ouvre un nombre
immense de portes pour l’avenir,Des questions et bien d’autres encore auxquelles les intervenants ont
avec d’importantes avancéestenté de répondre. attendues pour la société ».
Les chercheurs :
producteurs de science… et diffuseurs?
Expliciter les enjeux et travaux scientifiques auprès du plus grand
nombre fait partie de la mission de service public assignée aux organismes
de recherche, remarque Pascale Pessey-Martineau, directrice de la com-
munication, de la médiation et des relations institutionnelles à l’Ifremer.
Les actions de diffusion de la culture scientifique auprès des publics sco- Beaucoup de chercheurs
laires s’inscrivent dans ce cadre. désirent transmettre leur savoir, mais“
Beaucoup de chercheurs sont désireux de transmettre leur savoir. Mais le partage de la connaissance est un
le partage de la connaissance est un savoir-faire à part entière. Il faut donc savoir-faire à part entière.
les aider, les former et les accompagner dans cette transmission.
Décembre 2011 - 5XP Les Cahiers N°5 COR_XP 24 P DICA N°133 OK 01/12/11 15:06 Page6
Communiquer la science vers les publics scolaires
Les enjeux sont multiples : accompagner la mutation de la société et
préparer l’avenir ; sensibiliser aussi bien les élèves que les enseignants ; les
rendre acteurs ; « contextualiser » les travaux de recherche ; favoriser la
proximité et la mobilisation au niveau local.
Les chercheurs sont à la source du savoir, ils peuvent servir d’exemple
auprès des jeunes, et même susciter des vocations. Mais cela demande du
temps. Et les chercheurs n’en ont pas toujours. Pascale Pessey-Martineau
rend, par ailleurs, hommage à ceux qu’elle appelle « les traducteurs de
science », ces associations, comme la Main à la pâte, les Petits débrouillards
ou Planète sciences, mais aussi les réseaux que constituent les CCSTI,
relais incontournables entre chercheurs et grand public.
Il faut mettre à disposition des enseignants des kits pédagogiques, des
publications, des documents multimédias, grâce à Internet notamment.
L’essentiel est de rassembler les ressources existantes, les enrichir et les
valoriser. « N’oublions pas qu’un des éléments privilégiés pour véhiculer
un message reste l’image, avec sa capacité simple et universelle de capter
l’attention. »
Il faudrait également mieux faire connaître les filières et les métiers de
la science et que les organismes de recherche assurent des sessions de
formation auprès des enseignants et intensifient leurs collaborations avec
les éditeurs scolaires.
Pascale Pessey-Martineau insiste, enfin, sur « la nécessaire mutualisa-
tion des efforts entre les différentes institutions, et la conclusion de parte-
nariats de longue durée pour mieux agir ensemble ».
La communauté éducative
face à la culture scientifique et technique
Afin de mieux appréhender le point de vue de la communauté éduca-
tive, le comité de pilotage a proposé à la CASDEN de réaliser auprès de
ses sociétaires une enquête sur les attentes des enseignants concernant les
ressources mises à disposition par les organismes de recherche. Lucie
Alves, responsable du département enseignement supérieur et recherche
de la CASDEN, en a présenté les résultats (encadré). Cette étude limitée
révèle d’utiles indications, elle mériterait d’être reprise et développée à
l’échelle nationale par l’éducation nationale.
Jean-François Cervel et Roger-François Gauthier, inspecteurs géné-
raux de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche,
livrent leurs recommandations pour favoriser la diffusion de la culture
scientifique et technique, à la suite du rapport interministériel qu’ils ont
fait concernant la culture scientifique en France et la mise en place d’une
nouvelle gouvernance.
Jean-François Cervel relève une multiplicité d’intervenants en matière
de culture scientifique et technique, une série d’appellations : culture
scientifique (CS), mais, avec un complément, technique (CST), et aussi
industrielle (CSTI), et des approches souvent différentes. L’approche
recherche pose que les organismes de recherche, producteurs de science,
sont les mieux placés pour diffuser la CST. L’approche éducative, qui s’est
eimposée à partir du XIX siècle, considère que toutes les missions de CST
relèvent du ministère de l’éducation nationale. Mais ces dernières années
on a vu monter en puissance l’approche culturelle. Il y a à cela des raisons
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Sondage auprès des enseignants sur les ressources
émanant des organismes de recherche
Pour mieux cerner les attentes des enseignants concernant (en %)REPONSES QUESTIONS
les ressources mises à disposition par les organismes de OUI NON AUTRE
recherche, la CASDEN a réalisé une enquête auprès de ses
Dans votre travail préparatoire, avez-vous
sociétaires. Cette étude ne constitue pas un sondage repré- recours à des ressources scientifiques
sentatif, mais elle donne d’utiles indications. 250 ensei- vulgarisées pour compléter les enseignements de
gnants ont répondu : répartis sur l’ensemble du territoire, ils votre discipline dans le cadre des programmes 81,9 16,9 1,2provenaient à 40 % du premier degré et à 60 % du second. scolaires
Les résultats révèlent une sur-représentation des ensei- Savez-vous où trouver ces ressources ? 84,3 8,4 7,2
gnants des matières scientifiques, même si près d’un tiers
Savez-vous qui contacter pour les obtenir ? 73,5 19,3 7,2des réponses indiquent que certaines ressources sont utili-
Trouvez-vous des contenus et des ressourcessées par d’autres disciplines.
adaptés au niveau de vos classes ? 61,4 18,1 20,5
Pour préparer leurs cours, les enseignants puisent des res-
Trouvez-vous ces ressources fiables ? 80,7 7,2 12,0
sources scientifiques sur Internet, auprès de la Main à la
Utilisez-vous certaines de ces ressources danspâte et dans des ouvrages. Leurs interlocuteurs privilégiés
vos classes ? 81,9 12,0 6,0sont Universcience et les CCSTI, avant les éditeurs et les
Organisez-vous-vous des activités scientifiquesuniversités. Les acteurs de la diffusion de la culture scienti-
(ateliers, expérimentations…) dans votrefique sont très sollicités.
établissement ? 66,3 26,5 7,2
En revanche, aucun organisme de recherche n’est cité Organisez-vous des activités scientifiques
comme référent. Doit-on y voir une méconnaissance du (ateliers, expérimentations…) en dehors de votre
champ d’action de chacun ? Leurs sites Internet offrent établissement, dans le cadre de sorties
pourtant des ressources pédagogiques, mais elles ne sont scolaires ? 33,7 61,4 4,8
pas utilisées.
organisent des activités scientifiques dans leur établisse-
Par ailleurs, les professeurs regrettent souvent (40 % des ment. Les sorties scolaires à visée scientifique restent l’apa-
répondants) que les ressources disponibles ne soient pas nage du secondaire.
adaptées aux programmes scolaires ou aux cycles, alors
Les réfractaires – la majorité ! – renoncent par manque demême qu’ils estiment ces ressources fiables (80,7 %).
temps, de moyens et de disponibilité. Mais aussi, dans le
Les enseignants du premier degré constituent l’essentiel de premier degré, pour des questions de responsabilité et des
ceux qui réinvestissent en classe les documents récoltés et problèmes d’organisation.
patrimoniales, notamment, avec des interventions de plus en plus fré-
quentes du ministère de la culture.
La culture scientifique et technique reste en définitive à la frontière
entre ces trois grands champs des politiques publiques que sont la
recherche, l’éducation et la culture. D’où quelques difficultés à définir son La culture scientifique et
organisation et son pilotage. Ainsi, le fait que certaines institutions,
technique est à la frontière entrecomme Universcience (nouvel établissement public regroupant le Palais “
trois champs des politiquesde la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie), les CCSTI, les
publiques : la recherche,musées techniques, scientifiques ou d’histoire naturelle, sont totalement
l’éducation et la culture.dédiées à la mission de diffusion de la CST, quand d’autres, les orga-
nismes de recherche et les universités, ne le sont qu’en partie.
Il faut envisager de coordonner ces différents acteurs : le rapport de
Jean-François Cervel et Roger-François Gauthier préconise l’aménage-
ment de plates-formes territoriales, qui permettraient de développer la
diffusion de la CST à destination du grand public comme du public sco-
laire. Ce réseau de plates-formes devrait être animé par Universcience,
« pôle national de référence », doté d’un Conseil national de la culture
scientifique et technique.
Mais, constate Roger-François Gauthier, il y a d’abord « des pro-
blèmes conceptuels à régler ». L’expression de culture scientifique et tech-
nique n’est pas forcément claire, ni totalement adoptée dans l’éducation
Décembre 2011 - 7XP Les Cahiers N°5 COR_XP 24 P DICA N°133 OK 01/12/11 15:06 Page8
Communiquer la science vers les publics scolaires
n L’Ifremer contribue à un projet européen, avec des lycéesActions et points de vue
de Nantes et de Kiel (Allemagne), destiné à échanger sur lesdes organismes de recherche approches pédagogiques, et à un blog adressé aux élèves de
grandes sections de maternelle.
Points communs – soulignés par Aline Chabreuil et
Françoise Bellanger – des actions à destination des publics
n L’Inserm soutient des manifestations culturelles autour du
scolaires menées par les organismes de recherche parte- thème arts et science : l’univers du théâtre avec le projet
naires du colloque (CEA, Genopole, Ifremer, Inserm, IRD, Binôme en partenariat avec Universcience, la littérature et la
Irstea) et inscrites dans les missions de ces organismes : BD au travers de l’exposition Science/Fiction : voyage au
- diffuser les avancées scientifiques et techniques en faisant cœur du vivant au Futuroscope et au festival Les Utopiales à
le lien avec l’actualité et éventuellement les programmes Nantes, et la photo grâce à une convention pédagogique
scolaires ;  signée avec l’Ecole nationale supérieure de la photographie
- éveiller la curiosité, donner le goût des sciences et initier à d’Arles.
la démarche scientifique ; 
- faire connaître et valoriser les métiers de la recherche, et
n L’IRD, dans le cadre des Clubs jeunes, mène des projets
par la même occasion les organismes eux-mêmes. impliquant des élèves du secondaire en France et dans des
pays du Sud. L’objectif est, outre d’initier à la démarcheCes actions ont pour cibles les élèves du primaire à l’ensei-
scientifique, de sensibiliser aux enjeux de la recherche pour legnement supérieur, avec une priorité pour le second degré,
développement des pays du Sud. Ces projets sont l’occasionles enseignants (dans l’aide au travail de préparation ou l’ac-
de passionnants échanges sur la science entre jeunes Fran-compagnement de projets) et les producteurs de documents
çais et jeunes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine…pédagogiques. Les interventions sont multiples et touchent
chaque année des centaines de milliers de jeunes et quelques
n Enfin, Irstea organise des opérations test à travers des ate-milliers d’enseignants.
liers animés par Planète Sciences et une plate-forme permet-
tant à plusieurs écoles de s’impliquer dans un même projet,Elles peuvent prendre la forme de ressources documentaires
encadré par des chercheurs.et pédagogiques (publications, films, outils pédagogiques)
mises le plus souvent à disposition sur les sites Internet des
Une demande de reconnaissanceorganismes. Mais aussi de participation à des événements
comme la fête de la science ou des festivals. Certaines mani- Les organismes de recherche font les mêmes constats :
festations ont recours au théâtre, à la photographie, la fiction,
- Les actions menées avec les établissements scolaires et lesla chasse au trésor pour faire découvrir les sciences autre-
académies sont trop ponctuelles et reposent essentielle-ment. Les institutions de recherche organisent également des
ment sur la bonne volonté de quelques-uns, enseignantsrencontres, par le biais de conférences, ateliers ou démons-
comme chercheurs. Et cette implication n’est pourtant pastrations dans des établissements scolaires ou ailleurs. Elles
reconnue dans leurs évaluations respectives… s’investissent dans la formation initiale et continue des ensei-
gnants, s’impliquent en région via leurs implantations locales. - Beaucoup d’enseignants estiment qu’ils ne disposent pas
de la formation nécessaire pour mener de tels projets.
Quelques initiatives originales - Les chercheurs ne peuvent pas répondre à toutes les sollici-
tations par manque de temps.
n En janvier 2012, le CEA lancera l’opération Scientifique, toi
ère - Les ressources pédagogiques fournies par les organismesaussi ! : pendant une journée, des élèves de 1 et terminale
sont sous-exploitées par les enseignants. S visiteront des laboratoires et rencontreront des chercheurs,
simultanément dans les 10 centres de recherche du CEA. - Il n’y a pas, à la suite des interventions des chercheurs,
d’évaluation de ce que les élèves en retirent. Ce manque de
n Genopole s’associe à l’opération Apprentis chercheurs, retour ne permet aucun ajustement.
mise en place par l’Association pour la promotion des
- Enfin, les institutions de recherche regrettent le déficit desciences et de la recherche : des élèves sélectionnés sur leur
reconnaissance de la part du ministère de l’éducation natio-motivation participent à des travaux de réflexion et de
nale. Une question demeure : où sont les limites de leurrecherche, pendant huit demi-journées dans des laboratoires.
implication vis-à-vis des élèves, des enseignants, des autresIls reçoivent un diplôme d’initiation à la recherche sur présen-
acteurs de la communauté éducative ?tation de leurs résultats.
8 - Décembre 2011
nationale. Les mots eux-mêmes peuvent être questionnés. Culture ?
Technique ? Faut-il ajouter industrielle ? Mais quid des technologies ter-
tiaires ? Où sont les mathématiques ? Des interrogations demeurent sur le
rapport entre des sciences « dures » et d’autres qui ne le seraient pas…
N’a-t-on pas besoin d’un discours fédérateur sur l’attitude scientifique,
sous ses différentes incarnations ?
De plus, dans le système scolaire, « la vieille terreur à l’égard desXP Les Cahiers N°5 COR_XP 24 P DICA N°133 OK 01/12/11 15:06 Page9
sciences et des mathématiques persiste », du fait, notamment, du lien tra-
ditionnel établi entre sciences et sélection. L’existence de filières scienti-
fiques semble signifier, par ailleurs, qu’il y aurait des esprits scientifiques
et d’autres qui ne le seraient pas. Sur quelles bases scientifiques peut-on
prétendre cela ? Et comment ensuite communiquer la science à ceux
qu’on a ainsi (dis)qualifiés ?
Pourtant les choses bougent, l’enseignement des sciences est en train
d’évoluer. La loi de 2005 a défini pour l’éducation nationale un socle com-
mun de connaissances et de compétences à acquérir en fin de scolarité obliga-
toire. Il met l’accent sur les notions de compétence, de complexe, de contexte,
qui entraînent la mise en place d’une autre approche des sciences…
Roger-François Gauthier esquisse quelques pistes d’amélioration. Il Un dialogue est à
est nécessaire que, dans les projets d’établissement des collèges et des construire entre les différents“lycées, soit inscrite une problématique sur la diffusion de la CST. L’école métiers : professeurs,
ne peut pas agir seule. Mais il n’est pas toujours évident de communiquer
médiateurs, et chercheurs avec elle quand on vient de l’extérieur. D’où l’importance d’un dialogue
entre les différents métiers : professeurs de l’éducation nationale, média-
teurs de différentes institutions et chercheurs… Mais tout ne se fera pas
sans heurts….
Autre piste : le centre de documentation et d’information (CDI) présent
dans chaque établissement scolaire du secondaire. Ce « lieu de culture », La CST doit trouver sa
aujourd’hui essentiellement littéraire, doit permettre à la CST de trouver sa
place dans les CDI.place. Il s’agit bien d’imaginer « une révolution culturelle du CDI » ! “
« Nous ne devons pas penser qu’aux élèves qui se destinent aux
sciences. Tout futur citoyen doit disposer d’un bagage critique de CST à
sa sortie de l’école ». Et si on ne peut mesurer une culture, on peut essayer
de mesurer une exposition à une culture. Par exemple, connaître les occa-
e esions qu’ont eues les élèves, tous les élèves de la 6 à la 3 , d’être exposés à
des activités de CST.
Lors d’un premier échange avec les participants, Jean-François Cervel
a souligné un paradoxe : « La science est partout dans la société mais le
citoyen moyen a du mal à percevoir en quoi elle consiste exactement.
Nous sommes dans une société de la communication mais les lycéens ne
savent pas où trouver des informations précises ».
Pourtant, témoigne un membre de l’espace Pierre-Gilles de Gennes à La formation continue
l’ESPCI, des coopérations existent entre professeurs des écoles et étu- des enseignants est ouverte à“diants en sciences. Une chercheure de l’Inserm atteste également de l’en- un dialogue plus étroit avec le
vie des professeurs d’expérimenter eux-mêmes et d’être plus en lien avec monde de la recherche ; il y a
la recherche. Mais se pose la question de leur formation.
en revanche des verrous à faire
Effectivement, si la formation continue est ouverte à ces préoccupa- sauter en formation initiale et au
tions, Roger François Gauthier reconnaît qu’il y a « des verrous à faire niveau des concours de
sauter en formation initiale », et même au niveau des concours de recrute- recrutement.
ment des futurs enseignants.
Comment faire, demande une professeure de SVT – malgré les bonnes
volontés de part et d’autre et les multiples initiatives – pour que toutes les
demandes soient satisfaites ? Il est vrai, note Jean-François Cervel, que
toutes les grandes institutions de CST ont développé des services éduca-
tifs importants pour accueillir des scolaires. Mais une collaboration plus
étroite entre les établissements scolaires et les structures de médiation est
nécessaire pour davantage d’efficacité.
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Communiquer la science vers les publics scolaires
Etudes de cas :
chercheurs et enseignants …ensemble
Aline Chabreuil a introduit cinq études de cas représentatifs – sinon
exemplaires – d’une coopération, d’une co-production, chercheurs/ensei-
gnants. Ces cinq cas figurent autant de modes d’intervention différents :
intervention dans une école ; association de plusieurs organismes dans un
travail avec une trentaine de classes ; laboratoire de recherche destiné aux
lycéens ; partenariat avec un CRDP ; formation d’enseignants.
Chaque cas a fait l’objet d’une présentation « en duo » : un représen-
tant du monde scientifique et un représentant du monde éducatif. Cette
partie du colloque était complétée par une exposition de posters sur des
projets et des ressources pédagogiques scientifiques pour les scolaires.
Marion Gosselin, ingénieur-chercheur à Irstea (nouvelle identité du
Cemagref), souligne le large éventail des interventions effectuées par son
organisme. La plupart se font de manière ponctuelle, dans une zone géo-
graphique proche et sur sollicitations. Plus que par les programmes sco-
laires, elles sont motivées par des événements en lien direct avec le thème
de recherche du centre, la relation entre biodiversité et gestion forestière :
fête de la science, année internationale de la biodiversité ou de la forêt,
par exemple.
Les chercheurs d’Irstea, généralement, ne sont pas sollicités directe-
ment par des enseignants, mais par des organismes tiers, comme EDF ou
des associations. Il est très rare que les interventions découlent de leur
initiative propre.
Les actions sont variées : interventions dans les écoles, commentaires
d’expert sur des travaux d’élèves, présentés sous forme de posters, débats
sur Internet. Mais aussi cours dispensés à des lycéens qui en retour parti-
cipent à une expérimentation sur le terrain : ainsi des lycéens ont contri-
bué au comptage de bourdons et d’abeilles dans des champs de colza,
pour une étude sur la pollinisation… Dans cette configuration, le cher-
cheur gagne du temps et bénéficie d’une aide sur le terrain et parfois de
bonnes idées pédagogiques, comme c’est le cas avec l’association les Petits
débrouillards.Les chercheurs
La limite c’est l’absence de contact préalable direct avec les enseignantsmanquent de formation“
et donc de préparation. Or les chercheurs manquent de formation péda-pédagogique et l’absence de
gogique. Ils utilisent un jargon, font des interventions souvent tropretour ne permet pas de savoir
longues, peuvent être perturbés par le rythme de la classe. Et l’absence dece que les élèves retiennent.
retour ne permet pas de savoir ce que les élèves retiennent…
« Graines d’artistes »
En contrepoint, le projet « Graines d’artistes » apparaît plus et mieux
élaboré : fruit d’une collaboration entre le centre Irstea de Nogent-sur-
Vernisson, dans le Loiret, et la classe de CP-CE1 de l’école de la commu-
ne, il a été lancé en 2007 par la municipalité de Nogent-sur-Vernisson,
grâce à Yann Dumas, assistant ingénieur à Irstea, élu municipal et créa-
teur d’Arbo Thema, un salon annuel consacré à l’arbre sous toutes ses
formes, qui regroupe des artisans, artistes, scientifiques, naturalistes, etc..
Le projet était une approche pluridisciplinaire autour du thème des
graines (au programme des CP), avec la collaboration d’une artiste céra-
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