Mémoire réalisé par Antinéa LESTIEN

Mémoire réalisé par Antinéa LESTIEN

-

Documents
94 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Niveau: Supérieur, Master

  • mémoire


Mémoire réalisé par : Antinéa LESTIEN Sous la direction de : Philippe MARCHESIN Avec le soutien de : Olivier THOME Année universitaire 2009-2010 LA RECIPROCITE DANS LE CO-DEVELOPPEMENT Repenser l'implication des migrants dans une coopération Nord-Sud UFR 11 - Science Politique Master 2 professionnel Coopération Internationale, Action humanitaire et Politiques de Développement -CIAHPD-

  • centre de recherche et d'informations sur le développement environnement

  • publique au développement associations de solidarité internationale

  • international d'etudes pour le développement local

  • co-développement

  • motivation de la coopération

  • north-south co-operation


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 192
Langue Français
Signaler un problème



UFR 11 - Science Politique

Master 2 professionnel

Coopération Internationale, Action humanitaire et

Politiques de Développement

-CIAHPD-













LA RECIPROCITE DANS LE CO-DEVELOPPEMENT

Repenser l'implication des migrants dans une coopération Nord-Sud





Mémoire réalisé par :
Antinéa LESTIEN




Sous la direction de :
Philippe MARCHESIN

Avec le soutien de :
Olivier THOME





Année universitaire 2009-2010

















AVERTISSEMENT



« L'Université Paris I n'entend donner aucune approbation aux
opinions émises dans les mémoires. Ces opinions doivent être
considérées comme propres à leurs auteurs"

SYNTHESE


Le co-développement est une forme de coopération Nord-Sud a priori novatrice, reposant notamment
sur l’implication des associations de migrants, du fait de leur « double présence ». Cette identité
transnationale rendrait possible une coopération fondée sur un principe de réciprocité. Mais
l’effectivité de ce principe dépend de deux conditions : la motivation de la coopération par un intérêt
local, c’est-à-dire au bénéfice du territoire de résidence, et la possibilité de circuler d’un territoire à
l’autre. Or le co-développement, tel qu’il est mis en œuvre actuellement, contribue à maintenir les
migrants dans une position différenciée par rapport aux autres habitants du territoire français, à la fois
en termes de reconnaissance de leur implication locale et en termes de droit et moyens de circulation.
Il apparait qu’un véritable co-développement devrait être d’avantage caractérisé par une recherche
explicite et volontariste de réciprocité dans la coopération. Il pourrait alors constituer un outil à la
disposition des habitants issus des migrations, pour faire reconnaître leurs apports au bénéfice du
territoire d’accueil et pour revendiquer leur droit à la mobilité réversible.
Mots-clefs :
Migrants ; Co-développement ; Partenariat ; Echanges réciproques ; Mobilité ; Implication locale


Co-development is widely considered as an innovative form of North-South co-operation. This process
is notably based on the involvement of migrant associations due to their “double presence”. This
transnational identity would enable this partership, developed on a principle of reciprocity. However,
the efficiency of such a system depends on two main conditions. Firstly, the co-operation should
participates locally, meaning that its implication should benefit the territory of residence ; secondly, the
migrants should be able to circulate freely from one territory to another. Yet the co-development
system as we experience it today only maintains migrants in a differentiated position from the other
inhabitants on the French territory, in terms both of the recognition of their local involvement and their
rights and means of circulation. It appears that an effective co-development should be more
caracterized by an explicit and “voluntarist” research of reciprocity in co-operation. It could then
represents a helpful tool for inhabitants from international migrations, that they could use to make
recognized their contributions for the host country and to claim a “reversible” mobility.
Key-words :
Migrants ; Co-development ; Parternship ; reciprocal exchanges ; Mobility ; Local involvement



Remerciements





Merci à mon directeur de mémoire, Philippe Marshesin,
ainsi qu’à OOOOlllliiiivvvviiiieeeerrrr TTTThhhhoooommmmeeee, pour leurs précieux conseils.
Merci à Adolé Ankrah et à toute l équipe de FIA, tout particulièrement Léa.
Merci à tout-e-s lllleeeessss aaaaccccttttrrrriiiicccceeeessss eeeetttt aaaacccctttteeeeuuuurrrrssss aaaassssssssoooocccciiiiaaaattttiiiiffffssss eeeetttt lllleeeeuuuurrrrssss ppppaaaarrrrtttteeeennnnaaaaiiiirrrreeeessss
dans le co-développement qui m’ont donné de leur précieux temps.
Merci à Corisse Gounadon, ma sœur béninoise.
Merci à ma maman, Fanny Brisson, sans qui je n’aurais tout simplement pas pu réaliser
ma recherche à Cotonou, et à mon père, Antoine Lestien, qui malgré ses multiples
occupations, m’a toujours aidé en priorité.
Merci à mon partenaire dans la vie, Abdallah Saadaoui.
MERCI



Merci également à Delphine Dulong et Philippe Marchesin
pour leurs très justes critiques lors de ma soutenance, le 09 décembre 2010.

SIGLES



Sigle Signification

AFARD Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le
Développement
APAD Association Euro-Africaine pour l'Anthropologie du Changement
Social et du Développement
APD Aide Publique au Développement
ASI Associations de Solidarité Internationale
CCD Commission Coopération et Développement
CCFD Comité Catholique pour la Faim et le Développement
CIEDEL Centre International d'Etudes pour le Développement Local
CIEMI Centre d'Information et d'Etudes sur les Migrations Internationales
COSIM Collectif d'Organisations de Solidarité Internationale issues des
Migrations
CRESI Centre de Ressources Essonnien de la Solidarité Internationale
CRID Centre de Recherche et d'Informations sur le Développement
ENDA Environnement et Développement
ENDA Diapode Projet Diaspora pour le Développement (ENDA)
EUNOMAD European Network on Migrations and Development
FIA-ISM Femmes Inter Associations – Inter Service Migrants
GAO Coordination pour l'Afrique de Demain
GRDR Groupe de Recherches et de réalisations pour le Développement Rural
INSEE Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
IRD Institut de Recherche pour le Développement
FIA-ISM Femmes Inter Associations – Inter Service Migrants
FORIM Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des
Migrations
FOSIM Fédérations d'Organisations de Solidarité Internationale issues des
Migrations
FSM Forum Social Mondial
FSP Fonds de Solidarité Prioritaire

MAEE Ministère des Affaires Etrangères et Européennes
MIIINDS Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et
du Développement Solidaire
OMD Objectifs du Millénaire du Développement
ONG Organisations Non Gouvernementales
OPAP Opérateurs d’appuis
OSC Organisations de la Société Civile
OSCAR Programme pour les Organisations de la Société Civile Appuyées et
Renforcées
OSI Organisations de Solidarité Internationale
OSIM Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations
PDC Plans de Développements Communaux
PDL Plans de Développements Locaux
PECO Pays d'Europe Centrale et Occidentale
PRA-OSIM Programme d'Appui aux Organisations de Solidarité Internationale
issues des Migrations
PROFADEL Programme Renforcement de l'Offre Formation Professionnelle
d'Agents de Développement Local au Sud et dans les PECO
pS-Eau Programme de Solidarité Eau
RADBF Réseau des Africains du Bassin du Fleuve Sénégal
RAFIA 94 Réseau des associations de FIA dans le 94
Romani CRISS Centrul Romilor pentru Interventie Sociala si Studii
SSAE Soutien, Solidarité et Actions en faveur des Émigrants



SOMMAIRE

SYNTHESE 3
LISTE DES SIGLES 5
SOMMAIRE 7


Introduction : La recherche de réciprocité dans la coopération Nord-Sud 8

PARTIE I LA RECIPROCITE, UNE STRATEGIE D'ACTEURS DANS UN
SYSTEME D'AIDE 15

A. Une asymétrie d'acteurs 16
I. France – Une multiplicité d'acteurs 16
II. Bénin – Le marché associatif 22
B. Les acteurs du Nord entre exotisme et bienveillance 26
I. Le partenariat : une tendance et des réticences 27
II. L'échange : un leurre fondé sur un positionnement de supériorité 31
C. Les acteurs du Sud et la quête de faire-valoir 35
I. Le marché des partenaires 35
II. La non-considération des besoins extérieurs 39


PARTIE II LES MIGRANTS, UNE IDENTITE TRANSNATIONALE FICTIVE
AU DETRIMENT D'UNE IDENTITE LOCALE RECONNUE 41

A. Les migrants ne garantissent pas le co- 41
I. La pratique du co-développement : évolutions et mesure 42
II. Remise en cause de la plus-value des migrants 45
B. Le co- dépend de l'intérêt local 51
I. Romani-Criss/FIA : une coopération non altruiste 51
II. Caractéristiques et moyens d'une telle coopération 55
C. Les migrants sont des sédentaires 60
I. « Double présence » : reconnaissance ou leurre 60
II. Migration Nord-Sud : une mobilité irréversible 65


Conclusion: 69
Le co-développement, une stratégie à mobiliser par les habitants issus des migrations


TABLE DES MATIERES 71
BIBLIOGRAPHIE 73
ANNEXES 78

INTRODUCTION


La recherche de réciprocité
1dans la coopération Nord-Sud

Le développement est considéré par Gilbert Rist, professeur à l’Institut Universitaire d’Etudes du
Développement, comme une croyance sociale occidentale. Il met en évidence ainsi l’impossibilité de
la remettre en cause, malgré une succession de paradigmes, qui ont plus visé à s’accorder aux
idéologies dominantes et aux nécessités économiques des pays dits alors « développés », qu’à
réellement repenser les multiples interventions opérées dans les pays dits alors « sous-développés ».
Du paradigme industrialiste des années 1960 à la mise en place d’un panier de biens premiers, les
OMD, sur lequel se fonde une forme d’humanisme mondial, en passant par le tiers-mondisme dans les
années 1970, le libéralisme dans années 1980, puis l’urgence humanitaire qui pris le pas dans les
années 1990, jamais finalement au cours des décennies n’a été remis en cause le développement lui-
même. Il constitue une sorte de « certitude collective dont les modalités sont discutables ou dont ne
2
peut douter en privé, mais dont il est inconvenant de discuter publiquement le bien-fondé. »
Le terme développement s’est vu doté d’un sens transitif avec le « point IV » du président américain
3
Truman , qui mentionnait alors pour la première fois l’adjectif « sous-développé ». Le développement
devenait un état nécessitant une intervention extérieure, tandis que le « sous-développement » était un
état de manque sans que soit prises en compte ses causes historiques. La vision du monde, traduite par
l’opposition « développés »/ « sous-développés », justifiait dès lors les interventions dans les pays du
4
Sud par les pays du Nord et l’égalité des chances - soit tous les pays ont les mêmes chances d’arriver
au stade « développé ». De plus, une nouvelle norme, mathématique donc d’apparence objective, était
imposée : le Produit National Brut. « Ainsi, à partir de 1949, plus de deux milliards d’habitants de la
planète vont – le plus souvent à leur insu – changer de nom, être considérés « officiellement », si l’on
peut dire, tels qu’ils apparaissent dans le regard de l’Autre, et être mis en demeure de rechercher ainsi
5
leur occidentalisation en profondeur au mépris de leurs propres valeurs » . Autrement dit, le Sud était

1
Dans le but d’épurer l’argumentaire, un choix a été fait de mettre en annexe la méthodologie, le cadre d’étude
et les questions qu’ont soulevées cette recherche. Pour les informations concernant le positionnement, les
motivations et les questionnements de l’auteure, merci de vous référer à la fin de ce travail.
2
G. RIST, Le développement. Histoire d’une croyance occidentale, Presses de Sciences Po, Paris, 2001, p.41.
3 Il s’agit du quatrième point du discours d’investiture du président Truman, prononcé le 20 janvier 1949.
4
Nous utilisons délibérément les couples terminologiques « Sud-Nord » et « Ici-Là bas », tout en ayant
conscience de leur imperfection et de l’idéologie qu’ils impliquent. Mais puisque nous opérons une étude
largement appuyée sur les discours des acteurs, il est de mise d’user ici de leurs codes langagiers.
5 Ibid., p.131.
8

né, défini par le manque des pays le composant, et sommé de rattraper son retard, selon une seule
direction possible : l’occidentalisation. Les essais de coopérations Sud-Sud mis en place, comme la
conférence de Bandoeng à la fin des années 1950, puis dans les années 1970, la conférence de
Belgrade ou bien la Tricontinentale, ainsi que les tentatives de self-reliance, comme en Tanzanie, n’ont
pas été jusqu’à remettre en cause cette « croyance occidentale ». En effet, la stratégie d’autonomie
sociale des pays du Sud aurait pu être pensée comme un système global à appliquer au Nord comme
au Sud, pour tenter de réduire les inégalités. Ce ne fut pas le cas. On peut noter d’ailleurs que le
rapport Dag Hammarskjöld, en 1975, eut très peu de retentissement, alors qu’il proposait précisément
un « autre développement », fondé sur une combinaison nouvelle alliant satisfaction des besoins, self-
reliance, harmonie avec la nature et changements structurels, tout cela ne concernant pas seulement les
pays du Sud, mais aussi les pays industrialisés.
L’étude proposée ici questionne une notion, la réciprocité, qui bien que de plus en plus en vogue dans
le domaine du développement, et notamment dans ce qu’on appelle le « co-développement », semble
rencontrer des difficultés dans son application. Or, par définition, la réciprocité permettrait de prendre
de la distance avec une vision unidirectionnelle du développement. Il est donc intéressant de
s’interroger sur les obstacles à son application.
Pour ce faire, il semble indispensable en guise d’introduction de questionner la terminologie utilisée.
6
Car si le co-développement se veut une nouvelle approche de la coopération Nord-Sud, il reste très
malaisé d'en saisir un sens unique, puisque le terme recoupe à la fois une volonté politique basée sur
des arguments contradictoires autant qu'une pratique qui remonterait à plusieurs décennies sans qu'elle
en ait porté le nom alors. Il est donc nécessaire de réaliser une sorte de décryptage du terme, à travers
une analyse des définitions relevées dans des écrits et des discours des acteurs du co-développement.
Notre axe de réflexion se limitera à la petite particule essentielle, mais dont le sens est loin de faire
consensus, le « co- ».
Ainsi avait commencé à le faire Claire Rodier, présidente de Migreurop, lors d'un colloque organisé
7
par le CRID à l'hôtel de ville de Paris en juin 2008 . Dans le dictionnaire, elle avait trouvé comme
équivalent : avec, réunion, adjonction, simultanéité, ... Mais de quelle réunion, jonction, simultanéité
s'agit-il ? En analysant la multitude de documents relatifs au « co-développement », rapports du sénat,
actes de conférences, articles de sociologues, interventions de porteurs de projets issus des migrations,
..., le sens du « co- », bien que défini uniquement par le contexte, semble largement diverger. Quel est
donc la raison de ce flou ?

6
Certains l'écrivent « codéveloppement », d'autres y ajoute un tiret. Nous utiliserons la seconde orthographe,
afin de mettre en exergue la particule, dont le sens ne fait pas consensus, nous allons le voir, mais qui reste
pourtant fondamentale.
7 C. RODIER, « Enjeux théoriques autour du lien entre migrations et développement : quel développement
pour quel co-développement ? Décryptage et critique du langage officiel sur le co-développement. », In
CRID, Enjeux et pièges du co-développement, Actes du colloque, Paris, le 28 juin 2008, pp.8-11.
9


Panorama des différents sens relevés

8Acteurs/trices politiques
Site du Ministère des Affaires Étrangères : « Toute action de développement dans laquelle s'implique un migrant, quelle que soient la
nature et les modalités de cette implication ». Le co- signifierait « le développement avec les migrants ».
Rapports parlementaires : « La réponse à des flux migratoires incontrôlés doit être recherchée dans le développement des pays
9d'origine » .Le co- signifierait ici « le développement en lien avec une politique de gestion des flux migratoires ».
Rapport sénatorial sur le co-développement : « La politique de co-développement apparaît davantage tournée vers un objectif interne,
freiner l'immigration et favoriser le retour des migrants, que vers une politique « externe » visant à favoriser le développement du pays
10d'origine » . Le co- signifierait « le développement en lien avec le retour des migrants ».
Pour l'Union Européenne, le co-développement s'inscrit dans le cadre de ce qu'on appelle l' « approche globale des migrations » qui
comprend des politiques destinées à lutter contre l'immigration illégale et qui permet, en coopération avec les pays tiers, de tirer parti
des avantages de l'immigration légale. Le co- signifierait « le développement pour lutter contre les migrations illégales ».
Acteurs/trices d'OSIM
11Chansome Voravong , ancien président du FORIM : « Une forme de développement, où le migrant a sa part dans la parole et dans les
actes au sein du cercle d'acteurs et de partenaires multiples ». Le co- signifierait ici « le développement avec les migrants ».
Dans de nombreuses rencontres associatives sur le co-développement, dont celles organisées par FIA, on peut entendre dans le discours
des participant-e-s : « Le co-développement est le développement ensemble, intégrant notamment la question d'interculturalité ». Le co-
signifierait donc ici « le développement porté avec l'Autre ».
Militant-e-s et chercheur-e-s
12
Selon Gustave Massiah , président du CRID, dès qu'il y a mondialisation, il y co-développement, puisque le « co- » illustrerait « la
liaison de plusieurs pays dans un processus de développement. » Il cite « trois périodes de co-développement » : le commerce
triangulaire de l'esclavagisme, la colonisation, et le développement de l'industrialisation et du capitalisme en Europe.
Christophe Daum, chercheur à l'IRD : « L'ambiguïté entre développement des pays d'origine et maîtrise des flux est résolue dans le
13
cadre des missions du ministère d'Hortefeux, qui privilégie les orientations relevant du contrôle de l'immigration » et il conclut ainsi :
« le co-développement consiste à organiser la collaboration des États d'origine à cet effet ». Le co- signifierait donc le « lien entre
pays d'immigration et d'émigration ». Dans un autre ouvrage, il dénonce plus explicitement l’instrumentalisation du co-
développement, comme « une carotte agitée au bout du bâton de la répression à l’intention des opinions publiques, nationales comme
internationales, pour tenter de justifier la crispation sur l’impossible fermeture des frontières, comme sur le refus de la régularisation
14
globale des sans-papiers » .

8
Malgré la lourdeur que l’initiative impose à la lecture, nous choisissons de féminiser le terme « acteur » lorsqu’il est utilisé hors écrits
théoriques (c’est-à-dire rapports d’observations de terrain et d’entretiens). Nous aurions pu le faire pour l’ensemble des termes, mais cela
aurait considérablement complexifié la lecture. Toutefois, il fallait mettre en évidence la présence de femmes dans ces systèmes
d’acteurs, car la règle « du masculin qui l’emporte » devient absurde lorsque l’on regroupe une majorité de femmes et une minorité
d’hommes. Epousant une approche genrée, nous gardons en tête que la masculinisation des termes a participé à l’occultation des femmes
dans l’Histoire, et qu’un effort est à faire aujourd’hui pour parer à ce rapport social, notamment par quelques prouesses de formes.
9
« Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine », Rapport d'information AN n°300, avril 2006.
Cité par C. RODIER, « Enjeux théoriques autour du lien entre migrations et développement : quel développement pour quel co-
développement ? Décryptage et critique du langage officiel sur le co-développement. », in op. cit., p. 9.
10
C. TASCA, J. PELLETIER, B. BARRAUX, « Le co-développement à l'essai », Rapport d'information n°417, Commission des Affaires
étrangères, 25 juillet 2007. Cité par C. RODIER, « Enjeux théoriques autour du lien entre migrations et développement : quel
développement pour quel co-développement ? Décryptage et critique du langage officiel sur le co-développement. », in op. cit., p. 10.
11 C. VORAVONG, « Le co-développement vu par les migrants », In CRID, Enjeux et pièges du co-développement, Actes du colloque,
Paris, le 28 juin 2008, pp.14-16.
12
G. MASSIAH, « Naissance et tribulations du mot co-développement », In CRID, Enjeux et pièges du co-développement, Actes du
colloque, Paris, le 28 juin 2008, pp.12-13.
13 Cité par C. RODIER, « Enjeux théoriques autour du lien entre migrations et développement : quel développement pour quel co-
développement ? Décryptage et critique du langage officiel sur le co-développement. », in op. cit., p.11.
14
C. DAUM, « La coopération, alibi de l’exclusion des immigrés ? L’exemple malien », in D. FASSIN, A. MORICE, C. QUIMINAL, Les
lois de l’inhospitalité : les politiques de l’immigration à l’épreuve des sans-papiers. Paris, Edition La Découverte, 1997, pp. 197-216.
10