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Description

Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8

  • cours - matière potentielle : édition aux publications de la sorbonne sous le titre archéologie


Prix : 22 € ISBN 978-2-85944-644-4 ISSN 2101-7727 Tandis que la première Journée doctorale d'ar- chéologie était centrée sur l'objet, en tant que marqueur d'identité culturelle pour les com- munautés humaines du passé, cette deuxième Journée traite du territoire, envisagé comme zone d'approvisionnement et d'activités écono- miques. À travers l'étude des vestiges matériels, ce sont les stratégies mises en œuvre par ces communautés pour subvenir à leurs besoins dans les limites de l'espace qu'elles occupent qu'il s'agit d'interroger : comment s'organisent- elles pour accéder aux ressources naturelles et pour les exploiter, pour conserver, répartir et échanger leurs productions, mais aussi pour développer leur emprise sur le milieu et assurer le contrôle économique de leur territoire ? En rai- son de la grande diversité de leurs modes de vie – que la géographie et l'histoire ne suffisent pas à expliquer – les sociétés anciennes ont apporté des réponses différenciées à ces questions. Sur cette variété des pratiques économiques, l'archéologue, qui ne dispose que d'une infime partie des traces matérielles – souvent évanescentes et rarement univoques –, peut-il vraiment nous éclairer? C'est le défi qu'ont tenté de relever les auteurs des neuf contributions rassemblées dans ce volume, jeunes doctorants en archéologie dont le hasard veut, cette année, qu'à l'exception d'une étudiante dont les recherches portent sur les chasseurs mésolithiques d'Europe septentrionale, ils travaillent tous sur des civilisations qui se sont épanouies loin de notre continent : communautés villageoises néolithiques des marges du Sahara, pêcheurs préhistoriques de Polynésie, horticulteurs kanak

  • exploitation territoriale sur la façade littorale

  • communautés villageoises néolithiques des marges du sahara

  • territoire de l'égée au sahara

  • mexique

  • contrôle économique

  • ressource naturelle

  • côte nord du pérou

  • stratégies territoriales


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Langue Français

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Publications de la Sorbonne
212, rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Tél. : 01 43 25 80 15 – Fax : 01 43 54 03 24
. – 2
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territoires et économies
Tandis que la première Journée doctorale d’ar-
chéologie était centrée sur l’objet, en tant que
marqueur d’identité culturelle pour les com-
munautés humaines du passé, cette deuxième
Journée traite du territoire, envisagé comme
zone d’approvisionnement et d’activités écono-
miques. À travers l’étude des vestiges matériels,
ce sont les stratégies mises en œuvre par ces
communautés pour subvenir à leurs besoins
dans les limites de l’espace qu’elles occupent
qu’il s’agit d’interroger : comment s’organisent-
elles pour accéder aux ressources naturelles et
pour les exploiter, pour conserver, répartir et
échanger leurs productions, mais aussi pour
développer leur emprise sur le milieu et assurer
le contrôle économique de leur territoire ? En rai-
son de la grande diversité de leurs modes de vie
– que la géographie et l’histoire ne suffisent pas
à expliquer – les sociétés anciennes ont apporté
des réponses différenciées à ces questions.
Sur cette variété des pratiques économiques, l’archéologue, qui ne dispose que d’une
infime partie des traces matérielles – souvent évanescentes et rarement univoques –,
peut-il vraiment nous éclairer? C’est le défi qu’ont tenté de relever les auteurs des neuf
contributions rassemblées dans ce volume, jeunes doctorants en archéologie dont le
hasard veut, cette année, qu’à l’exception d’une étudiante dont les recherches portent
sur les chasseurs mésolithiques d’Europe septentrionale, ils travaillent tous sur des
civilisations qui se sont épanouies loin de notre continent : communautés villageoises
néolithiques des marges du Sahara, pêcheurs préhistoriques de Polynésie, horticulteurs
kanak de Nouvelle-Calédonie, artistes Mochicas du Pérou, paysans, tailleurs d’obsi-
dienne et producteurs de sel du Mexique préhispanique, cultivateurs et forestiers de la
Guyane précoloniale, conquérants aztèques et colons espagnols. Autant d’aires chrono-
culturelles dans lesquelles la recherche archéologique actuelle tente de comprendre les
liens entre économie et territoire.
ISBN 978-2-85944-644-4
ISSN 2101-7727 Prix : 22 €
vIeNt de P araître
aéigheolcr orctedla éelco de tarvxu
tcod oéhcraboN dE CoMMANdE
archéo.doct – 2
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Prix : 22 €
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tab ed sm ti
Préfac GillesTouchais..........................................
Introduction PatriceBrun,Leterritoire:unenotionpolysémique...................
ChristelleCarlier,Lapêchedansless ociétéspréhistoriquespolynésiennes.
Analysesd’hameçonsetétudeethnoarchéologique ...........................13
CharloteLeduc,Stratégiesd’acquisitionetd’exploitationdesressourcesanimales
àpartird’unhabitatmaglemosien(mésolithiqueanciend’EuropeduNord
encontextelacustreàMullerup(Sjælland,Danemark)........................47
SéverineBortot,Less tructuresdestockagedumassifduBarajas
Unregardsurl’économiedesubsistanced’unepopulationduCentre-NordduMexiqu
àl’Épiclassique(650-900apr. J.-C.) ...................................77
VéroniqueWrightCirculationdespigmentss urleterritoireMochica,côtenordduPérou
er(i -i sièclesapr. J.-C.):l’apportdel’analysephysico-chimiqueàlacompréhensiond
l’organisationsociale.............................................99
LydieClercOccupationdel’espaceetexploitationterritorialesurlafaçadelito rale
deGuyane.Stratégieséconomiquesdescommunautésprécolombiennes
(x-xii sièclesapr. J.-C.)..........................................119
ÉmilieDote,Modesd’exploitationetd’intégrationauseindesterritoireskanak
précoloniauxdesressourcesvégétalesforestières(I millénaireapr. J.-C).
Approcheethno-archéo-anthracologiqueenNouvelle-Calédonie..................155
MaëlleSergheraert,Impactsdel’expansionterritorialemexicasurl’économi
descitéssoumises(Mexiquecentral,1430-1520apr. J.-C.).....................191
KarineLefebvreAcámbaro(Guanajuato,Mexique):stratégiesterritoriales
auPostclassiquerécentetaudébutdelacolonisationespagnole(xv–xvi siècles).
Unexempledel’exploitationéconomiqued’unerégion........................213
Ti baultVallete,LorsdeladernièrearidifcationduSahara(4500-2000BP),
lesvastesconcentrationshumainesdesmargesdudésertont-ellesétéunindicepertinen
d’uneéconomiede(dé)croissance?....................................239
Conclusio Té ophaneNicolasetAurélieSalavertBilandeladeuxièmeJournéedoctoral
d’archéologie.................................................265
s e r è a e lu
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Préface
LethèmedecetedeuxièmeJournéedoctoraleétaitaussitransversalqu e
celuidelapremière:laquestiondesrapportsentreéconomieetterritoireau
seindessociétésanciennes,tellequ’onpeutl’appréhenderàt raversladocu-
mentationarchéologique.Lanotiondeterritoireaété,cesdernièresannées
aucœurdelaréfexiondebiendesarchéologuestravaill antsurl espériodese t
danslescontréeslesplusdiverses,commeentémoigneentreautreslerecueil
d’étudesdenoscollèguesRenéTreuiletGeorgiaKourtessi-Philippakisen
coursd’éditionauxPublicationsdelaSorbonnesousletitr e Archéologied
territoiredel’ÉgéeauSahara.Curieusementlesujetdecete deuxième Jour
néedoctoraled’archéologieasurtoutretenul’atentiondesdoctorantsdont
leterraind’étudesesituehorsd’Europe:uneseuledesneufcommunication s
rassembléesiciconcernenotrecontinent,tandisquelesautresserépartissent
entreleMexique,lePérou,l ’Afrique,laPolynésieetlaNouvelle-Calédonie
Onpourrapeut-êtreregreterquecetéchantill onnagenedonnepasunrefet
fdèledeladiversitédeschampschrono-cultur elscouvertsparl esdoctorant s
archéologuesdeParis1. Maisonnepourraenrevanchequeseféliciterd e
voircesdernierss’ouvriraussilargementsurlemondeetinvestirdesterritoi-
ressurlesquelspeudeleurscondisciplesenFranceosentencores’aventurer
Lefaitquetroisdesorateursontentre-tempssoutenuleurthèseestunautr e
signedelavitalitédenotreÉcoledoctorale
Jetiensàrappelerquel’organisationdecesJournéesdoctorales,depuis
lechoixduthème jusqu’à l’éditiondesactes,estentièrementl’œuvredes
doctorantseux-mêmes,qui,souslaconduitedesenseignants-chercheursqui
lesencadrent,s’initientdecete façonàl ’unedest âchesquifontpartied u
métierd’archéologue:susciterdesrencontres,deséchangesscientifques,et
endifuserl esrésultats.
Lachevilleouvrièredecetedeuxièmer encontreaétéconstituéepar
AurélieSalavertetTé ophaneNicolas,dontl ’efcacitésourianteestvenueà
boutdetouslesobstacles.Aunomdel’Écoledoctorale,jetiensàleurexpri
mert outemar econnaissance.Jeremercieégalementlesdoctorants,quiont
four nilamatièredecetejournéericheeninfor mationetenréfexion,etleur s
5.
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s
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Territoir économ
directeursdethèse,quionta cceptéderevoirl estextespourlapublication
ungrandmerciaussiàMikeIletpourlarelecturedesrésumésenanglais
TouscontribuentainsiàfairequenotreÉcoledoctoraleneseréduisepas
àunesimplestructureadministrativemaisqu’elles’afrme deplusenplus
comme unevéritablecommunautéscientifque
�GillesTouchai
Directeurdel’ÉcoledoctoraleArchéologi
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s e i t e s e,
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a
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introd ion
Le rr oi :u ne no ion oLysémiqu
—P tr ce run
Lemot«territoire»estapriorifacileàcomprendreetconfor meauxdéf
nitionsproposéesparundictionnaireusuelcomme lePetitRober :«1.Une
étenduedelasurfaceterrestresurl aquellevitungroupehumainetspéciale-
mentunecollectivitépolitiquenationale.2.Uneétenduedepayssurl aquell e
s’exerceuneautorité,unejur idiction.3.Unezone,unerégionprécisément
déterminée.4. Lazonequ’unanimalseréserveetd ontili nterditl ’accèsà
sescongénères,oul’endroitqu’unepersonnes’approprieenymetantdes
objetspersonnels». L’ensemblefaitréférenceàunespacedélimitégéogra-
phiquementparl ’autoritéenplace,qu’ellesoitindividuelleoucollective,un
espacecirconscritquel’onoccupe,dontonuseentermesderessourcese t
quel’ondéfendvis-à-visd’autrui.Ceteappropriationimpliqueuneaction
surl esdiférentscomposantsdumilieu:minéraux(terre,pierre,eaupour
lesconstructionsdomestiques,spécialiséesoumonumentales–cesdernière s
faisantaussiofcedemarquageterritorial–etpourdescanalisationsetd es
terrassements),faune(chassée,pêchée,élevée)etfore(collectée,cultivée
ouabatuepourlechaufageafndetransformerdesminérauxencéramique
métal,verreetpourlaconstruction).
Dèsquel’ondépassecete défnitiongénéraleduterritoire,onconstate,
toutefois,quecete notionprenddessensplusdiversifésd’unchampd e
connaissanceàunautre:géographie,histoire,archéologie,sciencespoliti-
ques,éthologie,etc.Ilseraiterronéd’enatribuert outelar esponsabilitéau x
efetsmécaniquesdelaspécialisationdisciplinaire.Ilnefaut,enefet,pas
perdredevuequederrièrecetevariabilitétendancielle,letermepossèdeun
caractèrefondamentalementpolysémique.Ilr evêtunesignifcationnonseu-
lementphysique(uneportiond’espaceterrestre),maisaussiidéelle(l’idé e
quelesgenss’enf ontetquinecoïncidepast oujoursexactementavecle s
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B i
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Territoir économ
limitesconcrètes)et,desurcroît,souventvariableselonl’échellespatiale
temporelleetsocialeconsidérée.
Lanotiondeterritoirerenvoiet oujours,bienentendu,àuneconstruc
tionidéelle.Raressontlescirconscriptionsquis’imposentnaturellement
hormisl esîles.Lesfrontièressont,parconséquent,souventcontestéeset
chargéesd’unelour depuissancesymbolique.Enf aisantrespectersesl imi
testerritoriales,unecommunautéassurecertessesressourcesvitalespropres
maisconfor teégalementlesentimentd’appartenancedesesmembres.Ell e
matérialisel ’élaborationidentitaireindividuelleetc ollective,renforcelelien
socialetstimulelasolidaritéinterne(Barth,1969).Ceressortcognitifper-
met,d’ailleurs,demieuxcomprendrelaf orcedesphénomènesirrationnels
debandesd’adolescents,oudefèvrespatriotiquesetn ationalistes.Cevéri
tableimpératifidentitaireimprègned’ailleurslaplupartdescréationsmaté-
riellesdel’humanité.Le«décor»(quin’estj amaispurementdécoratif)et
même laforme desproduitsfabriquésetd esconstructionsexprimentàl a
foisl’adhésionàunecommunautéetladistinctionparr apportauxautres,aux
extraterritoriaux.
Lesentitéscultur elleschangentaucoursdut emps.Ellessedéplacent,s e
dilatentou,aucontraire,secontractent.Leplussurprenantest,parc onsé
quent,leurd urablerésilience.Leuré tonnanter ésistance, par-delàlecycle
biologiquedurenouvellementgénérationnel,supposeunevolontédetrans-
missiondecesracinesidentitairesparl ’éducation.Ils ’agitdel ’apprentissage
desavoir-faire,derèglesdesavoir-vivre,demythesfondateurs.Ils ’agita ussi
pourlessociétésquionta doptéuneéconomiedeproduct ion,d’exprimer
combienellesfontc orpsaveclesolquilesnourrit.Lesconstructionsmonu-
mentales,destinéesàrésisterautempsbeaucouppluslongtempsquelesbâti-
mentsd’usagecourant,marquentleterritoire:soncentresymbolique,ses
lieuxdemémoiresetseslimitesinternesetexternes.Cesontsouventd’abor d
dessanctuairesoudestombeaux,lesdeuxcatégoriesétantplusoumoinsliées.
Leterritoiredevient,delasorte,unélémentdemédiationentrelemondedes
vivantsetc eluidesancêtres,ainsiqueceluidesêtressurnaturels.Lacroyance
endespuissancessurnaturellesplusoumoinsabstraitesesta testéedanstou-
teslessociétéstraditionnelles.Lar éférenceàdesancêtresauxquelsonrend
uncultel ’estdanstouteslessociétésagropastoralessansÉtat.
Danstouteslessociétésagrairestraditionnelles,avecousansÉtat,leterri
toireestperçucomme lefruitdutravaildeplusieursgénérationsdeperson-
nesauxquelleslesvivantssontr edevables.Lesolnourricieresta ussicelui
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ntro u tion
danslequelsedissolventlesdépouillesmortellesdesascendants,d’oùl’idé e
répandued’uncycleliantlamortdesanciensàlaprospéritédesvivants.L’es
paceterritorialn ’estévidemmentpasunesimpleétenduebornée,reçuee n
héritage.Ilpossèdeuneépaisseur,uneprofonde urdanslaquellelacommu-
nautévivantetrouveses«racines»quisontressentiescomme indispensa
blesàsasurvie,àl ’exempled’unarbre.Ainsi,paradoxalement,bienquele s
humainssesoientsouventappropriécesespacesparlaforce,ceteappropria
tionfaitensuiteplacedansleurimaginaireàlaconvictionqu’ils ’agitdeleur
lieud’origine.Dansceteprofondeurrésident,deplus,pourdenombreuses
sociétéstraditionnelles,desdivinitéssouterrainesquel’oncroitpouvoirama-
douerpardesofrandes,souventsacrifcielles,déposéesdansdesanfractuosi
tés,dessources,desmarais,desfosses,desfossés,etc.
Beaucoupsous-estimentaujourd’huil ’épaisseuridéelledelanotionde
territoire,maisplusencorelecaractèrepolysémiqueengendréparl’échell e
d’observationdesentitésterritoriales.Àcepropos,lesdéfnitionsdudic
tionnairecourantrestentvagues.Ellesévoquentl’espacedevied’ungroup e
humain,maisnesemontrentprécisesquedanslecasd’unecollectivitépoli
tiquenationale,sous-entendudutypedel’État-nation.Or,ilexisted’autres
échellesterritoriales,même danslessociétéssansÉtat,etqu’ilc onvientde
distingueravecnetetépourêtrepluspertinent
Endeçàdel’unitépolitiquementautonome,commelacheferie(commu-
nautédequelquesmill iersàquelquesdizainesdemill iersdepersonnesunie s
souslepouvoirc oercitifd’unindividuoud’unconseil),oulegroupelocal
acéphale,qu’ilsoitclaniqueouvillageois(Johnson&Earl,1987),ilimporte
debiendistinguerduterritoire,let erroir,lefnageetlacommunautéd’in-
termariage,pourneretenirquelesprincipaux.Leterroirr egroupelesterres
cultivéesetl esprairiesd’unesimplefermeoud’unvill age.Lefnage(term e
d’abordutiliséparl esmédiévistesetg énéraliséparlesgéographes)réunit
outreleterroir,lesespacesplussauvagesconcourantàl ’approvisionnement
directdelacommunautéderésidenceenquestion:marécagesetboisoùl’on
procèdeàlacollecte,lapêche,lachasse,maisaussiàl ’abatageduboisde
chaufe etdeconstruction(Claval,1980).Lacommunautéd’intermariage
concernel’ensembledémographiquenécessaireàlareproductionbiologique
humained’unecommunauténaturellequiestr elativementexogame dansla
plupartdessociétéstraditionnelles.Elledoitêtrefortededeuxcentsàqua
trecentspersonnespourdemeurerviable,comptetenudesrisquessanitai
resetdesconfitsintercommunautaires(Hassan,1981).Seulecetedernière
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Territoir économ
peutseconfondr e,danslecasdessociétésdepetitmodule,àunt erritoir e
politiquementautonome.Unecertaineautonomieenmatièred’organisation
politique,ausensoùl’entendl ’africanisteGeorgesBalandier(1967)pourqui
ilyadupouvoir,doncdupolitique,danst outesociété,apparaîtbienainsi
comme uncritèredéterminantdelanotiondeterritoire.Au-delàdel’unité
politiquementautonome,peuventseformerdesensemblesterritoriauxcor
respondantàdesfédérationsouconfédérationsplusoumoins–engénéral
moins–durables.
Iln’estpasindiférentdesoulignericiquel’archéologieestmieuxoutill ée
qued’autresscienceshumainespourdécortiquerc etepolysémie,enraiso n
del’exceptionnelleprofondeurdetemps quesesméthodesluipermetent
d’appréhender.Elleseulesetrouveenmesurededocumenterlesmode s
d’expressionidentitairesdessociétéssansécritureouquin’ontl aisséquedes
sourcestextuellespeunombreusesetd’interprétationdifcile.Elleseuleper-
meta insidesuivrel’évolutiondesentitésterritorialessurlalonguedurée
Leursuivi,suruneduréesufsammentlongue,estenefetn écessairepour
fairelapartdeschangementsréguliersdelacultur ematérielle,degénération
engénération,etdeschangementsplusprofond s,susceptiblesdemodifer
dansleurforme etleurdimensionlesensemblest erritoriaux.Ajoutonsque
l’archéologieseuleal esmoyensdehiérarchiseretc aractériserlanatured e
ceschangements,c’est-à-diredereconnaîtrelesdiférenteséchellesdetemps
propresauxt erritoiresétudiés.
Lanotiondeterritoirefait,ensomme,référenceàdesespaces-tempsde
diférentesdimensionsdontledegréd’autonomiepolitiqueestuncritère
majeur.Ilconvient,làaussi,denepasselaisserl eurrerpard esdiférences
d’échelled’observationafnd’interprétercorrectementlesentitésterritoria
les.Lanaturedupouvoirestunélémentfondamentaldecepointdevue.S a
déterminationreposesurlahiérarchiefonct ionnelledessitesetlesconfgu
rationsspatialesqu’ilsdessinentdansl’espace.Cen’estquepartiellementvrai
pourleslieuxfunérairesetcultue lsdontlahiérarchiepeutavoirétévolontai-
rementmasquéeparcertainessociétéspourdesraisonsidéologiques.L’orga
nisationspatialedesétablissements,àtraversleurtaill e,leurmonumentalit é
etlesfonctionsqu’ilsregroupent,représente,poursapart,unbonrévélateur
del’organisationsociale.Ellepermetseuledesavoiràquelt ypedesociétéet
àquelt ypedeterritoirenousavonsafaire.
Lapolysémiedelanotiondeterritoireest,endéfnitive,présenteàplu-
sieursniveaux.Nousvoyonsbienquediférentes signifcationsl uisont
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ntro u tion
données;parl’usagecourant,quienadmetunedéfnitiontrèslarge,etparle s
usagesplusspécialisés.Nousconstatonsaussique,mêmeaprèsavoirécart é
lesentitésspatialesquineméritentpasletermedeterritoire,diférentstypes
d’ensemblesterritoriauxdoiventêtredistingués.Celaexige,dupointdevu e
méthodo logique,d’étudierl esphénomènesenquestionàplusieursfocale s.
C’estàceprixqu’unenotionaussifondamentaleestsusceptiblederestituer,
danstoutesarichesseetsacomplexité,ladynamiquehistoriquedessociété s
humaines.
�PatriceBrun
Professeurdeprotohistoireeuropéenne,universitéParis
Panthéon-Sorbonne–UMR7041:Archéologieetsciencesde
l’Antiquité.
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