Analyse de Le Rouge et le Noir 1er partie, Chapitre XXII

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Découvrez cette analyse du roman de Stendhal Le Rouge et Noir sur la 1er partie, chapitre XXII.

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Stendhal  Le Rouge et le Noir  I° partie, Chapitre XXII : Façons d'agir en 1830 Introduction Rappel du titre, du soustitre :Le Rouge et le Noir, Chronique de 1830 Ils révèlent l'intention de Stendhal d'écrire un roman d'analyse ancré dans une situation historique et sociale déterminée. Bref résumé :Préceptorat dans la famille de Rênal, liaison avec Mme de Rênal, bonheur goûté à Vergy, loin de la société, mais compromis par des lettres anonymes sans doute de la main de Valenod, séparation prudente et retour à Verrières, tentatives de Valenod, d'enlever le savant et célèbre précepteur à son rival Composition de cet extrait  une présentation satirique qui révèle les premières impressions  un dîner insoutenable pour Julien qui le confirme dans son mépris Thèmes d'étude : la satire de la famille bourgeoisie étroitement liée au regard de Julien, à ses sentiments, à sa prise de conscience. I° partie  La satire du monde bourgeois Elle repose d'abord sur un portrait en mouvement des personnages : de l'extérieur vers l'intérieur, du physique au comportements et aux propos, de la description à la saynète. Elle paraît nettement organisée avec un effet de gradation 1 § pour Monsieur 1°/ Fausse respectabilité :termes, lourdeur volontaire de la structure avec la cascade desexagération ironique des compléments de nom :dans le cabinet de travail de M. le directeur du dépôt 2°/ Etalage de la richesse,du mauvais goût, fatuité du personnage : des hyperboles ironiques :et une antithèseétalant une importance au milieu d'une foule de cartons accumulation d'adjectifsinsistant sur la grosseur, le mauvais goût : gros favoris, énorme quantité de cheveux, sa pipe immense, les grosses chaînes d'or des précisions destructrices : placé de travers, croisées en tous sens, tout cet appareil, financier de province, qui se croit homme àbonnes fortunes.(ridicule du Don Juan de village) 1 § pour Madame 1/ Un cérémonial plaquée=> une société bourgeoise qui singe l'aristocratie Phrases hyperboliques et déplacées, ironiques :l'honneur d'être présenté  ne pouvait recevoir Parodie cocasse de situation : la toilette de Monsieur ! (cf la toilette du roi et le faux honneur des courtisans) Terme ironique :pour cette grande cérémonie! 2/ Une destruction féroce du personnage Ambiguïté des termes :l'une des plus considérables de Verrières(moral/social/physique ?) Antithèse cocasse entre "était à sa toilette " du début et l'aspect masculin, grossier qui rapproche donc les époux. "une grosse figure d'homme" la connotation fortement péjorative : mettre "du rouge", le partitif "du" étalage dans la quantité et vulgarité dans la couleur criarde. Le désir de paraître d'une mauvaise comédienne (outrance des attitudes, du langage) qui lui présenta ses enfants les larmes aux yeux//verbedéploy[er]+ le terme péjoratif depathos 3°/ La terrible comparaison avec la femme aimée 1 § pour la maison et la visite Une maison, miroir des habitants : LeOn la lui fit visitertraduit l'empressement à montrer sa richesse Hyperbole de tout y était + liaison ironique (presque un oxymore)magnifique et neuf :richesse récente de parvenus Absence totale d'éducation, goujaterie de ces parvenus :et on lui disait le prix de chaque meuble 1 § pour les invités La composition sociale est révélatrice des pouvoirs en place dans la petite ville de Verrières : l'administration fiscale :Le percepteur des contributions, l'homme des impositions indirectes l'ordre et les forces de répression :l'officier de gendarmerie le reste de l'administration :deux ou trois autres fonctionnaires publics les personnalités influentes :quelques libéraux riches + présence du directeur de la maison de dépôt + place insignifiante des femmes rejetées à la fin, simples accompagnatrices en représentation :avec leurs femmes Ils représentent les forces et appuis nécessaires à Valenod pour enlever la mairie. Conclusion partielle Tout est vu, senti par le regard, la sensibilité de Julien, par comparaison avec l'univers des Rênal. La mitoyenneté des cellules et de la salle à manger est symbolique : elle révèle l'origine odieuse pour Julien de la fortune des Valenod et va être constamment exploitée dans la seconde partie de l'extrait.
II° partie : l'apprentissage de Julien : sous la pression des faits, du décor, des personnages 1°/ Indisposition initiale : lucidité, ironie, regard critique de la 1ère partie  Indigné d'abord par le procédé des lettres anonymes, Julien ne peut que détruire par avance le respect qu'essaie d'imposer Valenod Il est au départ dans une situation d'attente (infériorité ?), il n'a que des préventions contre les Valenod : Julien trouva plus respectueux de se présenter dès midi et demi  Structure révélatrice du 1er § Antithèse entre la mise en scène de l'imposant Valenod et les pensées de Julien DEBUTil ne songeait qu'aux moyens de lui donner une volée de coups de bâton, FINil n'en pensait que plus aux coups de bâton qu'il lui devait  Transformé en visiteurobjet, Julien perçoit larichesse volée  Progression par comparaison avec l'univers des de Rênal :Julien pensait à Mme de Rênal  Répulsion profonde en conclusion de la 1ère partie Mais Julien y trouvait quelque chose d'ignoble et qui sentait l'argent volé l'adjectifignoblesuggère son profond dégoût. le verbetrouvaitpas encore une profonde prise de consciencen'indique  Conclusion partielle avant le début du repas : Julien estfort mal disposé 2°/ Une situation symbolique : un personnage entre deux mondes la salleàmanger et les parvenus profiteurs et hypocrites de l'autre côté du mur :la misère et les victimes 3°/ Gradation et structure répétitive lors du dîner Les reclus:de l'imagination à la réalité Julien, d'emblée, est écoeuré par ce luxe de mauvais goût, imagine la situation despauvres détenus, affamés par le Valenod,sur la portion de viande desquels on avait peutêtre grivelé pour acheter tout ce luxe de mauvais goût dont on voulait l'étourdir. Ledont on voulait l'étourdirrévèle à la fois la vanité des Valenod et la lucidité de Julien Il a ensuite la triste confirmation de la tyrannie exercée par Valenod :j'ai fait imposer silence aux gueux. Les chansons: populaire et royaliste Si la chanson populaire est "un peu ignoble", Julien n'a pas le sentiment d'appartenir à ce monde perdu de la misère), la chanson royaliste est autant dévalorisée par ceux qui l'entonnent, la reprennent : elle n'est qu'untapage. La chanson comme symbole du bonheurL'empêcher de chanter ! 4°/ Comment raconter l'évolution psychologique (diversité des moyens) Du dégoût, de la pitié à l'indignation grandiloquente, mais contenue dans un monologue intérieur L'hypocrisie impossible Face à la vanité de Valenodtriomphant: antithèse entre les manières et le coeur La nourriture et le vin du Rhin, le verre vert, symboles de la richesse volée, du masque, de l'hypocrisie L'absence d'appétit et les larmes : la sensibilité et la vérité force de l'expressionil lui fut absolument impossible=> une nature encore pure Dans cet univers les valeurs sont inversées : Par bonheur, personne ne remarqua son attendrissement de mauvais ton(apparence) antithèse plus loin entregorges de viandesetmisérable pitance, Monologue intérieur et prise de conscience (Dédoublement traditionnel conscience / tu ) L'anticipation de la destinée : nettement dévalorisée (sale fortunecette compagnie, etc.) La fin des illusions de jeunesse : le succès idéal, vertueux, par l'aventure glorieuse des armes, symbolisée par l'aventure napoléonienne, est assuré désormais par la bassesse, le vol et la corruption L'intrusion nécessaire selon le narrateur pour comprendre le personnage Déjà préparée par les indications du narrateur sur l'évolution de son personnage: Ce mot fut trop fort pour Julien ; il avait les manières, mais non pas encore le coeur de son état. Malgré toute son hypocrisie si souvent exercée, Intrusion directe et surprenante à la 1ère personne Un jeu subtil : la condamnation qui  accuse le personnage defaiblesse,  ironise (serait digne,conspirateurs à gants jaunes) sur l'idéalisme vertueux, révolutionnaire de J.  entraîne le lecteur à réfléchir sur son comportement, sur le sien propre dans une telle situation. Cette accusation estelle sincère ?