Etude intégrale du Misanthrope

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Séquence 3 : Molière, Le Misanthrope, Etude intégrale Introduction : Parmi les comédies de Molière, Le Misanthrope est sans doute la pièce qui a suscité le plus d'interprétations, souvent contradictoires. Sa structure respecte cependant les règles du genre les unités sont appliquées, la pièce se déroule sur cinq actes ; elle est écrite en alexandrins. A la différence de nombreuses pièces de Molière, presque tous les personnages ont un rôle important, même si celui d'Alceste et de Célimène est ffoonnddaammeennttaall.. Résumé du Misanthrope : Acte 1 : Dans le salon de Célimène, Alceste, le misanthrope, reproche à son ami Philinte sa complaisance et l'amabilité artificielle qu'il témoigne à tous ceux qu'il rencontre. Il plaide pour une sincérité absolue en toutes cciirrccoonnssttaanncceess eett ccrriittiiqquuee aavveecc vvééhhéémmeennccee ll''hhyyppooccrriissiiee eett lleess ppoolliitteesssseess iinnttéérreessssééeess.. CCee ccoommbbaatt ddaannss lleeqquueell iill ss''iinnvveessttiitt,, eett qquu''iill aa ttoouutteess lleess cchhaanncceess ddee mmeenneerr eenn vvaaiinn,, lluuii vvaauutt dd''éépprroouuvveerr uunnee ggrraannddee hhaaiinnee ppoouurr ll''hhuummaanniittéé.. Philinte s ’étonne, qu'avec de tels principes, son ami puisse aimer la coquette Célimène. Sincère jusqu'au bout, Alceste avoue à son ami qu'il vient justement trouver Célimène pour avoir avec elle une discussion décisive.

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Publié le 25 septembre 2013
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Séquence 3 : Molière, Le Misanthrope, Etude intégrale

Introduction :
Parmi les comédies de Molière, Le Misanthrope est sans doute la pièce qui a suscité le plus
d'interprétations, souvent contradictoires. Sa structure respecte cependant les règles du genre les unités sont
appliquées, la pièce se déroule sur cinq actes ; elle est écrite en alexandrins. A la différence de nombreuses pièces
de Molière, presque tous les personnages ont un rôle important, même si celui d'Alceste et de Célimène est
ffoonnddaammeennttaall..

Résumé du Misanthrope :

Acte 1 :
Dans le salon de Célimène, Alceste, le misanthrope, reproche à son ami Philinte sa complaisance et
l'amabilité artificielle qu'il témoigne à tous ceux qu'il rencontre. Il plaide pour une sincérité absolue en toutes
cciirrccoonnssttaanncceess eett ccrriittiiqquuee aavveecc vvééhhéémmeennccee ll''hhyyppooccrriissiiee eett lleess ppoolliitteesssseess iinnttéérreessssééeess.. CCee ccoommbbaatt ddaannss lleeqquueell iill
ss''iinnvveessttiitt,, eett qquu''iill aa ttoouutteess lleess cchhaanncceess ddee mmeenneerr eenn vvaaiinn,, lluuii vvaauutt dd''éépprroouuvveerr uunnee ggrraannddee hhaaiinnee ppoouurr ll''hhuummaanniittéé..
Philinte s ’étonne, qu'avec de tels principes, son ami puisse aimer la coquette Célimène. Sincère jusqu'au bout,
Alceste avoue à son ami qu'il vient justement trouver Célimène pour avoir avec elle une discussion décisive. Surgit
alors Oronte, un gentilhomme vaniteux venu consulter Alceste sur un sonnet dont il est l'auteur. Alceste se retient
autant qu'il peut, mais après quelques tergiversations, il s'exprime avec une franchise brutale : ce sonnet ne vaut
rien. Les deux hommes se fâchent.


Acte 2 :
Alceste a un entretien houleux avec Célimène. Il lui reproche d'avoir de trop nombreux prétendants.
Célimène l'assure de son amour mais Alceste fait une crise de jalousie. Froissée, la jeune femme coupe court à
l'entretien. Un valet annonce l'arrivée d'Acaste et de Clitandre, deux "petits marquis". Leurs médisances inspirent
Célimène qui dresse avec brio et cruauté un portrait très drôle de plusieurs absents. Ce qui lui vaut un certain
ssuuccccèèss aauupprrèèss ddee sseess vviissiitteeuurrss.. AAllcceessttee rreepprroocchhee àà cceess ddeeuuxx iimmppoorrttuunnss ddee ffllaatttteerr ll''hhuummeeuurr rraaiilllleeuussee ddee CCéélliimmèènnee,,
et se couvre de ridicule. Il est bien décidé à attendre le départ de ces marquis, mais un garde fait son apparition :
la querelle avec Oronte s'envenime, Alceste est convoqué au tribunal des maréchaux.


Acte 3 :
Acaste se montre très satisfait de lui et confie à Clitandre la fierté qu'il éprouve de se sentir autant aimé Acaste se montre très satisfait de lui et confie à Clitandre la fierté qu'il éprouve de se sentir autant aimé
ppaarr CCéélliimmèènnee.. IIllss ssee ddééccoouuvvrreenntt rriivvaauuxx aauupprrèèss ddee CCéélliimmèènnee eett ttoouuss ddeeuuxx ssoonntt ccoonnvvaaiinnccuuss ddee ppoouuvvooiirr eenn aappppoorrtteerr
rapidement la preuve. Ils s'engagent à être loyaux : celui qui le premier obtiendra une preuve décisive pourra
exiger de l'autre qu'il se retire de la compétition. Célimène revient et on la prévient de l'arrivée de la prude
Arsinoé. Avec une complicité faussement charitable, elle informe Célimène, de la fâcheuse réputation que suscite
sa coquetterie. Célimène lui répond sur le même ton, en lui indiquant que sa pruderie et son austérité ne sont guère
appréciées. Piquée au vif, Arsinoé bat en retraite et profite d'un tête-à-tête avec Alceste, qu'elle aime en secret,
pour le détourner de sa rivale : elle lui promet de lui apporter la preuve de la trahison de la jeune femme. pour le détourner de sa rivale : elle lui promet de lui apporter la preuve de la trahison de la jeune femme.


Acte 4 :
Eliante, cousine de Célimène, et Philinte discutent d'Alceste et évoquent son singulier caractère. Eliante
avoue à Philinte qu'elle aime Alceste et Philinte lui avoue, que tout en respectant les sentiments qu'elle éprouve
pour son ami, il espère qu'un jour elle l'aimera comme lui l'aime. Alceste, de son côté, est révolté par une lettre que
CCéélliimmèènnee aa aaddrreessssééee àà OOrroonnttee eett qquu''AArrssiinnooéé lluuii aa mmoonnttrrééee.. SSee ccrrooyyaanntt ttrraahhii ppaarr cceellllee qquu''iill aaiimmee,, iill ssee ttoouurrnnee vveerrss
Eliante et lui demande de l'épouser. Célimène parait. Elle subit les plaintes de son amant qui l'accuse de trahison Eliante et lui demande de l'épouser. Célimène parait. Elle subit les plaintes de son amant qui l'accuse de trahison
mais parvient à retourner la situation à son avantage. La colère d'Alceste finit en déclaration d'amour. Leur
réconciliation est interrompue par un valet qui vient chercher Alceste de toute urgence et l'informe des
conséquences fâcheuses de son procès. Réf : p.1, texte 7


AAccttee 55 ::
Alors qu'il avait toutes les raisons de gagner son procès, Alceste l'a perdu. Cette fois, il décide de renoncer définitivement à la compagnie des hommes et souhaite avoir une dernière entrevue avec Célimène.
Apparaissent Oronte et Célimène. Alceste se joint à son rival pour exiger de la jeune femme qu'elle choisisse entre
eeuuxx ddeeuuxx.. PPuuiiss cc''eesstt aauu ttoouurr dd''AAccaassttee eett ddee CClliittaannddrree,, aaccccoommppaaggnnééss dd''AArrssiinnooéé.. IIllss ssee ssoonntt mmoonnttrrééss àà lliirree llaa lleettttrree
qu'ils ont chacun reçu de Célimène où elle se moque tour à tour de chacun d'eux. La lecture de ces lettres confond
Célimène. Clitandre, Acaste et Oronte se retirent en l'accablant de leur mépris. Alceste, lui, accepte de lui
pardonner, à condition qu'elle s'engage à le suivre, hors du monde. Célimène refuse. Alceste part seul, non sans
avoir approuvé l'union d'Eliante et de Philinte.




Séquence 3 : Le Misanthrope, Acte I, Scène 1

L'acte 1 comprend trois scènes qui présentent trois personnages
On y voit Alceste confronté aux valeurs de la politesse

Texte :
il faut fléchir au temps sans obstination ;
et c'est une folie à nulle autre seconde
La progression du dialogue, à partir, notamment, de vouloir se mêler de corriger le monde.
des tirades : J' observe, comme vous, cent choses tous les jours,
160 qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ;
mais quoi qu' à chaque pas je puisse voir paraître, Vers 118 – 144
en courroux, comme vous, on ne me voit point être ;
je prends tout doucement les hommes comme ils sont, Alceste.
j'accoutume mon âme à souffrir ce qu' ils font ; Non : elle est générale, et je hais tous les hommes : 165 et je crois qu' à la cour, de même qu'à la ville, les uns, parce qu' ils sont méchants et malfaisants,
mon flegme est philosophe autant que votre bile. 120 et les autres, pour être aux méchants complaisants,
et n' avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
Vers 205 – 224 que doit donner le vice aux âmes vertueuses.
De cette complaisance on voit l’injuste excès
Philinte. pour le franc scélérat avec qui j’ai procès :
Mais cette rectitude 125 au travers de son masque on voit à plein le traître ;
que vous voulez en tout avec exactitude, partout il est connu pour tout ce qu' il peut être ;
cette pleine droiture, où vous vous renfermez, et ses roulements d'yeux et son ton radouci
la trouvez-vous ici dans ce que vous aimez ? n' imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici.
Je m’étonne, pour moi, qu’étant, comme il le semble, On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde, 210
130 vous et le genre humain si fort brouillés ensemble, par de sales emplois s' est poussé dans le monde,
malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux, et que par eux son sort de splendeur revêtu
vous ayez pris chez lui ce qui charme vos yeux ; fait gronder le mérite et rougir la vertu.
et ce qui me surprend encore davantage, Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne,
c'est cet étrange choix où votre coeur s'engage. 215 son misérable honneur ne voit pour lui personne ;
135 La sincère Eliante a du penchant pour vous, nommez-le fourbe, infâme et scélérat maudit,
la prude Arsinoé vous voit d' un oeil fort doux : tout le monde en convient, et nul n' y contredit.
cependant à leurs voeux votre âme se refuse, Cependant sa grimace est partout bienvenue :
tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, on l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ;
de qui l' humeur coquette et l'esprit médisant 220 et s'il est, par la brigue, un rang à disputer,
semblent si fort donner dans les moeurs d'à présent. sur le plus honnête homme on le voit l'emporter. 140
D' où vient que, leur portant une haine mortelle, Têtebleu ! Ce me sont de mortelles blessures,
vous pouvez bien souffrir ce qu' en tient cette belle ? de voir qu'avec le vice on garde des mesures ;
Ne sont-ce plus défauts dans un objet si doux ? et parfois il me prend des mouvements soudains
Ne les voyez-vous pas, ou les excusez-vous ? de fuir dans un désert l'approche des humains.

Vers 225 - 234 Vers 145 – 165

Alceste. Philinte.
225 145 Mon Dieu, des moeurs du temps mettons-nous moins en peine, Non, l’amour que je sens pour cette jeune veuve
ne ferme point mes yeux aux défauts qu’on lui treuve, et faisons un peu grâce à la nature humaine ;
et je suis, quelque ardeur qu' elle m' ait pu donner, ne l' examinons point dans la grande rigueur,
le premier à les voir, comme à les condamner. et voyons ses défauts avec quelque douceur.
Mais, avec tout cela, quoi que je puisse faire, Il faut, parmi le monde, une vertu traitable ; 230
150 je confesse mon faible, elle a l' art de me plaire : à force de sagesse, on peut être blâmable ;
j'ai beau voir ses défauts, et j'ai beau l'en blâmer, la parfaite raison fuit toute extrémité,
en dépit qu' on en ait, elle se fait aimer ; et veut que l'on soit sage avec sobriété.
sa grâce est la plus forte ; et sans doute ma flamme Cette grande roideur des vertus des vieux âges
de ces vices du temps pourra purger son âme.heurte trop notre siècle et les communs usages ;
155 elle veut aux mortels trop de perfection : Réf : p.2, texte 7
Auteur : Molière : Voir texte 4, Seq2

SSccèènnee 11 ::

La pièce s'ouvre sur une scène très longue construite autour d'un débat qui oppose deux systèmes de
valeurs. Alceste reproche à Philinte sa mondanité et son manque de franchise ; puis il s'attaque aux hypocrisies de
la politesse. Philinte estime que la vie en société demande certains sacrifices. Il s'étonne de l'inconséquence
d'Alceste, qui est amoureux de la coquette Célimène, et s'inquiète de son attitude dans le procès qu'il risque de
perdre, en ne « sollicitant » aucun juge.
CCeettttee ssccèènnee dd''eexxppoossiittiioonn nnoouuss aappppoorrttee ddee ffaaççoonn aanniimmééee eett vviivvaannttee uunn cceerrttaaiinn nnoommbbrree dd''iinnffoorrmmaattiioonnss ttoouutt eenn nnoouuss
présentant deux personnages principaux. Remarquez, au tout début, à quel mot réagit Alceste qui se met alors à
parler plus longuement : « ami ».

En raison de la longueur de cette scène d'ouverture, il est bon d'en avoir une vue d'ensemble puis d'en analyser
quelques passages caractéristiques. Relevez notamment quelques tirades où s'affirment les arguments des
personnages : vers 14 à 28 : Amitié personnages : vers 14 à 28 : Amitié
4411 àà 6644 :: AAmmiittiiéé hhyyppooccrriissiiee
118 à 144 : Haine des hommes
145 à 166 : Leçon de sagesse.


On peut distinguer trois étapes dans cette longue scène de 250 vers :
-- UUnnee pphhaassee ooùù lleess ppeerrssoonnnnaaggeess ss''aabboorrddeenntt :: PPeettiitt àà ppeettiitt,, lleess ddeeuuxx iinntteerrllooccuutteeuurrss eennttrreenntt ddaannss uunn ddéébbaatt ddee
fond sur les concessions à faire aux conventions de la politesse mondaine. Alceste expose sa misanthropie avec fond sur les concessions à faire aux conventions de la politesse mondaine. Alceste expose sa misanthropie avec
vigueur, Philinte prenant le parti de la raillerie, soulignant le ridicule de cette attitude excessive. Alceste
restant sur ses positions, le dialogue est à la fois relancé et bloqué : Les vers 69-72 répètent les vers 35-36,
et, contrairement à la seconde intervention de Philinte, celle d'Alceste, la seconde fois, est deux fois
plus longue.
On remarque, dans cette partie, un schéma double dans l'argumentation : Les personnages passent du petit
ffaaiitt vvrraaii,, dduu ccaass pprréécciiss eett ccoonnccrreett àà ll''aaffffiirrmmaattiioonn ddee pprriinncciippeess dd''uunnee ppaarrtt;; dd''aauuttrree ppaarrtt,, oonn ppaassssee ddee ccoonnssttaattss
de Philinte aux hyperboles d'Alceste.
Cette étape s'achève sur une tirade importante où Alceste affirme sa haine de toute l'humanité en prononçant
un véritable réquisitoire contre la société à partir du portrait de son adversaire dans le procès. (Etudiez la
violence du vocabulaire).
« haïre », « méchant », « malfaisant », « traître », « infâme »

-- CCoonnttrree--éépprreeuuvvee eett ddééffii aaddrreesssséé àà AAllcceessttee :: OOnn aa aalloorrss llaa pprreemmiièèrree ttiirraaddee ddee PPhhiilliinnttee,, ddaannss llaaqquueellllee iill
présente son argumentation de la juste mesure (« la parfaite raison fuit toute extrémité », vers 151). On
trouve ensuite un assez long passage où les répliques s'échangent en stichomythie au sujet du procès d'Alceste
qui interrompt souvent Philinte. Cette circonstance du procès est une des causes qui amènent la misanthropie
d'Alceste à son paroxysme.
L'autre raison de cette situation de crise, principale cause, est l'amour qu'Alceste éprouve pour Célimène, et
cceett éélléémmeenntt eesstt ddéévveellooppppéé ddaannss llaa ddeerrnniièèrree ééttaappee ddee llaa ccoonnvveerrssaattiioonn eennttrree lleess ddeeuuxx aammiiss :: vveerrss 220066,, 225500..

- Changement de registre et détente de la tension : Pour mettre Alceste à l'épreuve, Philinte le place, sans
raillerie cette fois, en contradiction avec lui-même ; la scène d'exposition s'achève en exposant « l'atrabilaire
amoureux ». Philinte se fait l'écho des conversations de salon, quand il pose la fameuse question à son ami, non
sans malice : vers 210.
C'est l'occasion, pour Molière, d'évoquer les trois femmes de la pièce et ce qui les caractérise chacune. Le
vveerrss 221199 eenn ddeeuuxx eexxpprreessssiioonnss ddoonnnnee llaa ddééffiinniittiioonn dduu rrôôllee ddee CCéélliimmèènnee :: hhuummeeuurr ccooqquueettttee,, eett eesspprriitt mmééddiissaanntt..
Vers 219, Alceste répond par une réplique calme et pleine de lucidité, où il se laisse aller à un aveu ;
« Sa grâce est la plus forte... »
« Mais la raison n'est pas ce qui règle l'amour »

Réf : p.3, texte 7
Bilan :
- Méthode par questions de Philinte : vers 2, 4, 12, 107, 208, 222...
-- LLoonnggss ddéévveellooppppeemmeennttss dd''AAllcceessttee,, mmiiss àà ll''éépprreeuuvvee eett qquuii aavvaaiitt ppoouurrttaanntt rreeffuusséé ddee ppaarrlleerr..
Alceste parle beaucoup : la longueur de ses tirades, le caractère répétitif de ses professions de foi et
protestations à propos des conventions de la politesse éclairent le personnage, qui aime l'éloquence, qui aime
faire des phrases, accumuler des formules. L'enflure et le gonflement de son discours ont un rôle à la fois
psychologique et dramatique. Alceste, un homme de parole(s).... qui sait construire efficacement ses
réquisitoires en utilisant habilement les ressources de la langue et même de la versification : ainsi, aux vers
43-45, où « contorsions » et « protestations » miment plaisamment les postures de la salutation.
-- MMaanniiee ddee ll''aammpplliiffiiccaattiioonn cchheezz AAllcceessttee ((hhyyppeerrbboolleess,, ddiissppoossiittiioonn eenn ccrreesscceennddoo,, rreeddoonnddaannccee,, aaccccuummuullaattiioonn,,
théâtralité du personnage par rapport à un Philinte plus flegmatique)
- Outrance du personnage donc, accompagnée de lucidité, d'un talent d'observateur qui ne perd rien du
spectacle mondain (vers 17-24. vers 43-52), et dénonce l'hypocrisie sociale, cible de Molière lui-même dans
des pièces célèbres : Tartuffe, Don Juan, les précieuses ridicules.
Lui-même jouait le rôle de Alceste, en insistant sur le ridicule du personnage pour faire rire le public à ses
dépens, ce qui n'a pas manqué de soulever des critiques : dépens, ce qui n'a pas manqué de soulever des critiques :
LLaa lleettttrree dd''AAlleemmbbeerrtt,, ddee RRoouusssseeaauu..



C'est que la folie d'Alceste le conduit nécessairement à l'excès et à la démesure, condamnant son personnage
au ridicule. Le comique mis en place ici pousse à la réflexion et ramène à la devise de la comédie : castigat
rriiddeennddoo mmoorreess
- Mise en scène : « On sait bien que les comédies ne sont faites que pour être jouées, et je ne conseille de lire
celle-ci qu'aux personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre. » C'est
Molière qui nous rappelle à cette « lecture » du texte de théâtre, et cela quelques mois avant Le Misanthrope.
Il faut ajouter à l'approche verbale du théâtre une réflexion sur le lieu, les rapports entre la parole, le geste,
le silence et s'interroger constamment sur l'aspect scénique du personnage. Le lecteur est souvent en retard
sur le spectateur, informé d'emblée, dès le lever du rideau :
PPaarr eexxeemmppllee :: -- LLee rruubbaann vveerrtt dd ’’AAllcceessttee eesstt uunn ddééttaaiill vveessttiimmeennttaaiirree qquuii nn''eesstt ddoonnnnéé qquu''àà llaa ffiinn ddee llaa ppiièèccee ((AAccttee
V, scène 4), et dont le spectateur peut s'apercevoir dès le début.
-Comment jouent les personnages dans cette première scène ? Silence durable, prostration ou
nervosité d'Alceste, attitude de Philinte, mouvements d'approche, d'éloignement, regards..., tout cela bien sûr
en relation avec la progression du dialogue, les réactions des personnages.

 Les noms des deux personnages ont une origine grecque :  Les noms des deux personnages ont une origine grecque :

 Alceste, de grec Alkestes qui signifie « champion », « combattant » : évoquant la force, le courage, la
vigueur.

 Philinte, contient la racine phil qui signifie « aimer » : c ’est l ’ami de tout le monde.