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Le capitalisme est en train de s'auto-détruire - de Marie Paul Virard et de Patrick Artus

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Cette fiche de lecture n'est pas un résumé fidèle de l'ouvrage. Elle met surtout en valeur les mécanismes essentiels qu'il décrit et qui nous permettent d'aller au-delà de ce simple constat : le capitalisme actuel n'a pas de projet et risque donc de ne pas avoir de futur. Ce présent document montre donc comment ces mécanismes, qui apparaissent comme purement techniques et inévitables, sont en fait directement liés à cette absence de futur.
Diplômé d'HEC Paris en 2007. Etudiant de la Majeure Alternative Management (2006-2007).
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Observatoire du Management Alternatif Alternative Management Observatory __ Fiche de lecture Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?Marie Paul Virard et Patrick Artus 2005
Florent Gitiaux – Février 2007 Majeure Alternative Management –– HEC Paris 20062007 Gitiaux F. – Fiche de lecture : «Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?» – Février 2007
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Genèse de la fiche de lecture Cette fiche de lecture a été réalisée dans le cadre du cours « Histoire de la critique » donné par Eve Chiapello et Ludovic François au sein de la Majeure Alternative Management, spécialité de troisième année du programme Grande Ecole d’HEC Paris. Origin of this review This review was presented in the “Histoire de la critique” course of Eve Chiapello and Ludovic François. This course is part of the “Alternative Management” specialization of the thirdyear HEC Paris business school program. Charte Ethique de l'Observatoire du Management Alternatif Les documents de l'Observatoire du Management Alternatif sont publiés sous licence Creative Commons http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/pour promouvoir l'égalité de partage des ressources intellectuelles et le libre accès aux connaissances. L'exactitude, la fiabilité et la validité des renseignements ou opinions diffusés par l'Observatoire du Management Alternatif relèvent de la responsabilité exclusive de leurs auteurs.
Gitiaux F. – Fiche de lecture : «Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?» – Février 2007
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Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ? Date de parution : 2005 Edition La Découverte, Paris. Première date de parution de l’ouvrage : 2005 Résumé : Cette fiche de lecture n’est pas un résumé fidèle de l’ouvrage. Elle met surtout en valeur les mécanismes essentiels qu’il décrit et qui nous permettent d’aller audelà de ce simple constat : le capitalisme actuel n’a pas de projet et risque donc de ne pas avoir de futur. Ce présent document montre donc comment ces mécanismes, qui apparaissent comme purement techniques et inévitables, sont en fait directement liés à cette absence de futur. Motsclés: Critiques du capitalisme et de l'entreprise Is capitalism selfdestructive? Date of publication: 2005 Edition La Découverte, Paris. Date of first publication : 2005 Abstract: This paper is not a faithful summary of the subject text. It highlights the key technologies described in the book, which enable us to go further than description. Current forms of capitalism encompass no vision of evolution which itself risks the future of capitalism. The paper suggests that these apparently unavoidable technologies are actually directly linked with this lack of future. Key words: Criticisms of capitalism and companies
Gitiaux F. – Fiche de lecture : «Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?» – Février 2007
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Table des matières 1. Les auteurs et leurs oeuvres ................................................................................................ 51.1. Patrick Artus............................................................................................................... 5 1.2. MariePaul Virard ...................................................................................................... 5 2..................................................... 6Résumé des thèses développées au sein de l’ouvrage 2.1 Plan de l’ouvrage.......................................................................................................... 6 2.2 Principales étapes du raisonnement et principales conclusions ................................... 72.2.1 Baisse des salaires et délocalisation, une fatalité ? ........................................... 7 2.2.2 Les risques cachés d’un taux de rendement à 12% ........................................... 8 2.2.3 Epargne individualisée, dérégulation et intermédiation financière, un cocktail détonnant ........................................................................................................................ 93. Commentaires critiques ..................................................................................................... 104. Bibliographie communes des auteurs ............................................................................... 11
Gitiaux F. – Fiche de lecture : «Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?» – Février 2007
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1. Les auteurs et leurs oeuvres
1.1.Patrick Artus Patrick Artus est diplômé de Polytechnique, de l’ENSAE, de Science Po… C’est un économiste qui a notamment travaillé à l’INSEE. Il est aujourd’hui directeur de la recherche et des études de la banque IXIS Corporate & Investment Bank, banque d’investissement du groupe Caisse d’Epargne. Il a écrit des livres d’économie « classiques », mais développe également depuis la seconde moitié des années 90 des réflexions sur les errements de notre fonctionnement économique actuel. 1.2.MariePaul Virard MariePaul Virard est diplômée d’HEC Jeunes Filles et de Sciences Po. Elle est journaliste et fait aujourd’hui partie du magazine « EnjeuxLes Echos », dont elle est rédactrice en chef. Ces quelques lignes biographiques annoncent le ton de l’ouvrage : il s’agit du point de vue de deux analystes qui connaissent bien le système, ne le conçoivent pas comme nécessairement mauvais mais s’inquiètent de certaines dérives actuelles.
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2.
Résumé des thèses développées au sein
de l’ouvrage
2.1 Plan de l’ouvrage
La critique essentielle que fait cet ouvrage au capitalisme est en réalité relativement courante : le capitalisme court à sa perte parce qu’il est entré dans une logique courttermiste, qui non seulement crée des inégalités sociales de plus en plus intenables mais qui de plus, en ne permettant pas la mise en œuvre de projets  y compris industriels  de moyen et de long termes, ne planifie pas l’avenir. On assiste donc à la mise en place d’un capitalisme sans projet qui cherche sans cesse à réaliser des profits plus importants, mais qui ne s’interroge pas sur l’objet du réinvestissement de ces profits.
Audelà de ce simple constat, l’intérêt de cet ouvrage réside avant tout dans l’analyse de mécanismes nouveaux, dont certains apparaissent sans lien avec le phénomène décrit précedemment, mais qui pourtant l’alimentent et mettent en exergue les potentielles conséquences négatives à venir.
Les aspects analysés étant très divers et parfois peu liés les uns aux autres, cette fiche se concentre sur 3 aspects spécifiques du phénomène qui apparaissent particulièrement intéressants :
1. Baisse des salaires et délocalisations sontils la seule issue pour affronter la nouvelle concurrence des pays émergents ?
2. Une entreprise peut elle proposer en permanence 12% de rendement sur capital investi dans des sociétés dont la croissance est, au mieux, entre 3 et 4%, sans prendre de risques « cachés » ?
3. Quels sont les impacts du développement parallèle de l’épargne individualisée et des intermédiaires financiers ?
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 2.2 Principales étapes du raisonnement et principales conclusions
2.2.1 Baisse des salaires et délocalisation, une fatalité ?
La pression à la baisse sur les salaires est aujourd’hui très forte. Les entreprises arguent en effet du fait qu’elles ne peuvent pas être compétitives si elles continuent à produire en France, où le coût horaire est trente fois supérieur au coût horaire en Chine. Elles déclarent ainsi préférer ne pas créer de nouveaux emplois  voire en détruire en France pour aller produire dans des pays à faible coût de production. Ce ne sont en fait pas les délocalisations effectives qui ont un effet significatif sur l’emploi : une étude de l’INSEE montre que les délocalisations – qui ont amené les entreprises françaises à réduire leur niveau d’emploi en France n’ont eu comme conséquence « que » la perte de 13 500 emplois par an sur la période 1995 – 2001. En réalité, la principale conséquence de ces délocalisations est la pression qu’elles induisent sur les salaires : la potentialité d’une délocalisation facilite nettement les négociations salariales pour les employeurs, comme l’illustrent des accords comme celui de Siemens  qui a obtenu un retour de 35 à 40 heures sans augmentation de salaire par menace de délocalisation en Hongrie. Cette pression apparaît donc bénéfique pour les entreprises, puisqu’elle leur permet de réduire leurs coûts de production. Cependant, elle entraîne également une baisse du pouvoir d’achat de leurs employés et donc de leurs clients. Dans des économies comme celles des pays du Nord aujourd’hui, où la croissance est essentiellement tirée par la demande, cela peut poser des difficultés. Alors pourquoi ne pas essayer de réaugmenter les salaires ? Le risque d’inflation que cela pourrait générer n’est pas, a priori, l’obstacle majeur : l’inflation étant à un niveau très bas depuis plus d’une décennie, la marge de manœuvre est réelle. Les entreprises ne perçoivent en réalité pas forcément les apports bénéfiques d’une hausse de salaire. En effet, pour reprendre le raisonnement exposé cidessus, une remontée des salaires se répercute bien, en partie, sur la consommation le reste étant épargné, mais cette répercussion concerne essentiellement la consommation de produits importés. En effet, les Français utilisent principalement leurs surplus de revenu pour acheter des produits électroniques (ordinateurs, écrans plats, mobiles…) dont la production se fait pour l’essentiel dans les pays à bas coût de production.
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Les auteurs concluent donc cette partie en rappelant que, pour que la boucle hausse des salaires = hausse de la consommation = hausse des emplois créés en France = diminution de la pression à la baisse sur les salaires fonctionne, il faut avant tout que l’investissement sur la recherche et l’innovation ainsi que sur l’adaptation des compétences par la formation continue se développe. Ils prennent notamment comme exemple des pays comme la Suède, où un effort de R&D soutenu a permis de créer des emplois non délocalisables, que les entreprises sont donc prêtes à mieux rémunérer.
2.2.2 Les risques cachés d’un taux de rendement à 12%
Cet ouvrage développe également une autre thèse importante : pour une grande entreprise qui fait partie d’une économie où la croissance moyenne annuelle est inférieure à 3%, proposer un retour sur investissement de 12% ne peut se faire qu’en dissimulant certains risques majeurs. Les auteurs retracent les scandales du type Enron en montrant que ces exigences de rentabilité, en décalage avec la réalité économique, induisent des dissimulations  malhonnêtes ou non  destinées à présenter l’entreprise sous un aspect acceptable pour les investisseurs. Cette exigence entraîne notamment des risques en ce qui concerne les choix stratégiques de l’entreprise. Les dirigeants vont préférer se concentrer sur les activités atteignant le taux de rentabilité de 12% à un instant t et céder les autres activités moins rentables : ce mouvement suscite la création d’entreprises aujourd’hui plus rentables mais dont le niveau de risque augmente, car elles dépendent de la bonne santé d’un nombre plus restreints d’activités Cependant les financiers ne sont pas enclins à abandonner cette exigence car, si les entreprises sont en concurrence pour attirer leurs capitaux, les financiers  ou plus précisément les intermédiaires de gestion de fonds  sont euxmêmes en concurrence et doivent proposer des rendements supérieurs aux autres. Ce mécanisme pose donc problème.
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2.2.3 Epargne individualisée, dérégulation et intermédiation financière, un cocktail détonnant
Un des changements majeurs concernant le financement des entreprises et la gestion de l’épargne a en effet été la dérégulation financière des années 70/80. Elle a favorisé un accès simplifié aux places boursières et les a considérablement développées, en amenant les entreprises à délaisser le financement par emprunt auprès des banques  accusées d’être trop frileuses  et à se tourner de plus en plus vers le financement par augmentation de capitaux propres. Cette mutation a modifié le contrôle exercé par les actionnaires sur les entreprises. Pour shématiser : on passe de banques qui possèdent des parts importantes de capital dans les entreprises, et qui sont donc impliquées dans la gestion de cellesci (afin de percevoir des rendements qui rémunéreront leurs propres clients) à des intermédiaires financiers (gestionnaires de fonds, voire de fonds de fonds…) qui n’ont pas d’autres relations avec le client final que la gestion de son épargne. Ils ne proposent pas de services autres, tels que la gestion de comptes courants, de moyens de paiements, de crédits  gestion assurée par les banques  et ne se distinguent donc que par leur capacité à assurer un rendement élevé. Cet objectif à atteindre explique le comportement de ces intermédiaires : les parts prises dans les entreprises via les marchés boursiers étant liquides, l’essentiel n’est pas de suivre la gestion de ces dernières pour en tirer des dividendes annuels élevés, mais d’anticiper les variations, à la hausse comme à la baisse, et d’acheter ou de vendre. Cet ouvrage ne retrace pas l’historique de la désintermédiation financière, mais en pointe les conséquences : ce manque d’implication des gestionnaires de fonds dans la gouvernance des entreprises participe de ce capitalisme sans projet qui risque de s’auto détruire. En effet, les gestionnaires de fonds sont davantage intéressés par le rendement de l’entreprise que par le projet industriel envisagé par les dirigeants. Cet ouvrage présente donc une vision relativement sombre des investisseurs qu’il convient de nuancer : ainsi certains fonds de pension comme Calpers en Californie s’impliquent de plus en plus dans la gestion sur le long terme des organisations dans lesquelles ils investissent.
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3. Commentaires critiques
Cet ouvrage reprend des thèses qui sont, pour la plupart, assez courantes. Cependant son intérêt est de les réunir et ainsi de mettre en évidence, par l’analyse de plusieurs facettes du capitalisme (consommation, salaires, gouvernance, investissement, régulation et auto régulation…), un constat global, argumenté et accessible à des nonspécialistes : nous vivons dans un système économique dont la forme actuelle, loin d’être inéluctable, est relativement récente et que de nombreux acteurs ont intérêt à faire évoluer  y compris ceux qui semblent aujourd’hui y trouver le plus d’avantages, à savoir les actionnaires.
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4. Bibliographie commune des auteurs
 Artus P., Virard MP. (2004) La France peut se ressaisir, Paris, Economica P., Virard MP. (2005) Le capitalisme estil en train de s’autodétruire ?, Paris, Artus Editions La Découverte  Artus P., Virard MP. (2006) Comment avonsnous ruiné nos enfants ? , Paris, Editions La Découverte
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