Le Mariage de Figaro - analyse de l'Acte III scène 15

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Le Mariage de Figaro Acte III, scène 15 La cinquième scène de l’acte III est la scène centrale du Mariage de Figaro, c’est elle qui déterminera la suite de l’action. Figaro est ici engagé dans un procès contre Marceline qui réclame en vertu d’un papier anciennement signé d’épouser celui-ci. La tonalité est ici comique et satirique.

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Publié le 26 septembre 2013
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Langue Français
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Le Mariage de Figaro
Acte III, scène 15

La cinquième scène de l’acte III est la scène centrale du Mariage de Figaro, c’est elle qui déterminera la suite de
l’action. Figaro est ici engagé dans un procès contre Marceline qui réclame en vertu d’un papier anciennement
signé d’épouser celui-ci. La tonalité est ici comique et satirique. Au cours d’une étude thématique nous verrons
comment ce procès comique permet d’annoncer une critique de la justice.

I/ Une scène comique

1) Les procédés comiques

 L’onomastique
- Double-Main  qui prend des deux mains = vénalité : sans scrupule
- Brid’oison : cf Rabelais au début de Pantagruel
 oiseau bridé : juge médiocre
Bégaiement ridicule : « Qu’oppo… qu’oppo-osez-vous à cette lecture » (l.69-70)

 Le comportement de l’huissier
 Didascalie tout au long de la pièce : « glapissant », dit sans cesse : « silence »

2) Les éléments comiques

 Une situation comique
- La situation originale et inattendue : Marceline est beaucoup plus vieille que Figaro
- Figaro est embarrassé : il doit utiliser ses talents d’orateur
- Situation tendue : vengeance pour Bartholo (cf : Le Barbier de Séville)

 Le jeu des Et/Ou
- ET : Bartholo favorable au remboursement de la dette et au mariage
- Ou : par Figaro qui veut bien rembourser Marceline mais pas l’épouser
- Enfin Où soutenu par Bartholo : « château où je l’épouserai » (l.107)

 Le langage
- Différence de vocabulaire : Bartholo utilise le mot « demoiselle » (l.90), Figaro dit « donzelle » (l.93)
 Les répliques ont la même structure
- « copulative….corrélatifs » (l..89-90)  connotation sexuelle

 La nature des exemples
- Bartholo : « vous vous ferez saigner dans ce lit où vous resterez chaudement » (l.104)
- Figaro : « ou la maladie vous tuera ou ce sera le médecin » (l.110)
- « ou vous n’écrirez rien qui plaise ou les sots vous dénigreront »  allusion aux difficultés rencontrées par
Beaumarchais
transition : Si les exemples sont incongrus et contribuent au comique du passage ils servent également à établir
une critique sociale.

I/ Une critique sociale et une satire de la justice

1) Critique sociale

 Critique de la médecine
- Beaumarchais remet en cause l’application médicale : une saignée n’a pas d’utilité
- Emploi du futur : tuera…ou…sera  donne de l’importance à la critique
- Figaro donne de l’importance à la nature du ou : « ou bien » = soit l’un soit l’autre

 Critique de la société
Figaro parle des sots : assimilation à toute la société
 Critique de la société pervertie + besoin pour les auteurs de plaire
2) Satire de la justice

 Des personnages intéressés et hypocrites
- Bartholo ne voit que sont propre intérêt : vengeance
Il grandit le procès
La falsification de documents rappelle le procès Goëzman (accusé de falsification)
- Le comte est le seul décideur (pas de jury) + il est corrompu
- Double-Main a acheté son titre : il est incompétent
Il est au courant de pratiques douteuses : falsification de documents

 La nature de la querelle
Elle porte sur une « pâ-âté » sur le document et sur une question de syntaxe

 La présence de Figaro
- Figaro est le seul à être honnête dans le procès et c’est lui qui en sort vainqueur
- « malice, erreur ou distraction » : gradation de l’erreur volontaire à l’erreur involontaire
 Figaro semble plus sur du mot malice
- « a pédant, pédant et demi »  Figaro montre qu’il n’est pas dupe et donne une bonne leçon à ses
adversaires en assurant seul sa défense.

Par le biais d’une scène comique et fort bien organisée, Beaumarchais parvient à créer une atmosphère propice
au développement de sa critique. Figaro semble ici au sommet de son art : il est fort, perspicace malin et sûr de
lui. Il semble contrôler l’intrigue mais se doute-t-il des projets de la comtesse et de Suzanne ?