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De l'origine du langage d'après la Genèse

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feecker, Louis de De^ l'origine du langage d'après la Genèse V os 1)3 PURCHASED FOR THE UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY FROM THE CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT FOR LINGUISTICS DE L'ORIGINE LANGAGE D'APRÈS LA GENÈSE PÂB I.ouïs DE BACKER -0-0-0-3- PARIS ERNEST THORIN, LIERAIRE-ÉDITEL II RUE DE MÉDICIS, 77, 18G9 p 83 JUL 281 "*^. — IMP. DK F. RE:iOB,aEiCJKMCY. DE L'ORIGINE DU LANGAGE Lortque la Genèse nous faitassister à la création de l'homme, nous le voyons apparaître sur la scène du monde dans toute la force de la virilité et en possession de la plénitude de son intel- ligence Dieu, dit le texte hébraïque, créa l'homme à son(1). « L'homme fut créé clans un état parfait, plein de \ie et capable défaire(1) «toutes les fondions, propres à sa nature. Le Clialdéen traduit : et fuit « spiRiTUM LoQUKNTEM il fiit c'est-à-dire, ilHOMO IN ; fait un csprit parlant, —« reçut 1 esprit et la parole, » Commentaire littéral sur tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament, parle R. P. D. Aucjustin Calmet, religieux 3"2.bénédictin, in-folio 1724. Toni. I, 31 etpp. « riioinme perfections (jui appartiennentDieu avuit créé avec toutes les i « sa nature... « Traité des langues, par M. Frain du Tremblay, in-32, 1709, 18.p. « mais le premier enfant a eu unLe premier homme n'a jamais été enfant, f;GAr.E4 image et il souffla sur son visage un souffle de vie, et(2), l'homme devint une âme vivante Le texte chaldéen ajoute :(3) « Et il fut fait un esprit parlant.

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feecker, Louis de
De^ l'origine du langage
d'après la Genèse
V
os
1)3PURCHASED FOR THE
UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY
FROM THE
CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT
FOR
LINGUISTICSDE L'ORIGINE
LANGAGE
D'APRÈS LA GENÈSE
PÂB
I.ouïs DE BACKER
-0-0-0-3-
PARIS
ERNEST THORIN, LIERAIRE-ÉDITEL II
RUE DE MÉDICIS, 77,
18G9p
83
JUL 281
"*^.
— IMP. DK F. RE:iOB,aEiCJKMCY.DE L'ORIGINE DU LANGAGE
Lortque la Genèse nous faitassister à la création de l'homme,
nous le voyons apparaître sur la scène du monde dans toute la
force de la virilité et en possession de la plénitude de son intel-
ligence Dieu, dit le texte hébraïque, créa l'homme à son(1).
« L'homme fut créé clans un état parfait, plein de \ie et capable défaire(1)
«toutes les fondions, propres à sa nature. Le Clialdéen traduit : et fuit
« spiRiTUM LoQUKNTEM il fiit c'est-à-dire, ilHOMO IN ; fait un csprit parlant,
—« reçut 1 esprit et la parole, » Commentaire littéral sur tous les livres de
l'ancien et du nouveau Testament, parle R. P. D. Aucjustin Calmet, religieux
3"2.bénédictin, in-folio 1724. Toni. I, 31 etpp.
« riioinme perfections (jui appartiennentDieu avuit créé avec toutes les i
« sa nature... « Traité des langues, par M. Frain du Tremblay, in-32, 1709,
18.p.
« mais le premier enfant a eu unLe premier homme n'a jamais été enfant,
f< père. » J . Grimm, de l'origine du langage.
« Wir mù-isen also annêmen, dass der Mcnsch ge^und an Leib'und Sèle in
Sinne Krœfte ge-« das Dasein Irat, so dasser wirklich unmittelbar seine und
« branche konte, wie Jûnngling oder Man. Daen in hûlflos undetwa der
« schwacli zu denken, œnlich dem neugebornen Kinden, verbietet schon alein
» —die Rùcksicht auf das leibliche Bedùrfniss. Uber die verwandtsclwft
des indogermanischen, seniitischen und tibetanischen etc., von Franz WOllner^,
i. in Munster, 1838.p. -8,
<< Anima Adae et Evae liabuit totam perfectionem substanlialem, cujusDE L'ORIGINE DU LA>;GAr.E4
image et il souffla sur son visage un souffle de vie, et(2),
l'homme devint une âme vivante Le texte chaldéen ajoute :(3)
« Et il fut fait un esprit parlant. » Aussi Dieu, après avoir
formé de la terre tous les animaux terrestres et tous les oiseaux
du ciel, les amena devant l'homme afiti qu'il les nommât, et le
nom que l'homme leur donna fut leur vrai nom Dieu lui(4).
rationalis in individuo est capax, v. gr. ad intelligendum, valendam,« anima
« recordandum.
« Certuiii est, Adam, statim ac fuit creatus liabuisse naturalem scientiam
»« Deo sibi inditam.a
VI diemmetAn. L.III. c. Q. 9. 10 Thom.Aq S. Th.SoAREZ de Op. Cf.
art. 3.h qu. 94.
— le créaGen. c. I. V. 27. « Dieu créa donc l'homme à son image; il
(2)
les créa mâle et femelle. » Traduct. de M. de Sacy.« à l'image de Dieu, et il
1700.
« Au jour que Dieu créa l'homme. Dieu le fil à sa res-Gen. c. V. I
semblance.
mâle et femelle,,. » Trad. id.V. 2 « Il les créa
Quelques hébraïsants concluent de ce passage que la nature humaine a été
créée complète; c'est ce que Jean de La Haye nous apprend dans sa Biblia
maxima. T. I, p. 17 :
« litterà dixerunt aliqui hebrse, quôd à prima formalione naturaEx istà
humana formata est in utruque sexu. » In-folio. 1640.
« Dieu forma donc l'homme du limonGkn. c. IL V 7. Le seigneur de(3)
« sur son visage un souffle de vie et l'honnne devintla terre, et il répandit
« vivant et animé. » Trad- de Sacy.
Gen c. IL v 19. « Le seigneur Dieu ayant donc formé de la terre tous
(4)
tous les oiseaux du ciel, il les amena devant« les animaux terrestres, et
« vît comment il les appelleroit. Et le nom qu'AdamAdam, afin qu'il
« donna à chacun des animaux étoit celui qui lui convenoit. » Trad. de Sacy.
texte les versets et 10Si l'on met en regard de ce 5, 8 du cliap I de la
que Dieu nomma la lumière jour et les ténèbresGenèse, où il est dit nuit, le
firmament ciel et l'élément aride terre, il semblerait que l'homme n'aurait pas
Dieuété le premier nomenclateur de tout ce qui a été créé, et que aurait im-
Calmet fait remaïquerdans sonposé déjà des noms avant lui. Mais dom com-
mentaire, Augustin, Dieu lit donner ces nomstom. I", p que, selon saint4,
par les hommes : vocavit autem, dictum est, vocari fecit. Le frère minime
Jean de La Haye avait dit avant le savant bénédictin, dans la Biblia maxima,
I, c( sic Déustom. p. G : Non locutus, sed sancivit ut hœc rébus, convcnientia
nomina Adam imponoret et û joosteris utercntiir. »
C'est dans le même sens qu'il faut interpréter le mot h(?breu Adam duDE L'ORIGINE DU LANGAGE ;;
amena ensuite la femme^ et l'homme^ en la regardant, s'écrie :
Voilà maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair. Elle
s'appellera « celle qui s'unit à l'homme, » Ischscha et(5);
lorsqu'elle eut conçu, il la nomma « celle qui transmet la »vie,
Hevah (6).
Ainsi, dès son apparition sur la terre, l'homme est complet
et parfait; il fait usage de ses facultés intellectuelles et parle,
verset 2 du chap. V de la Genèse : « Il (Dieu) les créa mâle et femelle il les;
bénit et il leur donna le nom d'Adam au jour qu'ils furent créés. » Ce nom
d'Adam, être un nom propre, estqui paraît ici le nom commun de l'espèce
humaine, ainsi que le prouve le vers. 26 du chap. I : « Et il dit : Faisons
riiommea passagenotreimage » Dans ce le mot« homme» est la traduction du
« terme hébreu « Adam, »— « quoi non estproprium uni homini, sed com-
mune nomen toti speciei, » dit F. Jean de La Haye, dans sa Bibha maxima,
t. I, 17; et dom Calmet adopte cette opinion dans son Commentairep. de
la Bible, 12.tom I, p.
M. l'abbé Glaire, dans ses annotations sur le livre des Antiquités de Fla-
vius Jose}ih, fait dériver l'hébreu Adam de l'hébreu Aoama, qui signifie terre.
C'est ainsi qu'en latin homo, homme, et humus, terre, semblent aussi sortir
de la même racine. latinDe même, le homo désigne tout être humain; il est
des deux genres et comprend les deux sexes. Cicéron a dit : « homo nata
fuerat. » Synonymes latins par Cardin Dumesnil, in-8, 1827, 294.p.
(ij) -Gen c. II, v. 23 « Alors Adam dit: Voilà maintenant l'os de mes
os et la chair de ma chair. Elle s'appe.lera d'un nom qui marque l'homme,
parce qu'elle a été prise de l'homme. » M. deSacy faitremarquer que l'hébreu
Ischscha ne peut pas bien se traduire en françiiis. La Vulgate le traduit eu
latin (»ar virago. « Ischscha » est un nom féminin, dit l'abbé Glaire, formé
du masculin « Isch qui veut dire l'homme ou la», créature raisuimable du
—sexe masculin, en latin vir. Vir se dit par apport au sexe, c'est l'homme,
l'époux latin peut avoir; ce mot ne pas un sens général comme homo, qui
peut signitier l'espèce humaine. Il pasn'a d'équivalent féminin comme en
hébreu . M . René Bedel a traduit Ischscha par épouse, dans son dictionnaire
français-hébreu, 1861.
—(6i Gen., c. III, v. 20. « Et Adam donna à sa femme le nom d'Eve,
qu'elle étoitparce la mère de tout les vivants . » Trad. de Sacy.
La Vulgate dit « quod
: mater esset cunctorum viventium; » il faudrait donc
traduire, comme l'a fait D. Calmet: « parce qu'elle devoit être la mère de
vivants »tous les
Les Septante traduisent hevah ou uayvah, dont la racine signifie « respi-
rer » par ^.tn, la vie. Mais l'iiébreu a un sens plus énergique, il renferme
l'idée de transmission de la vie. V. D Calmet, t. I, p. 41.L'ORIGINE DU LANGAGEDE6
mutisme et le bégaiement de l'enfance.avoir passé par lesans
elle n'est pas le résultat d'une délibé-Sa parole est spontanée ;
ni de l'invention. L'homme parleration, ni d'une convention,
présidé à l'organisation spéciale deen vertu des lois qui ont
puissance créatrice, et sans qu'il ait eu,l'être qu'il tient de la y
révélation ou une nouvelle interventionaprès sa création, une
communiquer la parolede la divinité pour lui (7).
tradition conservée par la Genèse sur l'origine duTelle est la
langage.
« Qui doute, dit Quintillien, que les hommes n'aient reçu la parole de(7)
—même aussitôt qu'ilscelui dont ils avaient reçu l'être, et l'eurent reçu ?
quin sermonem ah ipsâ rerum naturâ geniti protinûsNam eut dubium est
acceperint? » Lib III, cap. n.homines
— Assurés que nous sommes que Dieu avoit créé l'homme avec toutes les
à sa nature nous ne devons douter queperfections qui appartiennent ; pas
n'eût reçu de Dieu le don de la parole même au moment de sal'homme
création » Traité des langues par Fraiii du Tremblay, I70f», 18.p.
la parole« Si l'homme d'aujourd'hui reçoit comme l'être, s'il ne parle
qu'il entend parler, et que le langage qu'il entend parler, si mêmequ'autant
physiquement impossible qu'il invente de lui-riiême ce qui peut êtreil est
démontré par la considération des opérations de la pensée et de l'organe vocal,
l'homme commencement ait reçu ensemble l'êtreil est nécessaire que du et la
De Bonald, du Divorce, 85.parole. p.
— « Nous admettons,^ce qui, je crois, n'est plus guère douteux pour per-
que la faculté de parler, que le langage n'est ni une révélation, ni en-sonne,
un instinct que Dieu nous donné,moins une convention, mais a un ins-core
la raison, une puissance de notre âme et de nos organes, qui,tinct aidé par
que toute autre peut-être, témoigne de l'intime union de l'âme et dumieux
sens la fois physiquecorps, une sorte de sixième à et moral. » Traité de la for-
mots dans la langue grecque, par Ad. Régnier (demation des l'Institut),
0.18ja, in-8, p.
— « Cette création (d'une langue) n'est point l'œuvre d'une invention arbi-
besoin que l'homme éprouve detraire, le produit artificiel du communiquer
semblable : c'est la conséquence d'une faculté toute spontanée, inti-avec son
mement liée à notre organisation morale. Le langage est le résultat d'un ins-
au plus haut degré, dans les premierstinct qui s'est manifesté, temps de l'ap-
notre espèce sur la terre. 11 fut l'œuvre d'une puissance créatriceparition de
primitifqui a été se perdant de plus en plus L'homme a créé spontanément
sans effort et sans réflexion. terre etle langage, autrement dit sa langue, » La
l'homme, l'Institut); 393.par Alfred Maury (de 1861, p.