Les effets Mc Luhan ?
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Les effets Mc Luhan ?

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  • mémoire
  • mémoire - matière potentielle : l' édition contemporaine
Semaine Thématique Du 2 au 4 novembre à Aix-en-Provence Une proposition d'Alphabetville Coproduction : Alphabetville, École supérieure d'Art d'Aix-en-Provence, ZINC Avec la collaboration de : Iméra, Leonardo/Olats, Selfworld, INA Méditerranée et de la librairie Vents du Sud, Seconde Nature et la Cité du Livre Les effets Mc Luhan ? 2011 Centenaire McLuhan
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Langue Français

Les effets Mc Luhan ?
2011 Centenaire McLuhan
Semaine Thématique
Du 2 au 4 novembre à Aix-en-Provence
Une proposition d’Alphabetville
Coproduction : Alphabetville, École supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, ZINC
Avec la collaboration de : Iméra, Leonardo/Olats, Selfworld, INA Méditerranée
et de la librairie Vents du Sud, Seconde Nature et la Cité du LivreA l’occasion du centenaire de Marshall McLuhan (1911-1980), philosophe, sociologue,
professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication canadien, parmi les
nombreuses manifestations qui ponctuent l’année tout autour du monde, voici trois journées
de rencontres, débats, conférences, lectures, projections, installations, œuvres en réseau…
consacrées à sa pensée et à ses écrits.
Inventeur de la formule «Le message c’est le médium», penseur du «village global», analyste
des médias, ou technologies, et des mutations culturelles et anthropologiques qu’ils induisent,
depuis l’imprimerie jusqu’à l’électronique, il s’agit de revisiter les propositions de McLuhan
et de les envisager depuis les médias numériques actuels et en prise avec la globalisation
informationnelle et culturelle.
Grâce à l’intervention d’artistes, écrivains, philosophes, historiens de l’art, scientifiques…
Afin de mieux comprendre McLuhan et d’en mesurer les effets.
Né à Edmonton (Alberta), le Canadien McLuhan fait des études d'ingénieur puis de littérature
moderne à l'université de Manitoba. Lors d'un séjour à Trinity University (Cambridge,
Massachusetts), où il lit James Joyce, Ezra Pound, T. S. Eliot. Au début des années 1930, il se
convertit au catholicisme. Professeur de littérature, il s'intéresse aux problèmes du symbolisme et
leur consacre une thèse en 1943. Sa carrière universitaire, brillante et diverse (il enseigne à
Wisconsin University, puis à Assumption College, Saint Louis, et finalement à Toronto, où il a
dirigé le Center for Culture and Technology), se caractérise, jusqu'en 1962, année de la parution
de La Galaxie Gutenberg, par la prédominance d'un thème de réflexion : les conséquences et les
modes des processus de communication de la pensée et des émotions par les médias. Dans Pour
comprendre les médias, ouvrage publié en 1964, Marshall McLuhan montrait l'influence
qu'exercent sur l'individu la radio, la télévision et l'ordinateur, qu'il considérait comme le
prolongement de ses organes physiques et de son système nerveux. McLuhan est considéré comme
l’un des fondateurs des études contemporaines sur les médias. (source wikipedia)
Mercredi 2 Novembre 2011
École Supérieure d'Art d'Aix en Provence
10h00
Ouverture par Jean-Paul Ponthot, directeur de l’école Supérieure d’art, Jean Cristofol, philosophe et
enseignant (Ecole d’art), Colette Tron, auteur et critique (Alphabetville), Roger Malina,
astrophysien, (Leonardo/Olats, Iméra), Emmanuel Verges, directeur (ZINC)
Introduction aux journées par Colette Tron et Jean Cristofol 10h30
Conférence de Derrick de Kerkhove
«Les dix prédictions de McLuhan», introduction à Marshall McLuhan
Marshall McLuhan disait : «Pour être un bon prophète, ne jamais prédire que ce qui est déjà arrivé»;
cela n'empêche qu'en 1962, il avait prédit l'Internet 15 ans avant qu'on en parle, et, en substance au
moins, les principes qui donneraient lieu à YouTube, Wikipedia, et à toute l'économie des réseaux.
Voyons comment, voyons aussi ce qui est «déjà arrivé», et ce que nous font entrevoir déjà les
«signaux faibles de l'avenir» (Philippe Cahen).
Derrick de Kerckhove est professeur de langue et littérature françaises à l’Université de Toronto et
de sociologie de la culture numérique à l’Université Federico II de Naples. Il est également
Directeur de recherche à l’Interdisciplinary Internet Institute (IN3) à l'Université Oberta de
Catalunya à Barcelone.
Il a dirigé le Programme McLuhan en culture et technologie à l’université de Toronto de septembre
1983 à juin 2008.
Dès HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/1968"1968, il a travaillé avec HYPERLINK
"http://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_McLuhan"Marshall McLuhan, dont il a été l'assistant, le
traducteur et le co-auteur pendant une décennie.
Parmi une quinzaine de publications dont la moitié a été traduite en plusieurs langues, on compte :
La civilisation vidéo-chrétienne (Paris: Retz, 1990), Brainframes: Technology, Mind and Business
(Bosch&Keuning, 1991). The Skin of Culture (Somerville Press, 1995), Connected Intelligence
(Somerville, 1997), The alphabet and the Brain (Springer, 1988) et il est à l’oeuvre sur trois autres
sujets, The point of Being (Oxford Scholars, in press), The Digital Unconscious, et L’era del tag,
(Liguori, in press). Fellow du World Economic Forum, entre 2004 et 2008, il a occupé la chaire
Papamarkou en technologie et éducation à la bibliothèque du congrès à Washington.
« Arts, techniques, milieux »
Dans ses deux ouvrages majeurs que sont «La galaxie Gutenberg» et «Pour comprendre les
médias», les analyses de Marshall McLuhan sur les technologies ont pour objet les effets culturels
au sens large (cognitifs, sociaux, artistiques…) de ces dernières et ceci par époque technique, de
l’imprimerie à l’électronique. Ces extensions de l’homme, comme il les nomme, sont selon lui en
interaction avec nos organes et notre système nerveux de telle sorte que l’humain lui-même se
modifie avec la technique, à laquelle ses sens seraient asservis, de même que celle-ci influe sur les
organisations sociales.
Pour exemple et très succinctement, l’oralité est propre à maintenir le système tribal, ou encore la
vitesse de l’électricité et de la transmission de l’information fait de la planète un village global,
etc… Ainsi les technologies ou médias (car en anglais média signifie aussi moyen technique)
génèrent des milieux, propres à leur contexte.
Il nous intéresse ici de revisiter la pensée de McLuhan à partir de cette problématique pour
interroger les pratiques artistiques actuelles, arts dont il a écrit : "A mesure que la prolifération de
nos technologies créait tout une série de nouveaux milieux, les hommes se sont rendu compte que
les arts sont des contre-milieux ou des antidotes qui nous donnent les moyens de percevoir le milieu
lui-même."11h30
Conférence de Jean Cristofol
« Milieu, forme, mouvement »
Quelques réflexions à propos et à partir de La Galaxie Gutenberg. La question n’est certainement
pas de proposer une analyse nouvelle du premier grand livre de McLuhan, ni d’en faire une critique
savante, mais de le prendre comme prétexte d’une réflexion sur ce qu’on peut considérer comme
une tentative d’invention formelle d’une réflexion multidimensionnelle, sur certains de ses enjeux
conceptuels et sur la façon dont elle peut faire écho aujourd’hui.
Jean Cristofol est professeur à l’École Supérieure d'Art d'Aix en Provence où il enseigne la
philosophie et l'épistémologie. "Écritures, dispositifs, expériences", publié dans "Nouveaux média,
nouveaux langages, nouvelles écritures", l’entretemps, 2005; "Les utopies disséminées", D'ailleurs,
Besançon 2010. « Pratiques artistiques et technologies de l’information », Manip, Le journal de la
marionnette, 2010; « Elephant fish and GPS », in AI & society, 2011.
12h30- 13h
Discussion
14h30
Performance en ligne
« Dialogue sur une société de prothèses électriques »
Entre l’artiste Adelin Schweitzer et Emmanuel Vergès
Le passé a écrit son futur qui est notre présent. Cela est amplifié par l’usage permanent de
l’électricité dans la production, la circulation des contenus, la communication… Nous sommes dans
une société électrique de l’instant. Nous vivons dans des projections passées dont on a oublié les
origines. Nous ré-inventons souvent chaque jour. Ce dialogue proposera des pistes pour ré-investir
ce passé, recréer des frontières avec lui pour envisager un futur à partir d’une collection de
fragments que l’on doit accumuler pour créer de la mémoire.
Adelin Schweitzer, Plasticien, né en 1978.
Après avoir intégré l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence en 1999, il s’initie à la mécanique
et à l’électronique au sein du laboratoire LOEIL dirigé par Christian Soucaret. Il obtient son DNSEP
en 2004 puis un espace de travail à la Cité des Arts de la rue à Marseille. En 2005 il présente son
premier dispositif, le VidéoPuncher 1.3 à la biennale d’art Contemporain ARCO à Madrid et en
2006 à la manifestation «La villette numérique» à Paris. A la suite de ces réflexions, va naitre le
projet d’installation ININTERACTIF au sein duquel il construit des dispositifs interrogeant le
spectateur/acteur sur sa place dans les processus d’interaction avec les machines. Depuis 2009 c’est
son association avec ZINC et Seconde Nature qui lui permettent de poursuivre son projet. Emmanuel Vergès est directeur de ZINC à la Friche la Belle de Mai, et docteur en
information/communication. ZINC est un producteur Arts et Cultures Numériques qui, depuis la
Friche jusqu'en Méditerranée produit des œuvres, accompagne la construction des pratiques
culturelles numériques et coordonne et anime des réseaux professionnels. Emmanuel Vergès
travaille des principes de développement culturel dans un cadre où se transforment les relations
entre œuvre et pratique, artistes et publics par l'utilisation des TIC. Une transformation qui s'adosse
au "message des médiums" numérique et qui conduit à envisager différemment les modes
de démocratisation et de diversité culturelle dans la complexité contemporaine de nos sociétés.
15h30
Conférence de Alain Giffard
« Machines de lecture et médium »
Par principe, les approches « du point de vue de la lecture », qu'elles soient philosophiques ou
historiques, ont tendance à prendre leurs distances à l'égard d'un certain déterminisme médiatique,
parfois attribué à McLuhan, bien qu'il relève plutôt d'un mac-luhannisme tout terrain. A l'inverse, le
numérique, notamment autour de l'hypertexte, a donné l'occasion de nombreux développements sur
le thème du médium qui par lui même entraînerait, ou, du moins, correspondrait à un nouveau type
de lecture. A partir de l'analyse des « machines de lecture » et des « lectures industrielles », on
s'efforce ici de prendre au sérieux l'effet du médium numérique sur la lecture. Finalement, il s'agit
de comprendre comment l'association du lecteur et de la machine produit à la fois lecture du texte et
lecture du médium.
Administrateur civil hors classe, Alain Giffard est directeur du Groupement d'intérêt scientifique
« Culture – Médias & Numérique ». Il a été directeur informatique de la Bibliothèque de France,
directeur–adjoint de l'Institut mémoires de l'édition contemporaine, conseiller technique de la
ministre de la Culture et de la Communication pour la société de l'information et président de la
Mission interministérielle pour l'accès public à l'internet. Ses recherches portent sur les mutations
de la lecture et sur la lecture comme technique de soi. En 2007, il a remis au ministère de la Culture
et de la Communication une étude publiée sous le titre « Des lectures industrielles ». Sa dernière
publication est « Digital reading, industrial readings » paru dans Karl Grandin (ed), « Going
digital », Nobel Symposia, 2011. Alain Giffard est président d'Alphabetville.
16h30
Discussion
17h00
Lecture de l’écrivain Jean-Pierre Ostende
« Comment parler le McLuhan en 28 minutes »
Sanglier nous rencontrait au Pico Pico pour nous apprendre à parler le McLuhan. Je me souviens de
son ouverture et de sa distinction entre la valse et le twist.
Jean-Pierre Ostende est l’auteur d'une quinzaine de livres de fiction, dont en 2010 Superparc,
supernaturel (Comptoir d'édition) et en 2011 Et voraces ils couraient dans la nuit (Gallimard), en
parodie de bande annonce sur youtube et dailymotion. Plus d'informations sur la
bibliographie: HYPERLINKhttp://fr.wikipedia.org/wiki/JeanPierre_Ostende
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Ostende 17h30
Rencontre avec l’artiste Emmanuelle Raynaut
(inscription sur place)
Cité du livre
19h00
Conférence de Derrick de Kerckhove
« L’homme électrique ou Pinocchio 2.0 »
La rencontre avec l'électricité sur les lignes du télégraphe est la troisième grande aventure du
langage après celle de l'écriture et celle des cultures orales. Des questions se posent car le langage
entretient un rapport intime avec notre pensée et notre état d'esprit, et par conséquent, la manière
dont il se présente n'est pas indifférente. Quels sont les effets psychologiques, sociologiques,
politiques, économiques et culturels, quelles sont les grandes tendances et lignes de force de cet
empire que l'électricité prend désormais sur notre vie ?
Jeudi 3 Novembre 2011
« Frontières réelles, frontières virtuelles : vers quelles spatio-temporalités, vers quelles
géopolitiques ? »
Notre planète est un village global où le centre est partout et la périphérie nulle part.
Marshall McLuhan
La frontière est conçue classiquement comme une ligne qui distingue des espaces par le dessin
d’une périphérie. Elle est une ligne de fracture sur laquelle s’additionnent une série de coupures,
politiques, juridiques, culturelles, esthétiques, etc.
Évidemment, cette frontière n’est pas étanche, et elle ne doit pas l’être. Elle a un rôle de filtre, mais
ce filtre fonctionne sur un principe essentiellement spatial et concentre un ensemble d’effets
symboliques et pratiques. Elle a une fonction d’homogénéisation d’une continuité spatiale centrée
autour d’un ou de plusieurs pôles qui fonctionnent comme des centres et qui jouent le rôle de zones
de concentration de pouvoir, d’autorité, de valorisation symbolique et de richesse économique.
La frontière classique forme donc un couple logique avec la notion de centre (par exemple une
capitale dans l'espace politique). On peut considérer que le processus de la
globalisation/mondialisation introduit un effet d’ingestion des frontières. Cela ne signifie pas que
les frontières disparaissent, mais qu’elles sont en quelques sorte intériorisées et démultipliées, que
leur signification n’est plus essentiellement spatiale mais spatio-temporelle (elles jouent sur des
sphères de circulation de vitesses différentes), que leur multiplicité dessine des espaces qui ne se
recouvrent pas et qui peuvent même paraître contradictoires.
La fonction de filtrage et d’intégration dans des procédures de contrôle, déjà présente, est devenue
dominante. La frontière perd alors son fonctionnement en binôme/opposition avec la notion de
centre, les deux tendant même à se recouvrir (ça ne veut pas dire que les centres disparaissent, pas
plus que les frontières - on n'a jamais construit autant de murs que depuis la chute du mur de
Berlin). 10h00
Conférence de Roger Malina
« Données massives, science citoyenne et responsabilité dans le monde réticulaire »
McLuhan faisait remarquer que chaque nouveau média entraîne de nouvelles sortes de
responsabilités. Je proposerai certaines problématiques liées aux observatoires ouverts, à la science
citoyenne et aux données massives (big data), en présentant des initiatives art-science qui en
relèvent.
Roger Malina est directeur de l’Observatoire astronomique de Marseille-Provence,
Rédacteur des publications Leonardo à MIT Press et Co-Responsable du pôle arts-sciences de
l’IMéRA
10h30
Conférence de Cédric Parizot
« Localiser les frontières, de l'espace géographique aux réseaux. Le cas israélo-palestinien »
Cette intervention propose une ethnographie des réseaux de parrainage formels et informels qui se
sont développés depuis les années 1990 autour des procédures d’attribution de permis de travail aux
ouvriers palestiniens de Cisjordanie employés en Israël. Partant de cet exemple concret, je
montrerai comment des procédures administratives et les stratégies de contournement qu’elles ont
suscitées ont contribué à détacher la frontière de l’espace géographique pour l’inscrire dans des
réseaux de relations et, ainsi, lui donner un caractère virtuel.
Anthropologue du politique, chercheur à l’IREMAM, Cédric Parizot est membre du comité de
pilotage de l’IMéRA. Il vient de publier en co-direction avec Stéphanie Latte Abdallah un ouvrage
intitulé
A l'ombre du mur: Israéliens et Palestiniens entre séparation et occupation, Actes Sud-Arles.
11h30
Écoute d’archives radio de l’INA
12h-12h30
Discussion14h00
Conférence de Franck Bauchard
« Penser la politique culturelle en dehors du rétroviseur : un kit de survie Mc Luhanien »
Pour qui veut comprendre les mutations des pratiques artistiques et culturelles d’aujourd’hui ,
McLuhan peut constituer un précieux guide. Non pas tant parce qu’il a été perçu rétrospectivement
comme un prophète d’évolution en cours. Mais avant tout car il nous propose une méthode et une
stratégie d’écriture pour percevoir et penser les environnements technologiques d’aujourd’hui. Cette
méthode est notamment celle de la sonde.
Franck Bauchard est Directeur de La panacée, centre d’art et culture contemporaine ;
Directeur artistique de la Chartreuse/centre National des Écritures du Spectacle (2007 – 2011) où il
a conçu le programme des Sondes dans un prolongement de la vision critique des média de
McLuhan. Il publie régulièrement sur le théâtre et les nouveaux médias depuis 1995.
Il a enseigné dans de nombreuses universités et dans des écoles supérieures de théâtre en France et
à l’étranger.
15h00
Table ronde
« Frontières en mutation »
Animée par Emmanuel Vergès
Avec Franck Bauchard, Emmanuel Guez, Emmanuelle Raynaut
La création artistique avec les outils numériques cherche à traverser en permanence les frontières
des disciplines, des formes, des espaces quels qu’ils soient – scène, espace public… Une traversée
qui tend à reformer des œuvres. Dans cette recherche, les corps prennent une place importante, dans
leurs rapports aux technologies de la globalité. Des corps qui se cognent aux limites de la
technologie pour en discerner – enfin ? – les contours. A partir de l’œuvre l’Intrus et de la démarche
artistique d’Emmanuelle Raynaut, cette table ronde posera une réflexion sur la totalité
métaphorique que nous proposent les outils à travers cette œuvre immersive, et développera une
perspective sur les moyens de construire ces nouveaux contours. Le travail d’Emmanuel Raynaut
sur la performance, comme une forme d’activité et d’activisme initiera la discussion avec Franck
Bauchard et Emmanuel Guez.
Emmanuelle Raynaut est née et a grandi à Paris. Après une licence en sociologie politique et un
diplôme d’histoire de l’art à Paris, elle entre à l’Académie des Beaux-Arts de Florence avant de
poursuivre à Turin.
Dès le départ, son intérêt est centré sur les relations entre l’image et l’espace. Ainsi, elle pose
d’emblée la question de l’échelle, une question qu’elle articule à la complexité de la perception et à
la présence du corps. Elle travaille aujourd’hui sur différents projets d’installations-performances, et
développe, depuis 2008, L’INTRUS, un projet de performance audio vidéo immersif.
Chef de projets à la Chartreuse - Centre National des Ecritures du Spectacle, Emmanuel Guez
enseigne à l’École Supérieure d'Art d'Avignon et à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de
Paris
Site web du projet sondes : HYPERLINK
http://www.sondes.chartreuse.org / www.sondes.chartreuse.org
Blog personnel : HYPERLINK http://www.writingmachines.org / www.writingmachines.org16h00
Discussion
16h30
Projection du film « Optical vacuum » de Darius Kowalski (2008, 55’)
Vues impersonnelles provenant de webcams et de caméras de vidéosurveillance du monde
industrialisé, qui passe indifféremment d’une laverie automatique à un parc public, d’un bureau
désert à une plage de sable fin. Espaces publics et lieux semi privés y dessinent une géographie
mondialisée de non-lieux. Paradoxes d’un non-tournage et d’un voyage immobile, les enjeux sont
autant la surveillance que les contours de notre monde, sa mémoire ou sa disparition. (extrait d’une
présentation par N. Féodoroff)
Nulle part ailleurs il n'est question de 'l'Ère du Panoptique', un œil qui verrait tout ce qui est encore
hors d’atteinte, plus sûrement que par le moyen qui a porté l'omniprésence et la fugacité à l'échelle
mondiale : l'Internet. Sur Internet, le paradigme connu à ce jour par notre appareil d'imagerie est
devenu invalide. Il n'y a plus une seule perspective centrale, mais plutôt une multitude d'angles de
vision se diffusant par le biais des webcams, aspirant sans cesse des images du flux de données
numériques. (extrait d’une présentation par D. Kammerer)
Darius Kowalski est né en 1971 à Cracovie (Pologne). Il vit et travaille à Vienne où il a étudié les
arts des nouveaux medias à l’école des Arts appliqués. Artiste, il réalise des films et des
installations. « Optical vacuum » a obtenu une mention spéciale au Festival International du
Documentaire de Marseille.
Site : http://www.dariuszkowalski.net
17h30
Rencontre avec Derrick de Kerckhove (sur inscription sur place)
Cité du livre
19h
Conférence du philosophe Peter Szendy
« Cosmétique et cosmopolitique »
Le mot grec kosmos voulait dire à la fois le monde et le bel ornement. Sa traduction latine par
mundus a gardé ces deux sens (en français moderne, on entend encore le faible écho de la seconde
acception, mais sous une forme négative ou privative, dans l’adjectif immonde). En regardant de
près des extraits de films de science-fiction, en se laissant aussi guider par les écrits de Kant dans
lesquels il est – très sérieusement – question des habitants des autres mondes, on se demandera
comment on peut prêter l’oreille aujourd’hui, à l’ère de la globalisation et de la déterrianisation, à
cette double portée du nom cosmos. Posons ces deux hypothèses :1. on pourrait nommer cosmopolitique une géopolitique qui déborde les frontières de la Terre ;
2. c’est depuis cet espace extraterrien ou satellitaire que, de plus en plus, s’exerce le contrôle et la
distribution – donc aussi le maquillage, la retouche, la cosmétique - de ce qui nous est donné à
percevoir, ici-bas.
Peter Szendy est maître de conférences en philosophie à l’université de Paris Ouest Nanterre et
conseiller musicologique à la Cité de la musique. Il est notamment l’auteur de Sur écoute.
Esthétique de l’espionnage (Minuit, 2007), de Tubes. La philosophie dans le juke-box (Minuit,
2009) et de Kant chez les extraterrestres. Philosofictions cosmopolitiques (Minuit, 2011).
Vendredi 4 Novembre 2011
« Art / Globalisation »
Appréhender le terme de globalité chez McLuhan relève d’une complexité que l’on essaiera
d’expliciter selon quelques points :
D’une part la plupart des medias électriques seraient englobants dans le sens où notre perception est
sollicitée en totalité et non de façon partielle vers l’un de nos organes (œil pour l’imprimé, oreille
pour l’oralité, par exemple)
D’autre part la vitesse de l’électricité abolit l’espace et le temps, génère l’instantanéité, et met en
relation (ou en réseau) des espaces séparés. « Contracté par l’électricité, notre globe n’est plus
qu’un village » écrivait-il en précurseur dans l’introduction à « Pour comprendre les medias ».
Vitesse, réticulation, échange, transport d’information à distance, sont autant de parangons encore
présents dans les médias et technologies actuelles, soient-elles numériques, mais dont le système
électrique est la base du fonctionnement.
Quels en sont les effets sur les arts, dans les pratiques des artistes, dans la sensibilité ? Les affects,
l’aesthesis, seraient-ils atteints par cette globalisation, dans tous ses sens ? Ainsi, le sensible se
partagerait-il, serait-il anesthésié, asservi, formaté, ou bien d’autres consciences sensorielles
adviendraient-elles ? «Ce n’est pas au niveau des idées et des concepts que la technologie a ses
effets ; ce sont les rapports des sens et les modèles de perception qu’elle change petit à petit et sans
rencontrer la moindre résistance. Seul l’artiste véritable peut affronter impunément la technologie,
parce qu’il est expert à noter les changements de perception sensorielle.» Distance critique ou
mouvement dynamique, quelles orientations, quelles formes, quelles résistances, quelles
gouvernances, etc, la globalisation donne-t-elle à l’art, et à la culture ?
10h00
Conférence de Derrick de Kerckhove
« Sur le concept d’art global »
L'art global est celui qui prend appui sur l'Unité Fondamentale de la Terre.
Il tient compte de la nouvelle dimension globale que nous devons à nos portables et reflète la
conscience étendue à toute la planète de partager un espace commun.
En discussion avec Christophe Bruno, nous essayerons de faire ressortir les attributs, les formes
principales et les modes de diffusion (en général "homéopathiques") de ces œuvres qui, entre autres,
comptent un grande participation française.