PROUDHON tome II Open Office
154 pages
Français

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

PROUDHON tome II Open Office

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
154 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

  • mémoire - matière potentielle : sur la propriété
  • mémoire
  • exposé
Études proudhoniennes. – Tome II. – La propriété Études proudhoniennes. – Tome II Proudhon. – La propriété René Berthier L'anarchisme est rarement perçu comme une théorie et une pratique ten- dant à créer un droit nouveau ; pourtant, cette aspiration se retrouve constamment, dans les textes des grands théoriciens, sous la plume des mili- tants. En affirmant que « la propriété, c'est le vol », Proudhon se place d'emblée sur le terrain du droit.
  • système des contradic- tions économiques
  • système des contradictions économiques
  • proudhon
  • propriété
  • propriétés
  • droits sociaux
  • droit social
  • travail
  • travaux
  • sociétés
  • société
  • droits
  • droit

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 61
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Extrait

Études proudhoniennes. – Tome II. – La propriété 1
Études proudhoniennes. – Tome II
Proudhon. – La propriété
René Berthier
L’anarchisme est rarement perçu comme une théorie et une pratique ten-
dant à créer un droit nouveau ; pourtant, cette aspiration se retrouve
constamment, dans les textes des grands théoriciens, sous la plume des mili-
tants. En affirmant que « la propriété, c’est le vol », Proudhon se place
d’emblée sur le terrain du droit. Cette formule-choc ne rend malheureusement
pas compte de la complexité de sa pensée sur la question : on peut même dire
qu’elle la dessert.
Ce sont tout d’abord les positions de Proudhon sur la propriété qui ont inté-
ressé le jeune Marx : « Et voici Proudhon qui soumet la propriété privée, base
de l’économie politique, à un examen critique, au premier examen catégorique,
aussi impitoyable que scientifique. » Proudhon est à l’origine d’une révolution
dans l’économie politique car il « rend pour la première fois possible une véri-
table science de l’économie politique ».
« L’ouvrage de Proudhon : Qu’est-ce que la propriété ? est aussi im-
portant pour l’économie politique moderne que l’ouvrage de Sieyès :
1Qu’est-ce que le tiers état ? pour la politique moderne . »
Proudhon, dit encore Marx, a démontré par le menu comment le mouve-
ment du capital engendre la misère ; il a opposé l’apparence humaine des rap-
ports économiques à leur réalité inhumaine ; mais s’il a révélé les contradic-
tions du système propriétaire, il l’a fait du point de vue de l’économie poli-
1 La Sainte Famille, éditions sociales, p. 42.Études proudhoniennes. – Tome II. – La propriété2
tique : « Il a fait tout ce que la critique de l’économie politique peut faire en se
plaçant au point de vue de l’économie politique ». La précision est importante
car il s’agit de la part de Marx d’une restriction : à l’époque l’expression
« économie politique » était synonyme d’« économie politique bourgeoise ».
Le marxisme nous a habitués à ne considérer les concepts de droit ou de lé-
gitimité que comme des « superstructures idéologiques ». Cette attitude a
certes été largement encouragée par Marx lui-même, qui écrit dans la préface à
la Critique de l’économie politique que la structure économique de la société
est « la fondation réelle sur laquelle s’élève un édifice juridique et politique, et
1à quoi répondent des formes déterminées de la conscience sociale » .
La sphère du juridique semble donc subordonnée à celle de la production,
de l’économie. En réalité, les positions de Marx et d’Engels sont plus com-
plexes. Les rapports sociaux sont une totalité dans laquelle l’économique tient
une place privilégiée, mais les rapports économiques ne sont pas séparés des
autres rapports. L’insistance mise sur les rapports économiques était un choix
méthodologique destiné à mettre en relief l’importance du fondement écono-
mique de la société ; c’était, pourrait-on dire, un choix pédagogique. D’où le
sens de la lettre d’Engels à Joseph Bloch du 21 septembre 1890, dans laquelle
il déclare que c’est Marx et lui-même qui sont responsables du fait que les
« jeunes » donnent plus de poids qu’il ne lui est dû au côté économique. En-
gels explique qu’il leur fallait souligner un principe essentiel et qu’ils n’eurent
pas le temps de donner leur juste place aux autres facteurs. La base écono-
mique et les superstructures idéologiques ne sont donc pas séparées par une
2ligne rigoureusement délimitée .
Les rectifications apportées par Marx ou Engels au caractère unilatéral de
leur propre théorie ne modifièrent pas les interprétations qui en furent faites
par leurs contemporains et leurs successeurs, car elles restèrent limitées à leur
correspondance. Les critiques portées par Bakounine contre l’unilatéralité des
déterminations historiques restent donc pertinentes, à condition d’avoir à l’es-
prit que le révolutionnaire russe ne pouvait pas à l’époque connaître les ré-
serves faites par Marx et Engels dans leur correspondance privée.
Proudhon avait noté que le politique était l’aliénation de la force collective
1 Œuvres, Pléiade, Economie, I, pp. 272-273.
2 Pour rappel, le passage d’Engels : « C’est Marx et moi-même, partiellement, qui
devons porter la responsabilité du fait que, parfois, les jeunes donnent plus de poids
qu’il ne lui est dû au côté économique. Face à nos adversaires, il nous fallait souligner
le principe essentiel nié par eux, et alors nous ne trouvions pas toujours le temps, le lieu
ni l’occasion de donner leur place aux autres facteurs qui participent à l’action. » (Marx
Engels, Etudes philosophiques, éditions sociales, p. 154-155.)Études proudhoniennes. – Tome II. – La propriété 3
spécifique à la vie sociale, tandis que le capital était l’aliénation de la force
collective du travail. Il se défend d’ailleurs de toute accusation d’idéalisme
dans sa démarche : « la justice, dit-il, ne crée pas les faits économiques, (...),
elle ne les méconnaît point (...). Elle se borne à en constater la nature véritable
1et antinomique ... ». De même qu’en économie la force conjuguée de nom-
breuses personnes dépasse de loin la simple addition de la force de chaque in-
dividu qui compose le groupe, le droit social ne se réduit pas à la simple addi-
tion des droits des individus qui composent la société.
La justice ne doit rien à Dieu ou à la transcendance ; elle est « l’essence de
l’humanité », en ce sens qu’elle est un phénomène essentiellement social.
Proudhon s’oppose à toute interprétation qui la relie à un « commandement de
Dieu », mais il ne la limite pas à une simple convention. En posant le principe
d’une justice immanente, il opère une sorte de « révolution copernicienne » :
« J’ai fait comme Copernic », dit-il, en changeant « l’hypothèse sur laquelle re-
posait jusqu’ici le monde moral : savoir que la justice est un commandement
de Dieu ».
La « racine » du droit se trouve d’abord dans tout individu, qui exige que sa
dignité soit respectée. Mais la justice collective, le droit social n’équivalent pas
à la somme des exigences individuelles. La réalité sociale donne à l’individu
une morale « supérieure à son individualité » : la justice, dit encore Proudhon,
est « inerte dans une existence solitaire ».
A la question : le droit est-il une revendication particulière ou une exigence
universelle, Proudhon se place incontestablement du point de vue de l’exi-
gence universelle, avec cette réserve que les droits de l’individu sont la consé-
quence de ses devoirs envers la société – ce qui disqualifie toutes les interpré-
tations qui font de Proudhon un penseur individualiste. Proudhon comme Ba-
kounine insistent en effet sur le fait que l’individu n’est rien sans la société qui
l’a produit. Aux robinsonnades, Bakounine oppose l’idée que les hommes qui
s’isolent volontairement de la société, comme les ermites, deviennent rapide-
ment des crétins. Plus l’individu est développé, plus il est libre, et plus il est le
produit de la société. Plus il reçoit de la société, plus il lui est redevable : sous
ce rapport, les hommes de génie sont précisément « ceux qui prennent davan-
2tage à la société, et qui, par conséquent, lui doivent davantage » .
La justice n’est pas une forme sans contenu, elle est une réalité qui se véri-
fie dans la pratique sociale, et plus précisément dans les rapports économiques.
La réalisation de la justice sera possible au sein d’une société dans laquelle
sera instaurée la souveraineté des producteurs. Création spontanée de la pra-
tique sociale, le droit acquiert une fonction de régulation de la vie sociale en
protégeant contre l’oppression.
e1 Proudhon, De la Justice, 3 étude, t. II, p. 149, éd. Rivière.
2 Bakounine, L’Empire knouto-germanique, Champ libre, tome VIII, 206.Études proudhoniennes. – Tome II. – La propriété4
Dans une société où le droit aurait acquis la « prépondérance », selon l’ex-
pression de Proudhon, la justice ne peut être un système clos, elle ne peut ê

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents