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Cours économie - série ES : Changement social et conflits

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Fiche de révision économie: Changement social et conflits :
1. Notions de base
2. Problèmes économiques et sociaux
3. Théories et auteurs
4. Repères historiques
Karl Marx voyait dans la lutte des classes le confit majeur, qui faisait évoluer la société. Mais si toute collectivité progresse et évolue sous l’action des confits, les modalités de l’action collective ont profondément évolué depuis un siècle.
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Fiche Cours
ECONOMIE
1. Notionsde base 2. Problèmeséconomiques et sociaux 3.Théories et auteurs 4. Repèreshistoriques
Série ES
Karl Marx voyait dans la lutte des classes le conflit majeur, qui faisait évoluer la société. Mais si toute collectivité progresse et évolue sous l’action des conflits,les modalités de l’action collective ont profondément évolué depuis un siècle.
Notions de base
Leconflit socialoumouvement socialdéfinit l’affrontement entre groupes sociaux ou une action de contestation en vue de modifier des règles ou des institutions au sein de la société. On distingue les conflitsmicrosociologiquescomme ceux qui naissent dans l’entreprise, etqui ont lieu à l’intérieur d’un groupe, les conflitsmacrosociologiquesqui opposent un groupe à l’ensemble de la société.
On identifie les différents types de conflits selon le thème de la revendication :conflits du travail ou idéologiques,comme les mouvements féministes ou écologiques.
L’action collectivequalifie l’action de revendication d’un groupe cherchant à modifier à son profit une partie de l’organisation sociale pour défendre un intérêt économique ou une cause idéologique.Cette action peut prendre la forme d’une grève,d’un défilé ou d’une campagne de presse.
Les «nouveaux mouvements sociaux: cetteexpression du sociologue »AlainTouraine qualifiel’évolution des idéaux de l’action collective dans nos sociétés actuelles.Selon l’auteur,ils mettent en scène des revendications beaucoup plus culturelles qu’économiques et avec de nouveaux acteurs sociaux comme les femmes,les écologistes ou les homosexuels.
Lamobilisation collectivedéfinit le processus par lequel un groupe de personnes prend conscience de l’intérêt de s’organiser à plusieurs pour défendre un intérêt ou faire aboutir une revendication.
L’institutionnalisation des conflitsqualifie la représentativité d’organismes comme les syndicats ou les comités de conciliation créés ou reconnus par l’Etat aux fins d’organiser pacifiquement le règlement des conflits sociaux.
Laclasse socialedéfinit, àun regroupement homogène de personnes ayant les mêmes niveau et model’intérieur d’une société, de vie.
Pour KarlMarxclasse sociale se définit par la place qu’elle occupe dans le système de production économique et par la, une conscience de défendre des intérêts communs. Pour expliquer l’évolution de la société,il ne retient que deux classes,la bourgeoisie et la classe ouvrière.
La «lutte des classes» est une expression célèbre de KarlMarxpour signifier que le combat entre classes sociales est le moteur de tout changement dans une société.«L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. »
Lesyndicatdéfense des intérêts économiques et généraux de ses adhérents.est un groupement professionnel ayant pour objet la C’est, depuis1884, l’organismereprésentatif des salariés.
Lacoordinationoucollectifest le rassemblement spontané et autonome d’un groupe de personnes pour la défense d’un intérêt commun.A l’inverse du syndicat,elle ne survit généralement pas à la fin du conflit qui lui a donné naissance.
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ECONOMIE
Problèmes économiques et sociaux
Série ES
Le conflit, cause ou conséquence du changement social Le conflit a d’abord été perçu historiquement comme néfaste à la cohésion d’une société.La grève était interdite en France jusqu’en 1864 et les actions violentes qui sporadiquement éclatent dans les quartiers difficiles apparaissent comme un facteur de désagrégation sociale. Mais, àl’image de l’individu dont la vie comporte obligatoirement des conflits dans le jeu amoureux ou professionnel,toute société doit connaître également des affrontements pour évoluer.Par leur institutionnalisation, la société désamorce les mouvements révolutionnaires violents et accroît l’interdépendance des groupes sociaux opposés.Le conflit renforce donc lacohésion sociale. Mais naît-il d’un désir de changer la société ou de la volonté de résister à tout changement ? Pour KarlMarxLes nombreuses revendications ouvrières ont, c’estla seule façon de faire évoluer la société pour la transformer. en effet permis d’apporter une amélioration des conditions et de la rémunération du travail ou les congés payés comme en 1936. La conquête de nombreux droits pour la femme,que ce soit celui de la contraception ou de l’égal accès aux fonctions électives,a toujours été liée à des mouvements revendicatifs et une forte mobilisation. Mais le conflit prend également sa source dans la volonté de résister à un changement de l’ordre social. Le projet du « plan Juppé » en 1995,qui prévoyait de modifier le système des retraites pour les régimes spéciaux comme la SNCF,a mobilisé des millions de personnes dans la rue. Les perdants de l’évolution économique actuelle suite aux délocalisations d’entreprises ou à l’ouverture européenne se mobilisent pour tenter de s’opposer à ces changements. Le conflit est doncalternativement cause et conséquence du changement socialet l’interaction de ces facteurs entraîne l’évolution de nos sociétés.
Les mutations des conflits du travail e Au cours du XXsiècle, lamontée en puissance du syndicalisme a entraîné le développement de nombreux conflits du travail.Mais, depuis les années soixante-dix,on assiste à uneréductionet à unemutationde ces conflits.De nombreuses raisons expliquent ces changements : • dans une société qui voit se développer chômage et précarité de l’emploi, la peur du licenciement pèse sur la combativité des travailleurs ; • laréduction des inégalités et l’amélioration du niveau de vie ont entraîné une moindre motivation pour les revendications collectives ; • le développement de la tertiarisation de la société entraîne un recul quantitatif des effectifs ouvriers. Parallèlement on observe une augmentation de la catégorie des employés et une féminisation de la population active qui s’accompagnent d’une moindre tendance à la syndicalisation ; • ledéclin du taux de syndicalisation est également lié aux transformations des secteurs économiques jadis les plus combatifs comme la sidérurgie ou les mines ; • les entreprises privilégient la concertation et les entretiens individuels,ce qui entraîne une réduction de l’action collective ; • lesconflits du travail paraissent impuissants à endiguer les délocalisations décidées au niveau international et qualifiées de « licenciements boursiers » ; • enfin, la montée de l’individualisme dans la société, analysée parOlson etson paradoxe célèbre, expliquerait en partie cette réduction des conflits,passés en France de cinq millions de journées de grève en 1976 à moins de six cent mille en 1999.
Par ailleurs, on assiste à unetransformation de l’objetremise en cause de l’exploitation capitalistemême de ces conflits.A la et du taylorisme a succédé à présent une priorité pour la défense de l’emploi dont l’entreprise est la gardienne.Les nombreuses restructurations économiques et délocalisations ont réduit les revendications salariales au profit de la lutte pour le maintien de l’activité professionnelle. De nos jours également,les conflits du travail s’orientent vers des revendications portant sur la défense des qualifications professionnelles et la recherche d’une plus grande autonomie dans le travail.
Les transformations de l’action collective La diminution des conflits du travail n’a aucunement réduit le nombre ou l’intensité des conflits sociaux.Mais ces derniers sont orientés à présent vers d’autres objectifs.
Jadis limités à des revendications économiques et au désir de changer le système de production,ils concernent à présent l’ensemble des enjeux socioculturels de la société,et ont été qualifiés de «nouveaux mouvements sociauxAlain» parTouraine. Ces transformations concernent à la fois les objectifs,les participants et les nouvelles modalités d’action : • les actions sont extrêmement variées et ne concernent plus un changement global de société mais unemultitude d’objectifs.
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ECONOMIE
Série ES
Souvent associées à l’idée d’une reconnaissance identitaire comme l’émancipation féminine ou l’égalité des droits pour les couples homosexuels, ellespeuvent aussi porter sur la défense du service public,l’insuffisance du nombre d’infirmières ou la volonté de protéger l’environnement ; • lesacteursmais des sans-papiers,ne sont plus ceux de la classe ouvrière traditionnelle,des contrôleurs aériens, des étudiants, des enseignants ou des chasseurs ; • lesmodalités d’actionse sont également profondément transformées. Les syndicats d’abord ne sont plus les seuls représentants des mouvements collectifs.A leur côté naissent des coordinations, des collectifs ou des associations comme celles qui défendent les chômeurs ou le droit au logement.Les formes de l’action se transforment.A la grève traditionnelle et au défilé de rue s’ajoutent à présent des actions spectaculaires pour attirer les médias.Grèves de la faim,destructions de produits dans les grandes surfaces, séquestrations ou occupations illégales publicisent ainsi l’événement pour sensibiliser l’opinion. Enfin, il convientde relever que l’action collective ne se limite plus au seul territoire national. Elle tend à mobiliser le citoyenpar-delà les frontières, quece soit pour lutter contre la mondialisation libérale des échanges avec les alter mondialistes,contre la pollution mondiale avec Greenpeace ou pour la défense des droits de l’homme.
Théories et auteurs
KarlMarx«(1818-1883) considère que le conflit est l’unique moteur du changement des sociétés.patricienHomme libre et esclave, et plébéien,baron et serf,maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseur et opprimé,en opposition constante,ont mené une guerre ininterrompue[...]qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la ruine commune des classes en lutteManifeste du parti communiste,». (Lesociété se caractérise par son mode et ses rapports delui, toute 1848). Pour production (matérialisme historiqueou capitalisme,esclavage, féodaliténe se réalisent que).Toutes les transformations sociales, par la révolte de la classe dominée contre la classe dominante. Dans la société capitaliste, la bourgeoisie détient les moyens de la production économique et exploite la classe ouvrière, selon Marx pour deux raisons : • d’abord, parce que la classe bourgeoise s’organise pour qu’il y ait une «armée de réserve d’ouvriers sans emploi», qualifiéeaussi d’«armée de réserve industrielleles ouvriers sont obligés de «présence de ces chômeurs,». Par laréfréner leurs prétentions» en matière de salaire ; • ensuite et surtout, en ne rétribuant pas l’ouvrier à la juste valeur de son travail, ce que Marx appelle la «confiscation de la plus-valueeffet, laclasse bourgeoise ne verse que le minimum nécessaire à la «». Enreproduction de sa force de travailun», c’est-à-dire salaire en fonction du prix des denrées alimentaires permettant seulement à l’ouvrier de survivre physiquement pour pouvoir travailler. Orla valeur de la production du travail de l’ouvrier est supérieure à la rémunération versée.Cette plus-value confisquée par la bourgeoisie permet à celle-ci d’accumuler alors du capital et d’investir. Pour Marx,la notion de classe est donc étroitement liée à la position des individus dans le rapport de production.Seul un conflit violent de lutte de classes peut faire évoluer la société vers «l‘appropriation collective des moyens de production», c’est-à-direle communisme. De nombreux auteurs se sont opposés au schéma marxiste faisant de la lutte des classes la seule base du changement social. Le sociologue allemand GeorgSimmeldans les relations entre les individus commeestime que le conflit est naturel,(1858-1918) dans les relations entre Etats.Le conflit a donc pour objectif de régler les désaccords et participe,une fois l’accord réalisé,au processus de renforcement du lien social. HenriMendras(1927-2003) constate que le développement d’une large classe moyenne rend caduque la bipolarisation marxiste des classes.Cette moyennisation de la société apporte un champ beaucoup plus vaste à des revendications qui vont porter sur de nouvelles valeurs et non plus seulement sur des revendications d’ordre économique. Pour RalfDahrendorfcomme le pensaitle conflit ne repose plus,en 1929,, néMarxIl reposel’accès au pouvoir économique., sur à présent sur l’accès à l’autorité et oppose ceux qui ont le pouvoir de décision à ceux qui le subissent. Le sociologue RonaldInglehartestime que l’évolution du système capitaliste a apporté la satisfaction des besoins matériels dans les pays industriels.En conséquence,la base des conflits s’orienterait vers des revendications « postmatérialistes » comme une plus grande qualité de vie ou une plus grande autonomie dans le travail. Enfin, pour AlainTouraineen 1925,dans nos sociétés actuelles qu’il qualifie de «, népost-industrielles» ou de «programmées», la base du conflit reposerait sur la conquête de la direction de l’information.Pour lui, la technocratie et les médias imposent un modèle de conduite sociale.Il convient donc de combattre cette domination culturelle pour faire évoluer la société «dans la maîtrise de l’historicitéen orientant l’image et », c’est-à-direle modèle de la société à venir.Il considère que :«c’est depuis Mai[1968] que les mouvements sociaux ne se subordonnent plus à l’action des partis,que le champ de contestation s’est étendu à presque tous les secteurs de la vie culturelle et de l’organisation socialeDès lors,. »ce qu’il appelle les «nouveaux mouvements sociaux» ne concernent plus seulement les mouvements ouvriers mais beaucoup plus largement la société tout entière.Ces mouvements mettent en jeu de nouveaux acteurs revendiquant une reconnaissance identitaire :les femmes,les homosexuels ou les écologistes. Il considère en outre que tout mouvement social doit répondre à trois principes : • unprincipe d’identitélequel le groupe prend conscience des intérêts communs à défendre et de l’orientation à prendre ;, par • unprincipe d’opposition: legroupe identifie les opposants à la revendication ;
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Série ES
• unprincipe de totalitégrâce auquel le projet de modification de l’ordre social légitime l’action à entreprendre vis-à-vis de l’opinion publique.
Leparadoxe d’Olsonl’économiste américain Mancurson livre La Logique de l’action collective paru en 1966,. DansOlson (1932-1998) analyse les conséquences de la montée de l’individualisme dans nos sociétés.Lorsqu’une action collective réussit,les avantages obtenus bénéficient à tous les salariés,qu’ils aient ou non participé au mouvement.Il observe alors que cela développe chez certains un mouvement calculateur de free rider ou « cavalier seul » aboutissant au paradoxe suivant :l’individu souhaite le succès de l’action collective pour en retirer des avantages,mais ne désire pas y participer pour ne pas perdre de temps et d’argent. Ce paradoxe permet en particulier d’expliquer la réduction du nombre des conflits sociaux et le recul du syndicalisme dans nos sociétés.
Repères historiques
Sous l’Ancien Régime,ce sont les maîtres des corporations qui fixent les conditions de travail et la rémunération des salariés ou compagnons. Lescorporations sont interdites à la Révolution par la loiLe Chapelierde 1791, il faut attendre 1864 pour voir reconnaître le droit de grève,et la loiWaldeck-Rousseaude 1884 pour que soient autorisés les syndicats.C’est le début de l’institutionnalisation des conflits :le syndicat devient une force de construction et de proposition à partir des revendications protestataires des salariés.
Les avantages obtenus par les luttes syndicales sont nombreux.La durée de travail passe en 1900 de 12 heures à 10 heures par jour. Le repos hebdomadaire obligatoire est institué en 1906 et les conventions collectives en 1919.Le Front populaire accorde en 1936 deux semaines de congés payés par an aux salariés.
Mais après la période desTrente Glorieuses,le syndicalisme connaît une crise durable.Le taux de syndicalisation ou rapport entre le nombre de syndiqués et celui de salariés est en recul constant.En France,selon l’OCDE, il est passé de 22,3 % en 1970 à 17,5 % en 1980 et 9,8 % en 1990.Il est toujours à présent de moins de 10 %. De nombreuses raisons expliquent cette crise : • la montée duchômagedes emplois à durée déterminée rend plus difficile la mobilisation sociale ;et • latertiarisationentraîne une hétérogénéité des salariés, de leurs qualifications et de leurs préoccupations qui rendde la société plus complexe la réalisation d’actions unitaires ; • l’absorption dans des tâches degestion administrativecomités d’entreprise, ou une politisation très forte peuvent, comme les détourner une partie des salariés de la syndicalisation au profit des coordinations ou des mouvements ponctuels ; • représentants nécessaires, à l’époque fordiste, entre la masse des ouvriers et la direction, les syndicats voient leur implantation fragilisée par laréduction du personneldans les entreprises due à la robotisation et au développement de multiples PME dans le secteur tertiaire ; • certainsleur reprochent d’être trop attachés à la protection des intérêts acquis et de ne pas tenir compte suffisamment de l’évolution de la société; • lesdélocalisationsréduction des effectifs de la population enfin, jointes à laouvrière, expliquent également la baisse du taux de syndicalisation.
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