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Cours économie - série ES : les déterminants de l’investissement

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Fiche de révision économie : Les déterminants de l’investissement
I - Notions de base
II - Problèmes économiques et sociaux
III - Théories et auteurs
IV - Repères historiques
Un pays ne saurait connaître de croissance forte et durable si les entreprises ne réalisent pas d’investissements, sur son territoire ou à l’étranger. Quelles sont les raisons qui vont déterminer l’entreprise à investir ou, à l’opposé, la freiner et la dissuader d’investir ?
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ECONOMIE
I - Notions de base II - Problèmes économiques et sociaux III -Théories et auteurs IV - Repères historiques
Série ES
Un pays ne saurait connaître de croissance forte et durable si les entreprises ne réalisent pas d’investissements,sur son territoire ou à l’étranger. Quelles sont les raisons qui vont déterminer l’entreprise à investir ou,à l’opposé,la freiner et la dissuader d’investir ?
I - Notions de base
On appelleinvestissementles dépenses engagées par l’entreprise pour améliorer ses capacités de production. Cette amélioration peut revêtir deux formes. La première,appeléeamortissement, apour objet de remplacer des machines usées ou encore obsolescentes,c’est-à-dire dépassées par le progrès technique. La seconde est destinée à acquérir de nouvelles machines afin d’augmenter la production de l’entreprise. On appelleinvestissement brutl’ensemble de ces deux formes. Mais, pour mieuxcerner l’investissement qui permettra d’augmenter la production de l’entreprise,on parlera d’investissement net, enretranchant les amortissements de l’investissement brut.
Laformation brute de capital fixe(FBCF) désigne l’ensemble des investissements réalisés par un pays sur une année.Cette évaluation réalisée par l’Insee reprend : • le total des investissements productifs des entreprises ; • les investissements réalisés par les administrations publiques,comme la construction de routes ou d’écoles ; • les achats immobiliers des ménages.
L’investissement productifdéfinit, dans laFBCF, lesseuls investissements des entreprises, puisque, à l’opposé des dépenses en bâtiment de l’Etat ou des logements des particuliers, ils permettent seuls de produire des biens.
Le taux d’investissement mesure l’effort d’un pays en matière d’investissement.Il est calculé suivant la formule :
On distingue plusieurs modalités d’investissement : • l’investissement matérieldésigne l’acquisition de machines par l’entreprise ; • l’investissement immatériel définità lal’ensemble des dépenses que l’entreprise consacre à la formation du personnel, recherche-développement ou à la publicité. En effet ces dépenses,en accroissant ses ventes,lui permettent d’augmenter sa production. Lapart de ce type d’investissement progresse de plus en plus dans nos sociétés où les entreprises cherchent à augmenter leur compétitivité par la réalisation de produits nouveaux ou plus performants ; • l’investissement de capacitéles capacités de production de l’entreprise par l’acquisition de nouvellesa pour objet d’accroître machines, souventpour répondre à une forte augmentation de la demande ; • l’investissement de productivitéou derationalisationdéfinit la politique de l’entreprise à maintenir un même niveau de production mais en réduisant les coûts du personnel en le remplaçant par des machines.
On relèvera que l’investissement de capacité est en principe créateur d’emploi alors que l’investissement de productivité ou de rationalisation a plutôt pour effet de le réduire.
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ECONOMIE
Série ES
Le bénéfice de l’entreprise,qui est l’un des moyens de financer ses investissements,est défini en économie par l’excédent brut d’exploitationles charges fiscales et les dépenses liées à la rémunération(EBE). Il est obtenu en soustrayant de la valeur ajoutée du personnel.L’EBE va permettre à l’entreprise de rémunérer ses actionnaires (dividendes) et de constituer une épargne brute qui financera ses investissements (autofinancement).
Lavaleur ajoutéeest la différence entre la valeur des biens ou services produits et la valeur des consommations intermédiaires utilisées dans le processus de production. Cette valeur ajoutée fait l’objet d’un partage entre tous ceux qui ont contribué à cette production,les propriétaires et les salariés de l’entreprise.Il est rappelé que la valeur ajoutée est à la base du calcul du Produit intérieur brut du pays. Letaux de margepermet de calculer la rentabilité derapport de l’excédent brut d’exploitation sur la valeur ajoutée,, ou l’entreprise.
On peut définir letaux d’intérêtcomme le loyer de l’argent.mais pour l’entreprise,c’est le coûtPour l’épargnant,c’est un revenu, à payer pour financer ses investissements.Pour l’Europe,c’est à présent la Banque centrale européenne (BCE) qui en détermine le montant (taux directeurs) en relation étroite avec la défense de l’euro contre l’inflation.
Letaux d’intérêt nominalEn revanche,on parlera dedésigne le montant du taux inscrit sur le contrat de prêt.taux d’intérêt réelpour définir le taux d’intérêt diminué de l’inflation.
L’efficacité marginale du capital définitrapport entre le rendement attendu etC’est le la rentabilité de l’investissement. le coût de l’investissement.Le chef d’entreprise ne se décidera à investir que si le bénéfice est supérieur au financement de l’investissement.
II - Problèmes économiques et sociaux
La relation croissance-investissement
L’investissement entraîne une croissance forte car il agit à la fois sur la demande et sur l’offre. Le rôle moteur de l’investissement sur la demande économique a été souligné parKeynesde l’entreprise est. L’investissement une demande de machines auprès des producteurs de biens d’équipement.Ces derniers vont donc acheter des matières premières et des produits semi-finis,voire embaucher et donc relancer croissance et activité économique.Mais Keynes a surtout développé l’effet multiplicateurl’investissement qui entraîne une croissance plus forte que son montant initial.de
Ce côté exponentiel de l’investissement avait déjà été souligné en 1917 par l’économiste J.M.Clarkle nom d’ souseffet accélérateur. Onpeut résumer cet effet d’accélération en disant que suite à un investissement,l’entreprise va connaître une augmentation de ses ventes. L’accroissement de son bénéfice qui va en résulter l’incitera à nouveau à investir. On constate ainsi une progression ou une accélération plus que proportionnelle à la première demande initiale de l’investissement.
KeynesAinsi, l’investissementmais à partir du revenu qu’il entraîne.va développer cet aspect multiplicateur de l’investissement, d’une entreprise conduit les salariés de l’usine produisant les machines commandées à bénéficier de revenus supplémentaires.Ils vont donc les dépenser en achetant d’autres biens de consommation qui vont eux-mêmes engendrer des revenus supplémentaires pour d’autres salariés qui,à leur tour,vont augmenter leurs achats.L’augmentation de cette demande dans différents secteurs conduit à multiplier la croissance bien au-delà du montant initial de l’investissement.
Cet effet multiplicateur sera d’autant plus élevé que lapropension marginale à consommerc’est-à-dire que lesera forte, salarié consacrera à consommer la majeure partie du supplément de revenu qu’il perçoit. L’investissement joue donc un rôle déterminant sur la croissance économique en raison de l’augmentation de la demande qu’il suscite. Maisil contribue également au développement économique par l’augmentation de l’offre qu’il entraîne.
L’investissement de remplacement,ou amortissement,permet une amélioration de la productivité de l’entreprise par l’utilisation de machines neuves plus performantes. L’investissement de productivité ou de rationalisation,par la réduction de coûts de personnel qu’il entraîne,conduit l’entreprise à pouvoir baisser le prix du produit. Cette amélioration de sa compétitivité-prix lui permet d’augmenter ses parts de marché et donc d’accroître sa production.
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ECONOMIE
Les déterminants de l’investissement
Série ES
On distingue : • lademande anticipéedemande, appeléeeffectiveparKeynes. Lorsquel’entreprise anticipe une augmentation durable de la consommation de ses produits et que ses propres capacités de production sont saturées,elle sera conduite à investir ; • larentabilitési ellePour cela,. L’entreprise, avantcalculer les profits futurs que va lui procurer le capital investi.d’investir, va finance son investissement par l’emprunt,elle va comparer le taux d’intérêt de l’emprunt et le taux de rendement de l’investissement. D’où l’importance du niveau du taux d’intérêt.Lorsque celui-ci est faible,cela entraîne ce que l’on appelle uneffet de levier. L’entreprise a en effet avantage à emprunter lorsque les taux sont faibles,plutôt que d’utiliser ses propres capitaux,car la rentabilité de l’investissement sera supérieure au remboursement de l’emprunt et de ses intérêts ; • lasituation financière de l’entreprisene recherchera pas à augmenter sonelle est déjà fortement endettée,. Si l’entreprise passif pour financer de nouveaux investissements.Au contraire, elle utilisera l’augmentation de ses profits pour alléger ses dettes.A l’inverse, uneentreprise disposant de fonds propres oucash flowimportants, seraincitée à réaliser de nouveaux investissements ; • lecoût des facteurs de production. Sil’entreprise sera incitée à recourir à l’investissement pourle coût du travail augmente, augmenter sa production.Inversement, si lecoût du capital emprunté est élevé,l’entreprise préférera embaucher du personnel pour faire face à l’augmentation de la demande ; • letaux d’utilisation des capacités productives. Unesous-utilisation des machines ne favorisera pas l’investissement de l’entreprise. Enrevanche, si lesmachines fonctionnent à plein régime,l’entreprise sera incitée à investir pour répondre à toute augmentation de la demande.
Le financement de l’investissement
L’épargne est le seul fondement du financement de l’investissement.Mais cette épargne présente des formes diverses sur le marché économique.
Elle peut avoir été constituée par l’entreprise elle-même,à partir des profits dégagés au cours de son activité productive.On l’appelle alorsautofinancementoufinancement internede l’entreprise.Elle présente l’avantage de financer les investissements sans les coûts d’intérêt attachés à l’emprunt et de garder l’autonomie de gestion de l’entreprise.
L’épargne peut aussi être constituée par les dépôts des ménages auprès desbanquespourra emprunter. Dans cecas, l’entreprise auprès des banques,les intermédiaires financiers,le montant nécessaire pour financer ses investissements,mais en acquittant un coût financier plus ou moins important suivant les taux d’intérêt.
L’épargne enfin peut provenir dumarché financier, investisseurs institutionnelset ménages,sous la forme d’une augmentation du capital de l’entreprise par l’émission d’actions en bourse. Cette formule présente l’avantage pour l’entreprise de ne pas s’endetter, mais l’inconvénient de modifier son autonomie de direction par l’entrée de nouveaux actionnaires. Banques et marché financier constituent lefinancement externede l’entreprise.
III - Théories et auteurs
Leséconomistes classiquesestiment, selonla théorie du marché,que letaux d’intérêt équilibre épargne et investissement. Mais l’épargne est d’abord préexistante et,en fonction de son importance,favorisera plus ou moins les besoins de financement de l’entreprise. Il fautdonc encourager son développement afin d’assurer le financement des investissements.A cette fin, toute hausse du taux d’intérêt incitera les ménages à accroître leur épargne.
J.M.Keyneslui, ce n’est pas le taux d’intérêt qui conditionne l’épargne mais les’oppose à cette analyse. Pour revenu. L’augmentation du revenu entraîne une augmentation de la propension à épargner.Par ailleurs, il pense que l’épargne ne stimule pas l’investissement, mais au contraire le réduit.Plus l’épargne est importante,moins la consommation sera forte et moins le chef d’entreprise sera incité à investir et créer des emplois. « La meilleure estimation que je puisse hasarder est que toutes les fois que vous économisez cinq shillings,vous privez un homme de travail pendant une journée.[…]Par contre,toutes les fois que vous achetez des marchandises, vous contribuez à multiplier les emplois offerts aux travailleurs.[…]que « l’expansion se caractérise par un excès de l’investissement sur l’épargne et que la récession se caractérise». Il ajoute par un excès de l’épargne sur l’investissement.»
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IV - Repères historiques
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L’investissement immatériel, qui prend de nos jours une importance de plus en plus grande,repose en particulier sur une meilleure formation professionnelle du personnel.Cette formation,que l’on appelle lecapital humaindésigne l’ensemble desen économie, compétences et expériences professionnelles des travailleurs permettant d’accroître la capacité productive de l’entreprise.
e Dès le XVIIIsiècle,AdamSmithaussi efficace selon lui qu’un investissement : «avait déjà relevé l’importance du capital humain,Un homme qui a dépensé beaucoup de temps et de travail pour se rendre propre à une profession qui demande une habileté et une expérience extraordinaires, peutêtre comparé à une de ces machines dispendieuses.»
L’économiste autrichienBöhm-Bawerk(1851-1914) a défini la nature de l’investissement comme «un détour de production». En effet, grâceà une suspension partielle de la production et donc de la consommation,il est possible de constituer une épargne qui va financer l’investissement.Ce dernier permettra alors,en rendant le travail plus efficace,d’augmenter la production et la croissance en général.Produire plus implique donc de ne pas tout consommer,mais ce «détour» permet de produire plus ultérieurement et de consommer davantage.
Au cours desTrente Glorieusesfinancement de l’investissement des entreprises était constituée par des, lamajeure partie du emprunts bancaires. Cette période a d’ailleurs été qualifiée d’« économie d’endettement ». Les raisons en étaient la faiblesse des taux d’intérêts et un taux d’inflation important qui allégeait progressivement les remboursements d’emprunts.Ces deux phénomènes développaient cet « effet de levier » qui permet à l’entreprise d’obtenir un profit supérieur au montant des remboursements à effectuer.
Mais, àpartir desannées quatre-vingt, l’augmentationdes taux d’intérêt et une politique de lutte contre l’inflation conduisent les entreprises à réduire leur recours à l’emprunt. Elles trouvent alors plus rentable de financer leurs investissements sur le marché financier.Ainsi, entre1982 et 1999 (source COB) le montant des émissions d’actions et d’obligations a triplé à la Bourse de Paris. La politique de lutte contre l’inflation des années quatre-vingt a également conduit à une évolution du partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise. La mise en place d’une politique de rigueur salariale a fait augmenter le taux de marge au bénéfice de l’entreprise et au détriment de la part des salariés.Cela a permis d’augmenter l’autofinancement en application du théorème du chancelier allemand HelmutSchmidt: «Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après demain.»
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