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La France et l'Algérie entretiennent des rapports complexes Cent trente deux années de présence française en Algérie une guerre de sept ans six décennies d'immigration des Algériens vers la France ont créé une relation absolument unique et singulière Une relation passionnelle faite d'une attraction répulsion réciproque et largement irrationnelle Concevoir un avenir commun entre la France et l'Algérie est pourtant un devoir impérieux pour les deux pays notamment en matière de sécurité et de défense La Méditerranée qui les sépare est redevenue une priorité stratégique pour le monde La nécessité de garantir les approvisionnements énergétiques l'importance des flux migratoires en provenance du Sud la menace du terrorisme islamiste imposent la France comme l'Algérie de s'engager dans une coopération exemplaire pour prévenir et juguler les crises

169 pages

  • cours - matière potentielle : des hydrocarbures

  • mémoire - matière potentielle : master

  • mémoire


1 RÉSUMÉ La France et l'Algérie entretiennent des rapports complexes. Cent-trente-deux années de présence française en Algérie, une guerre de sept ans, six décennies d'immigration des Algériens vers la France ont créé une relation absolument unique et singulière. Une relation passionnelle faite d'une attraction-répulsion réciproque et largement irrationnelle. Concevoir un avenir commun entre la France et l'Algérie est pourtant un devoir impérieux pour les deux pays, notamment en matière de sécurité et de défense. La Méditerranée qui les sépare est redevenue une priorité stratégique pour le monde. La nécessité de garantir les approvisionnements énergétiques, l'importance des flux migratoires en provenance du Sud, la menace du terrorisme islamiste, imposent à la France comme à l'Algérie de s'engager dans une coopération exemplaire pour prévenir et juguler les crises. Cependant, qu'il s'agisse de l'éternel problème des visas ou de l'instrumentalisation de l'histoire coloniale par le nationalisme arabe ou le lobby pied-noir, les actions de coopération bilatérale ne sont jamais à l'abri de la surenchère politique sur chacune des rives de la Méditerranée. Il existe également des interrogations sur la capacité de la France à déployer en faveur de sa coopération militaire avec l'Algérie des moyens à la hauteur du « partenariat d'exception » officiellement engagé entre les deux Etats. Le cadre bilatéral apparaît en fait comme structurellement inadapté au développement de la coopération entre les armées françaises et algériennes.

  • algérie

  • immigration

  • année de service militaire

  • abri de la surenchère politique

  • coopération militaire

  • grille d'explication des échecs de la politique d'assimilation de l'immigration récente

  • priorité stratégique pour le monde

  • coopération militaire avec l'algérie des moyens


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RÉSUMÉ






La France et l’Algérie entretiennent des rapports complexes. Cent-trente-deux années
de présence française en Algérie, une guerre de sept ans, six décennies d’immigration des
Algériens vers la France ont créé une relation absolument unique et singulière. Une relation
passionnelle faite d’une attraction-répulsion réciproque et largement irrationnelle. Concevoir
un avenir commun entre la France et l'Algérie est pourtant un devoir impérieux pour les deux
pays, notamment en matière de sécurité et de défense. La Méditerranée qui les sépare est
redevenue une priorité stratégique pour le monde. La nécessité de garantir les
approvisionnements énergétiques, l’importance des flux migratoires en provenance du Sud, la
menace du terrorisme islamiste, imposent à la France comme à l’Algérie de s’engager dans
une coopération exemplaire pour prévenir et juguler les crises.

Cependant, qu’il s’agisse de l’éternel problème des visas ou de l’instrumentalisation de
l’histoire coloniale par le nationalisme arabe ou le lobby pied-noir, les actions de coopération
bilatérale ne sont jamais à l’abri de la surenchère politique sur chacune des rives de la
Méditerranée. Il existe également des interrogations sur la capacité de la France à déployer en
faveur de sa coopération militaire avec l’Algérie des moyens à la hauteur du « partenariat
d’exception » officiellement engagé entre les deux Etats. Le cadre bilatéral apparaît en fait
comme structurellement inadapté au développement de la coopération entre les armées
françaises et algériennes.

Pour influencer son partenaire algérien sans être nettement identifiée comme initiatrice, la
France a intérêt à porter ses efforts vers les institutions militaires multilatérales. Le Dialogue
Méditerranéen de l’OTAN est dans cette optique un outil remarquable. L’Armée algérienne y
a fait la preuve de sa détermination à rompre avec les années d’isolement international et à se
rapprocher des modes opératoires des armées occidentales. Seulement, l’influence des
Américains dans l’orientation du DM est telle que les Français ne peuvent entretenir beaucoup
d’illusions quant à l’éventualité de s’en servir pour convertir l’Algérie à leur conception de la
sécurité en Méditerranée. L’Europe, elle, peut non seulement contribuer à gommer les
contradictions de l’impossible couple franco-algérien mais également offrir à la France un
formidable multiplicateur d’influence. En s’appuyant sur une mutualisation des moyens
militaires des Européens du sud, en offrant un partenariat plus souple que celui de l’OTAN,
en favorisant une intégration maghrébine profitable aux Algériens, la France a peut-être
découvert avec le « 5+5 Défense » la clé d’une relation équilibrée et attrayante pour l’Algérie.








"L’Université n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises
dans ce mémoire. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur."
1 Bruno CALLA DU FAŸ







LA COOPÉRATION MILITAIRE
FRANCO-ALGÉRIENNE





















VERS UNE MARGINALISATION DES RELATIONS BILATÉRALES
AU PROFIT DE L’OTAN ET DE L’UNION EUROPÉENNE ?












MÉMOIRE DE MASTER 2 RECHERCHE RELATIONS INTERNATIONALES
SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR LE PROFESSEUR FRANÇOIS GRESLE
UNIVERSITÉ DE PARIS I SORBONNE – 2006
2





















« Vive l’Algérie !

Gloire à ceux qui sont morts pour elle afin que d’autres
puissent lever la tête et crier leur délivrance à la face de
l’humanité honteuse et complice. Mais quand l’Algérie vivra
et lèvera la tête, je souhaite qu’elle se souvienne de la France
et de tout ce qu’elle lui doit. […]

Vive la France, telle que je l’ai toujours aimée. Vive
l’Algérie, telle que je l’espère. Honte aux criminels ! Honte
aux tricheurs ! »

Mouloud Feraoun, Journal. 1955-1962, 1962.















3 INTRODUCTION






Concevoir un avenir commun entre la France et l'Algérie est un devoir impérieux pour
les deux pays. Cent-trente-deux années de présence française en Algérie, une guerre de sept
ans, six décennies d’immigration des Algériens vers la France ont créé une relation unique
comme les deux Etats n’en entretiennent avec aucun autre. Une relation passionnelle faite
d’une attraction-répulsion réciproque et largement irrationnelle.

Pour la nation algérienne, accouchée dans la douleur d’une impitoyable guerre
d’indépendance doublée d’une guerre civile, la lutte contre l’oppresseur français est un mythe
fondateur indépassable dont la mémoire est le ciment de l’unité de la patrie. Cette blessure, au
cœur de l'identité algérienne, l'hymne national la brandit à la face du monde :

"Ô France ! Le temps des palabres est révolu
Nous l'avons clos comme on ferme un livre
Ô France ! Voici venu le jour où il faut rendre des comptes !
Prépare-toi ! Voici notre réponse !
Le verdict, notre Révolution le rendra
Car, nous avons décidé que l'Algérie vivra
1Soyez-en témoin !"

C’est pourtant vers la France, vers sa tolérance politique, sa prospérité économique, sa langue
et sa culture, que des millions d’Algériens continuent à se tourner avec l’espoir d’un asile,
d’une vie meilleure, et d’une ouverture intellectuelle sur l’Occident. De tous les peuples du
monde, c’est aux Algériens que la France accorde le plus de visas d’entrée sur son territoire.

Pour des millions de Français, l’Algérie est la terre des ancêtres ou celle des années de service
militaire, le rappel d’un passé recomposé, douloureux ou idéalisé. Elle est surtout presque
toujours la clé de compréhension du monde arabe et musulman et la grille d’explication des
échecs de la politique d’assimilation de l’immigration récente à la Communauté nationale. La
France, devenue en quelques années le premier pays musulman d’Europe, dirige de plus en
plus fréquemment son regard vers l’Algérie pour appréhender l’ébullition internationale et

1 Extrait de la traduction française de l'hymne national algérien écrit par Mufdi Zakariah. www.el-mouradia.dz.
4 exorciser ses propres démons. Depuis qu’au milieu des années quatre-vingt-dix la guerre
civile algérienne a exporté sa terreur au nord de la Méditerranée, l’imaginaire des Français
associe immigration, islam, et Algérie dans une représentation terrifiante. La révolte des
banlieues à l’automne 2005 a accentué un peu plus encore les peurs et nourri le repli
identitaire.
Pourtant, le père fondateur de la relation bilatérale, Charles de Gaulle, clamait dès 1963 sa foi
2dans « le grand avenir » de la coopération franco-algérienne. Même en comité restreint, le
Général prescrivait que « les rapports de la France et de l’Algérie doivent devenir un modèle
3de relations entre le monde occidental et les pays sous-développés. »

Quarante années après les orientations gaulliennes, Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika
formulent le même vœu, quasiment au mot près. Conclue à l’occasion de la première visite en
Algérie d’un chef d’Etat français depuis l’Indépendance, la Déclaration d’Alger du 2 mars
2003 exprime solennellement la volonté des deux pays de s’engager en faveur de
« l’instauration de rapports privilégiés et d’un partenariat d’exception ayant vocation à se
4poser comme modèle de coopération dans la région et dans les relations internationales. »

La France et l’Algérie sont condamnées à s’entendre. Depuis la fin de la guerre froide, la
Méditerranée qui les sépare est redevenue une priorité stratégique pour le monde. D’abord
parce qu’autour de cette mer, tout à la fois lieu de métissage et zone de fracture,
l’interdépendance des pays du Nord et du Sud ne cesse de croître. Qu’elle soit économique ou
culturelle, la modernité s’est faite univoque, occidentale. La globalisation des échanges, les
mouvements de population, la circulation des informations et des images fondent entre nous
un monde unique même s’il est divers. Ensuite parce que les bouleversements survenus sur la
rive sud ont une répercussion presque immédiate sur les pays du Nord. L’exportation du
terrorisme islamiste est venue rappeler que la sécurité de l’Union Européenne et des Etats-
Unis dépend étroitement de la stabilité de l’espace méditerranéen. La crise politique et surtout
sociale qui guette le Maghreb tout entier pourrait avoir des conséquences plus considérables
encore sur l'Europe voisine et sur les cours des hydrocarbures, c'est-à-dire sur l'économie
mondiale.

2 A l’issue du conseil des ministres du 24 janvier 1963. Cité in Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Paris,
Gallimard, collection Quarto, 2002, p.403.
3 A l’issue du conseil des ministres du 30 janvier 1963. Cité Ibid., p.405.
4 Déclaration commune à Alger de Jacques Chirac et d’Abdelaziz Bouteflika, 2 mars 2003. www.ambafrance-
dz.org.
5 C’est pour anticiper ces tensions, c’est pour tenter de les désamorcer que la France et
l’Algérie doivent collaborer. Cette coopération doit viser à diversifier le tissu économique
algérien pour créer des emplois. Les entreprises, les grandes écoles, les universités françaises
ont la capacité d’intensifier leurs échanges avec leurs homologues algériennes. Mais ce
développement, cette acquisition de savoir-faire, cette insertion dans la compétition mondiale,
ne peut se concevoir que dans la confiance de tous les acteurs, Algériens et Français, dans la
stabilité du pays. Une stabilité pour laquelle, là encore, la France peut œuvrer.


Tout au long de la décennie sanglante, les services de sécurité français et algériens
n’ont jamais cessé de communiquer. Les renseignements sur les groupes de l’islam radical ont
toujours circulé de part et d’autre de la Méditerranée puisque la menace se joue des frontières.
La lutte contre le terrorisme a créé une solidarité entre les polices que les attentats du 11
septembre 2001 sont venus renforcer. La coopération militaire franco-algérienne n’a en
revanche pas bénéficié d’une même continuité.
L’interruption du processus électoral en janvier 1992 et le déchainement de violences qui l’a
suivi ont conduit la France à suspendre les activités militaires bilatérales et surtout à
interrompre, de facto, la livraison d’armes offensives à l’Armée nationale populaire. Seules la
formation en France de quelques officiers algériens dans des domaines non sensibles et la
cession anecdotique d’équipements défensifs ont permis de maintenir des contacts entre les
deux armées. Il s’agissait pour les gouvernements français successifs de ne pas paraître
cautionner l’éradication physique des islamistes par le système politique militarisé en place à
Alger.
Ce n’est qu’avec l’élection d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République en avril
1999 que le régime algérien a paru de nouveau fréquentable. La défaite militaire de la plupart
des maquis djihadistes, le désengagement, au-moins en apparence, de l’Armée de la scène
politique, et l’activisme diplomatique déployé par le Président Bouteflika ont autorisé la
réhabilitation progressive de l’image internationale de l’Algérie. En mai 2000, après onze
années sans aucune visite d’un haut gradé de l’Armée française, un vice-amiral, accompagné
d’une frégate, se rend à Alger. Premier acte d’une reprise du dialogue à tous les niveaux
qu’est venu consacré en juillet 2004 le déplacement dans la capitale algérienne de Michèle
Alliot-Marie, le premier d’un ministre français de la Défense depuis l’Indépendance.
Depuis plus de deux ans, cette refondation des relations militaires bilatérales se matérialise
par des réunions d’état-major annuelles, la croissance de l’offre de formation française, de
6 nombreux séminaires, ainsi que des exercices conjoints des marines des deux pays tant en
France qu’en Algérie.

La reprise progressive de la coopération militaire franco-algérienne demeure cependant
incroyablement fragile et modeste au regard des enjeux.
En 2004, Michèle Alliot-Marie s’est rendu à Alger avec la volonté « de tourner la page, sans
oublier l’histoire, mais avec la volonté de construire ensemble l’avenir. » Un avenir que
devait sceller la signature d’un accord-cadre de coopération pour rapprocher les militaires des
deux pays dans tous les domaines, y compris l’armement, et leur permettre dans un proche
avenir de « travailler efficacement ensemble » sur des théâtres d’opérations extérieures.
L’accord prendrait ensuite place dans le Traité d’amitié prévu par la Déclaration d’Alger de
5mars 2003.
La complexité des rapports franco-algériens n’a pourtant pas tardé à remettre en cause ce beau
succès diplomatique. Qu’il s’agisse de l’éternel problème des visas ou de l’instrumentalisation
de l’histoire coloniale par le nationalisme arabe ou le lobby pied-noir, les actions de
coopérations bilatérales ne sont jamais à l’abri de la surenchère politique sur chacune des
rives de la Méditerranée. Depuis qu’en février 2005 quelques députés nostalgiques de
6l’Algérie française se sont lancés dans une politisation irresponsable de l’histoire , il ne se
7passe pas de semaine sans qu’un officiel algérien, et singulièrement le premier d’entre eux ,
n’assimile la France coloniale à la terreur nazie. Autant dire que le Traité d’amitié qui devait
être conclu en 2005 et relancer la coopération tous azimuts est compromis pour longtemps.
Au-delà des difficultés inhérentes à la dimension passionnelle de la relation franco-algérienne,
il existe également des interrogations sur la capacité de la France, et même parfois sur sa
détermination réelle, à déployer en faveur de sa coopération militaire avec l’Algérie des
moyens à la hauteur d’un « partenariat d’exception ». Les exportations d’armements et le
volume des formations demeurent largement inférieurs aux attentes immédiates des militaires
algériens.

5 Entretien avec RTL, 19 juillet 2004. www.ambafrance-dz.org.
6 La loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français
rapatriés » stipule dans son article 4 : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la
présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des
combattants de l’Armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. »
7 Dans la droite ligne de nombreux autres précédents, le Président Bouteflika a notamment déclaré lors de sa
visite à Constantine le 16 avril 2006 : « Ce [la colonisation] n'était pas seulement un génocide contre le peuple
algérien, mais un génocide contre l'identité algérienne. C'est une entreprise d'acculturation, de dépersonnalisation
destinée à anéantir l'âme, la personnalité et l'identité algérienne ainsi que ses fondements. » Cité in Samar Smati,
Liberté, 18 avril 2006.
7 Au total, le cadre bilatéral apparaît comme structurellement inadapté au développement de la
coopération entre l’Armée française et l’ANP. Mais ce que les deux pays ne parviennent à
faire en tête à tête, ne pourrait-on le réaliser dans un cadre plus large ? La France n’a-t-elle
pas intérêt à porter ses efforts vers les institutions militaires multilatérales pour influencer son
partenaire algérien sans être nettement identifiée comme initiatrice ?

En mars 2000, l’Algérie a rejoint le Dialogue Méditerranéen de l’OTAN. L’Armée algérienne
y a aussitôt fait la preuve de sa détermination à rompre avec les années d’isolement
international et à se rapprocher des modes opératoires des armées occidentales. Son
engagement remarqué a même été un moteur puissant de la transformation croissante depuis
2004 du Dialogue en un véritable partenariat avec des objectifs de coopération opérationnelle.
Les militaires français et algériens peuvent d’ores et déjà y construire une relation de
confiance sans risquer de se voir entraver à tout moment par les tensions politiques.
Seulement, l’influence des Américains dans l’orientation de ce remarquable outil est telle que
les Français ne peuvent entretenir beaucoup d’illusions quant à l’éventualité de s’en servir
pour convertir l’Algérie à leur conception de la sécurité en Méditerranée.
L’Europe, elle, pourrait non seulement contribuer à gommer les contradictions de l’impossible
couple franco-algérien mais également offrir à la France un formidable multiplicateur
d’influence. C’est justement depuis Alger que Michèle Alliot-Marie a proposé en juillet 2004
une « coopération renforcée » entre les pays du Sud de l’UE (France, Italie, Espagne, Malte et
Portugal) et les Etats de l’Union du Maghreb arabe (Algérie, Lybie, Maroc, Mauritanie et
Tunisie). Fondée à Paris dès le mois de décembre suivant, « l’Initiative cinq plus cinq pour la
coopération multilatérale sur les questions de sécurité en Méditerranée occidentale » vise à
« renforcer la compréhension mutuelle » et à « accroître les actions communes » dans les
8domaines de la surveillance maritime, de la protection civile et de la sécurité aérienne.
Débutées avec humilité et pragmatisme, ces micro-coopérations portent en elles des
perspectives prometteuses pour la coopération militaire franco-algérienne puisqu’au rôle
dominant que la France tient dans la politique méditerranéenne de l’UE, répond la supériorité
de l’ANP au sein des armées maghrébines.

En s’appuyant sur une mutualisation des moyens militaires des Européens du sud, en offrant
un partenariat plus souple que celui de l’OTAN, en favorisant une intégration maghrébine

8 Initiative sur la sécurité en Méditerranée occidentale. www.defense.gouv.fr.
8 profitable aux Algériens, la France a peut-être découvert avec le « 5+5 Défense » la clé d’une
relation équilibrée et attrayante pour l’Algérie.































9 SOMMAIRE






L'INTÉRÊT STRATÉGIQUE MAJEUR
D'UNE COOPÉRATION MILITAIRE AVEC L'ALGÉRIE

LA MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE, UN ESPACE PRIORITAIRE
Des intérêts économiques, culturels et politiques de premier plan p.15
Un fort potentiel déstabilisateur p.21

L'ANP, UN PARTENAIRE INCONTOURNABLE
La crédibilité retrouvée p.44
Vers la professionnalisation ? p.53


UNE RELATION MILITAIRE BILATÉRALE
OTAGE DE LA POLITIQUE

UNE RELATION PASSIONNELLE
Variations politiques p.68
La normalisation impossible p.88

LA FAIBLESSE DES MOYENS
La structure légère de la coopération militaire française p.98
Armement : des exportations marginales p.103
Formation : une collaboration à sens unique p.113


LA NÉCESSITÉ DE PORTER L'EFFORT
SUR LE MULTILATÉRAL

LE DIALOGUE MÉDITERRANÉEN DE L'OTAN, UN FAIBLE MULTIPLICATEUR
D'INFLUENCE POUR LA FRANCE
Un partenariat prometteur p.120
L'hégémonie américaine p.123

INITIATIVE 5+5 DÉFENSE : DISSIMULER LA PUISSANCE FRANÇAISE
DERRIÈRE L'EUROPE POUR PROGRESSER ?
Une approche humble p.127
L’espoir p.131



CONCLUSION p.133

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