Si j’étais moi – Enseigner autrement
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Brigitte Drhey SI J'ÉTAIS MOI… 1 INTRODUCTION Si j'entreprends cette réflexion pédagogique avec vous, parent, collègue et pourquoi pas élève « somnambule », intoxiqué d'informations et d'images, qui a tendance à s'endormir, dès qu'on lui rappelle sa condition : qu'est ce qu'un élève ? C'est pour mieux comprendre ce dernier en tant que tel, sa relation particulière à l'école et tenter de le sortir de sa torpeur en enseignant autrement. Mais avons-nous pour cela assez d'imagination ? « Tout a été dit et tout reste à faire. » Ainsi s'exprime Philippe Mérieux. Et si je vous dis que l'école relève parfois du « match de boxe », dans l'affrontement entre élève et professeur, autrement dit, un véritable combat pour le pouvoir, face à certaines hermétiques, à l'essence même de l'enseignement. Me croirez-vous ? Ou me reprendrez-vous ainsi : - Oh, écoutez, nous avons assez de soucis comme ça, n'en rajoutez pas ! Cette question est devenue récurrente et incompréhensible ! Concert de hurlements. Imprécation. Rixe. Moquerie. Souffrance. Sexisme. Discrimination… Tout fait d'une banalité affligeante et il vaudrait mieux éviter de parler de ce quotidien légèrement glauque où se loge cette pure violence où un individu solitaire, résigné, le professeur, se trouve en face de vingt-cinq adolescents pour le meilleur et pour le pire.

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Publié le 30 septembre 2010
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Langue Français
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Exrait




Brigitte Drhey


SI J'ÉTAIS MOI…
















1


INTRODUCTION
Si j'entreprends cette réflexion pédagogique avec vous, parent, collègue et pourquoi pas
élève « somnambule », intoxiqué d'informations et d'images, qui a tendance à s'endormir, dès
qu'on lui rappelle sa condition : qu'est ce qu'un élève ?
C'est pour mieux comprendre ce dernier en tant que tel, sa relation particulière à l'école
et tenter de le sortir de sa torpeur en enseignant autrement. Mais avons-nous pour cela assez
d'imagination ?
« Tout a été dit et tout reste à faire. » Ainsi s'exprime Philippe Mérieux.
Et si je vous dis que l'école relève parfois du « match de boxe », dans l'affrontement entre
élève et professeur, autrement dit, un véritable combat pour le pouvoir, face à certaines
hermétiques, à l'essence même de l'enseignement. Me croirez-vous ? Ou me reprendrez-vous
ainsi :
- Oh, écoutez, nous avons assez de soucis comme ça, n'en rajoutez pas ! Cette question
est devenue récurrente et incompréhensible !
Concert de hurlements. Imprécation. Rixe. Moquerie. Souffrance. Sexisme.
Discrimination… Tout fait d'une banalité affligeante et il vaudrait mieux éviter de parler de ce
quotidien légèrement glauque où se loge cette pure violence où un individu solitaire, résigné,
le professeur, se trouve en face de vingt-cinq adolescents pour le meilleur et pour le pire.
Effectivement, la porte se referme sur ce groupe et personne ne sait ce qui se passe derrière…
- Il faut se méfier de toute exagération !
Comme tous les professeurs, j'ai le désir de transmettre des connaissances à des élèves
plutôt sympathiques. Bien que vous ne vous préoccupassiez pas toujours de ce qui se
construisit en classe : une leçon. C'est donc, un face-à-face difficile. Le plus simple aurait été
simplement de travailler en harmonie. Mais c'est illusoire.
Il a donc fallu s'imposer toutes ces années. Étant donné que je n'ai pas d'attirance pour
l'autoritarisme. (Celui qui vous rabaisse n'a pas d'autorité !) Car le rapport de force signe tout
simplement l'échec de tout enseignement.
Mon combat pédagogique, c'est d'améliorer le niveau des élèves et de les préparer à la
citoyenneté. Je m'efforce donc, depuis des années, d'exercer mon métier dans les quartiers
difficiles, à la périphérie de Paris, (après avoir enseigné dans les collèges et lycées de factures
classiques), avec un enthousiasme de faire, en privilégiant l'ouverture d'esprit, la culture et
l'innovation, puisque c'est mon terrain de prédilection, sans négliger pour autant le goût de
l'éloquence, du beau, chez des enfants qui n'ont pas toujours accès à la culture. Ce sont des
atouts pour l'adaptation au changement.
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