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  • redaction
  • redaction - matière potentielle : ouvrages théoriques sur l' art oratoire
  • leçon - matière potentielle : socrate
  • cours - matière potentielle : civilisation
1 FAIRE UN COURS DE CIVILISATION EN FRANÇAIS DANS VOTRE UNIVERSITE. Comment faire un cours de civilisation? Quels chemins emprunter ? Quelle forme de discours construire ? On dit souvent qu'il y a un art pour bien parler, pour bien convaincre. On nomme cet art, la technique de la rhétorique. En quoi cette technique peut vous aider à bien préparer vos conférences sur une civilisation? Peut on parler, par exemple, d'une rhétorique à la française ? Cette partie « Enseignement de la civilisation en université » va se consacrer à vous donner des clefs de lecture sur trois points, trois questions : 1) Quelles sont les racines historiques
  • apprentissage chez le grammaticus de la lecture
  • carrière politique brillante
  • communauté humaine
  • racines de l'antiquité
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  • arts
  • discours

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Langue Français

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FAIRE UN COURS DE CIVILISATION EN FRANÇAIS DANS VOTRE
UNIVERSITE.




Comment faire un cours de civilisation? Quels chemins emprunter ? Quelle forme de discours
construire ? On dit souvent qu’il y a un art pour bien parler, pour bien convaincre. On nomme
cet art, la technique de la rhétorique. En quoi cette technique peut vous aider à bien préparer
vos conférences sur une civilisation? Peut on parler, par exemple, d’une rhétorique à la
française ? Cette partie « Enseignement de la civilisation en université » va se consacrer à
vous donner des clefs de lecture sur trois points, trois questions :

1) Quelles sont les racines historiques de la rhétorique ?
2) Comment construire une conférence en français sur l’histoire ou la géographie d’un
pays, éléments constitutifs de toute civilisation ?
3) Quels sont les débats actuels en sciences humaines qui peuvent vous aider à
comprendre le monde contemporain d’un pays ?

Pour créer un discours convaincant, nous avons donc mené une réflexion préalable : qu’est ce
que la rhétorique ? Ce sera notre première partie. Suite à cette première partie théorique, nous
passerons à un mode plus opératoire, et empirique. C’est lors de cette seconde phase que vous
allez découvrir les structures possibles pour construire vos conférences « civilisationnelles »,
notamment en éclairant comment construire des séquences d’histoire et de géographie pour
aboutir à une réflexion théorique et globale sur les sciences humaines.
























1
Chapitre 1 / La rhétorique :
rappel épistémologique











































2 La rhétorique est une technique de l’art dit « oratoire ».

Dans cette première réflexion, nous vous proposons trois lectures de ce que fut cet art.

Dans un premier temps, nous analyserons ce que fut la rhétorique de l’instrumentalisation :
celle-ci ayant pour but d’encadrer et de dominer les hommes. C’est la rhétorique des
« Sophistes ». Une rhétorique au sens péjoratif.

L’autre aspect, notre second point, étudiera les rapports entre la morale et la rhétorique, c'est-
à-dire, ce que fut la rhétorique dite « humaniste ».

Enfin, dans un troisième temps, nous verrons quels sont les visages de la rhétorique française
dans le monde moderne en soulignant le contexte du XVIII, c’est à dire le siècle des
« Lumières », jusqu’aux néons du 21 ème siècle, autre lumière encore proche de l’apparat.




































3
1 / La rhétorique des Sophistes, ou les mercenaires de la parole.


1.1/ La rhétorique est une science

La rhétorique des Sophistes était basée sur le vraisemblable (eikos), et non sur le vrai
(alethes). Les Sophistes construisent un ensemble de recettes se mettant à la disposition de
l'orateur. Les termes « rhétorique » ou « sophistique » sont donc utilisés quand on souhaite
mettre en avant les paroles creuses contre l'action, ou de séparer l'information de la
propagande. C’est une science des discours pseudo-argumentatif. Quelles en sont les
racines antiques?

1.2/ Les racines de l’antiquité :

Deux noms peuvent être cités.
Prodicos de Céos (vers 460 av J.-C./ 399 av J.-C.) ( -V/ -IV) : l’orateur des synonymes.
PRODICOS s'attacha à définir le sens des mots et à distinguer des mots qui semblaient être
synonymes ; il se faisait une spécialité des mots et de l'étude des synonymes, ce qui lui valut
la considération de Socrate, qui semble l'épargner de son ironie à l'égard des Sophistes. Ses
études sur les mots ont aidé le médecin Galien. Prodicos vint souvent à Athènes où il gagna
beaucoup d'argent en donnant des lectures publiques….

Gorgias ( v 485-. 380 v.J.-C.) : le Sicilen pragmatique contre la vérité et contre Platon.

Gorgias fut un Sophiste majeur et mythique (On affirme qu'il vécut 108 ans !) Il enseignait
l'art de persuader. Mais comment ? Il appartient à cette catégorie de philosophes qui ont
supprimé le critère de vérité. A côté de la faiblesse de la vérité, Gorgias pose la force du
langage, son pouvoir sur les esprits, par l'argumentation, et sur les émotions, par le rythme et
les effets sonores. Ce pouvoir peut être bien ou mal utilisé, la « technè rhêtorikè » ne
garantit la moralité de celui qui l'emploie, il s'agit d'un instrument neutre. En cela, Gorgias
est le fondateur du pragmatisme rhétoricien. Il s’oppose à l'idéalisme philosophique à la
manière de Platon (les leçons de Socrate conduisent ceux qui les écoutent à devenir
meilleurs). Gorgias semble être l'un des premiers à développer l'idée que l'orateur peut aider
les États à faire des choix politiques, parce que sa technè lui permet :

1. d'analyser la situation,
2. de convaincre en vue de l'action.










4 2/ La rhétorique morale.

2.1/ Les racines morales grecques.

(-V ) La place orale de SOCRATE : une rhétorique de l’intérieur, de l’introspection et
de l’humilité.

Socrate est (Ve siècle av. J.-C.), considéré comme le père de la philosophie occidentale et
l'un des inventeurs de la philosophie morale. La sagesse de Socrate se résume à cette la
maxime ; « Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien » : cette maxime invite à
s'observer en tant qu'homme, en s’élevant au-dessus de ses sentiments particuliers et de ses
opinions qui ne sont toujours qu’une illusion de données. Dans ses « dialogues », Platon nous
montre un Socrate qui entend une voix en lui-même, la voix de la conscience morale. C’est
donc une rhétorique intérieure, celle d’une certaine humilité.

(-V/ -IV) Le témoignage écrit de Platon : le créateur d’une rhétorique morale
métaphysique

« Connais toi, toi –même ! » : c’est sans doute le message le introspectif des hommes qui ont
inventé la rhétorique. Cette maxime de PLATON (-427 /-347) est bien une invitation
philosophique à ce connaître soi, pour mieux apprécier les autres, avoir envie de les connaître
et les respecter. Platon comme Socrate proposent une rhétorique morale.


(IV siècle av. JC) Démosthène : une rhétorique morale au service du judiciaire.

Démosthène est un athénien, bourgeois mais pas un aristocrate. Il se sent socialement
complexé. À seize ans, il assiste par hasard à un procès en 367 av. J.-C. Il est fasciné par le
talent de l'orateur, et décide d'apprendre la rhétorique. Selon Plutarque, lors de son premier
discours en public, l'assistance se moque de son problème d'élocution — vraisemblablement
une difficulté à prononcer la lettre R — et de ses gestes maladroits. PLUTARQUE dit : « il fut
en butte aux clameurs et aux moqueries à cause de son style insolite : Il avait d'ailleurs,
semble-t-il, une voix faible, une élocution confuse et un souffle court, qui rendait difficile à
saisir le sens de ses paroles, obligé qu'il était de morceler ses périodes. » Démosthène
s'efforce alors de rectifier ces défauts, allant jusqu'à s'entraîner à parler avec des petits
galets dans la bouche. Il s'enferme régulièrement chez lui pour étudier le style de
Thucydide. À cause de toutes ces préparations, et de sa réticence à improviser, les autres
orateurs lui reprochent souvent de « sentir la lampe » et de n'avoir aucun don naturel. Un
homme, à ce que l'on raconte, vint le trouver pour lui demander de le défendre et lui expliqua
qu'on l'avait battu : « Allons donc, lui dit Démosthène, tu n'as pas été victime de ce que tu me
dis. » Alors, l'homme élevant la voix et criant : « Moi, Démosthène, je n'en ai pas été
victime ? » — « Par Zeus, reprit-il, maintenant j'entends la voix d'une victime. » Telle était
l'importance qu'il accordait au ton et au jeu de ceux qui parlent pour obtenir créance.
Ainsi DEMOSTHENE va peu à peu devenu un bon rhéteur.






5 2.2/ L’Ecole de l’Empire Romain.


Les Romains reprennent, en aval, la réflexion grecque sur la rhétorique au service du politique.
La première figure romaine fut CICERON.

(-II / -I) « De Oratore » de Cicéron : ( 106-43 av.J-C.) : il crée l’éloquence avec 3 éléments :
( logos, pathos et ethos)

Tullius Cicero fut avocat, homme politique, écrivain. Cicéron se consacre à la rédaction
d'ouvrages théoriques sur l'art oratoire. Ce maître de la parole propose globalement une
application technique de la rhétorique au service du judiciaire. (LOGOS)
Deux traits majeurs sur son ouvrage sur la rhétorique : Platon ! La philosophie est un des
moyens les plus puissants de l'art oratoire, le talent de généraliser et élargir la question traitée.
Deuxième trait : Cicéron y ajoute le PATHOS (sentiment), une abondance des sentiments.

Pourquoi ? Il faut de la passion selon Cicéron.. L'orateur aura donc des gémissements et des
larmes (ETHOS), des transports d'admiration comme des éclats de colère : il devra émouvoir.
Persuader, plaire, toucher, c'est à cette triple condition seulement qu'on est éloquent. Et de
plus, il faut : la beauté de l'expression, de la vivacité et de la lumière des figures : il faut un
certain nombre de phrases et d’une harmonie dans chaque phrase.


(+I / + II) Dialogue des orateurs de TACITE. ( + 55 / +120)

« Tout ce qu'on ne connaît pas paraît magnifique » dit TACITE.

Tacite est un homme riche. Il fait une carrière politique brillante. Historien officiel du régime,
il participe à l'ouverture d'esprit des Romains. Il démontre dans ses œuvres comment vivent
les peuples de l’Empire romain ou hors de l’Empire.
Quels sont ces ouvrages majeurs? 'Vie d'Agricola' pour les Bretons (Anglais) et 'La
Germanie' (l'Allemagne). Ils sont divers. Dans un style que d'aucuns affirment comme le
meilleur de tous les auteurs latins, il a aussi su dépeindre avec justesse les hommes et les
moeurs de son temps. Il a décrit la diversité culturelle du Monde.
Il y a chez Tacite, une prise importante pour connaître l’Autre.















6 (+I après JC) Quintilien et l’actio. ( Ier siècle apr. J.C.)

La renommée de Quintilien a fait une synthèse de tout ce qui a été écrit les siècles précédents
sur la rhétorique. Sa carrière commença comme plaideur dans un tribunal. Le plus haut point
de l’œuvre de sa vie fut Institutio oratoria, un long traité qui fait la synthèse de tous ceux qui
ont pratiqué la rhétorique.
Il montre comment on peut devenir un ORATEUR : la première phase commence par
l'apprentissage du langage qui doit être assuré par des nourrices s'exprimant dans un langage
impeccable La deuxième phase (à partir de 7 ans) repose sur l'apprentissage chez le
grammaticus de la lecture, de la découverte de la poésie, il fait des rédactions (comme
.
raconter des fables) La troisième phase débute vers 14 ans. Il s'agit de découvrir la rhétorique
en rédigeant des narrations (panégyriques élémentaires, parallèles) et des declamationes ou
discours sur des cas hypothétiques
Pour s’entraîner, un orateur peut suivre 5 types de déclamations.
• Inventio (invention)
• La dispositio (disposition, ou structure)
• L’elocutio (style et figure de style)
• la memoria (apprentissage par cœur du discours et art mnémotechnique)
• L’Actio (récitation du discours)





























7 3/ La rhétorique aujourd’hui


3.1/ D’Aristote au « Rhethoric Turn » des années 1990.

Quel est l’héritage de la Grèce et de la Rome antique ? On en sent les effets au XVIII ème
siècle. Les Lumières du XVIII ont gardé des formes de discours issus de la rhétorique : éloge,
épîtres, sermon, réfutation, styles oratoires, figures de style, des méthodes démonstratives….
Au XIX ème siècle, les rhéteurs ont perdu toute leur autorité politique.La grammaire des
styles et les conventions littéraires paraissent désuets ! « Guerre à la rhétorique » écrit Victor
Hugo dans ses Contemplations, en 1858.

C’est pourquoi, en 1885, Jules Ferry, ministre de l’Instruction Publique, supprime la
rhétorique des programmes scolaires.
Puis elle renaît en 1958 en Belgique dans l’université libre de Bruxelles avec C. Perelman.
Dans son ouvrage « Traité de l’argumentation : la nouvelle rhétorique ». Ce n’est plus artifice
mais un nouveau mode communication. Selon Perelman, argumenter permet de créer de la
pertinence dans nos discours. Elle est une forme de raisonnement qui permet l’établissement
d’une communauté humaine.
Sa réflexion est reprise par Jean Blaise Grize et Oswald Ducrot (Université de Liège).
Oswald Ducrot parle de « blocs sémantiques » pour parler du langage. Ces blocs sont
constitués de métaphores, d’images parlantes et non de messages clairs et explicites.
Tout est implicite dans le langage, que ce soit un discours écrit ou le langage ordinaire.
Cela aboutit au « Rhetoric Turn » des années 1990. Cette nouvelle idée propose de dire que la
rhétorique est une pensée humaine qui repose pour l’essentiel sur des images métaphoriques
assemblées par des chaînons d’arguments. Ainsi, la métaphore ou l’analogie ne sont pas de
simples figures de style, mais c’est le processus central de la pensée. L’allemand Walter
Jens va plus loin et dit que la rhétorique est « l’ancienne et nouvelle reine des sciences
humaines » Tout est dans notre quotidien, une petite « agora politique » en quelque sorte.
Nous cherchons tous à avoir raison. Cela aboutit à des applications particulières comme le
« Story Telling » appliquée, depuis peu, en politique.

3.2 / La rhétorique politique aujourd’hui.

Qui a utilisé ce « Story Telling » ? C’est le conseiller de Tony Blair, Alastair Campbell, qui
a crée le concept de « Story Telling ». Une nouvelle rhétorique ? C'est surtout une nouvelle
communication, une mise en scène du discours dans les médias. Une « télécratie » contre la
démocratie nous prévient Joseph Stiegler, en 2007. Est-ce donc une rhétorique de la
construction, du savoir ? Des grands discours ? Charlotte Higgins a parlé de Barck Obama
comme un nouveau Cicéron. Il est plutôt l’héritier des grands pasteurs noirs et des grands
tribuns américains ( F. B. Roosevelt, JF. Kennedy) Quels sont ces trois messages politique de
B. OBAMA ? hope ( espoir) , inventer l’impossible ( yes, we can) et sur l’unité du peuple
américain. Une phrase qui résume tout : « Nous dompterons , le soleil, le vent et le sol » ( B.
Obama, 2009). Quelle rhétorique peut on utiliser pour « dompter » nos cours de civilisation ?






8 Conclusion pour réussir votre conférence

Trois pôles dominent votre discours

1) Pathos (les autres), la famille, les biens politiques, les fins sociales, passions
2) Logos (Le monde, échange entre logos et pathos) liens naturels, biens économiques,
revenus, capacités, besoins et pouvoirs
3) Ethos (identité de soi) : vie, identité, physique, statut, droits, désirs et vertus.


Bibliographie

Michel Meyer, La rhétorique, que Sais Je ? , 2004
Chaïm Perelman, L’empire rhétorique, Vrin , 2004




































9 Chapitre 2 / Application de
la « Rhetoric turn » pour vos
conférences en civilisation


















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