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Service diocésain de la formation des laïcs Formation des catéchistes Mercredi 17 mars 2010 1 Exposé : Un Dieu unique en trois personnes : le mystère de la Sainte Trinité Le mot mystère (du grec, chose cachée) signifie, en général, une chose que nous ne comprenons pas. Dans la, religion, un mystère est une vérité que nous ne pouvons pas comprendre, mais que cependant nous devons croire, parce que Dieu l'a révélée.
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Service diocésain de la formation des laïcs Formation des catéchistes
Mercredi 17 mars 2010


Exposé :
Un Dieu unique en trois personnes :
le mystère de la Sainte Trinité

Le mot mystère (du grec, chose cachée) signifie, en général, une chose que
nous ne comprenons pas. Dans la, religion, un mystère est une vérité que
nous ne pouvons pas comprendre, mais que cependant nous devons
croire, parce que Dieu l'a révélée.
Le mystère de la sainte Trinité est le mystère d'un seul Dieu en trois
personnes; le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ces trois personnes,
distinctes entre elles, ne font cependant qu'un seul Dieu, parce qu'elles n'ont
qu'une même nature divine.
La première personne est appelée Père, parce qu'elle est le principe et
engendre, de toute éternité, un Fils qui lui est consubstantiel.
La seconde est appelée Fils, parce qu'elle est engendrée par le Père de toute
éternité, ayant avec lui une même nature ou substance.
La troisième personne est le Saint-Esprit, qui procède à la fois du Père
et du Fils, aussi de toute éternité.
Les trois personnes divines sont égales en tout, n'ayant qu'une seule et
même Substance, sans que l'une soit ni plus ancienne, ni plus puissante, ni
plus parfaite que l'autre.

1 – Un peu d'histoire
Le mot « Trinité » ne figure pas dans la Bible. Pourtant, il ne s'agit pas de
spéculations subtiles qui seraient étrangères à la foi et à la vie quotidienne
du chrétien mais d'un enseignement fondamental.
On en trouve des prémices dans l’Ancien Testament :
- La création, comme extériorisation de la volonté de Dieu par sa Parole
et en sa sagesse :
o Par la parole du Seigneur les cieux ont été faits, par le
souffle de sa bouche, toute leur armée (Ps 33,6)
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- La présence de l’Esprit (rouah en hébreu), c’est-à-dire du souffle de vie
qui, dès les commencements, plane sur les eaux
o La terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme
et un vent de Dieu agitait la surface des eaux (Gn 1,2)
Et qui est insufflé à Adam :
o Alors Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du
sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et
l’homme devint un être vivant (Gn 2,7)…
- Le pluriel délibératif qui prélude à la création de l’homme :
o Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, comme notre
ressemblance » (Gn 1,26)
- L’esprit qui parle par les prophètes qui annoncent la venue du Messie :
o Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon
poussera de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du
Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de
conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du
Seigneur (Is 11,1) ;
o L’esprit du Seigneur est sur moi, car le Seigneur m’a donné
l’onction ; il m’a envoyé porter la nouvelle aux pauvres,
panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la
libération et aux prisonniers la délivrance (Is 61,1)
- L’esprit, force de renouvellement dans l’homme :
o Je leur donnerai un seul cœur et je mettrai en eux un esprit
nouveau : j’extirperai de leur chair le cœur de pierre et je
leur donnerai un cœur de chair, afin qu’ils marchent selon
mes lois, qu’ils observent mes coutumes et qu’ils les
mettent en pratique (Ez 11,19-20) ;
o Après cela je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils
et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes,
vos jeunes gens, des visions. Même sur les esclaves, hommes
et femmes, en ces jours là, je répandrai mon Esprit (Jl 3,1-
2)
- La préfiguration trinitaire dans la visite des trois « hommes » au chêne
de Mambré :
o Le Seigneur lui apparut aux Chênes de Mambré, tandis
qu’il était assis à l’entrée de la tente, au plus chaud du
jour. Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois hommes qui se
tenaient debout près de lui ; dès qu’il les vit, il courut de
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l’entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre
(Gn 18,1-2)
De multiples passages du Nouveau Testament attestent la divinité du Christ,
à commencer par le Christ lui-même qui se dit l'égal du Père :
Le Père et moi nous sommes un (Jn 10, 30)
Avant qu'Abraham fut, Je Suis (Jn 8, 58)
Les juifs d'ailleurs ne s'y tromperont pas. Dans les motifs de la
condamnation de Jésus, celui de blasphème arrive en premier : Jésus est
mort parce qu'il s’est proclamé Fils de Dieu !
Le Grand Prêtre lui dit : « Je t'adjure par le Dieu Vivant de nous dire si
tu es le Christ, le Fils de Dieu. » –– « Tu l’as dit, lui dit Jésus. D’ailleurs
je vous le déclare dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme siégeant
à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. »
Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements en disant : « Il a
blasphémé ! qu'avons–nous encore besoin de témoins ? Là, vous venez
d'entendre le blasphème ! Qu'en pensez–vous ? » Ils répondirent : « Il est
passible de mort. » (Mt 26,63-66)
En effet, dans les langues sémitiques, être « fils de » équivaut à « être » : être
fils de Dieu, c’est être divin, être Dieu lui-même.
De même que l’expression « un Fils d’homme » que l’on trouve chez Daniel et
reprise par Jésus ne signifie pas autre chose que « l'homme »
On trouve également dans la Bible l'expression « fils de prophètes » qui ne
veut pas dire autre chose que « prophètes » (2 Rois 2,1-15).
Quant à la divinité de l’Esprit Saint, elle mettra plus de temps à s’affirmer de
manière dogmatique mais elle se déduit de la vie de Jésus dans laquelle la
Trinité se révèle :
- A sa conception :
o L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très–Haut
te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui
naîtra sera appelé Fils de Dieu.
- Au baptême :
o Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici
que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre
comme une colombe et venir sur lui.
- Dans la prière de Jésus :
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o A cette heure même, il tressaillit de joie sous l'action de
l'Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel
et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux
intelligents et de l'avoir révélé aux tout–petits.
- Dans le mystère de mort et de résurrection :
o « Père, en tes mains je remets mon esprit. »
o Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et,
inclinant la tête, il rendit l’esprit.
Plusieurs textes du Nouveau Testament ont un contenu explicitement
trinitaire :
- Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même
Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ;
diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en
tous (1 Co 12,4-6)
- La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la
communion du Saint Esprit soient avec vous tous ! (2 Co 13,13)
- Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les
baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur
apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit (Mt 28,19)
- Pierre, apôtre de Jésus Christ, aux étrangers de la Dispersion :
du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d’Asie et de Bithynie, élus
selon la prescience de Dieu le Père, dans la sanctification de
l’Esprit, pour obéir et être aspergés du sang de Jésus Christ. A
vous grâce et paix en abondance (1 Pi 1,1-2)
- Nous devons, quant à nous, rendre grâce à Dieu à tout moment à
votre sujet, frères aimés du Seigneur, parce que Dieu vous a
choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui
sanctifie et la foi en la vérité (2 Th 2,13)
Comme tous les dogmes, le dogme de la Sainte Trinité est le résultat d'une
prise de conscience progressive, notamment sur la divinité de la personne du
Christ. Ce processus a commencé dès l'époque des apôtres.
La Trinité sera définie avec de plus en plus de précision au fil des siècles, en
particulier pour répondre aux attaques des hérétiques. Mais si la définition
du dogme trinitaire s’est affirmée aux conciles de Nicée, de Constantinople et
d'Ephèse, ces conciles n'ont fait qu'entériner ce qui était déjà depuis
longtemps la foi de l'Eglise.


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2 – Les définitions trinitaires
C’est le problème christologique qui va conduire aux premières déclarations
conciliaires.
Il s’agira avant tout d’affirmer la divinité de Jésus et son identité de nature
avec le Père, en réponse aux hérésies qui faisaient de Jésus un homme
« adopté » par Dieu au baptême (adoptianisme) ou une créature,
supérieure, certes, mais subordonnée au Père (arianisme).
Mais il s’agira tout autant de lutter contre des tendances qui font de Dieu un
être unique se manifestant à l’homme selon différentes modalités
(modalisme ou sabellianisme) ou, au contraire, qui font du Père, du Fils et
de l’Esprit trois « dieux » (trithéisme)
Le problème est avant tout linguistique puisque le vocabulaire permettant
d’exprimer cette réalité divine n’existe pas dans les Ecritures. On va donc
faire appel à un vocabulaire emprunté au grec, avant d’être transposé en
latin, avec toutes les difficultés que l’on imagine.
On emploiera donc le mot « ousia » (substance) pour exprimer la nature
commune de Dieu, et le mot « hypostase » ou « prosopon » (face) pour dire
ce qui les différencie dans leur être « personnel ».
En latin, « ousia » sera rendu par « natura », « substantia » ou « essentia »,
mots dont la traduction française nous est familière. Pour la notion
d’hypostase, le latin choisira « persona », qui donnera « personne » :
« persona » désigne, à l’origine, le masque que revêtaient les acteurs de
théâtre pour jouer leur rôle, leur « personnage ».
Le concile de Nicée (325) dira que le Fils et le Père sont « de même
substance », « consubstantiels », en créant pour cela le mot
« homoousios ». Le Fils est engendré mais il est de même « ousia », c’est-à-
dire de la même nature divine que celui qui l’engendre.
Nous croyons […] en un Seigneur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, unique
engendré du Père, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière
de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non fait, consubstantiel au Père,
par qui tout a été fait…
Il faudra attendre le concile de Constantinople (381) pour que soit modifié le
Symbole de foi de Nicée, affirmant à son tour la divinité de l’Esprit Saint :
Nous croyons […] en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et donne la vie, qui
procède du Père, qui avec le Père et le Fils est coadoré et coglorifié, qui a parlé
par les prophètes…
Notons qu’on n’y trouve nulle trace de la procession de l’Esprit Saint « du
Fils » (Filioque) qui sera rajoutée plus tardivement par les latins.
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Saint Jean Damascène, Père oriental, écrira que l’Esprit Saint « procède du
Père par le Fils », ce qui n’est quand même pas la même chose.

3 - Ce que nous enseigne la foi
La foi chrétienne nous enseigne qu’il y a en Dieu, le Père, le Fils et le
Saint-Esprit : trois personnes distinctes dans une même unité de
nature.
Le Père ne procède de personne ; il est Principe sans principe, le
principe premier de toute la vie intime en Dieu, l’origine première de toutes
les ineffables communications dans la Trinité.
Le Père engendre, en une Parole infinie, un Fils unique et parfait,
auquel il communique tout ce qu’il est, excepté la propriété personnelle
d’être Père : Le Fils est égal en tout au Père ; il est l’image parfaite du Père : il
possède avec lui la même nature divine.
Le Père et le Fils se donnent l’un à l’autre avec un amour parfait, et c’est
de cette donation d’amour du Père au Fils et du Fils au Père, que procède,
d’une façon mystérieuse, l’Esprit-Saint, troisième personne.
Entre ces trois personnes distinctes, il n’y a ni supériorité ni infériorité
: toutes trois sont égales en puissance, en sagesse, en bonté ; parce que
toutes trois possèdent, d’une manière indivisible, la même et unique nature
divine avec toutes ses infinies perfections.
Et c’est pourquoi toute notre louange s’adresse à la fois au Père et au
Fils et au Saint-Esprit : Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
Que le baptême est conféré « au nom du Père et du Fils et du Saint
Esprit »
Pourtant, s’il n’y a entre elles ni inégalité ni dépendance, il y a un ordre
de nature, d’origine, marquant les communications elles-mêmes.
« L’engendrement » du Fils présuppose le Père, principe premier, même s’il
n’y a pas inégalité dans le temps ; la « procession » du Saint-Esprit
présuppose le Père et le Fils, dont il est le don mutuel.
Comprenons bien cependant qu’il s’agit là d’une façon de parler. Comme le
dira saint Augustin :
« Quand il s’agit de définir ce qu’est une personne divine, toute parole
humaine devient impuissante. Aussi disons-nous trois personnes, moins
pour dire quelque chose que pour ne pas garder un silence absolu. » (De
Trinitate, V, 9, 10).
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Néanmoins, cette description de Dieu en langage humain nous vient de
Jésus lui-même. C’est lui qui veut que tous ses disciples soient baptisés « au
nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Puisqu’il s’agit là du langage du
Verbe incarné, il contient une réalité divine dont la compréhension intime
nous échappe. Autant nous devons sauvegarder intacte, dans notre
doctrine et notre prière, l’unité de nature, autant aussi nous devons
reconnaître la distinction des personnes, cette distinction qui se fonde
sur les communications qu’elles ont entre elles et leurs mutuelles
relations. Il y a, à la fois, égalité et ordre ; il y a perfection identique et
distinction de propriétés.
Ces vérités constituent un ineffable mystère dont nous ne pouvons parler
qu’en balbutiant. Un mystère qui nous est révélé par Jésus lui-même qui en
parle avec ses disciples, la veille de sa mort :
Nul ne vient au Père sinon par moi. Si vous me connaissez, vous
connaîtrez aussi mon Père […] Qui m'a vu a vu le Père. […] Je suis dans le Père
et le Père est en moi. […] Je prierai le Père et il vous donnera un autre
Défenseur, pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité, que le monde
ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. […] Le
Défenseur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera
tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,6…26)
Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.
(Jn 15,11)
Il nous dit même que si nous sommes ses amis, c’est parce qu’il nous a fait
connaître ces secrets de la vie intime de Dieu, en attendant que nous en
jouissions dans la félicité éternelle :
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que
fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai
entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. (Jn 15,15)


Si le Christ nous révèle ces mystères, c’est sans doute parce que cette
révélation doit nous être utile.
Nous n’aurions pas pu accéder à la connaissance de ces choses si elles ne
nous avaient pas été dévoilées. Mais puisque tel est le cas, c’est que le
dogme de la Trinité doit nous apprendre quelque chose, non seulement
sur Dieu lui-même, mais aussi sur notre propre nature, nous qui avons été
créés « à l’image de Dieu ».


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4 – Le mystère des relations trinitaires
Avant tout, le dogme de la Trinité est au centre de la foi chrétienne
parce qu'il révèle quelque chose de la bonté et de la beauté de Dieu que
nulle autre religion n'a pu trouver par elle-même.
En effet, quelle autre religion aurait osé affirmer que l'amour de Dieu pouvait
aller aussi loin que de mourir personnellement pour nous ? Nier la divinité
du Christ, et donc la Trinité, c'est en fait dire que Dieu n'a pas pu nous
aimer jusqu'à mourir pour nous. C'est mettre des limites à l'amour de Dieu.
Sur un plan un peu plus intellectuel, on peut essayer d'approcher le mystère
de la Trinité en se basant notamment sur le premier chapitre de l'Evangile de
Jean…
Mais la Trinité restera toujours un mystère d'amour impossible à
comprendre totalement ; précisément parce que c'est un mystère d'amour et
que l'amour ne se met pas en bouteille par des explications humaines ! On
ne peut le définir intellectuellement de manière satisfaisante. Mais on peut
toutefois essayer une explication bien imparfaite de ce si beau mystère
d'amour à l'image duquel nous sommes.

Faisons l'humain à notre image, selon notre ressemblance ... Dieu créa
l’humain à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme, il
les créa (Gn 1, 26-27).
L’être humain n’est à l'image de Dieu que dans la communion homme-
femme (c'est à dire dans la diversité et l'ouverture à l'autre), tout comme le
Père et le Fils. La femme est « la chair de ma chair », c’est-à-dire « l’humain
né de l'humain », tout comme le Fils est « Dieu né de Dieu » : de ce point de
vue, nous sommes à l'image de ce Dieu Trinité. Et l’amour dont s’aiment
l’homme et la femme nous révèle aussi quelque chose de ce qu’est l’Esprit
Saint.
Néanmoins, cette comparaison, comme toute comparaison, a ses limites. Car
l’unité de l’homme et de la femme dans le couple humain ne peut que révéler
de manière ô combien imparfaite l’union des personnes divines en un seul
Dieu !

Dans la Trinité, l'union des trois personnes est tellement parfaite que
rien ne les distingue quand on les compare, si ce n'est que le Père n'est
pas le Fils, le Fils n'est pas l'Esprit, etc...
Ainsi, les trois personnes ont une unité, librement consentie bien sûr,
d’intelligence, de volonté, d'action, etc... Il n'y a pas de dissensions, de
tensions, etc... Les trois personnes de la Trinité ne sauraient avoir des
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projets opposés ou même différents, comme des personnes humaines
distinctes.
Il n’y a en Dieu qu’une seule intelligence, une seule volonté, une seule
puissance, parce qu’il n’y a qu’une seule nature divine ; mais il y a
néanmoins distinction de personnes.
Cette distinction résulte des opérations mystérieuses qui s’accomplissent
dans la vie intime de Dieu et des relations mutuelles qui dérivent de ces
opérations. Le Père engendre le Fils, et le Saint-Esprit procède du Père et du
Fils.
« Engendrer, être Père » est la propriété exclusive de la première personne ;
« être Fils » est la propriété personnelle du Fils, tout comme « procéder du
Père et du Fils par voie d’amour » est la propriété personnelle du Saint-
Esprit…
Mais, à part ces propriétés et ces relations, tout est commun aux trois
personnes et indivisible entre elles : même intelligence, même volonté, même
sagesse, même puissance, même majesté, parce que la même nature divine
indivisible est commune aux trois personnes. Ce qui distingue les trois
personnes de la Trinité, ce qui fait leur identité, ne prend forme que
dans la relation avec les deux autres. Ainsi, le Fils n'est Fils que parce
qu'il existe le Père et l'Esprit, le Père n'est Père que parce qu'il existe le Fils et
l'Esprit, etc...
Mais pour ce qui regarde les œuvres « extérieures », les actions qui
s’accomplissent, [selon notre façon de parler], en dehors de Dieu, soit
dans le monde matériel, comme l’action de diriger toute créature vers
sa fin, soit dans le monde des âmes, comme l’action de produire la
grâce, elles sont communes aux trois personnes divines. Pourquoi cela ?
Parce que la source de ces opérations, de ces œuvres, de ces actions, est la
nature divine, et que cette nature est, pour les trois personnes, une et
indivisible ; la sainte Trinité agit dans le monde comme une seule cause
unique.
Mais Dieu veut que les hommes reconnaissent et honorent non seulement
l’unité divine, mais aussi la Trinité de personnes. C’est pourquoi l’Eglise, par
exemple dans sa liturgie, attribue à telle personne divine certaines actions
qui se produisent dans le monde et qui, bien que communes aux trois
Personnes, ont un rapport spécial ou une intime affinité avec la place, si je
puis ainsi parler, qu’occupe telle personne dans la sainte Trinité, avec les
propriétés qui lui sont particulières et exclusives.
Les œuvres du Père
Ainsi, le Père étant la source, l’origine, le principe des deux autres
personnes, – sans que cela implique chez le Père supériorité hiérarchique ou
priorité de temps, – les œuvres qui sont produites dans le monde et par
lesquelles se trahit surtout le caractère d’origine sont attribuées au Père.
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Par exemple, la création, par laquelle Dieu a tiré l’univers du néant. Nous
disons dans le Credo : « Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant, créateur du
ciel et de la terre ». Le Père aurait-il plus de part, manifesterait-il plus de
puissance dans cette œuvre que le Fils et le Saint-Esprit ? Non, ce serait une
erreur de le croire ; le Fils et l’Esprit-Saint agissent en cela tout autant que
le Père, car Dieu opère au dehors par sa toute-puissance, et la toute-
puissance est commune aux trois personnes.
Pourquoi alors parler ainsi ? Parce que, dans la sainte Trinité, le Père est la
première personne, le principe sans principe, d’où procèdent les deux autres
personnes ; c’est là sa propriété personnelle, exclusive, qui le distingue du
Fils et du Saint-Esprit, et c’est pour que nous n’oubliions pas cette propriété,
que les actions « extérieures » qui, par affinité de nature, la mettent en relief,
sont attribuées au Père.
Les œuvres du Fils
Il en est de même pour la personne du Fils. Il est, dans la sainte Trinité, le
Verbe, qui procède du Père par voie d’intelligence ; il est l’expression infinie
de la pensée divine ; il est surtout considéré comme Sagesse éternelle.
C’est pourquoi les œuvres dans la réalisation desquelles brille surtout la
sagesse lui sont attribuées.
Les œuvres de l’Esprit saint
De même enfin, pour l’Esprit-Saint. Qu’est-il dans la sainte Trinité ? Il est le
terme ultime des opérations divines, de la vie de Dieu en lui-même ; il clôt,
pour ainsi parler, le cycle de la vie divine intime ; il est l’achèvement dans
l’amour : c’est sa propriété personnelle de procéder à la fois du Père et du
Fils par voie d’amour.
C’est pourquoi, tout ce qui est œuvre d’achèvement, de perfection, tout ce
qui est œuvre d’amour, d’union et par conséquent de sainteté, – car notre
sainteté se mesure à notre degré d’union à Dieu, – est attribué au Saint-
Esprit. Est-ce qu’il sanctifie plus que le Père et le Fils ? Non, l’œuvre de notre
sanctification est commune aux trois personnes divines ; mais, encore une
fois, comme l’œuvre de la sainteté dans l’âme est une œuvre de
perfectionnement, d’achèvement, d’union, elle est attribuée au Saint-Esprit,
parce que, de cette façon, nous nous souvenons plus aisément des
propriétés personnelles du Saint-Esprit, pour l’honorer et l’adorer dans ce
qui le distingue du Père et du Fils.
L’appropriation
Dieu veut, pour ainsi dire, que nous ayons autant à cœur d’honorer sa
Trinité de personnes, que d’adorer son unité de nature ; et c’est pourquoi il
veut que, même dans son langage, l’Eglise rappelle, non seulement qu’il n’y a
qu’un seul Dieu, mais qu’il est aussi en trois Personnes.
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