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SOUS DÉVELOPPEMENT ET SPÉCIFICITÉ CULTURELLE DANS LA JUSTIFICATION DE L'ÉTAT AUTORITAIRE Madjid BENCHIKH*

23 pages
SOUS-DÉVELOPPEMENT ET SPÉCIFICITÉ CULTURELLE DANS LA JUSTIFICATION DE L'ÉTAT AUTORITAIRE Madjid BENCHIKH* Les États autoritaires sous-développés avancent souvent le sous-dévelop- pement e t la spécificité de leur culture pour justifier le rejet ou la violation dcs droits de l'homme. Ces arguments ont pour but de montrer que la situation des droits de I'homme dans ces pays n'est pas due à une volonté politique. Le sous-développement e t la spécificité culturelle seraient des facteurs objectifs qui s'irnposeraieiit aux États sous-développés comme conséquence de leur histoire. Or, l'histoire des pays sous-développés e t singulièrement leur histoire économique est largement animée par l'Europe relayée parfois par les USA. En excipant du sous-développement pour justifier le rejet des droits de l'homme et des libertés démocratiques dans leurs pays, les dirigeants des États sous-déve- loppés font d'une pierre deux coups : ils justifient l'État autoritaire et tentent d'impliquer e t donc de gêner les pays développés qui auraient une respon- sabilité dans les difficultés que rencontrent les pays sous-développés. À l'adresse de leurs populations les dirigeants des États autoritaires cherchent à obtenir non seulement le silence de toute opposition mais également son illégitimité. Tant que le sous-développement n'est pas vaincu, aucune comparai- son n'est possible avec les régimes politiques des pays développés. Pour vaincre le sous-développement et arriver au stade des droits de l'homme et des libertés démocratiques, toutes les forces doivent se mobiliser derrière le gouvernement.

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ET CULTURELLE DANS LA JUSTIFICATION D E A U T O R I T A I R E Madjid BENCHIKH*
Les É t a t s autoritaires sous -développés avancent souvent le sous -dévelop -pement e t la spécificité de leur culture pour justifier le rejet ou l a violation droits l'homme. Ces arguments pour but de montrer que la situation des droits de I'homme dans ces pays n'est pas due à une volonté politique. Le sous -développement e t la spécificité culturelle seraient des facteurs objectifs qui aux États sous -développés comme conséquence de leur histoire. Or, l'histoire des pays sous -développés e t singulièrement leur histoire économique est largement animée par relayée parfois par les USA. E n excipant du sous -développement pour justifier le rejet des droits l'homme et des libertés démocratiques dans leurs pays, les dirigeants des É t a t s sous -déve -loppés font d'une pierre deux coups : ils justifient l'État autoritaire et tentent d'impliquer e t donc de gêner les pays développés qui auraient une respon -sabilité dans les difficultés que rencontrent les pays sous -développés. À l'adresse de leurs populations les dirigeants des États autoritaires cherchent à obtenir non seulement le silence de toute opposition également son illégitimité. Tant le sous -développement n'est pas vaincu, aucune comparai -son n'est possible avec les régimes politiques des pays développés. Pour vaincre le sous -développement et arriver au stade des droits de l'homme e t des libertés démocratiques, toutes les forces doivent se mobiliser derrière le gouvernement. Toute critique interne ou externe remettrait en cause ses efforts. L'argument de la spécificité culturelle agit de façon comparable dans la mesure où l'État autoritaire tente de géner les autres États e n se comme le défenseur ou le protecteur de la culture de son peuple. C'est donc e n quel ue sorte pour une meilleure protection des droits de l'homme spécifique que autoritaire rejette les droits de I'homme universel. on le verra, les thèses des É t a t s sous -développés autoritaires dans ces domaines sont très générales. Mais si ses thèses sont sans théorie, elles ne sont pas sans portée ni sans avenir, malgré les ouvertures politiques trop rapidement considérées comme des processus de démocratisation dans de nombreux pays sous -développés.
Professeur à l'Université d'Alger. ancien doyen de la de droit d'Alger.ancien président en professeur à de Perpignan. 
de du Nord. 1995, CNRS
52 L e s o u s -d é v e l o p p e m e n t et les d r o i t s de l'homme La thèse selon laquelle le sous -développement ne permet pas le exercice des droits de est largement répandue dans les opinions publiques. cette thèse, comme on le verra, est extrêmement conviendra donc de l a présenter mais aussi d e n clarifier les objectifs ou parfois les non -dits. La d e la thèse des E t a t s sous -développés autoritaires permettra de procéder à une analyse critique des arguments qu'ils développent. La thèse États autoritaires Les États sous -développés autoritaires n e rejettent généralement pas les droits de globale e t définitive. Ils même souvent, surtout a u cours de ces dernières années, construisent des sociétés démocratiques Depuis bientôt deux décennies, les échecs des politiques des É t a t s sous -développés et les difficultés qu'ils éprou -vent à constituer des alliances leur donnent plus la possibilité d'attaquer de front des libertés admises depuis longtemps par les démocraties libérales et dont ils ne parviennent méme pas à étouffer la revendication s u r leurs territoires. Les É t a t s sous -développés autoritaires considèrent donc surtout que c'est le manque de ressources financières qui les empêche de satisfaire les droits de l'homme. Bien que leurs discours ne soient pas toujours très clairs à ce sujet, ce sont, plus que les droits économiques e t sociaux qui sont visés. Ce sont e n effet ces droits qui supposent des coûts que les pays sous -développés prétendent n e pas pouvoir supporter. Les droits qui sont d'abord considérés incompatibles avec le sous -développement sont le droit a u travail, à l a santé, à l'éducation, à niveau de vie suffisant e t à la protection sociale d'une manière générale. Le pacte relatif aux droits écononiiques, sociaux e t culturels est donc visé en premier. Bien que centré s u r I'absence.de ressources, l'argument a des consé -quences larges mène dans un champ aux contours flous qu'aucun État sous -développé n'entreprend de clarifier. Les États sous -développés autori -taires considèrent en effet que p a r suite d'absence de ressources, il convient de rechercher, prioritaire. la satisfaction des besoins fondamentaux. Cette position trouve s a force dans une évidence que chacun croit pouvoir constater par une simple observation : dans les pays sous -développés les besoins e n nourriture, en logement, santé e t en éducation sont pas satisfaits. Une telle présentation de leur thèse a aussi l'avantage de rappeler les idées développées depuis années par les organisations internationales des Nations -Unies, selon lesquelles les politiques d'aide au développement doivent viser l a satisfaction des besoins fondamentaux.
i l ) Cf. ce pacte du 16 e n t r é e n vigueur le 3 janvier 1976, d a n s de Nations -Unies. On peut la plupart des autres ou conventions relatives droits de