Désigné Coupable - Les Mystères du Forgrisant
17 pages
Français

Désigné Coupable - Les Mystères du Forgrisant

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Description

Au cours d une virée en rollers, Quentin est témoin d un meurtre. L adolescent épileptique et casse-cou réussit à s enfuir au prix d une course-poursuite périlleuse. Épuisé par le stress, la peur et les insomnies, Quentin va être le témoin d étranges apparitions dans la pénombre de sa chambre. Le père d un ami, passionné d occultisme, lui révèle que son âme est tourmentée par le Diable. La trace de Quentin est retrouvée par les assassins qui lui imposent une étrange mission. Celle-ci ne se déroule pas comme prévue et l adolescent se réveille aux côtés d un corps flottant dans une piscine. Que s est-il passé ? Est-il victime d une mise en scène destinée à faire de lui le coupable ? Sème-t-il vraiment la mort sur son passage ? Pour son entourage, il est désigné coupable.
Broché: 288 pages
Editeur : La Grande Ourse (25 février 2015)
Collection : GDO.STARDUST
Langue : Français
ISBN-13: 979-1091416313
ASIN: B00S5UZCJG
Dimensions du produit: 14 x 2,3 x 20 cm

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Informations

Publié par
Publié le 20 avril 2015
Nombre de lectures 9
Langue Français
Désigné coupable
Les Mystères du Forgrisant
livre 2
© Mars 2015 Éditions de la Grande Ourse 39, rue Cortambert, 75116 Paris www.editionsdelagrandeourse.com ISBN 979-10-91416-31-3
thriller
Désigné coupable
NETBOOK DE QUENTIN
Samedi 2 février
Je viens de démarrer mon netbook, pièce maîtresse de mon nouveau sanctuaire. Je ne sais pas pourquoi mes parents ont décidé d’organiser ce déménagement si précipitamment. Ils nous l’ont annoncé à nouvel an, entre le saumon et les escargots, comme si l’idée de vivre sous le même toit était la plus originale qui soit. La vérité, c’est que papa voulait revenir avec nous mais il ne supportait plus l’ancien appartement. Celui-ci lui rappelait probablement ses trop nombreuses disputes avec maman. Nous habitons maintenant sur les hauteurs de Meridiart, dans les vieux quartiers, au 30 rue Balzac, sur une pente raide ofrant de belles façades anciennes, avec des jardinets et des grilles noires en fer forgé donnant sur des trottoirs arborés. Ici, le silence est de rigueur. Peu de traic, un voisinage calme et un panorama sur la ville et la mer que beaucoup doivent nous envier. Bien sûr, c’est un peu plus cher, mais papa a promis de ne plus nous abandonner et nous faisons tous
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mine d’y croire. Notre nouveau nid n’est pas beaucoup plus grand que le précédent, en tout cas, ma chambre ne l’est pas. Mais elle me plaît déjà beaucoup. Depuis ma fenêtre, j’aperçois le square voisin et tout au fond, derrière les toits, les cheminées et les antennes, on devine la mer, témoin muet de toutes nos vies. Les murs de mon repaire sont d’un bleu canard, avec des moulures au plafond et du parquet que l’on entend grincer sous la moquette neuve. Dans ma chambre disposée en forme deL, j’ai pu glisser mon bureau dans le renfoncement, ma bibliothèque suspendue et une étagère où j’ai classé les livres par couleur. Derrière la chaise de mon bureau, il y a un lit d’une personne, puis à sa droite, l’armoire où je range mes vêtements. Juste en face trône mon nouveau canapé. En réalité, c’est un legs des anciens locataires qui n’ont pas voulu prendre la peine de le débarrasser. Du coup, j’ai demandé à le conserver et maman a accepté après l’avoir aspergé d’un puissant insecticide. La veille de l’emménagement, elle est venue dans notre futur appartement ain de puriier chaque pièce à l’aide de fumigènes. C’est sa nouvelle lubie. On doit tout désinfecter. J’ai remarqué qu’ici, chaque porte possède une serrure. Dommage que nous n’en ayons pas les clés. Terminée l’indépendance. Je vais devoir me farcir les intrusions de Jonathan ou la surveillance continuelle des parents. Il va falloir que je me fasse à l’idée de ne plus traîner nu, de ne plus avoir de véritable intimité, de perdre une part de ma liberté.
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Maman est charmante, en ce moment. Elle a toujours le sourire aux lèvres et fait des eforts particuliers pour constamment séduire mon père. Bien sûr, cela fonctionne prodigieusement, et papa se montre patient et afectueux. Mais pour combien de temps?
Dimanche 3 février
Je me suis de nouveau réveillé en sursaut, le torse ruisselant de sueur, le cœur battant tel un tambour, sufoquant. C’est toujours ce rêve aux abords des falaises du Forgrisant qui me harcèle nuit après nuit. Je suis à plat ventre, la bouche et le nez enfouis dans l’herbe, pris de nausées, avec de grosses diIcultés à respirer. Devant moi se dresse la silhouette un peuloue d’Eliott. J’entends le lux des vagues claquer nerveusement, en contrebas. Le vent souLe avec force dans mes oreilles tout en balayant mes cheveux; je ne suis pas dans mon état normal. Lorsque je parviens à me relever, le sol se dérobe sous mes pieds, comme si les falaises s’écartaient pour m’engloutir. Eliott tourne le dos à l’océan et me fait face, immobile. Ce n’est qu’en me voyant approcher, la main tendue vers lui, qu’il se retourne vers les falaises abruptes. Son corps se vrille, il efectue une sorte de révérence presque théâtrale et s’élance dans le vide, le corps en croix, avant de disparaître
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initivement, délivré de tous ses maux, dans un geste fatal. Mes muscles se raidissent, tandis que des flashes m’aveuglent au rythme des feux d’une mitraillette. Je vois les falaises, les nuages, le ciel; le paysage déile devant mes yeux tel un diaporama accéléré. Je sens l’air marin m’enivrer, m’aspirer et je tombe à la renverse, ma vie passe de la frénésie au ralenti. Mes muscles sont devenus incontrôlables, je suis victime des caprices d’une nouvelle crise d’épilepsie. Je ne gagne jamais ce combat-là. Je deviens le pantin, la marionnette que mes nerfs s’amusent à secouer, prisonnier d’un court-circuit dont je ne peux pas me détacher. Tant pis. Trop tard. Le plus terriiant dans ce rêve, c’est la raison pour laquelle Eliott se jette dans le précipice. Elle es t en constante évolution. Parfois il saute, d’autres nuits je le pousse et il arrive même que je tombe avec lui. Et après je me réveille brutalement, juste à côté de mon lit, le cœur battant à deux cents à l’heure. La diférence entre Eliott et moi, c’est que lui, il est mort ce deux septembre, tandis que je suis bel et bien vivant. Je me trouvais à quelques pas de lui ce jour-là, mais je n’ai rien pu faire. Si je m’étais relevé deux secondes plus tôt, j’aurais pu le rattraper et le sauver. Mais la vérité, c’est que je ne me souviens de rien. C’est médical. À chaque fois que je sombre, des heures s’efacent de ma mémoire et elles ne réapparaissent que par bribes, créant des puzzles compliqués faits de réalité et
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de rêves. Au centre de la photographie, la vérité a disparu pour toujours. Eliott était mon meilleur ami, comme mon frère. Nous partagions nos secrets les plus intimes. Enin presque, car une part de son existence demeurait insoupçonnable. Je me suis senti immensément trahi me lorsque j’ai découvert sa liaison avec MGeofroy, notre prof de français. En véritable tombeur, il s’était ofert une belle collection de cougars à Meridiart. Parfois celles-ci lui donnaient de l’argent ou l’invitaient dans de beaux hôtels et de grands restaurants. Le coup de poignard, c’était quand j’ai appris qu’il avait fait quelque chose avec maman. Ça m’a complètement chamboulé. Ça ne pouvait pas être vrai, pas ma propre mère avec mon meilleur ami! Mais une fois la gile magistrale encaissée, je n’avais d’autre choix que de passer outre. J’adore maman et j’adorais Eliott qui me manque terriblement même si c’était le plus incorrigible des Don Juan. Maman est trop jolie, trop charmante pour lui présenter des pièges àilles comme l’était Eliott.
Finalement, j’ai proité de mon réveil matinal pour aider Jonathan à arranger sa chambre. Hier, je lui avais laissé choisir la pièce qu’il préférait, me contentant du second choix. Mais lorsqu’il a vu comment j’avais décoré la mienne, je crois qu’il est devenu un peu jaloux. J’étais en bonne forme cet après-midi, alors je suis allé faire du roller. Il y avait du soleil et malgré le froid j’aiini
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par crever de chaud dans mon blouson rouge devenu trop étroit en moins d’un an. Pire qu’un sauna! Je suis monté vers La-Roche-des-hermes où d’anciens hangars désafectés constituaient un bel environnement pour réaliser de nouvelles figures et piquer quelques pointes de vitesse. Je suis passé par le centre commercial voisin, complètement désert. J’ai juste croisé un type d’une quarantaine d’années qui courait en short. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il était plus prévoyant que moi qui cuisais dans mes vêtements synthétiques. J’ai proité de la rampe d’un escalier pour m’entraîner à la descendre pieds joints, sur les roues, façon free style. Loin de mes copains skater du vieux port, je ne risquais pas de me prendre une honte en m’efondrant devant eux. Ici, je ne pouvais que m’occasionner les bleus habituels. J’ai maierté. En plus, je suis tombé au moment où j’ai entendu la sonnerie d’un SMS de Marie: «Je ne pourrai pas venir demain soir car ma mère veut discuter avec le prof de français. L’horreur!» J’ai commencé par lui répondre: «OK, une autre fois, quand tu veux», avant de me raviser. Il fallait quelque chose de plus sensuel comme «Tu me manques terriblement…» Mais j’avais peur qu’elle s’imagine que je ne pouvais plus me passer d’elle. Finalement, je lui ai envoyé un: «On garde le contact.» De toute façon, j’ai l’impression que cette relation ne nous mène nulle part. Marie est détachée, trop prude et réservée, parfois menteuse.Next.
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Après un grand virage, je suis arrivé dans l’avenue Barthélemy, toujours déserte. J’avais repéré cette piste pour sa longueur idéale alors que je passais ici en voiture, avec papa. Le soleil d’hiver teintait le ciel de dégradés de rose et d’orangé et la perspective ofrait un décor apocalyptique digne d’unilm fantastique. À gauche, de gigantesques hangars en tôle rouillée s’alignaie nt à perte de vue, et à droite un vaste terrain en fri che jonché de cadavres électroménagers, bidons d’huile, vieilles mobylettes et autres déchets immondes. Mais la route me promettait un incroyable revêtement sans la moindre aspérité. La perfection absolue pour rouler sans danger. C’est là que j’ai entendu un homme crier d’une voix plaintive: Arrêtez! Mais lâchez-moi! Les sons qui suivirent étaient encore plus inquiétants des claquements de pas précipités, les gémissements d’une personne qui étouffe, les halètements saccadés d’hommes en plein efort. Je me suis glissé doucement derrière des bacs à poubelles sur roulettes, m’accroupissant avec précaution pour ne pas être vu. À une cinquantaine de mètres, j’ai immédiatement reconnu, grâce à son short vert, le joggeur croisé quelques minutes plus tôt. Cinq types costauds comme des déménageurs et cagoulés venaient de lui tomber dessus. Ils l’ont maîtrisé en moins de temps qu’il n’en faut pour
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