Le mystère Zorba

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La suite des aventures du Cirque Gloria !

Les héros attachants du feuilleton de Magnificat Junior mènent une enquête palpitante. Un roman pour réfléchir sur le mensonge.


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Publié le 26 novembre 2014
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EAN13 9782728919116
Langue Français
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Mame

À mes enfants

« Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas,
vous ne tromperez pas votre compagnon. »

Lévitique 19, 11

 

Guerric

Guerric a 9 ans et demi. Il est jongleur comme son père, Guimer. Guerric a perdu sa maman alors qu’il était bébé mais cela n’entame en rien sa joie de vivre. C’est un fonceur qui se lance avec passion dans chaque nouvelle aventure… un peu trop vite parfois !

 
Gladys

Gladys, la cousine de Guerric, a 10 ans et demi. Plus réfléchie que les deux garçons, elle est aussi plus attentive aux autres. Trapéziste comme ses parents, Gaétan et Guénolé, Gladys n’a rien d’une peureuse. L’aventure et le risque ne l’effraient pas.

 
Jules

Jules, 10 ans, a rencontré Guerric et Gladys lors d’un passage du cirque Gloria à Saint-Malo, où il vit avec sa famille. Il profite des vacances pour rejoindre le cirque Gloria dans sa tournée, mais il a le chic pour se mettre dans des situations embarrassantes !

Chapitre premier

Il arrive !

Guerric et Gladys trépignaient sur le quai de la minuscule gare d’Agonac, en Dordogne. Le train de Jules, leur meilleur ami, avait dix minutes de retard et cela leur semblait une éternité. Toutes les vacances scolaires, Jules rejoignait Guerric et sa cousine Gladys pour passer quelques jours au cirque Gloria. Les trois enfants attendaient ces moments avec impatience, car ils étaient toujours pour eux synonymes d’aventures.

 

Le train arriva enfin et s’arrêta le long du quai dans un bruit strident. Le cou tendu à la recherche de leur ami, les deux cousins regardaient descendre tous les passagers. Soudain, Jules apparut dans l’encadrement de la porte du wagon juste devant eux. Ils ne le reconnurent pas tout de suite. Quelque chose avait changé depuis la dernière fois. Guerric ­dévisagea son ami avec attention puis sourit franchement. Les lunettes ! Jules portait des lunettes maintenant.

– Jules ! cria Gladys en courant vers lui.

Le garçon plissa les yeux et aperçut la fillette très brune qui ­s’élançait à sa rencontre. Il lui fit un signe de la main et descendit rapidement les trois marches qui le menaient au quai.

– Gladys ! Guerric ! cria-t-il. Vous n’avez pas changé !

– Nous ne pouvons pas dire la même chose de toi, nota Guerric. J’ai bien failli ne pas te reconnaître.

Jules rit, ôta ses lunettes et plaça une de leurs branches dans sa bouche en faisant mine de réfléchir.

– À qui est-ce que je vous fais penser ? demanda-t-il de but en blanc.

Gladys et Guerric ne voyaient pas à qui Jules faisait allusion. Jules se redressa, rechaussa ses lunettes et lança :

– À l’inspecteur Grondin, pardi ! J’ai choisi les mêmes lunettes que lui. Pas mal, non ?

Gladys sourit. Son ami n’avait absolument aucun point commun avec l’inspecteur dont ils avaient fait la connaissance à Murat, en Auvergne, lors de vacances précédentes. Jules était très roux, vif et élancé, son visage piqueté de taches de rousseur. L’inspecteur, lui, était plutôt brun. À cause de son embonpoint, il se déplaçait toujours lentement et suait à grosses gouttes. Certes les petites lunettes en fer de Jules étaient assez semblables à celles du policier, mais la ressemblance s’arrêtait là.

– Pourquoi portes-tu des lunettes ? Tu ne vois rien ? le questionna Guerric.

– Si. Enfin non. Oui. Ça dépend, hésita Jules. Porter des lunettes m’évite d’avoir mal à la tête en classe. Mais comme je trouve qu’elles me donnent un petit air d’inspecteur de police, je ne les quitte jamais.

– Voilà qui promet pour nos vacances ! s’enthousiasma Gladys.

La dernière fois qu’il était venu les voir, Jules les avait entraînés dans des aventures palpitantes que son flair de policier en herbe avait mis au jour. Ils s’étaient tous énormément amusés.

– Du mystère dans l’air ? demanda Jules avec malice.

– Pas encore, mais nous t’attendions, répondit Guerric.

– En revanche, nous avons une surprise, renchérit Gladys.

– Parfait, s’exclama Jules. Toute surprise est déjà un peu mystérieuse !

Il attrapa sa petite valise et emboîta le pas à ses deux amis.

 

Gaétan, le père de Gladys et l’oncle de Guerric, les attendait près d’une voiture.

– Bonjour, Jules, le salua Gaétan en ébouriffant sa tignasse rousse. Tu as fait bon voyage ?

– Très bon, merci, mais je suis content d’être enfin arrivé.

– Guerric aussi, j’en suis sûr. J’ai bien cru qu’il allait écharper le chef de gare lorsqu’il nous a annoncé que ton train avait du retard, ­plaisanta Gladys.

Jules lança un regard amusé à Guerric. Depuis qu’ils avaient fait connaissance lors du passage du cirque Gloria à Saint-Malo où Jules habitait, les deux garçons étaient liés par une amitié profonde. Jules, qui avait peu d’amis par ailleurs, retrouvait toujours Guerric avec une joie extrême. Il comprenait tout à fait l’impatience de son ami. Lui-même, dans le train, avait grogné en apprenant qu’il ­arriverait en retard.

 

Sur la route qui les menait à Brantôme où était planté le chapiteau, Jules remarqua les affichettes du cirque accrochées un peu partout pour annoncer les horaires des représentations à venir. Elles lui semblaient différentes de celles qu’il connaissait.

– Vous avez changé vos affiches ? interrogea-t-il.

Le père de Gladys sourit franchement.

– Tu vas voir, nous avons un nouv…

– Papa ! le coupa Gladys. Ne dis rien, c’est une surprise !

Son père se tut aussitôt. Jules fit la moue en se demandant ce que pouvait bien être cette surprise dont Gladys gardait si jalousement le secret. Toutes ces cachotteries éveillaient sa curiosité.

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Chapitre 2

Incroyable !

En arrivant dans le champ où le cirque Gloria avait planté son chapiteau, juste en bordure de la ville, Jules s’empressa d’aller saluer Guévroc, le vieux clown de la troupe et directeur du cirque, Guénolé, la mère de Gladys, et bien sûr Guimer, le père de Guerric. Il croisa aussi Gaston le vétérinaire, Gabriel le responsable de la sécurité et encore Gontran chargé de monter le chapiteau. Presque tous les membres du cirque Gloria portaient un prénom qui commençait par la lettre G. Il s’agissait d’une vieille coutume qui remontait aux origines du cirque et Guévroc avait bien du mal à s’en défaire.

Quand Jules eut enfin déposé sa valise dans la petite chambre qu’il partagerait avec Gladys et Guerric dans la caravane de Gaétan, la fillette le tira par le bras avec énergie. Elle avait réussi à tenir sa langue durant tout ce temps et à faire en sorte que personne ne dise rien à Jules mais, maintenant, elle avait hâte de lui montrer sa surprise. Elle entraîna Jules dehors avec Guerric et ils se dirigèrent tous les trois vers une caravane stationnée un peu à l’écart.

– Viens voir, le pressa Gladys.

Les trois enfants s’approchèrent de la caravane et la contournèrent ­lentement. Le rideau de l’une des fenêtres s’écarta légèrement. Quelqu’un les observait depuis l’intérieur.

– Attention, avertit Gladys, il ne faut pas l’effrayer.

Jules s’avança avec précaution et regarda autour de lui, ne sachant pas ce qu’il allait découvrir. Et soudain, il aperçut un magnifique zèbre attaché à un piquet par une longe. Il n’en crut pas ses yeux.