Paix Perpétuelle - Livre Premier (Extraits)
14 pages
Français

Paix Perpétuelle - Livre Premier (Extraits)

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Description

Le titre du conte évoque irrésistiblement le « Projet de Paix Perpétuelle » d’Emmanuel Kant, un petit ouvrage de 1795 étonnamment moderne dans lequel le philosophe prussien expose sa vision de ce qu’il convient de mettre en œuvre pour assurer une paix durable. Les chefs d’État sincèrement attachés au bien-être de leurs administrés feraient bien de s’inspirer des principes préconisés dans cette œuvre relativement peu connue.
Le conte est écrit dans un style qui se veut compréhensible par la tranche d’âge visée sans tomber dans un langage bêtifiant. Il se pourrait cependant que certains mots ne fassent pas partie du vocabulaire de base des plus jeunes et qu’il faille avoir recours au dictionnaire, à un frère, une sœur ou des amis plus âgés.
C’est indiscutablement un livre attrayant qui donne à réfléchir, un cadeau intelligent pour les petits et les grands qui ne vous ruinera pas.
Le Livre Premier décrit l’existence idéale que mènent les habitants de l’île de Citadel sous la gouvernance d’une reine vertueuse qui a banni la violence de son royaume. Le ton est donné dès les premiers paragraphes du Prologue qui affirme que les rois souffrent des maladies de leur peuple plus que de leurs propres maladies. Tous ceux qui connaissent un peu l’Asie savent qu’il s’agit là d’une fameuse inscription attribuée au non moins fameux roi Jayavarman VII.
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Informations

Publié par
Publié le 25 février 2014
Nombre de lectures 386
Langue Français

Exrait


TIPRAM POIVRE
PAIX PERPÉTUELLE
Conte utopique en trois livres pour enfants sages
*~*~*~*~*
LIVRE PREMIER
Harmonie et solidarité
*~*~*~*~*
SOMMAIRE
Prologue – L’île de Citadel
Chapitre 1 – Tur
Chapitre 2 – La mobilisation générale
Chapitre 3 – Les recherches
Chapitre 4 – Le sauvetage
Chapitre 5 – Chette
Chapitre 6 – Le temple de la Paix
Chapitre 7 – Le serment aux générations futures
Chapitre 8 – Le festin
L’auteur
Copyrights
*~*~*
PROLOGUE
Il était une fois, au commencement du quatrième millénaire, une île merveilleuse où la
misère n’existait pas, où tous, hommes, femmes et enfants, vivaient dans une grande
harmonie, s’unissant tous ensemble pour préserver une paix perpétuelle.
Citadel, tel était le nom de l’île, était gouvernée par la reine Sombor, une femme
bonne et juste. Dès le lendemain de son couronnement, Sombor avait publié trois décrets.
Le premier interdisait toute forme de violence. Le second créait l’Ecole de la Paix
perpétuelle, gratuite pour tous. Le troisième inscrivait le respect de la nature comme une
priorité nationale.
Elle avait adopté la devise qu’un vieux souverain d’Asie avait fait graver sur une stèle
de son palais. L’inscription affirmait que les rois souffrent des maladies de leur peuple
plus que de leurs propres maladies, car c’est le bonheur du peuple qui constitue le
bonheur des rois. Pour Sombor comme pour ce roi, le bien public était ce qui comptait le
plus, et elle y travaillait avec dévouement.
Il faisait bon vivre à Citadel. L’air y était pur, l’eau avait la transparence du cristal, le
feu était domestiqué pour le confort de l’homme, la terre produisait les fleurs les plus
odorantes et les fruits les plus savoureux. Car quand l’homme aime et protège la nature,
la nature ne cesse de combler l’homme de cadeaux extraordinaires.
Le cadre de vie idéal incite le plus fort à aider le plus faible. L’aveugle porte le
paralytique tandis que le paralytique guide les pas de l’aveugle. Et les parents prennent
soin des enfants qui, devenus grands, rendent aux plus âgés les attentions et l’affection
reçues.
La renommée de l’île, où l’intelligence du cœur et celle de la raison se fondaient à la
perfection, ne tarda pas à dépasser les limites de ses frontières. Sa réputation était telle
que les peuples des contrées avoisinantes, puis ceux d’horizons éloignés, décidèrent de se
placer sous la protection de Citadel. Et au moment où notre histoire commence, il n’était
pas exagéré de dire que le soleil ne se couchait jamais sur le royaume de Sombor.
Cependant, le bonheur et la prospérité attirent toutes sortes de convoitise. La paix est
un état fragile qui nécessite des soins continuels, et la clairvoyante reine le savait fort
bien. C’est pourquoi, avec le soutien des Citadelliens, elle avait mis au point une stratégie efficace pour désarmer les ennemis de la paix.
Allons visiter ce pays fabuleux.
*~*~*
CHAPITRE 1 – TUR
Ce matin là, comme à l’accoutumée, Tur, un adolescent d’une quinzaine d’années,
avait déroulé une natte sur sa pelouse et faisait sa gymnastique quotidienne.
Il s’interrompit soudain. Les oiseaux ne chantaient plus, les feuilles se tenaient coites, et
des traînées grisâtres entachaient le ciel par endroits.
Sa tête bourdonna, et Tur porta les mains à ses tempes. Au-dessus de l’oreille droite,
une touffe de cheveux devint violette et raide et, tel un radar, pivota sur son axe, dans un
sens, puis dans l’autre. Sa chevelure entière s’électrifia en une gerbe d’étincelles
crépitantes avant de retrouver son état normal.
D’un bref mouvement de l’épaule, le jeune garçon fit surgir un petit micro du col de
son survêtement.
— Ici Tur. J’appelle pour une urgence.
— Bonjour Tur. Ici, Chalilo, de service à la tour centrale. Que puis-je faire pour toi ?
— Bonjour, Chalilo. Je viens de capter une perturbation venant du nord. Peux-tu
vérifier sur la toile ?
— Tout de suite !
Après un bref silence, Chalilo revint.
— Tu as raison, Tur. Un énorme champignon noir, au-delà des Grandes Abîmes.
Rassemblement au Quartier général. J’ai activé le Carillon de la Paix.
Chalilo avait à peine fini sa phrase que des vagues de sons cristallins déferlèrent sur
l’île. Portées par les ondulations de la brise, elles égrenaient leurs grappes musicales pour
battre le rappel de la solidarité.

Tur rentra immédiatement chez lui, une curieuse construction ronde sur pilotis posée
au milieu d’une prairie vallonnée. Le toit était couvert d’une ardoise spéciale qui se
tournait vers le soleil et emmagasinait son énergie. Tous les Citadelliens habitaient ce
genre de maison qu’ils appelaient leur case.
Le robot-majordome qui attendait sur le perron ne sourcilla pas quand son maître
surgit comme une flèche et fila dans l’escalier.
Il entra tout habillé dans la cabine de douche. Des bras automatiques réglèrent la température de l’eau et savonnèrent vigoureusement le jeune garçon avant de le rincer
avec un mélange de rosée de citronnier. Une étole de duvet bouclé l’attira sous un flux
vertical d’air chaud. Quand Tur fut sec, lui, ses souliers et ses habits, les parois de la
douche s’ouvrirent. Des mains gantées le revêtirent d’une tunique blanche et d’un
pantalon à plis bleu, tandis qu’un anneau de saphir surgi d’un coffret se glissa à son
auriculaire droit.
Tur courut au garage. Il frappa le sol trois fois de la pointe du pied, et la porte s’ouvrit.
Il se mit au volant de sa turbomonture, une nacelle de fibre de glace reposant sur deux
pantoufles métalliques.
— Contact ! lança-t-il.
Les portières s’enclenchèrent, et une ceinture s’enroula autour de sa taille.
— Moteur !
Un fanion arborant un bouquet de plumes bleues sur fond blanc se déploya à l’avant.
— Vole !
La turbomonture décolla dans un doux glissement.
*~*~*
CHAPITRE 2 – LA MOBILISATION GÉNÉRALE
La turbomonture se posa quelques instants plus tard dans une cour carrée où se
trouvaient des engins identiques. Tur courut jusqu’à une porte fondue dans les rochers,
passa son visage devant un rayon rouge et, au signal donné par des bips, il présenta le
chaton de son anneau. La lumière vira au mauve, et des murs cylindriques se refermèrent
autour de lui.
Quand ils s’ouvrirent, Tur se trouva sur le seuil d’une vaste pièce creusée à même la
roche. Le plafond était tendu du même bouquet de plumes que le drapeau de sa
turbomonture. Un planisphère piqué de triangles orange et verts occupait tout un pan de
mur. Une vingtaine de personnes assises à des tables disposées en demi-cercle écoutaient
un homme aux cheveux argentés. Tous portaient des vêtements et un anneau semblables à
ceux de Tur, et une même expression de gravité se lisait sur les visages.
Tur s’assit près d’un garçon aux cheveux aussi blonds et plats que les siens étaient
bruns et frisés.
— Bonjour, Chalilo, chuchota-t-il. Est-ce que j’ai raté des choses importantes ?
— Non, Tur, répondit Chalilo avec un sourire fendant sa face pointue d’une oreille à
l’autre. Logossage vient de commencer.
Logossage était un homme de taille moyenne au visage anguleux, dont la voix
puissante contrastait avec le corps fluet.
— Mes amis, vous le savez, je viens de parler avec la reine Sombor. Les Jumeaux
Ennemis se sont battus, une nouvelle fois. Nous ne connaissons pas encore tous les
détails, mais le choc de leurs armées a été terrible. Les explosions se succèdent en
chaîne, et l’incendie s’étend.
Il leva un bras. L’obscurité se fit dans la salle, et des images surgirent sur une grande
toile d’araignée transparente descendue du plafond. Les images montraient un maelström
de fumée opaque et de débris en ébullition. Des langues de feu perçaient les épaisseurs
noires, crachaient leurs tentacules de flammes, enflaient comme autant de chancres
destructeurs, puis sombraient dans le chaos pour renaître plus loin.
Au signal de Logossage, les visions d’apocalypse disparurent, et les lumières se
rallumèrent. Clotte, un garçon élégant aux cheveux caramel coiffés en brosse, demanda la parole, le visage pâli par l’émotion.
— Nous envoyons nos brigades combattre les incendies, n’est-ce pas ?
— Non. Nous n’avons pas l’autorisation des Jumeaux Ennemis, regretta Logossage.
Sombor leur a adressé un message. Mais il est à craindre que ni le frère, ni la sœur ne
répondront. Souvenez-vous, quand ils se sont fait la guerre pour leurs mines de
diamants…
— C’est vrai, dit Clotte, les pommettes enflammées par l’indignation. Ils avaient tout
refusé. Les médecins, les médicaments, les vivres, tout ce que nous proposions. C’est
inadmissible ! Débarrassons l’univers de ces deux monstres qui sacrifient leur peuple à
leur soif de puissance et d’or !
— Non ! Nous n’utiliserons pas la violence.
Logossage marqua un silence avant de poursuivre :
— Clotte, nous connaissons votre compassion pour le peuple de Cambamok, et nous
partageons vos sentiments. Nous avons tous un parent ou un ami que nous aimons et
qui souffre là-bas. Pourtant, nous devons garder notre sang-froid, nous qui avons le
privilège de vivre dans notre magnifique Citadel. Et nous devons respecter la loi qui
interdit la violence. Nos lois sont les sources justes et raisonnables de notre force et de
notre prospérité. Elles sont les gardiennes de l’héritage que nous laisserons à nos
enfants et à nos petits-enfants.
— Et eux, quel héritage ont-ils, tous les enfants qui sont broyés par les guerres et la
misère ? rugit Clotte.
Logossage ignora l’apostrophe.
— Si nous oublions nos lois, ne fût-ce qu’une fois, nous tombons dans le même état de
barbarie que les Jumeaux Ennemis, et nous abandonnons ce que nous chérissons, la
liberté, la paix, la civilisation. Non, Clotte ! Aujourd’hui plus que jamais, nous devons
renoncer à la violence... Précisément parce que la violence sévit à nos portes !
— Pardon, Logossage, dit Clotte en baissant la tête. Je vous présente mes excuses pour
mon emportement. C’est si pénible de ne pas agir.
— Nous agissons… mais en accord avec notre logique de paix. Écoutez, voici ce que
la reine Sombor a décidé. Le feu ne nous menace pas directement, mais les vents
pourraient apporter des miasmes de pollution. Il faut déployer la carapace de protection. Clotte, voulez-vous vous en charger ?
— C’est un honneur que j’accepte avec joie, répondit Clotte d’une voix devenue
presque normale.
Logossage continua :
— Nous aurons besoin de plus d’électricité qu’en temps habituel. Mimza, vous
contrôlerez les champs d’éoliennes et de norias, la cheminée solaire, et les barrages
hydroélectriques.
Mimza écrivait, la nuque ployée au-dessus de ses feuilles, trois plumes d’aigrette
piquées dans sa chevelure blanche relevée en chignon. Elle leva ses yeux minces et
effilés comme des amandes et fit oui de la tête.
— Tenons-nous prêts à secourir ceux qui parviendront à fuir. Docte-Dame, prévenez
la Plume Rouge et les hôpitaux.
Une femme potelée au visage ouvert, répondant à ce nom de Docte-Dame, acquiesça.
Logossage s’adressa alors à Blitzaile, un homme chauve bâti tout en muscles.
— Blitzaile, tenez toutes les géniuscharrues à la disposition de Tur. C’est lui qui sera
responsable des opérations de recherche.
Et il dit à l’attention de Tur :
— Tu as l’expérience de nos opérations de solidarité. Le moment est venu pour toi
d’appliquer ce que tu as appris.
Tur ne perdit pas un instant :
— Je ferai tout pour mériter ta confiance, Logossage. Si tu n’as pas d’autres
instructions, je file réunir les équipages et vérifier le matériel.
*~*~*

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