La question de la psychose maniaco-dépressive

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L’énigme de la psychose maniaco-dépressive est peut être celle d’une clinique pulsative au sens de pulsatio plus que de pulsus – qui a donné pulsion. Ou alors faut-il immédiatement partir du terme de «despécification» de la pulsion proposé par Marcel Czermark pour parler d’une oralité propre au psychotique.
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Sophie Bonnal
Je cherche un texte qui nous introduirait à la question de la psychose maniaco-dépressive, quelqu'un ??
Frédéric BiethPourquoi ne pas tenter de la penser à partir de ce qui fait œuvre, formations de l'inconscient, si la notion à encore du sens, en ce qui concerne la PMD. Cette dernière me semble bien plus à penser dans c/ses créations que dans un texte théorique. Mettons les lunettes et entrons dans le monde fantastique des psychoses... ;-))
Richard Abibonje propose ce texte ;http://topologie.pagesperso-orange.fr/Entre_soi_et_l %27autre_l%27Autre_ment.pdf
Richard Abibonen 1952, dans le DSM 1, la PMD n’existait pas. elle a été introduite beaucoup plus tard, avec ensuite la PMD pédiatrique. lorsque cette dernière a été introduite, le taux de diagnostics de PMD chez des enfants et des adolescent a augmenté de 4000% en 10 ans. c’est pareil pour l’autisme. quand j ai commencé ma carrière personne n’en parlait et dans l’hôpital ou je travaillais il n y en avait pas. pourtant Kanner avait publié ses travaux en 1949. Maintenant des qu un enfant a un problème c’est de l’autisme. je crois bien bien qu il est plus question de mode dans cette affaire, que de science. et aussi de benefice des laboratoires. Biderman, l’homme qui a inventé la PMD pédiatrique été finance par un consortium d'une vingtaine de laboratoires. en France les liens de la haute autorité de santé , via union nombre de ses membre avec des laboratoires est notoire. on pourrait en dire autant de la totalité des diagnostics
Richard Abibonla question de la PMD ou de l autisme, ou meme de la psychose interesse surtout la psychiatrie. a mon sens, tout cela n est pas dans le champ de la psychanalyse. j aime bien la definition que je donne a la psychanalyse ; la discipline qui donne la parole au sujet. decider dans le dos de qqn qu il "est" ceci ou cela , c est en faire un objet . c'est donc a cote de la plaque en ce qui concerne la psychanalyse. ça amène dans Le Mur a savoir cet enfant qui récite qu il est autiste a 80% ( mince de précision quand meme! ) ou tous ces gens que j ai vu entrer dan mon bureau en se présentant ainsi ; bonjour je suis PMD. a quoi je réponds ; bonjour je suis Abibon. car on finit par convaincre les gens qu ils sont malades, et , pire, qu ils le resteront toute leur vie et devront prendre des médocs toute leur vie
Richard Abibondans l article que je propose, je montre comment j ai guéri une personne qui avait été etiquettée PMD. j y montre aussi a quel point le problème n est pas la. en psychanalyse le problème n'est pas celui de l'autre, c'est celui du transfert. dire : la folie, quelle qu elle soit, réside en l autre, n est jamais qu un avatar de la dénégation universellement répandue : c'est pas moi c'est l autre.
Eva Talineau sur la PMD, déjà lisez Freud, deuil et mélancolie, ensuite Abraham, puis Maria Torok et Nicolas Abraham "la crypte et le fantôme", Jean Allouch "érotique du deuil au temps de la mort sèche", lisez aussi quelques psychiatres phénoménologues, Binswanger "manie et mélancolie", car ses descriptions cliniques sont bonnes, et sa pratique psychiatrique raisonnable, il y a plus récemment Paul Laurent Assoun. Mais surtout, si vous voulez travailler cliniquement avec des patients psychotiques, lisez aussi Searles, Gisela Pankow, et incontournablemente GAETANO BENEDETTI - je le mets en grosses lettres tellement ce qu'il a construit, comme chemin depuis 70 ans, dans la discrétion, et pas à pas, et dans l'indifférence, voire l'hostilité des establishment analytiques, est remarquable.
Lucile Longreil y aussi le livre de Kay redfield Jamison, de l'exaltation à la dépression, où une psychiatre raconte la maniaco-dépression dont elle est atteinte. Elle a également publié un livre sur les rapports entre arts et maniaco-dépression, touched by fire, malheureusement non traduit et mon anglais est trop déficient pour le lire. Sinon, il ya le témoignage de Gérard Garouste, L'intranquille paru il y deux ou trois ans je crois.
Lucile Longreil y a encore le livre de philippe brenot, le génie et la folie qui traite aussi des rapports entre maniaco-dépression et arts entre autre
Lucile Longreet julia kristeva , Soleil noir, dépression et mélancolie et le livre de Robert burton, anatomie de la mélancolie
B
Hors fb mon propre choix
La psychose maniaco-dépressive, d’une clinique de la temporalité
à la clinique de l’objet.
Jean Jacques Tyszler
L’énigme de la psychose maniaco-dépressive est peut être celle d’une clinique pulsative au sens de pulsatio plus que de pulsus – qui a donné pulsion. Ou alors faut-il immédiatement partir du terme de «despécification» de la pulsion proposé par Marcel Czermark pour parler d’une oralité propre au psychotique.
En physique est appelé pulsatif un mouvement de vibration qui se manifeste dans les fluides élastiques.
L’Etna, où la mythologie plaçait les forges des Cyclopes, est un volcan vivant même si les périodes d’accalmies sont heureusement longues permettant aux touristes de se promener apparemment sans danger sur la lave refroidie.
Aussi le caractère de la périodicité de la maladie est une vision trompeuse si nous en accentuons le trait; beaucoup pensent que le patient est rendu tout simplement à la normalité en dehors des accès mélancoliques, maniaques ou mixtes.
L’insistance sur la temporalité est liée à l’effort des aliénistes pour nouer dans un même mouvement des entités reconnues depuis l’Antiquité.
Cet effort est louable car il procède d’une mise en perspective d’éléments apparemment disjoints: tel «bouffée» délirante de l’adulte jeune avec l’épisode mélancolique ou maniaque franc plus tardif, par exemple.
Après Pinel et Esquirol parlant des passions en référence à Aristote, Falret et Baillarger introduisent quasiment en même temps, et dans une compétition qui fit date, les notions de circularité et de périodicité.
En 1854 Baillarger présente à l’Académie de médecine de Paris un mémoire intitulé: «note sur un genre de folie dont les accès sont caractérisés par deux périodes régulières, l’une de dépression et l´autre d’excitation».
Cette «Folie à double forme» insiste sur la succession des deux formes pour ne constituer qu’une seule entité.
Quelques jours plus tard seulement, Falret présente son propre mémoire intitulé « De la folie circulaire». C’est la temporalité qui est valorisée au delà de la description des formes. Falret insiste sur la succession, sur l’intermittence et la répétition :
« Ce genre d’aliénés roule dans un même cercle d’états maladifs qui se reproduisent sans cesse comme fatalement et ne sont séparés que par un intervalle de raison d’assez courte durée.
La folie circulaire est caractérisée par l’évolution successive et régulière de l’état maniaque, de l’état mélancolique et d’un intervalle lucide plus ou moins prolongé.
Elle est à plus juste titre que la manie ou la mélancolie une forme naturelle car elle n’est pas basée sur un seul caractère principal, la quantité de délires, la tristesse ou l’agitation mais sur la réunion des trois états particuliers, se succédant dans un ordre déterminé possible à prévoir et n’étant pas susceptible de transformation».
Des maladies mentales, 1854.
Nous avons là le socle de ce qui deviendra avec Emil Kraeplin dans la 6éme édition de son traité de 1899 «la folie maniaco-dépressive».
Nous entendons bien la force de cet héritage dans une conception qui ordonne un rythme à trois temps : manie/mélancolie/intervalle libre ou «lucide» avec cette difficulté que la lecture par la temporalité induit une fausse évidence qui est la conception de l’aliénation partielle – nous avons l’année dernière à Ville Evrard essayé de déplier le terme de délire partiel – et nous savons que pour de nombreux collègues – cf notre propre dictionnaire de la psychanalyse – la maniaco-dépression n’est pas relevable d’une forclusion du Nom du père, d’où souvent l’oubli volontaire du mot psychose. On dit désormais trouble maniaco-dépressif, maladie voir personnalité maniaco dépressive... désormais également maladie bipolaire, en référence à un trouble de l’humeur sans rapport avec la riche description hippocratique.
Notons qu’il existe d’autre psychose à forme «éruptive». J’avais l’année dernière rapporter les élements cliniques d’une psychose interprétative, présentant entre des accès délirants de vifs et préoccupants, une capacité très singulière d’écriture et de critique d’arts, ainsi que de traduction.
C’est la folie maniaque dépressive d’Emile Kraepelin qui est considérée comme le socle unificateur de ce que nous appelons psychose
maniacodépressive. Le terme est individualisé dans la 6 ème édition de son Traité, en 1899 et complété dans la 8 ème édition en 1913.
Kraepelin recense des éléments cliniques de première importance : l’analgésie ou suppression de la sensibilité à la douleur, des troubles spéculaires et de la vue, les injonctions hallucinatoires poussant au suicide, les idées hypocondriaques et de négation.
«... le coeur ne réchauffe plus le sang ; c’est un morceau de chair morte, les veines sont desséchées, remplies de poison ; la circulation ne se fait plus, la sève est partie. Tout est fermé, il y a un os, une pierre dans la gorge ; l’estomac et les intestins ne sont plus là...» Cotard développera plus avant ces particularités dans son fameux syndrome.
Kraepelin souligne aussi les idées d’autoaccusation, accusation portant sur des évènements insignifiants, quelque fois très éloignés dans le temps, souvent reliées aux idées de persécution et de ruine.
Il fait remarquer que même dans la mélancolie simple, sans idée délirante, le patient est comme désaffecté : « leurs représentations n’ont plus la vive couleur de la sensation normale» ; le monde devient étranger lointain pendant que le sujet « s’apparaît à lui même comme un automate». L’anesthésie affective devient un signe cardinal de la mélancolie.
« il n’a plus qu’indifférence pour ses proches et pour ce qu’il chérissait le plus au monde».
Les affects sont en quelque sorte projetés du coté de l’Autre et des autres, le sujet lui n’est plus affecté, il est isolé, évidé, « accablé par un malheur sans nom».
Il ne s’agit plus d’une perte mais d’un trou dans le monde signifiant.
Mais au delà peut-on caractériser analytiquement le patient maniacodépressif en dehors des accès les plus bruyants ?
Il y dans le texte canonique de Freud de 1915 « Deuil et Mélancolie» un paradoxe utile lorsque Freud concernant la mélancolie parle d’une forte fixation à l’objet et, en même temps, d’une faible résistance de l’investissement objectal.
Nous avons avec Lacan et les mises au point de M. Czermark, mieux appris à séparer l’objet d’identification, l’image de l’autre, également i(a) et l’objet a, l’objet du fantasme et objet cause du désir.
Le suivi régulier de patients maniacodépressif permet de préciser certains traits caractéristiques :
1 La présence réelle d’un proche, commentant en miroir la position du sujet est nécessaire à une stabilisation symptomatique ; c’est la plupart du temps le conjoint, éventuellement un frère/une soeur ou un enfant. Le patient s’identifie, à partir des remarques, de l’aide voir de la surveillance exercée par le plus proche dont l’absence, la trahison ou la perte se révèle catastrophique.
Le patient conteste, s’insurge, proteste de la perte de son énonciation mais fondamentalement le discours courant de l’autre sur lui, lui est absolument indispensable. Le dispositif fait tenir en un sens le mathème i(a), en palliant à l’absence de trait symbolique suffisamment singularisé de l’Idéal du Moi (I).
2 même dans des suivis longs et riches, le dégagement des positions fantasmatiques du sujet reste infructueux. Le forçage de ces questions, par le rêve , les jeux de mots, l’équivocité signifiante... produit régulièrement un versant quasi interprétatif ou sensitif.
Si Charles Melman a pu parler de disjonction entre le désir et la jouissance, c’est que le bâti du fantasme n’est en rien repérable : Hors limite d’un sujet sans frein d’un coté, jouissance de l’objet- déchet de l’autre, il n’y a pas de poinçon pour conjoindre deux dimensions simultanées, éventuellement – états mixtes- mais sans synchronie structurale. Cela vient en même temps mais sans aucune dialectique ni combinaison. La manie n’apprend rien de la mélancolie et vice-versa.
Freud a pu dire que les auto accusations n’étaient en fait que des accusations, le mélancolique se reproche ce qu’il reproche à un autre, à la personne aimée ; c’est l’instance surmoïque qui pour Freud juge le moi avec une redoutable opiniâtreté.
Il ne parlera pas néanmoins comme Abraham de sadisme mais bien de haine, celle que la pulsion de mort déliée, laisse se déverser :
Pour autant cette conception d’une lutte moi/surmoi psychologise la culpabilité hors sens mélancolique et les notations des psychiatres classiques font à leur façon mieux entendre l’étrangeté de cette douleur sans nom - «malheur sans nom» disait Kraepelin. C’est à cet endroit que le legs du dialogue Freud – Abraham est resté source de confusion.
Dans cet article de 1925 sur «les états maniacodépressifs et les étapes pré-génitales de la libido», Karl Abraham dit ceci à propos d’une patiente :
« Elle s’accusait sans arrêt d’avoir volé. Il n’en était rien. Mais il est vrai que son père avait qui elle vivait et qu’en célibataire elle avait aimé de toutes ses forces avait te arrêté pour vol. L’affection mélancolique survit à la suite de ces faits qui la séparaient de son père, et surtout avaient suscité une réaction psychique profonde dans ls sens de l’éloignement de son père. L’introjection suivit immédiatement la perte de la personne aimée.
C’est maintenant la patiente elle même qui a volé, et nous ne pouvons que confirmer la conception de Freud selon laquelle les auto accusations s’adressent en réalité à la personne aimée».
Ce que Abraham nomme introjection c’est un mécanisme apparenté à la façon dont l´objet aimé et perdu est récupéré réintroduit dans une forme d’identification.
«Je ne peux pas aimer les autres, je suis obligé de les détester → les autres ne m’aiment pas car j’ai des insuffisances innées».
Pour éclairer la difficulté proposons un petit décalage :
Ce que visent les accusations du mélancolique ce n’est ni le moi, ni l’objet d’amour perdu, l’autre mais l’Autre.
Plus que le paranoïaque, le mélancolique produit la mort de l’Autre comme tel, peut être plus précisement la mise à mort de la place du père, de la Loi dans l’Autre.( Dieu est mort tout le monde est mort....).
Schreber se voue à faire exister l’Autre, il ne peut s’arrêter de penser à cause de cela ; la jouissance de l’Autre l’accable mais le sujet schréberien s’accepte comme énoncé de cette jouissance « femme de Dieu».
La culpabilité de la patiente dont parle Abraham est peut être celle de déclarer hors champ – dans l’Ics - la signification du mot père comme tel, le signifiant a été volé...
Le mélancolique ne demande rien – que la mort - Il ne s’adresse pas à l’Autre au sens de l’Autre du savoir. Cette dimension de destructivité du lieu de fondation, sa métamorphose maniaque en autofondation, vous la retrouver chez certaines personnalités qui ont fait date.
L’exemple de Sabbataï Tzvi –Zevi- est à ce titre passionnant. Le grand historien de la mystique juive, Gershom Scholem a longuement décrit l´hérésie absolue de Sabbataï Zévi – le Sabbatianisme ; la proclamation en 1665, 1666 de Sabbataï Zévi comme Messie puis sa conversion à l’Islam quand il fut conduit devant le Sultan de Turquie est une page étonnante de l´histoire du judaïsme, marquée dit Scholem par l’«explosion de tendance nihilistes» dans la pensée des contemporains.
L’intéressant concernant notre thème c’est que Gershon Scholem présente cette figure mystique comme une véritable psychose maniaco-dépressive.
« Des périodes de grande dépression et de mélancolie alternaient constamment en lui des spasmes d’une exaltation maniaque, d’un
enthousiasme et d’une euphorie séparés par des intervalles, d’un esprit plus normal.» ( cf les Grands courants de la mystique juive, Payot). Ces disciples parlèrent d’une alternance périodique entre un état «d’illumination » et un état de «chute» ou d’«abandon.»
Ce qui est, une structure, relevable pour nous c’est que dans les moments maniaques Zabbataï Zevi commettait des actes absolument contraire à la Loi religieuse, la Tora. Zabbataï Zevi par ses transgression et pêchés théoriques comme pratiques, ne fait rien de moins que d’attaquer en son coeur, la tradition rabbinique, la Tora, la Loi. La tendance «nihiliste», destructive, alla si loin que dans certains groupes inspirés du sabbatinisme on pratiqua des actes et des rites qui avaient délibérement pour but le dégradation morale de la personnalité humaine. Forme paradoxale de la Sanctification par le pêché. Dans la vie concrète les sabbatéens professèrent un clivage, une disjonction complète entre l´hérésie, vécue secrètement et l´adhésion au monde ambiant, juif pour certains, islamique pour d’autres, chrétiens encore pour ceux qui ont suivi Frank – autre hérétique célèbre un peu plus tard.
Disjonction entre le désir et la jouissance, rappelée plus tôt , « le coeur et la bouche ne peuvent pas être un » dit pour résumer Gershom Scholem, écart extrême pour le dire autrement entre raison et révélation
Eclairage sur la portée de la maniaco-dépression
dans la culture
Que nous apprend «la maniaco-dépression» sur l’éthique ?
Il y a beaucoup à apprendre de ce qui dans la folie maniaco-dépressive souligne le voeu inconscient de délier ce qui fait socle de l’Ethique, le nouage du désir et de la loi.
Certains analystes ont souligné dans les cures du névrosé l’exaltation d’allure maniaque lorsque l’analysant triomphe du combat imaginaire avec le père ; aussi bien que le versant dépressif, le désêtre qui saisit le sujet réduit logiquement à l’opaque objet de son fantasme.
La maniaco-dépression démontre à ciel ouvert la folie d’un voeu ordinaire ; souhait de se soulager de l’économie du désir, soit en l’auto-engendrant soit en le réduisant au pur néant.
C’est la dimension de la trahison tel que Lacan la livre dans un fameux séminaire «l’éthique de la psychanalyse». Dans sa leçon du 6 juillet 1960 Lacan nous dit :
«La trahison ; ce qui caractérise en effet essentiellement ce que j’appelle céder sur son désir est toujours quelque chose, vous l’observez, notez en la dimension dans chaque cas, qui s’accompagne toujours, dans la destinée du sujet de quelque trahison.
Je veux dire, ou que le sujet trahit sa voie et c’est sensible pour le sujet lui même, ou beaucoup plus simplement que quelqu’un avec qui il s’est plus ou moins voué à quelque chose, ait trahi son attente, n’ait pas fait à un moment ce que comportait le pacte. ...
Et pour ce franchissement, cette limite où je vous ai lié en un même terme mépris de l’autre et de soi même il n’y a pas de retour.
Il peut s’agir de réparer mais non pas de défaire».
Comme nous le savons il n’est plus désormais question pour notre contemporain de céder, non pas sur le désir mais sur les jouissances.
Ceder à la saturation pulsionnelle, à la surabondance des objets, à la fête maniaque c’est notre tentation. Ne nous étonnons pas alors d’être ravalé au rang du déchet, de l’ordure, de l’objet encombrant.
Maniaco-dépressif, c’est alors le trait emblématique d’une commune condition.