Le comte de Monte-Cristo, Tome IV
293 pages
Español
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Le comte de Monte-Cristo, Tome IV

-

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
293 pages
Español

Description

Project Gutenberg's Le comte de Monte-Cristo, Tome IV, by Alexandre DumasThis eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and withalmost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away orre-use it under the terms of the Project Gutenberg License includedwith this eBook or online at www.gutenberg.orgTitle: Le comte de Monte-Cristo, Tome IVAuthor: Alexandre DumasRelease Date: March 15, 2006 [EBook #17992]Language: FrenchCharacter set encoding: ISO-8859-1*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE COMTE DE MONTE-CRISTO, TOME IV ***Produced by Chuck Greif and www.ebooksgratuits.comAlexandre DumasLE COMTE DE MONTE-CRISTOTome IV (1845-1846)Table des mati res �LXXXV. Le voyage.LXXXVI. Le jugement.LXXXVII. La provocation.LXXXVIII. L'insulte.LXXXIX. La nuit.LXC. La rencontre.LXCI. La m re et le fils.�LXCII. Le suicide.LXCIII. Valentine.LXCIV. L'aveu.LXCV. Le p re et la fille. �LXCVI. Le contrat.LXCVII. La route de Belgique.LXCVIII. L'auberge de la Cloche et de la Bouteille.LXCIX. La loi.C. L'apparition.CI. Locuste.CII. Valentine.CIII. Maximilien.CIV. La signature Danglars.CV. Le cimeti re du P re-Lachaise.� �CVI. Le partage.CVII. La Fosse-aux-Lions.CVIII. Le juge.CIX. Les assises.CX. L'acte d'accusation.CXI. Expiation.CXII. Le d part.�CXIII. Le pass . �CXIV. Peppino.CXV. La carte de Luigi Vampa.CXVI. Le pardon.CXVII. Le 5 octobre.Bibliographie--OEuvres compl tes �LXXXVLe voyage ...

Informations

Publié par
Nombre de lectures 31
Langue Español

Exrait

Project Gutenberg's Le comte de Monte-Cristo, Tome IV, by Alexandre Dumas This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org Title: Le comte de Monte-Cristo, Tome IV Author: Alexandre Dumas Release Date: March 15, 2006 [EBook #17992] Language: French Character set encoding: ISO-8859-1 *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE COMTE DE MONTE-CRISTO, TOME IV *** Produced by Chuck Greif and www.ebooksgratuits.com Alexandre Dumas LE COMTE DE MONTE-CRISTO Tome IV (1845-1846) Table des mati res � LXXXV. Le voyage. LXXXVI. Le jugement. LXXXVII. La provocation. LXXXVIII. L'insulte. LXXXIX. La nuit. LXC. La rencontre. LXCI. La m re et le fils.� LXCII. Le suicide. LXCIII. Valentine. LXCIV. L'aveu. LXCV. Le p re et la fille. � LXCVI. Le contrat. LXCVII. La route de Belgique. LXCVIII. L'auberge de la Cloche et de la Bouteille. LXCIX. La loi. C. L'apparition. CI. Locuste. CII. Valentine. CIII. Maximilien. CIV. La signature Danglars. CV. Le cimeti re du P re-Lachaise.� � CVI. Le partage. CVII. La Fosse-aux-Lions. CVIII. Le juge. CIX. Les assises. CX. L'acte d'accusation. CXI. Expiation. CXII. Le d part.� CXIII. Le pass . � CXIV. Peppino. CXV. La carte de Luigi Vampa. CXVI. Le pardon. CXVII. Le 5 octobre. Bibliographie--OEuvres compl tes � LXXXV Le voyage. Monte-Cristo poussa un cri de joie en voyant les deux jeunes gens ensemble. �Ah! ah! dit-il. Eh bien, j'esp re que tout est fini, clairci, arrang ? � � � --Oui, dit Beauchamp, des bruits absurdes qui sont tomb s d'eux-m mes, � � et, qui maintenant, s'ils se renouvelaient, m'auraient pour premier antagoniste. Ainsi donc, ne parlons plus de cela. --Albert vous dira, reprit le comte, que c'est le conseil que je lui avais donn . Tenez, ajouta-t-il, vous me voyez au reste achevant la plus� ex�crable matin e que j'aie jamais pass e, je crois.� � --Que faites-vous? dit Albert, vous mettez de l'ordre dans vos papiers, ce me semble? --Dans mes papiers, Dieu merci non! il y a toujours dans mes papiers un ordre merveilleux, attendu que je n'ai pas de papiers, mais dans les papiers de M. Cavalcanti. --De M. Cavalcanti? demanda Beauchamp. --Eh oui! ne savez-vous pas que c'est un jeune homme que lance le comte? dit Morcerf. --Non pas, entendons-nous bien, r pondit Monte-Cristo, je ne lance � personne, et M. Cavalcanti moins que tout autre. --Et qui va pouser Mlle Danglars en mon lieu et place; ce qui, continua� Albert en essayant de sourire, comme vous pouvez bien vous en douter, mon cher Beauchamp, m'affecte cruellement. --Comment! Cavalcanti pouse Mlle Danglars? demanda Beauchamp. � --Ah ��! mais vous venez donc du bout du monde? dit Monte-Cristo; vous, un journaliste, le mari de la Renomm e! Tout Paris ne parle que de cela. � --Et c'est vous, comte, qui avez fait ce mariage? demanda Beauchamp. --Moi? Oh! silence monsieur le nouvelliste, n'allez pas dire de pareilles choses! Moi, bon Dieu! faire un mariage? Non, vous ne me connaissez pas; je m'y suis au contraire oppos de tout mon pouvoir, � j'ai refus de faire la demande. � --Ah! je comprends, dit Beauchamp: cause de notre ami Albert? � --� cause de moi, dit le jeune homme; oh! non, par ma foi! Le comte me rendra la justice d'attester que je l'ai toujours pri , au contraire, de � rompre ce projet, qui heureusement est rompu. Le comte pr tend que ce � n'est pas lui que je dois remercier; soit, j' l verai, comme les � � anciens, un autel _Deo ignoto_. --�coutez, dit Monte-Cristo, c'est si peu moi, que je suis en froid avec le beau-p re et avec le jeune homme; il n'y a que Mlle Eug� nie, laquelle � ne me para t pas avoir une profonde vocation pour le mariage, qui, en � voyant quel point j' �tais peu dispos la faire renoncer sa ch re� � � � � libert�, m'ait conserv son affection. � --Et vous dites que ce mariage est sur le point de se faire? --Oh! mon Dieu! oui, malgr tout ce que j'ai pu dire. Moi, je ne connais� pas le jeune homme, on le pr tend riche et de bonne famille, mais pour � moi ces choses sont de simples _on dit_. J'ai r p t tout cela sati t � � � � � � � M. Danglars; mais il est entich de son Lucquois. J'ai t jusqu' lui � � � � faire part d'une circonstance qui, pour moi, tait plus grave: le jeune � homme a t chang � en nourrice, enlev� par des Boh�miens ou gar par � � � � son pr cepteur, je ne sais pas trop. Mais ce que je sais, c'est que son� p�re l'a perdu de vue depuis plus de dix ann es; ce qu'il a fait pendant � ces dix ann es de vie errante, Dieu seul le sait. Eh bien, rien de tout� cela n'y a fait. On m'a charg d' crire au major, de lui demander des � � papiers; ces papiers, les voil . Je les leur envoie, mais, comme Pilate, � en me lavant les mains. --Et Mlle d'Armilly, demanda Beauchamp, quelle mine vous fait-elle � vous, qui lui enlevez son l ve? � � --Dame! je ne sais pas trop: mais il para t qu'elle part pour l'Italie. � Mme Danglars m'a parl d'elle et m'a demand des lettres de � � recommandation pour les impresarii; je lui ai donn un mot pour le � directeur du th tre Valle, qui m'a quelques obligations. Mais �� qu'avez-vous donc, Albert? vous avez l'air tout attrist ; est-ce que, � sans vous en douter vous tes amoureux de Mlle Danglars, par exemple? � --Pas que je sache , dit Albert en souriant tristement. � Beauchamp se mit regarder les tableaux. � �Mais enfin, continua Monte-Cristo, vous n' tes pas dans votre tat � � ordinaire. Voyons, qu'avez-vous? dites. --J'ai la migraine, dit Albert. --Eh bien, mon cher vicomte, dit Monte-Cristo, j'ai en ce cas un rem de � infaillible vous proposer, rem de qui m'a r �ussi moi chaque fois que � � � j'ai prouv� quelque contrari�t . � � --Lequel? demanda le jeune homme. --Le d placement.� --En v rit� ? dit Albert.� --Oui; et tenez, comme en ce moment-ci je suis excessivement contrari , � je me d place. Voulez-vous que nous nous d� placions ensemble? � --Vous, contrari , comte! dit Beauchamp, et de quoi donc? � --Pardieu! vous en parlez fort votre aise, vous; je voudrais bien vous � voir avec une instruction se poursuivant dans votre maison! --Une instruction! quelle instruction? --Eh! celle que M. de Villefort dresse contre mon aimable assassin donc, une esp ce de brigand �chapp du bagne, ce qu'il para�t. � � � --Ah! c'est vrai, dit Beauchamp, j'ai lu le fait dans les journaux. Qu'est-ce que c'est que ce Caderousse? --Eh bien... mais il para t que c'est un Proven al. M. de Villefort en a� � entendu parler quand il tait Marseille, et M. Danglars se rappelle � � l'avoir vu. Il en r sulte que M. le procureur du roi prend l'affaire � fort coeur, qu'elle a, � ce qu'il para t, int ress au plus haut degr� � � � � le pr fet de police, et que, gr� ce cet int r t dont je suis on ne peut � � � � plus reconnaissant, on m'envoie ici depuis quinze jours tous les bandits qu'on peut se procurer dans Paris et dans la banlieue, sous pr texte que � ce sont les assassins de M. Caderousse; d'o il r sulte que, dans trois � � mois, si cela continue, il n'y aura pas un voleur ni un assassin dans ce beau royaume de France qui ne connaisse le plan de ma maison sur le bout de son doigt, aussi je prends le parti de la leur abandonner tout enti�re, et de m'en aller aussi loin que la terre pourra me porter. Venez avec moi, vicomte, je vous emm ne. � --Volontiers. --Alors, c'est convenu? --Oui, mais o cela? � --Je vous l'ai dit, o l'air est pur, o le bruit endort, o�, si � � orgueilleux que l'on soit, on se sent humble et l'on se trouve petit. J'aime cet abaissement, moi, que l'on dit ma tre de l'univers comme � Auguste. --O� allez-vous, enfin? --� la mer, vicomte, la mer. Je suis un marin, voyez-vous, tout � enfant, j'ai t berc dans les bras du vieil Oc� � an et sur le sein de la � � belle Amphitrite; j'ai jou avec le manteau vert de l'un et la robe � azur�e de l'autre; j'aime la mer comme on aime une ma tresse, et quand � il y a longtemps que je ne l'ai vue, je m'ennuie d'elle. --Allons, comte, allons! --� la mer? --Oui. --Vous acceptez? --J'accepte. --Eh bien, vicomte, il y aura ce soir dans ma cour un briska de voyage, dans lequel on peut s' tendre comme dans son lit; ce briska sera attel � � de quatre chevaux de poste. Monsieur Beauchamp, on y tient quatre tr s � facilement. Voulez-vous venir avec nous? je vous emm ne! � --Merci, je viens de la mer. --Comment! vous venez de la mer? --Oui, ou peu pr�s. Je viens de faire un petit voyage aux � les � Borrom es. � --Qu'importe! venez toujours, dit Albert. --Non, cher Morcerf, vous devez comprendre que du moment o je refuse, � c'est que la chose est impossible. D'ailleurs, il est important, ajouta-t-il en baissant la voix, que je reste Paris, ne f t-ce que � � pour surveiller la bo te du journal. � --Ah! vous tes un bon et excellent ami, dit Albert; oui, vous avez� raison, veillez, surveillez, Beauchamp, et t chez de d couvrir l'ennemi � � � qui cette r v lation a d le jour.� � � � Albert et Beauchamp se s par rent: leur derni re poign e de main � � � � renfermait tous les sens que leurs l vres ne pouvaient exprimer devant � un tranger.� �Excellent gar on que Beauchamp! dit Monte-Cristo apr� s le d part du � � journaliste; n'est-ce pas, Albert? --Oh! oui, un homme de coeur, je vous en r ponds; aussi je l'aime de � toute mon me. Mais, maintenant que nous voil � seuls, quoique la chose � me soit peu pr s �gale, o allons-nous?� � � --En Normandie, si vous voulez bien. --� merveille. Nous sommes tout fait la campagne, n'est-ce pas? � � point de soci t , point de voisins? � � --Nous sommes t te t te avec des chevaux pour courir, des chiens pour� � � chasser, et une barque pour p cher, voil tout. � � --C'est ce qu'il me faut; je pr viens ma m re, et je suis vos ordres. � � � --Mais, dit Monte-Cristo, vous permettra-t-on? --Quoi? --De venir en Normandie. --� moi? est-ce que je ne suis pas libre? --D'aller o vous voulez, seul, je le sais bien, puisque je vous ai� rencontr� �chapp� par l'Italie. --Eh bien? --Mais de venir avec l'homme qu'on appelle le comte de Monte-Cristo? --Vous avez peu de m moire, comte. � --Comment cela? --Ne vous ai-je pas dit toute la sympathie que ma m re avait pour vous? � --Souvent femme varie, a dit Fran ois Ier; la femme, c'est l'onde, a dit � Shakespeare; l'un tait un grand roi et l'autre un grand po te, et � � chacun d'eux devait conna tre la femme. � --Oui, la femme; mais ma m re n'est point la femme, c'est une femme. � --Permettez-vous un pauvre tranger de ne point comprendre � � parfaitement toutes les subtilit s de votre langue? � --Je veux dire que ma m re est avare de ses sentiments, mais qu'une fois � qu'elle les a accord s, c'est pour toujours. � --Ah! vraiment, dit en soupirant Monte-Cristo; et vous croyez qu'elle me fait l'honneur de m'accorder un sentiment autre que la plus parfaite indiff�rence? --�coutez! je vous l'ai d j dit et je vous le r p te, reprit Morcerf, � � � � il faut que vous soyez r ellement un homme bien trange et bien � � sup�rieur. --Oh! --Oui, car ma m re s'est laiss e prendre, je ne dirai pas � la � � curiosit�, mais l'int �r t que vous inspirez. Quand nous sommes seuls,� � nous ne causons que de vous. --Et elle vous a dit de vous m fier de ce Manfred? � --Au contraire, elle me dit: Morcerf, je crois le comte une noble � nature; t che de te faire aimer de lui. � � Monte-Cristo d tourna les yeux et poussa un soupir. � �Ah! vraiment? dit-il. --De sorte, vous comprenez, continua Albert, qu'au lieu de s'opposer � mon voyage, elle l'approuvera de tout son coeur, puisqu'il rentre dans les recommandations qu'elle me fait chaque jour. --Allez donc, dit Monte-Cristo; ce soir. Soyez ici cinq heures; nous � � arriverons l -bas minuit ou une heure. � � --Comment! au Tr port?... � --Au Tr port ou dans les environs.� --Il ne vous faut que huit heures pour faire quarante-huit lieues? --C'est encore beaucoup, dit Monte-Cristo. --D�cid�ment vous tes l'homme des prodiges, et vous arriverez non � seulement d passer les chemins de fer, ce qui n'est pas bien difficile� � en France surtout, mais encore aller plus vite que le t l graphe. � � � --En attendant, vicomte, comme il nous faut toujours sept ou huit heures pour arriver l -bas, soyez exact. � --Soyez tranquille, je n'ai rien autre chose faire d'ici l que de � � m'appr�ter. --� cinq heures, alors? --� cinq heures. � Albert sortit. Monte-Cristo, apr s lui avoir en souriant fait un signe � de la t te, demeura un instant pensif et comme absorb� dans une profonde � m�ditation. Enfin, passant la main sur son front, comme pour carter sa � r�verie, il alla au timbre et frappa deux coups. Au bruit des deux coups frapp s par Monte-Cristo sur le timbre, � Bertuccio entra. �Ma �tre Bertuccio, dit-il, ce n'est pas demain, ce n'est pas apr�s-demain, comme je l'avais pens d'abord, c'est ce soir que je pars � pour la Normandie; d'ici cinq heures, c'est plus de temps qu'il ne � vous en faut; vous ferez pr venir les palefreniers du premier relais; M. � de Morcerf m'accompagne. Allez! � Bertuccio ob it, et un piqueur courut Pontoise annoncer que la chaise� � de poste passerait six heures pr cises. Le palefrenier de Pontoise � � envoya au relais suivant un expr s, qui en envoya un autre; et, six � heures apr s, tous les relais dispos s sur la route � taient pr venus. � � � Avant de partir, le comte monta chez Hayd e, lui annon a son d part, lui � � � dit le lieu o il allait, et mit toute sa maison � ses ordres. � Albert fut exact. Le voyage, sombre son commencement, s' claircit � � bient�t par l'effet physique de la rapidit . Morcerf n'avait pas id e � � d'une pareille vitesse. �En effet, dit Monte-Cristo, avec votre poste faisant ses deux lieues � l'heure, avec cette loi stupide qui d fend un voyageur de d passer � � � l'autre sans lui demander la permission, et qui fait qu'un voyageur malade ou quinteux a le droit d'encha ner sa suite les voyageurs � � all�gres et bien portants, il n'y a pas de locomotion possible; moi, j'�vite cet inconv nient en voyageant avec mon propre postillon et mes � propres chevaux, n'est-ce pas, Ali? � Et le comte, passant la t te par la porti re, poussait un petit cri � � d'excitation qui donnait des ailes aux chevaux, ils ne couraient plus, ils volaient. La voiture roulait comme un tonnerre sur ce pav royal, et � chacun se d tournait pour voir passer ce m t�ore flamboyant. Ali, � � r�p�tant ce cri, souriait, montrant ses dents blanches, serrant dans ses mains robustes les r nes cumantes, aiguillonnant les chevaux, dont les � � belles crini res s' parpillaient au vent; Ali, l'enfant du d � sert, se � � retrouvait dans son l ment, et avec son visage noir, ses yeux ardents, � � son burnous de neige, il semblait, au milieu de la poussi re qu'il � soulevait, le g nie du simoun et le dieu de l'ouragan. � �Voil�, dit Morcerf, une volupt que je ne connaissais pas, c'est la � volupt� de la vitesse. � Et les derniers nuages de son front de dissipaient, comme si l'air qu'il fendait emportait ces nuages avec lui. �Mais o diable trouvez-vous de pareils chevaux? demanda Albert. Vous� les faites donc faire expr s? � --Justement, dit le comte. Il y a six ans, je trouvai en Hongrie un fameux talon renomm pour sa vitesse; je l'achetai je ne sais plus� � combien: ce fut Bertuccio qui paya. Dans la m me ann e, il eut � � trente-deux enfants. C'est toute cette prog niture du m me p re que nous � � � allons passer en revue; ils sont tous pareils, noirs, sans une seule tache, except une toile au front, car � ce privil gi� du haras on a � � � choisi des juments, comme aux pachas on choisit des favorites. --C'est admirable!... Mais dites-moi, comte, que faites-vous de tous ces chevaux? --Vous le voyez, je voyage avec eux. --Mais vous ne voyagerez pas toujours? --Quand je n'en aurai plus besoin, Bertuccio les vendra, et il pr tend � qu'il gagnera trente ou quarante mille francs sur eux. --Mais il n'y aura pas de roi d'Europe assez riche pour vous les acheter. --Alors il les vendra quelque simple vizir d'Orient, qui videra son � tr�sor pour les payer et qui remplira son tr sor en administrant des � coups de b ton sous la plante des pieds de ses sujets. � --Comte, voulez-vous que je vous communique une pens e qui m'est venue? � --Faites. --C'est qu'apr s vous, M. Bertuccio doit � tre le plus riche particulier � de l'Europe. --Eh bien, vous vous trompez, vicomte. Je suis s r que si vous � retourniez les poches de Bertuccio, vous n'y trouveriez pas dix sous vaillant. --Pourquoi cela? demanda le jeune homme. C'est donc un ph nom ne que M. � � Bertuccio? Ah! mon cher comte, ne me poussez pas trop loin dans le merveilleux, ou je ne vous croirai plus, je vous pr viens. � --Jamais de merveilleux avec moi, Albert; des chiffres et de la raison, voil� tout. Or, coutez ce dilemme: Un intendant vole, mais pourquoi� vole-t-il? --Dame! parce que c'est dans sa nature, ce me semble, dit Albert, il vole pour voler. --Eh bien, non, vous vous trompez: il vole parce qu'il a une femme, des enfants, des d sirs ambitieux pour lui et pour sa famille; il vole� surtout parce qu'il n'est pas s r de ne jamais quitter son ma tre et � � qu'il veut se faire un avenir. Eh bien, M. Bertuccio est seul au monde, il puise dans ma bourse sans me rendre compte, il est s r de ne jamais � me quitter. --Pourquoi cela? --Parce que je n'en trouverais pas un meilleur. --Vous tournez dans un cercle vicieux, celui des probabilit s. � --Oh! non pas; je suis dans les certitudes. Le bon serviteur pour moi, c'est celui sur lequel j'ai droit de vie ou de mort. --Et vous avez droit de vie ou de mort sur Bertuccio? demanda Albert. --Oui , r� pondit froidement le comte.� Il y a des mots qui ferment la conversation comme une porte de fer. Le _oui_ du comte tait un de ces mots-l . � � Le reste du voyage s'accomplit avec la m me rapidit , les trente-deux � � chevaux, divis s en huit relais, firent leurs quarante-huit lieues en� huit heures. On arriva au milieu de la nuit, la porte d'un beau parc. Le concierge � �tait debout et tenait la grille ouverte. Il avait t pr venu par le � � � palefrenier du dernier relais. Il �tait deux heures et demie du matin. On conduisit Morcerf son � appartement. Il trouva un bain et un souper pr ts. Le domestique, qui � avait fait la route sur le si ge de derri re de la voiture, tait ses � � � � ordres; Baptistin qui avait fait la route sur le si ge de devant, tait � � � ceux du comte. Albert prit son bain, soupa et se coucha. Toute la nuit, il fut berc � par le bruit m lancolique de la houle. En se levant, il alla droit � la � fen�tre, l'ouvrit et se trouva sur une petite terrasse, o l'on avait � devant soi la mer, c'est- -dire l'immensit , et derri re soi un joli � � � parc donnant sur une petite for t. � Dans une anse d'une certaine grandeur se balan ait une petite corvette � � la car ne troite, � la m�ture lanc �e, et portant la corne un� � � � pavillon aux armes de Monte-Cristo, armes repr sentant une montagne d'or � posant sur une mer d'azur, avec une croix de gueules au chef, ce qui pouvait aussi bien tre une allusion son nom rappelant le Calvaire, � � que la passion de Notre-Seigneur a fait une montagne plus pr cieuse que � l'or, et la croix inf me que son sang divin a faite sainte, qu' quelque � � souvenir personnel de souffrance et de r g n ration enseveli dans la � � � nuit du pass myst rieux de cet homme. Autour de la go � lette �taient � � plusieurs petits chasse-mar e appartenant aux p cheurs des villages � � voisins, et qui semblaient d'humbles sujets attendant les ordres de leur reine. L�, comme dans tous les endroits o s'arr tait Monte-Cristo, ne f t-ce � � � que pour y passer deux jours la vie y tait organis e au thermom tre du � � � plus haut confortable; aussi la vie, l'instant m me, y devenait-elle � � facile. Albert trouva dans son antichambre deux fusils et tous les ustensiles n�cessaires un chasseur, une pi ce plus haute, et plac� e au � � rez-de-chauss e, tait consacr e toutes les ing� nieuses machines que� � � � les Anglais, grands p cheurs, parce qu'ils sont patients et oisifs, � n'ont pas encore pu faire adopter aux routiniers p cheurs de France. � Toute la journ e se passa ces exercices divers auxquels, d'ailleurs,� � Monte-Cristo excellait: on tua une douzaine de faisans dans le parc, on p�cha autant de truites dans les ruisseaux, on d na dans un kiosque � donnant sur la mer, et l'on servit le th dans la biblioth que. � � Vers le soir du troisi me jour, Albert, bris de fatigue l'user de � � � cette vie qui semblait tre un jeu pour Monte-Cristo, dormait pr s de la � � fen�tre tandis que le comte faisait avec son architecte le plan d'une serre qu'il voulait tablir dans sa maison, lorsque le bruit d'un cheval � �crasant les cailloux de la route fit lever la t te au jeune homme; il � regarda par la fen tre et, avec une surprise des plus d sagr�ables, � � aper�ut dans la cour son valet de chambre, dont il n'avait pas voulu se faire suivre pour moins embarrasser Monte-Cristo. �Florentin ici! s' cria-t-il en bondissant sur son fauteuil; est-ce que� ma m re est malade?� � Et il se pr cipita vers la porte de la chambre. � Monte-Cristo le suivit des yeux, et le vit aborder le valet qui, tout essouffl� encore, tira de sa poche un petit paquet cachet . Le petit � paquet contenait un journal et une lettre. �De qui cette lettre? demanda vivement Albert. --De M. Beauchamp, r pondit Florentin. � --C'est Beauchamp qui vous envoie alors? --Oui, monsieur. Il m'a fait venir chez lui, m'a donn l'argent � n�cessaire mon voyage, m'a fait venir un cheval de poste, et m'a fait� promettre de ne point m'arr ter que je n'aie rejoint monsieur: j'ai fait � la route en quinze heures. � Albert ouvrit la lettre en frissonnant: aux premi res lignes, il poussa � un cri, et saisit le journal avec un tremblement visible. Tout coup ses yeux s'obscurcirent, ses jambes sembl� rent se d rober � � sous lui, et, pr t tomber, il s'appuya sur Florentin, qui � �tendait le � bras pour le soutenir. �Pauvre jeune homme! murmura Monte-Cristo, si bas que lui-m me n'e t pu � � entendre le bruit des paroles de compassion qu'il pronon ait; il est � donc dit que la faute des p res retombera sur les enfants jusqu' la � � troisi�me et quatri me g n ration. � � � � Pendant ce temps Albert avait repris sa force, et, continuant de lire, il secoua ses cheveux sur sa t te mouill e de sueur, et, froissant � � lettre et journal: �Florentin, dit-il, votre cheval est-il en tat de reprendre le chemin � de Paris? --C'est un mauvais bidet de poste clop . � � --Oh! mon Dieu! et comment tait la maison quand vous l'avez quitt e? � � --Assez calme; mais en revenant de chez M. Beauchamp, j'ai trouv madame � dans les larmes; elle m'avait fait demander pour savoir quand vous reviendriez. Alors je lui ai dit que j'allais vous chercher de la part de M. Beauchamp. Son premier mouvement a t d' tendre le bras comme � � � pour m'arr ter; mais apr s un instant de r� flexion: � � �Oui, allez Florentin, a-t-elle dit, et qu'il revienne. � --Oui, ma m re, oui, dit Albert, je reviens, sois tranquille, et malheur� � l'inf me!... Mais, avant tout, il faut que je parte.� � Il reprit le chemin de la chambre o il avait laiss Monte-Cristo. � � Ce n' tait plus le m� me homme et cinq minutes avaient suffi pour op rer� � chez Albert une triste m tamorphose; il tait sorti dans son tat � � � ordinaire, il rentrait avec la voix alt r e, le visage sillonn de � � � rougeurs f briles, l'oeil tincelant sous des paupi�res vein es de bleu, � � � et la d marche chancelante comme celle d'un homme ivre.� �Comte, dit-il, merci de votre bonne hospitalit dont j'aurais voulu � jouir plus longtemps, mais il faut que je retourne Paris. � --Qu'est-il donc arriv ? � --Un grand malheur; mais permettez-moi de partir, il s'agit d'une chose bien autrement pr cieuse que ma vie. Pas de question, comte, je vous en� supplie, mais un cheval! --Mes curies sont � votre service, vicomte, dit Monte-Cristo; mais vous � allez vous tuer de fatigue en courant la poste cheval; prenez une � cal�che, un coup , quelque voiture. � --Non, ce serait trop long, et puis j'ai besoin de cette fatigue que vous craignez pour moi, elle me fera du bien. � Albert fit quelques pas en tournoyant comme un homme frapp d'une � balle, et alla tomber sur une chaise pr s de la porte. �
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents