Attila
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Les Légendes d’AttilaAmédée ThierryRevue des Deux Mondes 1852Les Légendes d’AttilaI. Attila selon les traditions des races latines15 novembre 1852. -II. Attila selon les traditions germaniques1 décembre 1852. -III. Les Traditions hongroises - Attila - Arpad - Saint Étienne et la couronne deHongrieLes Légendes d’Attila : 03III. Les Traditions hongroises - Attila - Arpad - Saint Étienne et la couronne de HongrieI – Monumens traditionnels des MagyarsIl existe au milieu de nous une nation qui compte Attila parmi ses rois, et qui entoure d'un respect héréditaire ce nom ailleurs chargéde malédictions. Elle se prétend fille des Huns, et présente à l’Europe comme ses souvenirs domestiques des documenstraditionnels où le nom du terrible conquérant est inscrit à chaque page. Ses plus vieilles chroniques, ses légendes nous parlentd'Attila comme d'un patron et d'un père; ses institutions mêmes essaient de remonter jusqu'à lui. Cette nation, on le devine assez, estla noble et infortunée nation magyare. Que faut-il penser de ses prétentions? Ce qu'elle nous donne pour la tradition immémoriale desa race mérite-t-il à un degré quelconque l’attention de l’histoire, ou devons-nous le rejeter de prime-abord comme un mensonge dela vanité barbare ou une illusion de la piété filiale? Voilà la première question que j'ai dû me faire en abordant une étude longue etincertaine [1].J'ai entendu dire plus d'une fois avec l’accent de l’incrédulité : « Peut-il y avoir des traditions hongroises sur Attila et sur les Huns?»J'étais tenté de répondre : « Serait-il possible qu'il n'y en eût pas? » Quoi! lorsque la France, l’Italie, l’Espagne, les pays germaniqueset jusqu'à la Scandinavie ont rempli le moyen âge de leurs poèmes ou de leurs légendes sur les Huns, la Hunnie seule n'aurait pas eules siens! Héros pour le reste de l’Europe, Attila n'aurait rien été pour cette terre où il régna, où il mourut, et qui recouvre encore sesos! Sa renommée, partout si vivante, serait venue expirer précisément là! Un tel fait, on en conviendra, serait plus surprenant que lacontinuité du souvenir, et il faudrait le prouver pour qu'on y pût croire. Or c'est le contraire qui se démontre sans peine. Pour admettrel’existence possible de traditions conservées en Hongrie sur le premier empire hunnique et sur Attila, il suffit de réfléchir un peu àl’origine du peuple hongrois et aux circonstances qui accompagnèrent son établissement en Europe.D'abord on ne saurait douter que les Hongrois, appelés Hunnugars par les Latins, Ounougours par les Grecs, ne fussent des Huns.Mélange de tribus ougouriennes et de tribus finno-hunniques, ils se montrent à nous en 650 près des sources du Jaïk, où il font lecommerce des fourrures de martre avec la Perse et l’empire romain. Un siècle auparavant déjà, l’historien Priscus signalait entre leBas-Volga et le Don des populations ounougoures que le progrès des invasions turkes poussa de plus en plus vers l’Occident. AuIXe siècle, le gros de la nation hunnugare campe entre le Don et le Dnieper, sous la vassalité des Khazars, maîtres de la Crimée àcette époque et dominateurs des contrées de la Caspienne jusqu'à l’Oxus. Vers l’an 888, les Patzinakes ou Petchenègues,débouchant de l’Asie centrale avec la violence d'une cataracte, fondent sur les Hunnugars et les rejettent au midi, vers les Carpatheset le Danube. Les Hunnugars forment alors avec l’Europe civilisée leurs premières relations, qui sont, on s'en doute bien, desrelations de guerre. Bientôt un puissant renfort leur arrive. Une guerre civile ayant éclaté chez leurs maîtres, les Khazars ou Acalzires,d'origine himnique comme eux, bien qu'affiliés à la domination turke, huit tribus du parti vaincu vont les rejoindre au pied desCarpathes. Hunnugars et Khazars se mêlent pour ne former qu'un même peuple, et leurs idiomes, voisins l’un de l’autre, seconfondent aussi avec le temps. Au nombre des tribus khazares se trouvait celle des Megers ou Moger {Magyars, suivantl’orthographe hongroise actuelle); elle devient la tribu dominante et impose son nom à la communauté. Ainsi se sont constitués lepeuple hongrois et la langue hongroise sur la limite de l’Europe et de l’Asie. Les nations latines continuèrent à désigner les nouveau-venus par le nom d'Hunnugars, mais les Grecs les appelèrent Turks à cause des Khazars, qu'ils classaient parmi les Turks. Cesdétails, extraits des papiers de la chancellerie byzantine par le savant empereur Constantin Porphyrogénète, presque contemporaindes événemens, méritent au plus haut degré notre confiance.Le nouveau peuple magyar ne reste pas longtemps dans les plaines de la Mer-Noire sans tenter la conquête des pays, possédésautrefois par Attila, et un roi de Germanie, Arnulf, lui ouvre par vengeance les défilés des Carpathes. Ennemi de Sviatipolg ouSventibold, qui venait de fonder le royaume slave de Moravie sur les débris de l’empire avar, Arnulf appelle à lui les Magyars, lesexcite à la destruction des Slaves, leur livre enfin l’entrée d'un pays qu'ils pouvaient presque réclamer comme leur patrimoine. Sous leduc Almis, ils occupent la Transylvanie et d'autres points élevés de la chaîne des Carpathes ; sous le duc Arpad, fils d'Almus, ilsdescendent de la montagne dans la plaine et envahissent la Pannonie. Ces deux noms d'Almus et d’Arpad, ainsi que les faitsauxquels ils se rattachent, sont également connus de la tradition et de l’histoire ; seulement la tradition se tait sur le roi de GermanieArnulf; elle donne pour unique mobile aux entreprises des Hongrois la revendication de l’ancien royaume d'Attila.Possesseurs de toute la contrée située entre les Carpathes et la Drave, les Hongrois y trouvent des populations qui toutes conserventdes souvenirs traditionnels d'Attila et des premiers Huns. Ce sont d'abord les restes des Avare, protégés par les successeurs de
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