J’accuse !
45 pages
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J’accuse !

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J'accuse…! est le titre d'un article rédigé par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898 sous forme d'une lettre ouverte au Président de la République Félix Faure. Zola s'est appuyé en partie sur un dossier écrit en 1896 par l'écrivain Bernard Lazare. J'accuse…! paraît deux jours après l'acquittement d'Esterhazy par le conseil de guerre (11 janvier), qui semble ruiner tous les espoirs nourris par les partisans d'une révision du procès condamnant Dreyfus. Zola y attaque nommément les généraux, les officiers responsables de l'erreur judiciaire ayant entraîné le procès et la condamnation, les experts en écritures coupables de « rapports mensongers et frauduleux. »

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Publié le 12 avril 2013
Nombre de lectures 267
Licence : En savoir +
Paternité, partage des conditions initiales à l'identique
Langue Français

Exrait

H EN RI BARBUSSE
J’A CCUSE  !
BI BEBO O KH EN RI BARBUSSE
J’A CCUSE  !
1932
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1055-6
BI BEBO OK
w w w .bib eb o ok.comLicence
Le te xte suivant est une œuv r e du domaine public é dité
sous la licence Cr e ativ es Commons BY -SA
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encourag é à le fair e .
V ous de v ez aribuer l’ o euv r e aux différ ents auteur s, y
compris à Bib eb o ok.J’A CCUSE  !. . .
’ A CCUSE    g ouv er nements français qui se sont succé dé
depuis la guer r e d’av oir accueilli, encourag é , aidé , p ayé et ar méJ les so ciétés de moins en moins se crètes de g ardes blancs, qui
constituent une or g anisation inter nationale de criminels ayant p our but
le meurtr e et la guer r e .
J’ A CCUSE les g ouv er nements d’êtr e r esp onsables des assassinats
successiv ement commis p ar ces bandits, dont les énor mes, multiples et
opulents gr oup ements étendent leur s tentacules sur le monde entier et ont
leur fo y er en France .
J’ A CCUSE P ART ICU LI EREMEN T LE GOU V ERN EMEN T T ARDI EU
D’ET RE RESPONSABLE DE L’ A T T EN T A T DE GORGU LOF F , GARDE
BLANC, EN LIAISON A V EC LA POLICE F RANÇAISE.
J’ A CCUSE T ARDI EU d’av oir joué une comé die plus monstr ueuse
encor e que ridicule en faisant rép andr e p ar les mo y ens de pr op ag ande et
de cor r uption de la pr esse , dont il disp osait, le br uit que Gor guloff était
un b olche vik, ou un « né o-b olche vik », ou un instr ument des b olche viks,
mensong e éhonté qui n’ en a p as moins été e xploité p ar tous les ennemis
de la classe ouv rièr e .
JE L’ A CCUSE d’av oir , en ré alité , tout fait p our que l’assassinat de Paul
1J’accuse  ! Chapitr e
D our mer s’accomplisse , et j’accuse ses chefs de ser vice de n’av oir , en
consé quence , rien fait p our l’ empê cher .
††
Je fais p artie d’un gr oup ement d’hommes qui sont prêts à donner leur
sang et leur vie p our la cause de l’émancip ation définitiv e des masses
humaines e xploité es et opprimé es p ar d’autr es hommes. A ucun mo y en
d’intimidation, aucune mesur e , ne sont susceptibles de me fair e mo difier
l’ e xpr ession publique de ma p ensé e , qui est celle de mes frèr es de lue .
Mais je suis incap able de pr endr e des rê v es p our des ré alités et d’avancer
quoique ce soit qui ne soit p as é vident, et contrôlé . Pour moi, les p ar oles
sont des actes. J’ai pesé toutes celles que j’écris ici.
Je v eux sp é cifier que l’accusation cir constancié e et p ositiv e que je
p orte contr e les or g anisations unifié es de brig andag e tendant au meurtr e
isolé et colle ctif, et dont l’Etat-Major français et le gouvernement tiennent
les ficelles , ne s’applique p as à tous les émigrés en g énéral, — les
travailleur s étrang er s ayant ici les mêmes dr oits que les travailleur s français
— mais à une catég orie sp é ciale d’émigrés, disp osant de mo y ens
puissants, dont l’impunité est intolérable , et que nous ne tolér er ons plus.
Le ré quisitoir e que j’ entends for muler contr e les machinations, les
méfaits et les crimes ( dont la liste n’ est p as close ) p er p étrés p ar un
ramassis d’ espions, de pr o v o cateur s et d’ap aches, grâce à l’inadmissible et
déshonorante pr ote ction des autorités publiques, JE LES AP P U I E SU R
DES F AI TS P RECIS. Ces faits ont été déjà énumérés et rép étés av e c une
stricte neeté dans l’ Humanité, sans qu’aucun démenti soit v enu infir mer
le moindr e d’ entr e eux. Je les r epr ends dans les grandes lignes, ser
einement et obje ctiv ement.
n
2L’ARMEE BLANCH E EN
F RANCE  : U N ET A T D ANS
L’ET A T
    p as d’aujourd’hui, ni d’hier . La r e connaissance
officielle , l’aide en ar g ent, les four nitur es d’ar mes, accordé es auxI bandes blanches abje ctes de K oltchak, de Y oudenich, de D enikine
et de W rang el, sont des faits p ositifs inscrits définitiv ement dans les
annales de l’après-guer r e . D es centaines de millions ont été préle vés sur les
contribuables français et distribués à ces g ens de sac et de corde qui ont
mis à feu et à sang des régions entièr es de la Russie libéré e – p ar les b ons
offices de MM. Clémence au et Millerand.
and W rang el a été v omi définitiv ement p ar la Russie nouv elle , son
ar mé e n’a été dislo qué e qu’ en Russie . Le g ouv er nement français a pris
toutes les mesur es p our en maintenir les cadr es, et cela dans un but
absolument confor me à sa p olitique intérieur e et e xtérieur e de régr ession
so ciale .
LA MASSE P RI NCI P ALE DE L’ ARMEE BLANCH E, QU I CONST I T U E
U N E FORCE POLICI ÈRE ET MI LI T AI RE I N T ERNA T IONALE DE P LUS
3J’accuse  ! Chapitr e
DE 200.000 HOMMES P RÊTS A T OU T F AI RE, EST CONCEN T REE EN
F RANCE.
L’ or g anisation de ce centr e actif de ré action so ciale et p olitique , non
seulement tolérée, mais soutenue par les pouvoirs officiels , aeint une
ampleur qu’ on a p eine à s’imaginer , et qui n’a p as laissé de causer une
stup eur — d’ailleur s bien p assagèr e — à la Chambr e des députés quand il en
a été donné à la tribune quelques ap er çus à pr op os de l’affair e K outiép o v ,
et qui a confondu le public français, quand il a v u défiler , EN ARMES,
officiellement, sous l’ Ar c de T riomphe , à tr ois r eprises différ entes, en
septembr e 1930, en août et en no v embr e 1931, des régiments de
GardesBlancs.
n
4« Prêts à commencer la guer r e »
’U N ION GEN ERALE MI LI T AI RE, dont l’état-major commandé
p ar le général Miller est à Paris, gr oup e une quinzaine de vastesL or g anisations militair es, plus 140 se ctions de cosaques. Cee
for ce militair e imp osante r e cr ute chaque jour des soldats et des élè v es
officier s dans la jeunesse émigré e . Le g énéral Miller , dans une inter vie w
qu’il a donné e der nièr ement au jour nal anglais e Referee, après av oir
r e c onnu que l’ or g anisation d’un tel rése au et son é quip ement n’ ont été
p ossible que «  grâce à l’aitude bienveillante des gouvernements français  »
ouv r e un ap er çu sur l’imp ortance et l’état de prép aration de ces effe ctifs.
Ce ne sont nullement là des r enseignements se cr ets  : on n’a qu’à lir e la
préface du Guide de l’Union Générale Militaire p our êtr e au courant de ce
mouv er ment actif et for midable . Son obje ctif  : la guer r e contr e la Russie .
En aendant, s’il le faut, prêter main-forte aux p olices nationales contr e
le pr olétariat.
Il y a quelques mois, le g énéral Miller a fait une insp e ction des for ces
dont il disp ose en Eur op e . Il a été r e çu comme un prince en Pologne —
où il s’ est mis en rap orts av e c le chef de l’état-major p olonais Pisk or , et
dans les Balk ans. A Bucar est et dans tous les Etats vassaux de la France ,
il a été accueilli p ar les autorités officielles et les g énéraux. Il a r emer cié
5J’accuse  ! Chapitr e
publiquement le g ouv er nement y oug oslav e du concour s qu’il lui app
ortait, et dans de brillantes réunions, tous ces grands p er sonnag es g alonnés
et chamar rés ont ouv ertement pré conisé le fr ont unique contr e l’U .R.S.S.
sous l’égide de la France .
D é clarations publiques du g énéral Miller  : «  Nous sommes prêts à
commencer la guerre. Nous aendons seulement une situation favorable et une
aide financière qui sans aucun doute nous viendra d’une des puissances
désirant le renversement des bolcheviks  ».
Lor s des der nier s é vénements d’Extrême-Orient, sous la présidence
du g énéral Drag omir o v , a eu lieu à Paris une réunion de la So ciété des
Officier s d’Etat-major , sur la né cessité d’appuy er l’agr ession du Jap on à
la suite d’un rapp ort S. V ostr oguine , ancien député à la D ouma.
L’ataman des Cosaques du D on, Beg ay e v ski, y a pré conisé la cré ation d’un
Etat-tamp on antiso viétique for mé p ar la Mandchourie , la Mong olie , et
la Mongolie soviétique , cet Etat de v enant p ossesseur du Chemin de Fer
de l’Est-chinois ar raché à l’U .R.S.S. L’Union Générale Militair e , selon
Bog ay e v ski POU RRAI T MET T RE SU R P I ED 300.000 HOMMES.
Sous le ministèr e T ardieu, le contact des états-major s et des émigrés
tsaristes s’ est r enfor cé p ar l’activité du g énéral Sekretev, lié av e c le g énéral
W e y g and. Ce Sekr ete v a joué un rôle dir e ct dans les commandes d’ar mes
faites p our le Jap on chez Panhard-Le vassor , Hotchkiss et Schneider — et
dans les usines de guer r e Sekr ete v a for mé av e c les Blancs des cadr es de
briseur s de grè v e .
n
6D es e x er cices de tir
   grande ville du Midi — p our pr endr e le pr emier e x emple
que j’ai sous les y eux — où certains ser vices publics sont entièr e-I ment entr e les mains des Blancs qui, ouv rier s p endant une p
artie de la jour né e , ON T SOUS LA MAI N LEU RS ARMES ET LEU RS U N
IFORMES, et sont tout prêts à rép ondr e à l’app el de leur s chefs r e connus.
Partout, dépôts d’ar mes. Certaines usines ont embauché un certain
p our centag e de soldats blancs en disp onibilité momentané e et ces
ouv rier s temp orair es pr ennent leur s salair es aux v rais travailleur s français
et étrang er s, en aendant de mar cher contr e eux au pr emier signal.
A ux usines Schneider , travaille tout un escadr on de w rang éliens  : les
r estes du 9 ᵉ régiment de drag ons de K azan.
On lit dans La Sentinelle , jour nal de pr o v o cateur s blancs, un
app el p our l’ or g anisation militair e des ouv rier s blancs de l’usine de Riv es
( Isèr e ). Ces blancs ont leur s é coles, leur s cour s de prép aration militair e ,
leur s clubs, leur s co op érativ es. Ils ont une A cadémie militair e où, au dir e
de Miller lui-même , on ne p eut suffir e aux demandes et où on é duque
10.000 officier s blancs ( chiffr e ég alement donné p ar Miller ). D es cour s
militair es quotidiens sont faits p ar tout un ensemble varié de pr ofesseur s
te chniques, r ue Mademoiselle , r ue du Colisé e , r ue Michelet. Les é v entuels
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