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Extrait : Le poisson s'agitait en tous sens et faisait d'affreux mouvements

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EAN13 9782824712284
Langue Français
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HANS CH RIST IAN AN DERSEN
CON T ES
BI BEBO O KHANS CH RIST IAN AN DERSEN
CON T ES
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1228-4
BI BEBO OK
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Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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compris à Bib eb o ok.CHAP I T RE I
L’intr épide soldat de plomb
     une fois vingt-cinq soldats de plomb , tous frèr es, car ils
étaient nés d’une vieille cuiller de plomb . L’ar me au bras, l’ œilI fix e , l’unifor me r oug e et bleu, quelle fièr e mine ils avaient tous !
La pr emièr e chose qu’ils entendir ent en ce monde , quand fut enle vé le
couv er cle de la b oîte qui les r enfer mait, ce fut ce cri : « D es soldats de
plomb ! » que p oussait un p etit g ar çon en baant des mains. On les lui
avait donnés en cade au p our sa fête , et il s’amusait à les rang er sur la
table . T ous les soldats se r essemblaient p arfaitement, à l’ e x ception d’un
seul, qui n’avait qu’une jamb e : on l’avait jeté dans le moule le der nier ,
et il ne r estait p as assez de plomb . Cep endant il se tenait aussi fer me sur
cee jamb e que les autr es sur deux, et c’ est lui pré cisément qu’il nous
imp orte de connaîtr e .
Sur la table où étaient rang és nos soldats, il se tr ouvait b e aucoup
d’autr es joujoux ; mais ce qu’il y avait de plus curieux, c’était un char mant
châte au de p apier . À trav er s les p etites fenêtr es, on p ouvait v oir jusque
1Contes Chapitr e I
dans les salons. A u dehor s se dr essaient de p etits arbr es autour d’un p etit
mir oir imitant un p etit lac ; des cy gnes en cir e y nag e aient et s’y r
eflétaient. T out cela était bien g entil ; mais ce qu’il y avait de bien plus g entil
encor e , c’était une p etite demoiselle deb out à la p orte ouv erte du châte au.
Elle aussi était de p apier ; mais elle p ortait un jup on de linon transp ar ent
et très lég er , et au-dessus de l’ép aule , en guise d’é char p e , un p etit r uban
bleu, étr oit, au milieu duquel étincelait une p aillee aussi grande que sa
figur e . La p etite demoiselle tenait ses deux bras étendus, car c’était une
danseuse , et elle le vait une jamb e si haut dans l’air , que le p etit soldat de
plomb ne put la dé couv rir , et s’imagina que la demoiselle n’avait comme
lui qu’une jamb e .
« V oilà une femme qui me conviendrait, p ensa-t-il, mais elle est tr op
grande dame . Elle habite un châte au, moi une b oîte , en comp agnie de
vingt-quatr e camarades, et je n’y tr ouv erais p as même une place p our
elle . Cep endant il faut que je fasse sa connaissance . »
Et, ce disant, il s’étendit der rièr e une tabatièr e . Là , il p ouvait à son
aise r eg arder l’élég ante p etite dame , qui toujour s se tenait sur une jamb e ,
sans p erdr e l’é quilibr e .
Le soir , tous les autr es soldats fur ent r emis dans leur b oîte , et les g ens
de la maison allèr ent se coucher . A ussitôt les joujoux commencèr ent à
s’amuser tout seuls : d’ab ord ils jouèr ent à colin-maillard, puis ils se fir ent
la guer r e , enfin ils donnèr ent un bal. Les soldats de plomb s’agitaient dans
leur b oîte , car ils auraient bien v oulu en êtr e ; mais comment soule v er le
couv er cle ? Le casse-noisee fit des culbutes, et le cray on traça mille folies
sur son ardoise . Le br uit de vint si fort que le serin se ré v eilla et se mit à
chanter . Les seuls qui ne b oug e assent p as étaient le soldat de plomb et
la p etite danseuse . Elle se tenait toujour s sur la p ointe du pie d, les bras
étendus ; lui intrépidement sur son unique jamb e , et sans cesser de l’épier .
Minuit sonna, et crac ! v oilà le couv er cle de la tabatièr e qui saute ;
mais, au lieu de tabac, il y avait un p etit sor cier noir . C’était un jouet à
sur prise .
« Soldat de plomb , dit le sor cier , tâche de p orter ailleur s tes r eg ards ! »
Mais le soldat fit semblant de ne p as entendr e .
« Aends jusqu’à demain, et tu v er ras ! » r eprit le sor cier .
Le lendemain, lor sque les enfants fur ent le vés, ils placèr ent le soldat
2Contes Chapitr e I
de plomb sur la fenêtr e ; mais tout à coup , enle vé p ar le sor cier ou p ar
le v ent, il s’ env ola du tr oisième étag e , et tomba la tête la pr emièr e sur le
p avé . elle ter rible chute ! Il se tr ouva la jamb e en l’air , tout son cor ps
p ortant sur son shak o , et la baïonnee enfoncé e entr e deux p avés.
La ser vante et le p etit g ar çon descendir ent p our le cher cher , mais ils
faillir ent l’é craser sans le v oir . Si le soldat eût crié : « Pr enez g arde ! » ils
l’auraient bien tr ouvé ; mais il jug e a que ce serait déshonor er l’unifor me .
La pluie commença à tomb er , les g oues se suivir ent bientôt sans
inter valle ; ce fut alor s un v rai délug e . Après l’ orag e , deux g amins vinr ent
à p asser :
« Ohé ! dit l’un, p ar ici ! V oilà un soldat de plomb , faisons-le
naviguer . »
Ils constr uisir ent un bate au av e c un vieux jour nal, mir ent de dans le
soldat de plomb , et lui fir ent descendr e le r uisse au. Les deux g amins
couraient à côté et baaient des mains. els flots, grand Dieu ! dans ce r
uisse au ! que le courant y était fort ! Mais aussi il avait plu à v er se . Le bate au
de p apier était étrang ement balloté , mais, malgré tout ce fracas, le soldat
de plomb r estait imp assible , le r eg ard fix e et l’ar me au bras.
T out à coup le bate au fut p oussé dans un p etit canal où il faisait aussi
noir que dans la b oîte aux soldats.
« Où vais-je maintenant ? p ensa-t-il. Oui, oui, c’ est le sor cier qui me
fait tout ce mal. Cep endant si la p etite demoiselle était dans le bate au av e c
moi, l’ obscurité fût-elle deux fois plus pr ofonde , cela ne me ferait rien. »
Bientôt un gr os rat d’ e au se présenta ; c’était un habitant du canal :
« V o y ons ton p assep ort, ton p assep ort ! »
Mais le soldat de plomb g arda le silence et ser ra son fusil. La bar que
continua sa r oute , et le rat la p our suivit. Ouf ! il grinçait des dents, et criait
aux p ailles et aux p etits bâtons : « Ar rêtez-le , ar rêtez-le ! il n’a p as p ayé
son dr oit de p assag e , il n’a p as montré son p assep ort. »
Mais le courant de v enait plus fort, toujour s plus fort ; déjà le soldat
ap er ce vait le jour , mais il entendait en même temps un mur mur e cap able
d’ effray er l’homme le plus intrépide . Il y avait au b out du canal une chute
d’ e au, aussi dang er euse p our lui que l’ est p our nous une cataracte . Il en
était déjà si près qu’il ne p ouvait plus s’ar rêter . La bar que s’y lança : le
p auv r e soldat s’y tenait aussi r oide que p ossible , et p er sonne n’ eût osé
3Contes Chapitr e I
dir e qu’il clignait seulement des y eux. La bar que , après av oir tour no yé
plusieur s fois sur elle-même , s’était r emplie d’ e au ; elle allait s’ engloutir .
L’ e au montait jusqu’au cou du soldat, la bar que s’ enfonçait de plus en
plus. Le p apier se déplia, et l’ e au se r efer ma tout à coup sur la tête de
notr e homme . Alor s il p ensa à la g entille p etite danseuse qu’il ne r e v er rait
jamais, et cr ut entendr e une v oix qui chantait :
Soldat, le péril est grand ;
Voici la mort qui t’aend !
Le p apier se dé chira, et le soldat p assa au trav er s. A u même instant il
fut dé v oré p ar un grand p oisson.
C’ est alor s qu’il faisait noir p our le malheur eux ! C’était pis encor e
que dans le canal. Et puis comme il y était ser ré ! Mais toujour s intrépide ,
le soldat de plomb s’étendit de tout son long, l’ar me au bras.
Le p oisson s’agitait en tous sens et faisait d’affr eux mouv ements ;
enfin il s’ar rêta, et un é clair p ar ut le transp er cer . Le jour se laissa v oir , et
quelqu’un s’é cria : « Un soldat de plomb ! » Le p oisson avait été pris, e
xp osé au mar ché , v endu, p orté dans la cuisine , et la cuisinièr e l’avait ouv ert
av e c un grand coute au. Elle prit av e c deux doigts le soldat de plomb p ar
le milieu du cor ps, et l’app orta dans la chambr e , où tout le monde v
oulut contempler cet homme r emar quable qui avait v o yag é dans le v entr e
d’un p oisson. Cep endant le soldat n’ en était p as fier . On le plaça sur la
table , et là – comme il ar riv e p arfois des choses bizar r es dans le monde !
– il se tr ouva dans la même chambr e d’ où il était tombé p ar la fenêtr e .
Il r e connut les enfants et les jouets qui étaient sur la table , le char mant
châte au av e c la g entille p etite danseuse ; elle tenait toujour s une jamb e
en l’air , elle aussi était intrépide . Le soldat de plomb fut tellement touché
qu’il aurait v oulu pleur er du plomb , mais cela n’était p as conv enable . Il
la r eg arda, elle le r eg arda aussi, mais ils ne se dir ent p as un mot.
T out à coup un p etit g ar çon le prit, et le jeta au feu sans la moindr e
raison ; c’était sans doute le sor cier de la tabatièr e qui en était la cause .
Le soldat de plomb était là deb out, é clairé d’une viv e lumièr e , épr
ouvant une chaleur hor rible . T outes ses couleur s avaient disp ar u ; p er sonne
ne p ouvait dir e si c’étaient les suites du v o yag e ou le chagrin. Il r eg
ardait toujour s la p etite demoiselle , et elle aussi le r eg ardait. Il se sentait
fondr e ; mais, toujour s intrépide , il tenait l’ar me au bras. Soudain s’ ouv rit
4Contes Chapitr e I
une p orte , le v ent enle va la danseuse , et, p ar eille à une sylphide , elle v ola
sur le feu près du soldat, et disp ar ut en flammes. Le soldat de plomb était
de v enu une p etite masse .
Le lendemain, lor sque la ser vante vint enle v er les cendr es, elle tr ouva
un objet qui avait la for me d’un p etit cœur de plomb ; tout ce qui était
r esté de la danseuse , c’était une p aillee , que le feu avait r endue toute
noir e .
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