Jadis et naguère

Jadis et naguère

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Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air - Qui riait aux aïeux dans les dessus de portes 

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Nombre de lectures 48
EAN13 9782824711645
Langue Français
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P A U L V ERLAI N E
JADIS ET NA GU ÈRE
BI BEBO O KP A U L V ERLAI N E
JADIS ET NA GU ÈRE
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1164-5
BI BEBO OK
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Sour ces :
– B.N.F .
– Éfélé
Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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JADIS
1Jadis et naguèr e
P ROLO GU E
En route, mauvaise troupe  !
Partez, mes enfants perdus  !
Ces loisirs vous étaient dus  !
La Chimère tend sa croupe.
Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D’un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.
Ma main tiède qui s’agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d’un effort divin,
Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,
Petits espoirs, douleurs, joies,
e dès hier renia
Mon cœur quêtant d’autres proies. . .
Allez, æigri somnia.
2Jadis et naguèr e
SON N ETS ET A U T RES V ERS
A la louange de Laure et de Pétrarque.
Chose italienne où Shaksp e ar e a p assé
Mais que Ronsard fit sup erb ement française ,
Fine basilique au lar g e dio cèse ,
Saint-Pier r e-des- V er s, immense et condensé ,
Elle , ta mar raine , et Lui qui t’a p ensé ,
D ogme entier toujour s deb out sous l’ e x égèse
Même e dmondschér esque ou francisquesar ce y se ,
Sonnet, for ce acquise et trésor amassé ,
Ceux-là sont très b ons et toujour s vénérables,
Ayant pr o curé leur lux e aux misérables
Et l’ or fou qui sie d aux p auv r es glorieux,
A ux p oètes fier s comme les gueux d’Esp agne ,
A ux vier g es qu’ e x alte un r ythme e x act, aux y eux
Épris d’ ordr e , aux cœur s qu’un v œu chaste accomp agne .
3Jadis et naguèr e
P I ERRO T
A Léon Valade.
Ce n’ est plus le rê v eur lunair e du vieil air
i riait aux aïeux dans les dessus de p ortes  ;
Sa g aîté , comme sa chandelle , hélas  ! est morte ,
Et son sp e ctr e aujourd’hui nous hante , mince et clair .
Et v oici que p ar mi l’ effr oi d’un long é clair
Sa pâle blouse a l’air , au v ent fr oid qui l’ emp orte ,
D’un linceul, et sa b ouche est bé ante , de sorte
’il semble hurler sous les mor sur es du v er .
A v e c le br uit d’un v ol d’ oise aux de nuit qui p asse ,
Ses manches blanches font vaguement p ar l’ esp ace
D es signes fous aux quels p er sonne ne rép ond.
Ses y eux sont deux grands tr ous où ramp e du phosphor e ,
Et la farine r end plus effr o yable encor e
Sa face e xsangue au nez p ointu de morib ond.
4Jadis et naguèr e
KALÉI D OSCOP E
A Germain Nouveau.
D ans une r ue , au cœur d’une ville de rê v e ,
Ce sera comme quand on a déjà vé cu  :
Un instant à la fois très vague et très aigu. . .
O ce soleil p ar mi la br ume qui se lè v e  !
O ce cri sur la mer , cee v oix dans les b ois  !
Ce sera comme quand on ignor e des causes  :
Un lent ré v eil après bien des métempsy coses  :
Les choses ser ont plus les mêmes qu’autr efois
D ans cee r ue , au cœur de la ville magique
Où des or gues moudr ont des gigues dans les soir s,
Où les cafés aur ont des chats sur les dr essoir s,
Et que trav er ser ont des bandes de musique .
Ce sera si fatal qu’ on en cr oira mourir  :
D es lar mes r uisselant douces le long des joues,
D es rir es sanglotés dans le fracas des r oues,
D es inv o cations à la mort de v enir ,
D es mots anciens comme des b ouquets de fleur s fané es  !
Les br uits aigr es des bals publics ar riv er ont,
Et des v euv es av e c du cuiv r e après leur fr ont,
Pay sannes, fendr ont la foule des traîné es
i flânent là , causant av e c d’affr eux moutards
Et des vieux sans sour cils que la dartr e enfarine ,
Cep endant qu’à deux p as, dans des senteur s d’urine ,
elque fête publique env er ra des p étards.
Ce sera comme quand on rê v e et qu’ on s’é v eille  !
Et que l’ on se r endort et que l’ on rê v e encor
D e la même fé erie et du même dé cor ,
L’été , dans l’herb e , au br uit moiré d’un v ol d’ab eille .
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