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L'Invention du hasard

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Extrait de la publication présente L'Invention du hasard Norbert Merjagnan Nouvelle Extrait de la publication Ce fichier vous est proposé sans DRM (dispositifs de gestion des droits numériques) c'est-à-dire sans systèmes techniques visant à restreindre l'utilisation de ce livre numérique.

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Norbert Merjagnan -L'Invention du hasard
L'Invention du hasard
À Jean-Pierre Phalet
L’immeuble plongeait vers la ville en lumières dans le regard de Lavinia. La jeune fille se tenait penchée sur quarante-cinq étages de vide à la verticale du Drac, l’une des deux rivières serpent de Grenoble. Lavinia fixa un point devant elle, puis fit mentalement disparaître le verre qui la séparait du vertige. Les flocons s’étourdissaient dehors dans la lumière. Au dernier moment, ils fuyaient l’impact sur la vitre. Lavinia refréna son émerveillement pour la danse de neige et de vent. Quoique la farandole d’hiver semblât parfaitement réelle, on ne pouvait être sûr. Les immeubles comme celui-ci faisaient collection de toutes sortes de vues. Lavinia se retourna, cherchant la direction du bar. L’air domestique lui donnait soif. « Qu’est-ce que tu fous, Ahmar ? » se renfrogna-t-elle. Ahmar, l’ami. Pas au rendez-vous. Elle plongea dans le flot d’invités. Elle ne distinguait pas de visage, surnageant dans l’agitation des voix dont le clapotage rebondissait d’une pièce à l’autre du vaste appartement. Le brouhaha ressemblait à la flaque mousseuse d’une mare qu’aurait ridée une pluie de cailloux. L’éclaboussant. Ça guinchait, ça parlait et frétillait. Mais tout ce que Lavinia retenait de ces gens qui s’échinaient à faire la fête, quelques lycéens comme elle, davantage d’étudiants, c’était les atours laqués, les mises impeccables, un déballage d’arrogance où s’affirme la présomption de croire que l’on connaît la vie. Elle flottait là-dedans comme une gêne. Personne n’avait eu le courage de l’aborder. C’était inévitable. Et cela lui plaisait. Lavinia était en costume. Une toge de soie noire froissait sa silhouette, accumulant les transparences. Lâchement bouffant sous le blanc des aisselles, l’habit était tenu par une fibule sculptée dans un vieil ivoire. Elle portait aux pieds des sandales en peau de chèvre. C’était tout. Nue sous la toge noire. Fidèle à l’hyper-réalisme ducosbedont elle était depuis l’âge de treize ans une adepte sérieuse. Elle ne portait pas son costume comme les précurseurs, la génération du cosplaypour qui cela restait un jeu. Elleétaitle costume. De fait, Lavinia eût pu se promener complètement nue. Nul ne se serait laissé prendre. Sa main seule captait l’attention, continûment, exclusivement. Hypnotique. Un plateau se figea devant elle. « S’il vous plaît... » récita le serveur. Un retraité. Elle s’empara d’une coupe. Le verre tinta contre le métal, enserré par cinq doigts squelettiques, froids et scintillants. L’appendice Idaku avait longtemps été ce qu’il se faisait de mieux en robotique. Le modèle qui parachevait le bras droit de Lavinia, rivé à son moignon, possédait la musicalité singulière, quasi
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