Dans la forêt des contes

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une plongée dans le monde des contes et du merveilleux, où les plaisirs du corps et de l'esprit se rejoignent

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Publié le 02 novembre 2018
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Langue Français
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Dans la forêt des contes.
 Contes.
 Lucile Longre
© Lucile Longre, décembre 2017 lucile.longre@yahoo.fr
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1. CHAOS ET ORIGINE.
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Soudain du néant naquit une étincelle qui illumina l'univers tout entier un instant puis plus rien. Rien, rien que le silence, le silence inîni de l'attente. C'est cela, il fallait attendre, patienter dans le secret de cachots, attendre encore et encore, attendre cachée dans l'ombre des tombeaux, blottie au creux des pyramides, comme un trésor celé au fond des naos millénaires. L’attente, il n'y avait que l'attente, l'attente éternelle, îgée comme dans un sommeil sépulcral, la mort paraissait comme îxée sur ses traits. Ce n'était pourtant pas la mort, cela ressemblait à la mort, c'était comme un sommeil de plomb, une chape de plomb qui pesait sur ses épaules depuis si longtemps, depuis si longtemps qu'elle en avait perdu le souvenir, depuis la nuit des origines, depuis la nuit des Temps, où la Lumière le dispute à l'Ombre, dans l'éternelle lutte du Bien et du Mal. C'était un combat, un combat de tous les instants, sourd, silencieux, et pourtant plein de bruit et de fureur, une dure bataille contre les forces du chaos, contre tous les chiens de l'Erèbe, un combat lent et obstiné, un combat pour ne pas mourir, pour que les forces de la nuit ne dérobe à jamais l'étincelle du souvenir, qui gisait là seule, abandonnée et pourtant toujours vivant. Et soudain, ce fut le cataclysme, la tornade, les vents déchaïnés hurlaient dans mes oreilles, c'était la tempête et les orages, le jour était la nuit et la nuit était le jour, les forces du chaos étaient enîn délivrées, l'œuf cosmique apparaissait des soubresauts de l'océan, les puissances du néant hurlaient frappées par la lumière, l'enfant aux yeux de plume apparut rayonnant des profondeurs de l'azur, l'éblouissante clarté bleue l'environnait tout entier, l'enveloppait, le soulevait, il s'envolait, s'envolait, toujours plus ivre dans l'éther, il ne craignait plus le noir, le néant et la mort, il était enîn délivré, libre, solaire. Et tout au în fond du cosmos, dans la noirceur des origines, un cœur se mit à battre, une pulsation se mit à résonner dans l'univers. Tap, dit le cœur, tap, tap, dit-il encore, et tout doucement, lentement le cœur se mit en marche. Une étoile d'or à son front, l'enfant se réveilla de son sommeil de mort. Ses membres étaient encore endoloris, son cœur encore meurtri, mais enîn ses yeux s'étaient ouverts et la langue des ancêtres coulait par sa bouche. Des souvenirs, son regard en était plein, son esprit avait connu la sagesse des Anciens, sa mémoire était pleine de leurs hauts
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faits, de leurs batailles, le don d'amour et de joie il l'avait reçu d'eux à l'origine. Le Pur Amour contre les Forces des Ténèbres cela avait été pendant longtemps sa seule richesse, son seul trésor, son seul espoir. Un démon l'avait frappé au cœur, déchu avait-on cru à jamais de son être de lumière. Il avait erré longtemps seul, solitaire, exilé parmi les humains. Élevé parmi les loups, il avait vécu une enfance fruste et sauvage, rejeté des hommes et des dieux. Et puis, un jour, il l'a vit, près de la rivière, son tendre visage penché sur l'eau, emplissant sa cruche de terre d'argile cuite. Il sut immédiatement que c'était Elle, la Dame, l'objet de tous ses rêves et de tous ses espoirs, il sut immédiatement que c'était pour lui la în de sa vie d'exilé et de solitaire, et que le voyage du retour, enîn, s'ouvrait à lui. Son cœur s'ouvrait de nouveau à la douce mélodie de l'espoir. Une grande aile s'ouvrait dans son esprit, et tout doucement, il prit alors son envol vers l'inîni, vers l'azur mordoré des grands rêves bleus.
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2.
A LA RECHERCHE DE L’OCEAN INTERIEUR.
J'étais bien au chaud, tout doucement roulée en boule, j'étais au milieu d'un liquide tiède et accueillant, j'entendais les doux clapotis de l'eau contre les parois à mes oreilles. Le bruit de l'eau me berçait, il chantait à mes oreilles comme la voix d'une mère, il me calmait et me rassurait et m'entourait comme le ferait les bras d'un parent à un tout petit enfant. Le ux et le reux de l'eau sur ma peau, le frisson qui me parcourait à chaque mouvement de vague dont l'eau était souvent animée, l'eau qui me baignait tout entière, tout suscitait en moi un bonheur et une jouissance à nulle autre pareille. J'étais plongée dans l'eau, je pensais eau, je sentais eau, j'étais l'eau, le liquide bienfaisant était pour moi comme le sang circulant dans mes veines, un élixir de vie et d'éternelle jeunesse. Il n'y avait pas de temps, à l'intérieur de cette bulle, j'étais à l'extérieur de toute temporalité, enîn apaisée et allègre. Le temps n'avait pas de prise sur moi, il me glissait dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard, j'étais l'éternel enfant, toujours à recréer et toujours en création. Une durée immobile et pourtant en mouvement régnait dans mon milieu interne, car je bougeais, j'évoluais, je le sentais bien, mais cela se faisait sans les heurts ni sourances qui accompagnent naturellement la vie ici-bas. Je croissais en esprit, en sagesse et dans mon corps mais dans le calme et sans précipitation, car je savais qu'ici j'étais à l'abri et que rien ne pourrait me menacer. Tout danger ici était écarté et je pouvais enîn, délivré de toutes craintes, poursuivre mon processus de développement, un moment interrompu par l'ombre du néant. Je me baignais, je roulais dans cette eau claire, tiède et enveloppante en poussant moult cris de joie, je découvrais les voluptés de mon corps, j'explorais les beautés de mon cœur, avec délices et aussi souvent que je le désirais. Je sentais tout doucement mon
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corps grandir et se raermir, mon esprit se muscler et mon âme croïtre et embellir et cela se faisait presque malgré moi, j'assistais à ce spectacle presque de l'extérieur, comme on découvre petit à petit la beauté d'un paysage dans la lumineuse clarté d'un soleil levant. J'étais à l'Origine et j'étais le Commencement, j'assistais à la Création du Monde et j'étais ce Monde au berceau. J'étais l'enfant de l'Univers, la source et le début de toutes choses, j'étais dans le calme et la paix du Cosmos d'avant le Big Bang.
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3.
ET SOUDAIN, LA LAME SE FIT CHAIR.
Et soudain, la lame se ît chair, et soudain, l'esprit de Dieu, telle une èche, pénétra en moi. J'étais seule, sous la force du coup, qui comme une lance venait d'ébranler mes yeux, j'étais tout d'un coup dans et hors du monde, sous cette épée de lumière qui venait de me frapper. Ce rai de lumière, ce rayon irrésistible et pourtant invisible qu'à d'autre que moi, il me frappa jusqu'au cœur, fracassant tous les remparts et toutes les certitudes. Cette épée de justice pour moi s'incarna et l'immatériel se ît chair, de lui je reçus ma mission et ce fut comme une révélation. Cette lance de vérité était comme celle de Saint Georges venu tuer mes dragons intérieurs, comme l'Archange Gabriel venu annoncer à Marie ce qui serait désormais son rôle pour les siècles des siècles. Avec ce trait de lumière dorée, c'est comme une èche de passion qui fut plantée dans mon cœur mort et comme une onde de désir brûlant qui parcouru mon corps sidéré, je le reçus comme un canard gelé au fond d'un lac et qui, sous l'eet du choc et de la surprise, verrait tout d'un coup la vie et le sang auer dans ses veines. Avec ce couteau, planté dans ma carotide, c'est le sang chaud qui, tout d'un coup, aua dans mon cœur et sur mes lèvres. C'était comme un éclair, un coup de tonnerre zébrant le ciel, un fracas de tambours et de cymbales mêlés accompagnait cette blessure ouverte à mon anc. C'était comme un coup violent, une déchirure, une blessure presque mortelle, en même temps qu'une l'ouverture, que la porte d'un tombeau que l'on fait tomber et qui explose. C'était comme une déagration, une explosion, comme si le bruit et le regard s'étaient incarnés et une èche empennée d'arbalète, qui atteindrait sa cible, quoi
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qu'il advienne. C'était comme si une décharge électrique, parcourant l'ensemble de mon corps et de mon cerveau, y semait la révolution, comme si mon corps était devenu un gigantesque accélérateur de particules, et que de partout des particules auaient et s'entrechoquaient de toutes parts, quelques instants après le Big Bang. C'était comme si au cœur d'un gigantesque rien, d'un gigantesque trou noir une énorme explosion avait eu lieu, déclenchant une accumulation d'énergie fantastique où les quatre formes d'énergie seraient nées, et où la lumière, le rayon brûlant du soleil avait percé les ténèbres de la Nuit et du Néant éternel pour me donner la vie. J'étais l'Incrée, après je fus la demeure de lumière. Ce torrent d'illumination qui, tout soudain, me frappa (comme on jette une lance sur une gazelle, que, sur le coup, la douleur égare) engendra en moi tant de sourance et de plaisir mêlés, qu'il m'est dicile de faire la part de l'un et de l'autre. C'était comme si, brusquement, on m'ouvrait le crâne et que on le soumettait à une décharge électrique d'une intensité exceptionnelle et dont les eets se prolongeraient indéîniment, c'était comme si soudainement un scalpel m'ouvrait la poitrine, pour y placer, tout neuf et tout vibrant, un cœur encore frémissant de la vie de son ancien propriétaire. C'était comme une opération à coeur ouvert ou dans le cerveau mais sans aucune anesthésie, quelque chose à la fois de în, décidé et brutal, un éclair de conscience dans le monde des Ténèbres. C'était à la fois comme un plaisir, une jouissance, une révélation subite, et comme une blessure, une sourance, une douleur à nulle autre pareille, avant il n'y avait rien, après il y eut la lumière. La douleur, explosant en dix mille soleils, en dix mille couteaux me perforant et l'âme et le coeur, me rendit à peu près folle de sourance. Le plaisir, tout d'un coup, me parcourant en mille ondes sauvages et chaudes se fracassant sur mes grèves, ît monter mon âme presque jusqu'au ciel tandis que mon corps, éveillé de son lourd sommeil, commençait de réclamer son dû et de clamer sa faim, faim de contacts humains et charnels. J'étais à l'instant du Big Bang, quant, juste après la déagration initiale, l'Univers commençait d'organiser et de classer les formes de vie et d'énergie. De ma rencontre avec la lumière primordiale, jaillit en moi un cœur d'énergie souterraine, où la matière de la vie en fusion abrite un noyau de réactions nucléaires en chaïne. Du gel intersidéral, l'épée de vérité a fait un centre de chaleur
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thermique, dont la combustion s'auto entretient avec les apports du monde extérieur. Je suis née, dans la joie comme dans les sourances, de ma rencontre avec l'esprit de lumière, qui m'a accouché de lui, comme on enfante lors d'un véritable accouchement. Je suis Osiris, celui qui, démembré, dispersé, est né deux fois des soins de son épouse et de sa sœur.
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4.
Comment l’amour vint au prince de Blaye et ce qu’il e advint.
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Comment l’amour vint au prince de Blaye, et ce qu’il en advint.
Jaufré, prince de Blaye, était de haute naissance, paré de nombreuses vertus. Il avait beaucoup lu, beaucoup appris dans les livres, les meilleurs enseignements des plus îns pédagogues il avait reçu. Son âme était noble, son cœur était grand, son courage ardent, mais son cœur cherchait partout un épouse qui fut digne de lui. Un jour qu’il errait sans but et désoeuvré, dans le château de ces ancêtres, il arriva tout d’un coup dans un étage où il n’avait jamais pénétré. Il faut dire que ce château était si vaste qu’il n’en connaissait qu’une petite partie, où se trouvaient ses appartements. C’était un étage où nul depuis longtemps n’avait pénétré, où le silence était ouaté. De la poussière couvrait tout le sol, et ses pas y traçait un
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