Violette Anthémis : Une agréable soirée
12 pages
Français

Violette Anthémis : Une agréable soirée

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Description

Une nouvelle érotique candide écrite et illustrée par l'équipe de Dead-Men, avec un strip-tease de Miss Edith Oswald.
Un homme marié rencontre une étrange et séduisante jeune femme qui l'entraîne dans un tourbillon de charme et de tracas.
La galerie et la nouvelle sont disponibles à cette adresse : http://www.dead-men.fr/violette-anthemis/livre-une-agreable-soiree.php

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Publié le 12 mai 2017
Nombre de lectures 830
EAN13 9791096419005
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo
Dead-Men
Violette Anthémis Janvier : Une agréable soirée… Par Dead Man Paul
Violette Anthémis Janvier : Une agréable soirée…
Visitezhttp://violetteanthemis.dead-men.fr/books.php#janvier pour inciter Violette à se déshabiller un peu plus ! Chaque mois, retrouvez les péripéties de Violette Anthémis sur http://violetteanthemis.dead-men.fr.
ISBN : 979-10-96419-23-4
1
« Je vous demande pardon ? » Il la dévisagea avec autant de surprise que Violette semblait choquée. « Excusez-moi, je ne voulais pas vous offenser. — La question n’est pas tant que vous m’offensiez, Monsieur, que l’image que vous avez des femmes ! — Je vous assure que mon image des femmes est tout à fait respectable ! » Le front du pauvre homme se trempait inexorablement de sueur. Devant le magasin de lingerie, des passants s’agglutinaient, curieux de savoir ce qui causait cet esclandre. Violette en saisit un par la manche de son manteau pour le prendre à témoin : « Cet individu me fait des avances en échange d’une rétribution ! Vous y croyez ? Jamais je ne ferais une chose pareille ! — Il vous offre de l’argent pour coucher avec lui ? » demanda l’inconnu, soudain soupçonneux. Violette s’éclaircit la gorge. « Non. J’admirais cette nuisette dans la vitrine et je me lamentais de ne pas avoir les moyens de me l’offrir. Cet individu a proposé de me la payer en échange de mes faveurs. — Tout ce que j’ai dit, se défendit l’accusé, c’est que se serait dommage de ne pas profiter de l’occasion ! Mademoiselle est charmante et ce vêtement lui irait à ravir ! J’ai dit, et je cite, “ça serait triste de ne pas vous voir vous y glisser. Pour le plaisir de pouvoir vous y admirer, je suis prêt à vous l’offrir ! ”. C’est tout ! Je ne pensais pas à mal, c’était une discussion badine, mais voilà que cette furie me tombe dessus et m’accuse des pires crimes ! » Le témoin pris à parti par Violette se mordit la lèvre. Ses yeux se posèrent sur la nuisette noire en dentelle fine, fierté de la vitrine. « C’est vrai que c’est un bien beau vêtement, admit-il avant qu’un coup de coude de son épouse ne lui remettre les idées en place. Mais il n’empêche, Monsieur, que ce n’est pas une façon bien convenable de s’adresser à une femme. — Je ne pensais pas à mal, se lamenta l’autre. — En cela, je veux bien vous croire. » Extrait de la sorte de la masse des badauds, le brave homme se sentait une âme de justicier, sentiment conforté par ses cent et quelques kilos. « Aussi je vous propose de présenter vos excuses à la demoiselle et de clore cette affaire. Bien évidemment, si cela vous convient, ma chère. » Les lèvres pincées, Violette dévisageait son interlocuteur l’air d’avoir remarqué que sa braguette béait sans oser le lui dire. Elle se trouvait maintenant dans une situation bien embarrassante, avec toute l’attention de l’assistance portée sur elle. Après tout, elle ne pourrait jamais s’offrir cette ravissante nuisette, et à quoi rimait de se montrer à un inconnu dans de si charmants atours pour, en fin de compte, les conserver pour soi ? Des mannequins défilaient quotidiennement dans des tenues bien plus osées. Une telle occasion ne se représenterait probablement jamais. Ou en tout cas pas avant que la nuisette quitte la boutique. « Mademoiselle ? » Le bonhomme s’impatientait, essentiellement parce que son épouse s’impatientait.
« C’est entendu, céda Violette. — Parfait ! Alors l’affaire est réglée. » Réjoui, le preux chevalier attendit que le malotru présentât ses excuses à Violette puis il s’en alla, pas peu fier, la foule avec lui. Violette se retrouva une fois de plus seule avec son malandrin. Les mains enfoncées dans les poches, ce dernier ne savait pas trop que faire, aussi décida-t-il de prendre congé. « Et bien mademoiselle, encore une fois toutes mes excuses. Et une bonne année à vous. » Violette resta coite. « Comment ça, vous partez ? — Ben… oui ? Je… La situation est un peu embarrassante. Je pensais aller me réfugier loin d’ici. — Mais, et ma nuisette ? — Pardon ? Je vous ai présenté des excuses, vous les avez acceptées. J’avoue ne pas bien comprendre. — Ce ne sont pas vos excuses que j’ai acceptées ! C’est votre proposition. — Ma proposition ? — Oui. Votre proposition de m’acheter cette nuisette si vous pouviez m’y voir dedans. — Mademoiselle, nous nous sommes mal compris, je crois. Je n’ai jamais souhaité… — Vous êtes d’accord ou pas ? — Entendu ! »
2
Assis sur un pouf pourpre en skaï tandis que Violette se changeait dans une cabine, Arnaud — car c’était son nom, à ce pauvre homme — souriait bêtement à la vendeuse, une femme sans âge et sèche, dont la capacité à fixer inlassablement les gens sans trahir la moindre émotion avait déjà brisé plus d’une volonté. « Désirez-vous un café ? demanda-t-elle enfin. – Oui ! » Arnaud avait accepté plus pour se débarrasser de la mégère que par amour pour la décoction, qu’en réalité il abhorrait. Il consulta sa montre avec un début d’impatience. Dix minutes. Ça faisait dix minutes que Violette était entrée dans cette fichue cabine. Combien de temps fallait-il pour enlever une paire de bottines, des jeans, une veste, un pull et Dieu seul savait quoi d’autre elle portait en dessous ? La vendeuse revint avec le café. Comment une personne aussi laide pouvait-elle vendre de la lingerie fine ? C’était comme si un illettré conseillait des livres. « Votre fille ? — Du tout. Je ne le connais même pas. – Ah. Je comprends. — Non, ce n’est pas ce que vous pensez ! Nous ne… — Monsieur, croyez-moi, j’en vois de plus belle. »
Son histoire ne l’intéressant pas, la harpie s’en alla saluer de nouveaux clients. Resté seul, Arnaud vida la tasse d’un trait. Quelle journée, mais quelle journée ! Et sa fille qui rappliquait dans la soirée. Sa fille, vingt ans, qui n’avait pas imaginé d’occupation plus enrichissante que rejoindre un groupe de modèles postant des photos d’elles nues sur Internet. Vingt ans. Une éducation irréprochable. Du bon sens inculqué quotidiennement. Pour en arriver là ! À poil sur Internet. Et elle ne lui avait rien dit. C’est lui qui l’avait trouvée par hasard ! Sans même surfer sur des sites à caractères pornographiques. Non, une banale recherche de son nom dans un moteur et paf ! Sa fille. En troisième position. À poil. Lorsqu’il l’avait confrontée, elle lui avait simplement rétorqué : « Mais papa, je ne suis pas nue, on ne voit pas ma chatte ! ». Il n’avait pas su quoi répondre et ils n’avaient plus jamais abordé le sujet. Mécaniquement, il sortit une cigarette, n’arrêtant son briquet qu’au dernier instant. « Vous venez voir ? » Tiré de ses rêveries, Arnaud sursauta. Affublée d’un large sourire, la tête de Violette dépassait du rideau assorti aux poufs en skaï. « J’arrive ! » Mais comment s’était-il retrouvé dans cette situation ? Il ne connaissait pas cette fille et la nuisette coûtait presque trois cents euros. Quatre cents avec le string. Cela dit, lorsqu’il vit la jeune femme enveloppée dans la dentelle noire, il jugea que c’était quatre cents euros bien dépensés. Le vêtement presque entièrement translucide tombait à mi-cuisses. Il dévoilait le dos et une partie non négligeable de la poitrine, le tissu ne dissimulant que ce qu’il laissait transparaître. « Alors ? s’enthousiasma Violette. Elle me va ? — À ravir ! C’est… Elle est faite pour vous. Vraiment. — C’est vrai ? Je suis tellement contente ! » Violette sautillait sur place. Arnaud était hypnotisé par le mouvement de ses seins.
3
Bon. Il ne serait pas présent pour accueillir sa fille en fin de compte. L’appartement de Violette était ancien et spacieux, pas très bien chauffé comme la plupart des logements dans les vieux immeubles. La jeune femme l’avait arrangé avec une totale absence de goût et sans aucune harmonie. Principalement meublé grâce à la récupération et au bricolage, elle pouvait cependant se targuer d’avoir aménagé un endroit douillet où abondaient les canapés et les fauteuils. Partout éparpillés, des coussins et des plaids colorés. Sur une table basse probablement héritée de grands-parents, trônait une immense télévision dernier cri, un lecteur Blu-ray et un home cinema.
« Amatrice de cinéma ? — Mon ex. — Tout ça appartient à ton ex ? – En grande partie. » Violette ôta son manteau pour le laisser traîner sur le dossier d’un fauteuil. « Il est parti en disant qu’il reviendrait chercher le reste plus tard. » Arnaud passa un doigt sur la tranche des DVDs et de Blu-ray qui encombraient par centaines une étagère blanche. « C’était quand ? — Il y a six mois. Au printemps. — Il n’est pas pressé. — Il a emménagé avec une autre fille. » Arnaud observa la jeune femme. Ses lèvres pincées et ses yeux rivés au sol trahissaient qu’elle n’avait pas encore digéré leur rupture. Arnaud se demanda lequel avait quitté l’autre, mais n’osa pas poser la question. « J’ai des restes de pizza, des surgelés et de la glace, déclara soudain Violette. — De quand date la pizza ? — Trois jours, répondit-elle après une courte réflexion. Mieux vaut ne pas y toucher… Il y a une pizzeria en bas de la rue. Ils cuisent leurs pizzas au four. Elles sont pas mal. — Pas mal comment ? – Pas mal genre je ne vais nulle part ailleurs. — Je vais commander. — Et moi prendre une douche. » Violette lui tendit un menu froissé et Arnaud se laissa choir dans le canapé. Il sortit son téléphone, composa le numéro et attendit que quelqu’un lui demande poliment de patienter. Son regard dériva vers le petit couloir desservant la cuisine, les toilettes, une penderie et la salle de bain. Par le miroir sur la porte de la penderie restée ouverte, il aperçut un bout de chair ronde. Une fesse. Violette finissait de se déshabiller. Elle laissa ses vêtements épars. Arnaud vit le pull voler à travers le couloir et s’écraser mollement en plein milieu du passage. « Bonsoir, désolé pour l’attente. Je peux prendre votre commande ? » Violette, désormais entièrement nue, se brossait les dents. Elle tournait le dos à l’embrasure, ses fesses remuant au rythme des mouvements de son bras. « Pardon ? — Votre commande, Monsieur ? — Oui, désolé. » Arnaud consulta le menu et trouva trois pizzas entourées au stylo à bille. En relevant la tête, il vit Violette enjamber le bord de la baignoire. Son pubis était rasé avec soin, la touffe de poils réduite presque à néant. « Monsieur ? Votre commande ? – Oui, oui. Désolé. Une texane et une quatre fromages, s’il vous plaît. – Petites, moyennes ou grandes ? – Grandes. Deux grandes. Pourriez-vous les livrer ? – Bien entendu. Quelle est votre adresse ? »
Arnaud hésita. Dans le miroir, il vit le reflet de Violette sous la douche. L’eau courrait de ses cheveux sur ses épaules, le long de ses seins, formant de petits jets arqués. Arnaud se ressaisit et fouilla sur la table. Il répéta l’adresse trouvée sur une lettre toujours scellée. « Monsieur, vous êtes à deux minutes à pied… — Je sais, mais… euh, je suis totalement débordé, répondit-il en reportant son attention sur le reflet de Violette. – Entendu. C’est vous qui payez, après tout. Liquide ou carte bancaire ? – CB. — Vos pizzas seront livrées d’ici une demi-heure. » Arnaud le remercia et raccrocha. Son portable toujours à la main, il prit discrètement quelques photographies. L’idée qu’elle puisse le voir en tournant simplement la tête lui nouait le ventre d’une façon étrangement agréable. « Alors ? lança Violette depuis la salle de bain. — Trente minutes. — Génial ! » Il la regarda sortir de la douche, s’enrouler dans une serviette et se sécher les cheveux.
4
Violette repoussa le carton de sa pizza à moitié mangée et se laissa aller dans le canapé. « C’est pour ça que j’ai toujours de la pizza en rab le lendemain. J’ai un appétit d’oiseau. » Au sortir de la douche, elle avait enfilé une minuscule jupe noire, un haut assorti, des bas et une paire de chaussures à talons. De temps en temps, lorsqu’elle bougeait et décroisait légèrement les jambes, Arnaud pouvait entrevoir le petit string qu’il venait de lui acheter. Il toussa pour s’éclaircir la gorge. Il aurait bien terminé les trois pointes de pizza restantes, mais il craignait de passer pour un goinfre. Il se disait qu’il s’en fichait, qu’il ne nourrissait aucune vue sur cette môme qu’il ne connaissait pas, et pourtant il se retrouvait à son domicile sans savoir pourquoi à prendre discrètement des photographies d’elle sous la douche. En plus, sa fille devait déjà l’attendre chez lui. « C’était une soirée très agréable, dit-il, mais je dois y aller. — Si tôt ? Je pensais boire un dernier verre. J’ai du whisky. » Ce disant, elle prit appui pour se lever et écarta légèrement les cuisses. Arnaud resta interdit, incapable de quitter son entrejambes des yeux. « Un seul alors. Pas plus. » Violette applaudit de contentement et fila à la cuisine pour revenir avec deux verres, une bouteille deJack Daniel’set du jus de pomme. « Et c’est une habitude de boire des verres avec de parfaits inconnus ? » Elle le dévisagea avec surprise, comme si elle s’adressait à un idiot. « Et comment rencontrer des gens, sinon ? — C’est que... »
Violette balaya la discussion d’un geste de la main. « Jouons à un jeu, plutôt, d’accord ? — Lequel ? — Je ne sais pas. J’ai quelques jeux de plateau, un jeu de cartes… — Tu sais jouer aux cartes ? — La bataille, ça compte ? » Arnaud haussa les épaules. Il n’avait pas joué à la bataille depuis qu’il avait douze ans. Sa propre fille trouvait ce jeu insipide. Il sortit une cigarette de son paquet et la tendit à la jeune femme, qui se servit volontiers. Il repéra un briquet sur la table et les alluma. L’âcre fumée bleutée se répandit en volutes. Violette remplit les verres, ils trinquèrent et burent. « Une autre tournée ? »
5
Arnaud se réveilla avec un gémissement de douleur. Comme si son cœur battait dans sa tête. De prime abord, il ne reconnut pas la pièce. Trois portes, une large fenêtre. Puis il vit les vêtements abandonnés à terre et sur le fauteuil de l’autre côté de la petite table, et tout lui revint : sa rencontre avec Violette, leur soirée à boire et puis rien de plus. Aucune trace de la jeune femme, à part pour ses habits. Il alla uriner et lorsqu’il sortit des toilettes, Violette préparait du café dans un yukata blanc au motif fleuri, insolemment ouvert sur sa poitrine. « Avec ou sans sucre ? – Avec, s’il te plaît. – Mal à la tête ? – Horriblement. Et toi ? » Son regard se posa sur sa gorge. Ses seins tendaient adorablement le tissu, pointant avec arrogance. « Ça va. — La fin de la soirée est floue. — Tu étais bien entamé. — J’ai perdu l’habitude de boire. Que s’est-il passé au juste ? — Nous avons joué à un jeu et je suis allée me coucher lorsque j’ai vu que tu dormais. » Elle gloussa. « J’étais un peu faite, moi aussi. Je ne me suis pas immédiatement rendu compte que tu dormais. — Euh, à quel jeu nous avons joué ? — Tu m’as appris le Huit Américain. » Arnaud soupira de soulagement. « Et quand nous avons été trop saouls, nous avons fait une Action ou Vérité. Comme au collège. » Son cœur manqua un battement. « Et je n’ai pas… — Tu n’as rien dit d’embarrassant, je t’assure. – Et nous n’avons pas… – Non plus, ne t’inquiète pas. Nous n’avons rien fait de... compromettant. » Arnaud soupira une fois de plus. Un rapide coup d’œil à son téléphone lui apprit qu’il
devait le charger et qu’il lui restait deux bonnes heures avant de devoir partir travailler. Il prit le temps de boire son café et de fumer une clope tout en discutant avec Violette. À la fenêtre, le ciel gris se déversait doucement sur la ville, pétrifiée par le froid de janvier. Après une douche brûlante et une dernière cigarette en échangeant quelques ultimes mots avec Violette, Arnaud partit. Refusant d’affronter la pluie et l’air glacé, il héla un taxi. « Plus jamais, se promit-il en silence. Plus jamais. » Toute cette histoire avec cette gamine à peine plus vieille que sa fille le mettait mal à l’aise. D’accord, tout n’allait pas bien avec sa femme. Ils n’étaient pas divorcés, mais ils ne vivaient plus ensemble et il travaillait dur à recoller les morceaux de son couple. Pour sa fille. Pour lui aussi. Elle voyait un ingénieur ; il pouvait lui pardonner. Au besoin. Pour la retrouver, il était prêt à tout. Même à oublier qu’il l’avait surprise en train de se faire sauter dans la salle de bain le soir de Noël. Voilà pourquoi cette… erreur avec Violette ne resterait qu’un faux pas isolé sur le chemin du retour à sa vie de couple. Enfin arrivé à son travail, il surprit ses collègues à ricaner bêtement. Frank était un imbécile, qu’il rigole comme un sot ne l’étonnait guère. Mais Éric, Christian, David et Céline étaient retors. Leurs regards dérobés cachaient quelque mauvais coup. Arnaud décida de les ignorer. Il se servit un café à la machine et s’enferma dans son bureau. Si les parois en plexiglas ne les dissimulaient pas à sa vue, au moins ne les entendaient-ils pas. Il but une gorgée de café, alluma son ordinateur et son téléphone sonna. Surpris de découvrir le portrait de sa femme sur l’écran, il décrocha. Elle n’appelait jamais sauf quand il s’agissait de leur progéniture. Soit elle avait des ennuis, soit son travail de longue haleine pour la reconquérir payait enfin. Et considérant les relations de sa fille avec sa mère, il optait pour cette deuxième possibilité. « Allô ? lâcha-t-il le cœur léger. – Espèce de porc immonde ! Que tu sautes une minette de l’âge de ta fille, je ne peux rien y faire. Mais que tu partages les photos de ta débaucheavec tout le monde? Mais quel genre de malade es-tu ? – Quoi ? Hein ? Quoi ? Je ne comprends pas... » Mais le temps de dire cela et il réalisa. Ignorant les hurlements de sa femme, Arnaud regarda son téléphone. Il consulta ses réseaux sociaux et blêmit.
6
Violette grimaça, la joue collée contre celle de son amie. Le téléphone à bout de bras, elle prit la photographie. « Et voilà ! dit-elle. Elle sera automatiquement chargée et partagée. C’est Nathalie qui va être verte ! – Mais, et si nos profs la voient ? »
Violette leva les yeux au ciel comme si Catherine était la dernière des sottes. Ce qui était le cas, quand même. « Idiote, je ne partage qu’avec mes amis. » 50 %. 60. 75. 95. 100 %. « C’est fait. » Le serveur apporta leurs deux cafés. « Ça te dit d’aller voir un film après manger ? – Arrête un peu de tourner autour du pot et dis-moi d’où tu sors tout cet argent ? — J’ai rencontré un type très gentil et on a joué à un jeu marrant. Tu sais, le genre de truc coquin que tu fais avec de parfaits inconnus ? » Catherine grogna avec une moue espiègle. « On se posait des colles, du genre tu préfères faire quelque chose que je choisis ou répondre à une question ? – Action ou vérité. — C’est ça. Une Action ou Vérité. Bref, on a commencé par des trucs gentils, mais il avait pas mal bu et ça lui a donné des ailes. — Il t’a demandé une pipe ? – Non ! Pas du tout. Gentleman. — Alors quoi ? — Il m’a demandé si j’oserais me déshabiller. — Tu ne l’as pas fait ? – Attends, putain ! Je raconte ! Donc il me demande si j’oserais me déshabiller. Alors je lui dis que non, pas pour rien. Et le voilà pas qui sort un billet de vingt ? — Tu t’es désapée ? — J’ai enlevé mes chaussures. Ça l’a agacé. Il m’en a tendu un autre. Alors j’ai enlevé le haut. – Sérieux ? — Il m’en a filé un autre, et un autre, ainsi de suite. J’ai enlevé ma jupe, mon soutif, et pour finir ma culotte. — Et c’est tout ? Tu t’es mise à poil devant lui pour cent euros ? C’est tout ? — C’est tout. Il a pris quelques photos avec son téléphone, rien de bien méchant. — Et tu ne l’as pas sucé ? – Si, mais pas pour de l’argent. Et puis sucer, ça compte pas. »
© Dead-Men, 2015 http://www.dead-men.fr
© Violette Anthémis, 2015 http://violetteanthemis.dead-men.fr
Violette Anthémis est incarnée par Miss Edith Oswald.
Photographie de couverture : Dead-Men & Miss Edith Oswald
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