La falaise mystérieuse, souvenir d
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La falaise mystérieuse, souvenir d'un voyage au Mali

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Voyage au Pays Dogon, au Mali

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Publié le 02 novembre 2013
Nombre de lectures 133
Langue Français
Poids de l'ouvrage 27 Mo

Exrait

FALAISE
MYSTERIEUSE
Mali enianvier 2002Mon voyage au
Dogon à Tombouctoudu Pays
dephotogtaphies et cartes Texte,
Claudette lolivet
AilloudsEditions des INTRODUCTION
A l'école.û'est venue tout doucemeût. passion pour le contiteût africain Cette
pâys les autresqu'il n'est pas un comne pays m'intrigue. Je sais déjà, ce vaste
Je m'intefioge sur lapaysages désertiques et fascinanls. J'imagine ses étranges,
pauvreté et leur culture si différente de lavive[t ses habitants, leur mânière dont
nôtre.
C'est loln,et demeure un rêve irréalisable Le mot Afrique devient ùn fantasme
jeune deplanète, pour une fille ùne autre inaccessible beaucoup trop loin. C'est
génération.ma
unj'ai me propose un coffespondalt africain, alors 14 ats. Une copioe En 1959,
la mode. Je saisis l'occâsion .êvée, espéraûtcopain du sien. A l'époque, c'est
questions.réponses à mes enfin avoir des
corespoûdances ettre nous. Il estque commence ul1e longue série de C'est aiNi
droit et dePlls âgé que moi, il fait des études de de Brazzavilie, au Congo.
grande installent une amitié.rnédecine. Nos échanges réguliers
plus ce qui excite encore ûtasur son pays, sâ famille, J'apprends beaucoup
curiosité insatisfaite-
politiques qui en 1960, à l'itdépendance, Suite âùx mouvements suftiennent Je
plus nouvelles.n'ai eu de ses
parcnts poùrde lûi a.rive chez mes plus tard, surprise, une lettre amées Quatorze
possible de me rencontrer. qu'il est à Lyon et demande s'il est me dire Qùelques
je me jours le quai de la ga.e. émotion de trouverplus tard, I'attends sur Quelle
je je jamais première qtre enque pensais voir. C'est lâ fois suis devant celui ne
grand bonhomme Noù. Je suis très impre$ionnée devant ce coûtact avec un çli
yeux- Il nous faut refarrene laisse voir que le blanc de ses dents et de ses
femûre mariée avec deuxIl naintenant d'âge rnûr, et moi, une connaissaûce. est
pour lnédecine. Nouspetites Il est venu en Fraûce teminer ses études de filles.
visage en face de nos prénoms. Ilhelrreûx de pouvoir mettre enfin un sornmes
promettoûs nous revoir bientôt.reste deuxjours. Nous llous de
passé s'est-il ?Que
jamais.prévoir que nous ne nous reverrions Rien ne laissâir
fois suis-je allée enJe pense à lui de temps à autre, câr, depuis, combien de
ne suisjamais allée au Congo.Atique ? S'il savait | ...Maisje
grandes, faisons lotre prcn erque Karine et Sophie sont Pierre et moi Maintenant
le tùûisien. C'estAtique qui nous emmène tout simplement dans Sud voyage en
les les villages de montagne. Lal'eûvoûtement immédiat avec le désett, oasis.
et de leurs fortes odeurs d'épices,décoùve.te des villes a x marchés colorés
nolrs enveloppe d'une ambiance chaude etbaignées de nusique orientâle,
décoorractée que llous ne ressettons pas ici
pefte petit les dunes orangées à de !îe ! LesEt ce tour à dos de chaûeau dâns
à vous couper le soufilecouleu$ au coucher du soleil,
grald | Les pieds daùs lemagique passée sous la tente berbère ouved€ Et la ûuit
les bruits du désert.sable, à écouter
qùe repartirait là-bas. Mais ou ?Nous savions à notre rctour i'on
ne decouvene de I'AfriqùeNotre deùxième voyagg au Sélégal, esl émouvante
noire. Après Dakar, le Lac Rose, Sâint Louis, Toubâ, nous traversons la Gambie
paysages du Nord au Sud I Partoutpour aller en Casamance Les sont si diÏférents
gens que l'on rencontre nous accueillent comme s'ils nousoù nous allons, les
Ils diseût : conmenl va la famille ?".coùraissaient depuis toujours. "Bonjour, de dernander : t'appelles-prêts à nous offrir I'hospitalité avant "Con'lment Ils sont
tu ?".
On nous présente lacela tout ûaturellemer* visite lew village, leur case, Oû
lâ mainpetits qui veùleût voùs donner famille. Ét tous ces enfants
repanir.utre seule envie: celle de Encore une fois. nous sormnes reverus avec
là.fois le virus est là. et bien C€tte
IaKetyâ, I'Egypte, uûe deuxième fois le Burkilrâ Faso. Le Après le Sélégal, c'est
grand Ia Mauritanie et dernièrem€nt,le Maroc, un autre tour du Sénégal, Tunisie,
cet lmmens€ contment.Mali. C'est notre dixième voyage sùr le
qui vous plaît là-les enfants nous disent: "Qu'est-ce Notre el1toùmge, la famille,
de choisi. une autreLa réponse est inexplicable. Il ûous est difficile bas ?"
destimtioû.
pays qui m'a profondément ûrarquée âùtantqueje vous enunène, ce C'est au Mali
pat population.par paysages que sa ses superbes
je qttelques lignesvous rappelle Afin de vous aider à nieux le connaître,
quelques explications.etje vous donr1e d'histoire
1914. Appelé Hautfrar4aise débute vers 1850 et s'achève vers La conquête
jusqu'enle Mali reste une colonie française Niger puis Soudan ûançaig Sénégal -
enla Aançaise. République soudanaise 1956. En 1958, il entre dans Comrnunauté
qui Mali iidépendantavec le Sénégal échoue. Le €st 1959, il tente ure fedération
1960.depuis le 22 septembre
président Moussa Tiaoré, à lâ têtealors le prernier socialiste. Modibo Keila est
par 1968- Il est, à son toùr. renversé uû coupmilitaire, le renverse en d'uD comité
est1991. stlr un fond de révolte populaire- Le multipartisme d'Eiat le 26 mars
le présideDt de la troisième république eniûstauré Alpha Oumar Konaré devieût et
problèmescolcertatiots régiomles sur les 1992. Il organise en août 1994 des awil
bien(malaise scolarité...). La démocratisation semble dù pays de l'arûrée,
paix fragile.engagée, malgré une sociale
pour de 1240192 knf. soity pays I I 130 000 habiraffs une supeflcie Il a dans ce
8 lBbitants au km2.une densité de
o/o, 18 9/ô et le ckistianisNe 2principales sont l'Islam, 80 I'animisme Les religions
v.
Ô/o, o;, les Peul l0 les Senoufo 9 70,Les prircipales ethnies sont: les Bambara.i3
0/o, 0/o, puis les Bozo etmalinké 6 les Touareg 5 7o, les Maure, les Sorghai 7 les
les Dogon.
(coton, I'agriculture riz, mangue).p.incipâles rcssources économiqûes sont Les
pêche (or et phosphates).l'élevage, lâ et les mines
pe.sonnes par dottfaible au Mali, environ 100000 at seulement Le tourisme est
pays plus pauvres du moode. classé 153"-" auFrançais. Il est urt des les 25 7o de
pays. pays eutièrement enclavé, entouié derang mondial sur 162 Le Mali est un
Burkina Faso, Côte d'Ivoire. Guinée etétats (Mauritanie, A1gérie, Niger, sept
Les fleuveskm nord au sud et 1800 km d'est en ouest. Séûégal), avec 1500 du
plateaux (de 600 màres) et desNiger traversent de bas 200 à Sénégal, et surtout
cuveares.
intérieur",pays, la de Mopt| le Niger forme un Au cæur du autour de ville "delta
pasteurs côtoient pêcheurs, et cultivateurs.le Macina où se LE DEPART
jaovier dans la nuit du 13 au2002. Noùs partors de Marseille Nous sommes le 12
plus rnois. Il fait régulièrementtrès froid depuis déjà d'un 14. Ici, en Savoiq il fait
pas qtrejeque nous n'avons eu si ûoid Il fatrt moins sept degrés. Il y a longtemps
que 13 kg par personne, ilaérienne n'autorise les bagages- La compagnie termine
pour deux sacs, I'un lesles a{faires. Nous emportoûs faut bien sélectionner
(sacs clraussures, nécessaire depour le matériel de couchage, vêtements et I'autre
multi-lampes frontales, torches, couteaux piles et ampoules de rechange. toilette,
petits à dospellicules photos...). Deux autres sacs gobelets, lames, couvefis,
joumalières pour notre conlortpour indispensables seNirort les affaires
petits bonbons, fruits(médicamefis, polaires, foulards, casquettes, aNbre solaire,
papier, papiersticks pour les lèvres, mouchoirs eû secs, lingettes désinfectantes,
goufdes... toilette, ).
jours, sèche là-bas. Il fait chaud lapa.to{s pour quinze c'est la saison Nous
peuvent fraiches, entrejournée, quarante mais les nuits être €ltre trente et degrés,
les quelque diffrculré à ernpiler daûs sacet quinze degrés. J'éprouve toujoùrs dix
portons grosses Etet des bemudâs âlors qu'ici noùs de "doudounes". des t-shirts
Le |lous passerons de I'hiver à l'été. chocpourtant, dans quelques heures,
thermique I
petit petit, il ne faùt rie[ oublier. Moûse remplissent à Finalemeut, les sacs
première urgence pour les donner à unproposé des médicamefts de médecin m'a
petites serrées les unes conîe les autres, ainsrJe range les boîtes bien dispensaire.
qu'un Vidal dans ùn caltoû. J'ai demaudé à la compagnie aérieûne dedictiorinaie
glisse grandil pèse sept kg. Je le dans un vouloir le prendre à sâ chatge, car bien
rouleaùpour sans oublier d'emporter un eo plastique fâciliter le transport sac
penser le ferait ouvrir. Il faut à totlt.d'adhésifau cas ou la douane
quand I'heure de sele sommeil est agité, enfin c'est Coûlrne avalt chaque dépârt,
pourmaison et à récapituler matirée se passe à mettre de l'ordre dans la lever. La
pèsent kgdeû ne lnanque. Les deùx sacs 25 savoi. si
au restaura[t et rousest prêt, nous pa.tons..- Nous allons déjeune. Il est midi, tout
pour Marseille. Nous avotrs l€ t€mps, malsprenons la route- Il y â 400 km aller à
préférable de l'avance.par sécurité, il est d'avoir
Les inâgasinsNous laissons la voiture au Vieux Port. Nous arrivons vers 17h30.
Nousque dimanche, c'est le début des soldes d'hiver. sorlt ouverts bien ce soit
pâr nos pas nous emmènent dans lesdu shopping, et comme hasard, fàisons
quartiers âticains.
goùillante déjà deles odeurs, I'ambiarce nous transportent Les étals coloréô,
(notnsûoid à Marseille ce soi. de la Méditerranée, saufqu'il fait très l'autre côté
qui gèle 2") avec uû petit vent les oreilles
nous arrêtons à une cabiûe télépholiqueIl est I'heure de dîtrer, mais ava[t. noi]s
partir. botu1cpour petit aux filles avant de Nous nangeons une faire un coucou
plus possible. Le reMez-vous arestoN à table le longtemps bor.rillabaisse, et ûoùs
matin La ûrit seÉ longue.I'aéroport est à 01h30 du seulemcnt.
la tabledes bribes de conversation venaût de Notre attentiotl est attirée Dar
jeunes pa.tent Le hasard esttrois gens. Eux aussi au Mali ce soir. voisine. Ce soût
Ir1ais noùs restons discrets.amusaût. fin d'âûnée.y les illuminations des fêtes de flânons dans les rues. Il a encore Nous
gelés. rejoignons Iajoli. complètement Nous c'est Cette fois-ci, nous sotmes
Marigrtane, le chauffage à fond. Pournous partons en direction de voiture et
Nouspoùr récluuffer, nous faisons du toudsme passer le temps et surtoùt llous
perché il magnifiquementjusqu'au sur la collille. est allons village de Vilrolles.
éclairé.
prenons la direction du parkiûg de I'aéroportheure matin. Nous enfin Il est une du
pastenue vestimentaire. Il n'est qui près. place, nous orgalisons notre est tout Sur
et chaussures fourrées. En échange,questio[ d'emporter nos doudounes, éclurpes
de rnarche.les polafes et mettons les cluussures nous enlilons
qui Nousrejoindre l'aérogare est éloignée. Nous prelons la nâvette afin de
Eûsùite c'est laguichet l'ot nous remettre nos billets d'avion. repérofls le ou doit
L'llôtessepour la procédure d'etuegistrement des bagages. queue traditionnelle
pas présence de médicaments n'a euqui prévenue de la du carton aurait dû être
après un quatt d'heure del'information Découragée, elle I'effegistre enfin
pârlotes la file qui s'allong€.et devaûl
gens peuvent La plupart des domirIl resle encore deux heures avant le décollage.
fait unpas de ceux-là. On s'assoie. olr se lève, on lr'importe oir. Nous ne sommes
passe tout quelque chose, le temps doucement.tour, oû essaie de lire, on va boire
Enfin I'hôtessequasi-normale et intendnable des aéroports. C'est I'attente
pour Gao vont comnreocer- Avec leannonc€ que les fonnalités d'enbarquement
procédures de contrôle sont loûgues, les détecteurs solltplan Vigipirâte. toutes les
etr alarme saDs alrêt.
Nous reconnaissonsencore l'attente dans la salle d'embalquemeût. Ensuite c'est
presque que jeunes passâgers sont des tounstes,les gens du rcstaurant. Les
présentoûs03h10, enfin la porte s'ouvre Nous quelques Maliens seulement. Il est la depasseports fois, et encore à la de I'avion à demânde les une nouvelle
plutôt places sontl'équipage. Les coûtrôles sont très sé.ieux, c'est rassurant. Les
je près hublot. sur le siège central, ulle dame à côtélibres. Pierre s'assoie d'un suis
de moi.
croisière. Lespile à 03h30. Nous voilà en altitude, vitesse de L'avion s'ébranle
journée La qui ar.ive seraIl est temps d'essayer de dorrnir. lumières s'éteignent.
chargée.
qui peu- nous un petit déjeuner est le biellvenu.Nous somrneillons un On seft
jour nousVers 07h30, le se lève. Il est 06h30 au Mâli. C'est le lever du soleil et
paysages déjà une réelle étnotionl Tresles p.ehiers d'Afrique. C'est décoùvrons
ilsa descerite sur Gâo. Peut-être volontairement rapidernent I'avion commence
le Niger. Ses.ives verdoyantes serpeltent la savanesuit ce fasci[ad coùrs d'eau,
et depar D'urr seul coup d'æil, c'est la séduction du Sahara calcilée le soleil.
les courbes douces desl'Afrique tropicale. De I'aùtre côté du fleuve, on ap€rçoit
dunes.
la les be.ges disparaissent sous une exlbérance d'arbres. deAutour de ville,
hautes herbes, de roseâux.
le cours ample et flegmatique duDes pirogues effilées traced leur sillage sur
Niger.
yplus én plus, nous sentons le choc des roues sur le sol, Nous approchons de ça
roule uîearrivés. Il est 07h00, heure du Mali. L'appa.reil sùr est, nous sommes
qui piste lerre toute craquelé€, coùleur dù sable tous elrtoure.en ocre, porte, trousnous arrivols à la un ah doùr elfin Lorsque L'avion s'imrnobilise
I'inconnu.I'escalier, pressés de découvrir le visage. Nous descendons caresse
A GAOARRr\,'EE
peMant urtquement la saison sèclre.à Gao cluqùe semain€, Un seul avion arrive
llpiste. le branle-bas de combat à I'aéroport de la tex:ture d€ la C'est en raison
policiers alignésélect.onique Des sont d'un hangar, sans aucun matériel s'agit
précise dans le cotrtrôle desguichet vitré. Chacun a une tâche bien derière un non
la date au stylo. Evidemment, ilpasseports. Le derni€r applique le tanpon et écrit
posés les bagages soût dam un coin.fl'y a pas de tapis roùlant et
j'ai ouvrir le carton decru un instant allaient" Au passâge à la douane "qdils
je ont renoncé. Ouf ! voyatsDevad la bousculâde. les douaniers lllédicalùents.
pouvoul€s petites boites afiû de pour ranger coffectement déjà la "galère"
j'avais pas prélrj cela, ce n'étâit nécessairerefeûrer le carton. Mêrne si
la Ilsentourés de vendeurs à sauvette. Dehors, nous somnes tout de suite
que leur expliquons tousproposenl des objets Gettiment. nous "ârtisanaux".
plus pas facile de le leur faire comprendre.achèterons târd. Ce n'est
petit, groupe fonne. Nousnous accueille. Petit à le se Un responsable de I'agence
guide de 4x4.un cuisinier, un et les trois chauffetrrs sommes douze touristes,
jeune chauffeul un Malien,la comraissance de Sidi, notre Nous faisons
que Lydie et Guy, nos coéquipiers denot.e guide Dogon, ainsi de d'Emmanuel,
voitùre.
lesquittons l'âéroport. La ville sernble endonnie. Les tues sont de sable, Nous
nous apprend que le banco est un mélange dernaisons en cubes de banco ocre. On
Lespaille Du beure de karité renforce l'étanchéité. teffe mouillée et de broyée.
les rnttft aux raresau soleil. Repliées deûière briques sont moulées et séchées
les occupées auxseulement dans la cour intérieure femmes oùvertures, on aperçoit
la pour changer notre1nérlagères. OD nous conduit directemeût à banque, tâclEs
passagers l'avion là- Pierre se met dats laIl y a la queue : tous les de sont argent.
qu'unelong. Ce soff les premiers euros. Les employés n'ont file d'attente. C'est
faire la conversioncalculatrice oour
qui fais connaissarce avec les uns et lesJ'attends deÀors. au soleil chauffe déjà- Je
je y est, suis vmiment dalN I'ambianceaut.es. L'aûimation est intense. Ça
africaine.
desle groupe a teûniné son change. Débarrassés Au bout d'urie heure, tout
ûous partons à pied visiterpolaires, équipés de casquetteq de lutettes de soleil.
gourdes car il fait déjà très chaud.Gao: sans oublier les d'eau
paftir découverte, voici rapidement son histoire.Avant de à sâ
Aujourd'hui, ell€ vit dans l'ombreJadis Gao était sumolnmée bienheureuse". "la
(16'"" siècle), marchands. cultivaterrs,de son passé. A I'époque des Askias
Le pèlerins pressaient. Les caravanes aIÏluaient depuis Caire.banquiers, s'y
les plus précieux:Fès, Marakech, chargées des objets Tripoli, Alger, Tunis,
draps de S1rie... en échange de sel, d'or,annes de Damas, soie de Vedse,
peupactole toùt le Maglreb. Le trafic d'esclaves dépeuplait d'ivoire. Ce fasciDait
peu Niger.à la boucle du en divers endroitsriches et faisaient du trafic Les habitâûts de Gao étaient
qu'ilspays I'or de Tibar de I'inÎérieur du avec d'Afrique. Beaùcoup venaient
de Barbarie. Pourtant ils n'endes narchandises d'Europe €t troquaient contre
jamais la moitié de leur argent.assez poltr enployer trouvaient
ville qui se meurt, synonymeI'avancée du désert, Gao est une De nosjours, avec
guerre lafiontière algérienoe, la civile rend A proximité de la de sécheresse.
le décliû de la ville.traversée du pays aléatoire et accentue
que région.tourisme la développe ainsi ia Heureusement, I'essor du
pa. lepar guide local- La visite colnmeflce pris en charge un Nous sommes
pyramide, édifice de banco en fonne de au sommettombeaù des Askias, un
de dix imarns. Nous nouspiquets Il abrite les corps arrondi, hérissé de
pourprcnons uil chemin d'accès avant d'entrer. Sur un côtg nous déchaussons
par étroit boyau, dans lequel nous devonssonmet. Il se tennine un aller au
Émper.
le fleuve Niger. Lesune 1rre superbe sur la ville et De là-haut, nous avons
le bleu du fleuve. lasont magni{iques: le bleu du ciel, dégradés de couleurc
qui vert au vert foûcé.végétation va.ie du clair
pièce,(qui gardées) er échange d'une récupéré nos chaussurcs sont Après avoir
dans les rues de sabl€. Despeu plus daûs la ville. Aucun bruit ltous entrons un
pirogues le fleuve ou I'on voil des échouées.melles débouchent bn-rsquement sur
presqùe.D'aùtres s'oùweft sur le vide ou
en banco. De nouveaù, rousPas très loin, la Gratde Mosqùée de Gao, comtruite
dizaine deL'intérieur est très sombrc, sans ouveatu.e- Une nous déchaussons.
plafond peûdentséparées par de luutes colonnes. Du longues rangées étroites sont
Ils des ampoulesqùi partent dans tous les sers. alinenteût des fils électriques
qui fonctionnent bien évidemmentdes haut-parleûrs, des ventilateu$, éparses,
jaùlle qui prières. blanc dort sur uû tas de tapis serontqu'à l'heure des UIl chat et
fâit d'ùn mélange de tene et de sable. Chaqueétalés à ce moment là. Le sol est
personnes. A la sortie nous donnots la piécetteraflgée peut contenir eûviroù 200
gardien lui. à coup sûr, elles auraientméritée au de nos chaussures. Sans bien
disparu.
au marclé aux bestiauxvisite rapide au musée drr Sahel, nous arrivons Après urre
inportântg ul1 broLlhahaqui er1 bordure du fleuve. L'animation est s'étale
pilasses. pirogues à îleur d'eau, ainsi que des Ceincessaot. Des arrivent chargées
d'ânes, degraûdes à moteur. Ellôs sont bondées de chèvres, sont de
nombreuses. Ils s'illstallent icimoutons, de vaches, de foulrage' et de familles
joumée.pour la
que profitentdes animaux, tandis les femmes en Les hommes chercheûl à acheter
préparent grossespour le fleuve. D'autres le rcpas dans de laver du linge dans
pierres. Nous essayons de Dousmarniles posées sur un feû de bois entre tiois
pieds, de marcherfaufiler en faisant attention où nous mettons les aûn d'éviter
renverser les gamellesdans les crottes et de
jusqu'au soigneusement savonnée par desUne chevre, dans l'eau ventre, est
passive. sans cesse.enfants. D'aûtres sautillent, bêlânt je temps pour voir si Pieffe me suitpar foule, me retourne de temps et Poussée la
gamins.ribambelle de grande conversation avec une Il est souvent eû
ainsi que lesaux cotlleurs vives tourbillonnent, pleil les yeux. Les chèches J'en ai
nous salue, onOn est contett de nous voir. on pagnes multicolores des fenrmes-
où I'on va, tout âu long dela main, on nous demande d'où l'on vient. nous touche
promenêde. C'est cela l'Afrique!notre
des Nations dese prépare La Coùpe d'Aiiique Un grand événement sportif
pendantpas classe au Mali quelquesjours- Il n'y aura football va commeDcer dans
sera la fête!toute sa durée- Ce
Ceux-cipriùcipalenent peuplée de Touaregs et de SongluÏ. La de Gao est ville
gastrotomie-poùr leur hospitalité, leul sens de la fête et leul sont rcconms
deTouaregs vendent des blocs et des bafies Plus loin, assis à teÛq en rangées. des
jours aurais bien acheté,rnines, à quinze de chameau. J'eû sel amenés depuis les
jours, jetous les plus petit est lourd. A l'idée de le balader mais mêrne le morceau
plus de la ville car il esl déjà deNoùs rapidenent la traversée renonce. çontinuons
pour le déjeuoer.sommes attendÛs au restau{anl 13h00.
marché et nous soùmes déjà toutchaud, [ous avons beaucoup Il fait très
quelques chaussures soût deveûùes ocre. la coulettrpoussiéreux. En heures, nos
guide àpoussière. mains sont collartes- Le nous laisse sable et de la Nos dù
noùs attend Emmaûuel.I'entrée dù restaurant où
partons région et, sans lui, nous neun wai Dogon. Nous visiter sa Emmanuel est
pénétrer parties des villages. Je pettx vous assurerpourrions dans certaines
grâce pays et ses coutumes. C'est à luiqu'il coûnaît parfaitement son aujourd'hui
je que porwoir vous les décrire.vais
jeules geûs pièce le bar. sontNous entrons da[s uùe sonlbre. C'est Quelqùes
la pièce suivaûÎe se lrotlve la salle à manger,installés devant la télévision. Dans
frais-peu plus gros vedilateu$ soufilent ùn selrtblant d'air un lumineuse. Deux
petits feuillage bienle aride poùsseût trois arbustes au Dans la cour, malgré sol
plantés. La tene est légèremellt creusée autourvert. Ils soût très soigneusement
nousgrand bidon d'eau est à notrc disposition. Nous pour la réserve d'eau. Uu
le nols laver les mains et nous rafraîchir visage.empressons de
profitons une bière fraîche et deEû attendant le repas, assoifféq nous avâlons
y les membres du groupe. Il a des Parisiens,I'instant pour faire connaissance avec
tous dèjaet noùs, les Savoyards. Nous avons des Alsaciens, des Morvandiaux
voyagé. en Afrique ou ailleurs.beaucoup
je je lapas mais ici, elle est légère, et avec la chaleur, En Fraûce n'airne la bière,
bois facilement.
: du riz blancpremier repas malien beaucoup aux suivants. Notre -ressemblera
d'arachides, de concertré de tomatg deaccompagné d'uûe salrce à base d'huile
piment, petits morceaux de viarde frits. Le riz estbouillon en cubq de et de
drcit à des tranches de papayeet la viande ferme. Au dessert, nous avons collaût
pas ûaimed régalée, mais il faudra s'ytrop mûre, dommage ! Je ne me suis
habituer.pays d'Afrique, lesCornme dans de nombreux Nous devons régl€r notre boisson.
ûous donler des billetsmonnaie. La banque viett de commerçants rl'ontjarnais de
(100 une quinzaine d'euros):francs français ou mainteûant de 10000 fraDcs CFA
Leexiger des petites coupMes nombreux à attendre nous étiolrs trop Pow
prend le billet desUnjeune homme qui trainait au bar problèrne semble insoltrble.
qu'ilmonnaie". Il disparaît sans vais chercher de la mails de Pierre et dit: "Je
peusépas nous avols, I'espace d'un irrstant, puisse réagir. Ne le voyant revenir,
heureux dejarnais trop rapides. Il revient, tout le revoir. Nos conclusions sont ne
pleines de pelile Inonnale.nous rendre senice, les mains
les 4 x 4 qLli ûous attendent. Uneréglées, flous rejoigtons Les consommations
dessus. Les voitÙres sont chargées au tnaximum,chaleu accablaûte nous tombe
la galerie, sont ficalésavec le matériel de cuisile. Sur les sacs eùtassés à I'arrière
gazole et les roues de secoursles bidols d'eau, ceux de les matelas nrousse.
jeune vêtucoifé de son long chèche noir et chaùfeur, Sidi, uû Touareg Notre
prcpose, de quitter Gao, d'acheter des cartotsgrand boubou bleu, noùs avanl d'un
le faisons toùt deafiD d'avoir une réserve. Nous d'eau rninérale dans une épicerie,
place.n'y â ûâimeût plus de suite. Cette fois-ci, il
plupart et ont unpeu n€uves au Mali. La viennent d'Europe Il y a de voitures
mécanos. ChezBeaucoup d'Africains sonl de bons kilométrage très important.
la Celui qui nous a étéseraient depuis longtemps à casse. nous. ces véhicules
garçoû sernble être un sérieux. Leâffecté est apparemment en bon etat. Sidi
grigrismoquette roùge et verte. Des de bord est recouvert de bouts de tableau
Despartout. y une radio avec un lecteu de cassettes. pendent Il a urême
pour en cacher les trous. Il y â des tapisépaisses couvrent les sièges coùvertures
l'âvant,rouge: c'est frime"- Guy s'iflstalle à au sol. De plus, avec sa voiture "la
nousEmmanuel donne le signal du départ. Enfiû, Lydie, Pierre et moi à I'arrière.
jours puis quinze pour lequittons y reviendrons dans une semaine dans Gao. Nous
reroua_
partir Notre petit convoi suit les rues deJe suis excitée à I'idée de "à l'aveûture".
poû trouver la roùte bituiùée. Huitdirection du fleuve. Il faut le traverser sable en
piste à peine visible mais Sidi lbnceséparent la ville du bac. La est kilomètres
gratd les fenêtres sont ouvertes. Nous avalonssans hésitation. Il fait très chaud et
poussière.déjà beaùcoup de
(il fleuve n'y a pas dele bac. Il se trouve de I'autre côté du Il nous faut aftendre
d'objetspont partie nord dr| Mali)- Beaucoup de marchands dans cette
passage de tous les véhicules quittattse sont iûstâllés ici, au obligé "artisaûaux"
Gao er direction du sud.
ûémrphars qu'elles viennent deDes fillettes prcposent des colliers en fleurs de
corfectionner.
garçons proposerit fabriqués avec des caûettes récÙpérées et du filLes des objets
en Aliiqùe, onpetites voitures, des avions... Tout est réutilisé de fer. Ce sont des
précieux. résister devartne gaspille pas. Le moindre matériau est 11 est difficile de
qui pièce en échange. Le bac affive enfin. Les voituresces enfants attendent uûe
qualre par rotation etIl ûe tmnsporte que ou cinq véhicules se ralgent dessus.
partir.n'attend pas d'être complet pour
poùr preodre I'airNolrs profitons de la traversée grandes nappes d€pas large. Il est couvert de A endroit, le fleuve n'est cet
aur $eurs rose vit,I Ces fleurs blaoches nénuphars elr fleurs. C'est magnifique
tapis. Plus loin. des dunesvert brillaût, font de superbes posées sur un feuillage
placeDes homnes mettent en I'eau. Nous accostons déjà- orangées sejettent dats
joint ùne àqui le le bac a la berge. Les voitures descendent les plaques font entre
une.
MONTS HOMBORILES
la seule route goudronnée qui traverse le Mali. ElleNous sommes maintenant sur
jusqu'à (à 1200 lon) et Sikasso. Une autreGao, Bamako part du bac à la sonie de
Faso. En dehors de cet axe. cepetite portion part San pour rejoindre le Butkina de
en 4 x 4.que des pistes accessibles uniquemeût ne sont
2pour première étape. 11 fâut compter à faire au tnoins 150 kûr cette Nous avons
route, rrous ûe pouvonsMalgré le bon état appareirt de la heures % au minimurn.
seulenent des80 Il y a peu de circulation. On rencontre guère dépasser les km/h.
des énotmes câmioûs surchargés. Ils rouleûtvéhicules de transport en commùl1 et
lrous. Des chèuesqu'ils vont se reûverser stlI vite et donneût l'impression
leur direction,prévenir. Les ruoutons €l les vaches suivent bielr $rgissent sars
petit coup de klaxonrestent planlés au nilieu. impe.turbables Un mais les ânes
à fini. de traverser la route.les aidera
que quelques kilomètres, nous rencoûtrolls unque nous n'avons circulé Alors
de lapolice. obligatoi.e. De gros bidons sont el1 travers barrage de L'arrêt est
jùste policiers est en coûtrebas. Ils sontLe campement < volant ) des chaussée
jouatt proxûlitétranquilleûent en aux caates. A assis srl. une chaise et attendent
Êéqueûts.des villes, ces coûtrôles sollt
et paésentent lesdescendent de voiture, s'avancent vers eui Les cirauffeurs
que passagers comportant les numéros despapiers des véhicules ainsi la liste des
passeports.
parfois uûe heure. Il s'agit d'urcprocédùre peut durer cinq minutes, Cette
qui par bakchich plus ou moins élevép.atique fréquente en Afrique se termine un
qùe 7000 francs CFA. ll faut savoir le SMC est iciselon le policier. entre 1000 et
+ perçoit 50000fonctioûnaire avec bac 4 enviton fixé à 20000 francs CFA. UrI
que agirions depar Il est probable dans ces conditions, nous francs CFA mois.
même.
ne pas troubler la négociation.Nous attendonq silencieux, soucieux de
policier pousse pour llousTout s'est bie! passé. Un un bidon Sidi revient soulagé.
Le de la Route existepartir. Nous porNons poursuiûe totre chemin. Code laisser
lûbitude d'acheter leur permis deau Mali, mais les Mâlieûs ont la mcheuse
pris leçons ni passer d'examen. Les règles de conduite necorduire, sans avoir de
port paspas qu'en France. Le de la ceintùre n'est sont toùjours les mêmes
obligatoire.
zone sahélienne,Nous découvrons un nouveau paysage. Nous sommes €n
et clarrsemée. Les acacias donrinent. Le soleilreco verte d'uûe steppe arbustive
le Toutes les coùlerlrs s'âcceûtùent et se détachent sur cielcommence à décliner
profond. bleu Jamais ûe rctrouve cela ailleurs...d'un ie