La paix de l

La paix de l'arme

-

Documents
3 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Ça y est tout est prêt. Les pilules d'un côté, de l'autre le 8 mm et, au milieu une note. Sandra n'en peut plus, elle est au bout du rouleau. Elle est secrétaire dans une agence immobilière. Elle passe ses journées à taper des courriers sur ordinateur aux côtés de collègues qui l'ignorent depuis son arrivée, c'est à dire plus d'un an. Elle se sent délaissée par ses amis et, elle ne s'est jamais sentie aussi seule que depuis qu'elle sort avec Stéphane. Son mec depuis plus de six mois et, aujourd'hui, plus que les autres jours, elle constate son manque d'intérêt envers elle, son manque d'attention, de communication et surtout d'Amour. « Encore UN qui ne s'intéresse pas à moi ! » Affirma t-elle découragée Sandra se sent abandonnée de tous. Elle a toujours était présente pour tout le monde. Dès que quelqu'un avait besoin, elle faisait tout pour soutenir, réconforter... aider. Mais, ça fait des mois qu'elle ne va pas bien, qu'elle broie du noir et, personne ne s'aperçoit de rien. Personne ne fait attention à elle... Elle regarde les différents choix qu'elle s'est mit sur la table. Elle veut en finir et ce coup-ci elle ne se ratera pas, pense t-elle en regardant les cicatrices sur ses poignets. Avant de passer à l'acte ultime, elle prend un verre de vin rouge. Elle le boit cul sec pour se donner de la force, puis s'en ressert un deuxième et un troisième... Elle s'installe à nouveau devant la table basse face à ses deux choix.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 16 novembre 2013
Nombre de lectures 40
Langue Français
Signaler un problème
Ça y est tout est prêt. Les pilules d'un côté, de l'autre le 8 mm et, au milieu une note. Sandra n'en peut plus, elle est au bout du rouleau.
Elle est secrétaire dans une agence immobilière. Elle passe ses journées à taper des courriers sur ordinateur aux côtés de collègues qui l'ignorent depuis son arrivée, c'est à dire plus d'un an. Elle se sent délaissée par ses amis et, elle ne s'est jamais sentie aussi seule que depuis qu'elle sort avec Stéphane. Son mec depuis plus de six mois et, aujourd'hui, plus que les autres jours, elle constate son manque d'intérêt envers elle, son manque d'attention, de communication et surtout d'Amour. « Encore UN qui ne s'intéresse pas à moi ! » Affirma t-elle découragée
Sandra se sent abandonnée de tous. Elle a toujours était présente pour tout le monde. Dès que quelqu'un avait besoin, elle faisait tout pour soutenir, réconforter... aider. Mais, ça fait des mois qu'elle ne va pas bien, qu'elle broie du noir et, personne ne s'aperçoit de rien. Personne ne fait attention à elle... Elle regarde les différents choix qu'elle s'est mit sur la table. Elle veut en finir et ce coup-ci elle ne se ratera pas, pense t-elle en regardant les cicatrices sur ses poignets.
Avant de passer à l'acte ultime, elle prend un verre de vin rouge. Elle le boit cul sec pour se donner de la force, puis s'en ressert un deuxième et un troisième... Elle s'installe à nouveau devant la table basse face à ses deux choix.
Elle déplie le mot qu'elle a laissé pour le lire une dernière fois.
Je me perds dans le néant de ma misère J'erre dans les méandres de l'enfer sur terre J'ai besoin d'air
Je ne sais pas ce qui fait me rêver
Mais je connais ma destinée
Je suis seule chez moi, sous ce toit Où j'ai froid Froid de solitude, d'amertume Bientôt sonnera mon heure posthume...
  Voilà en quoi ma vie se résume... La mort !  Dit-elle à voix haute en replaçant « soigneusement la note à sa place. J'AI MAL ! J'ai mal dans mon cœur, mal dans mon corps et dans mon âme. La mort est ma seule solution... »
Après quelques gorgées de son verre, sa main se rapproche du flingue. Elle l'effleure, le palpe, elle caresse la crosse de l'arme qui va enfin la soulager, la sauver de cette vie de merde. La sonnerie du téléphone la coupe dans son élan et, rompt le contact avec l'intensité léthale, froide, du 8mm. En quelques instants elle reprend espoir que ce soit Stéphane, qui s'inquiète enfin de ne pas avoir de ses nouvelles. Et, lorsqu'en saisissant son portable, elle voit « papa » sur l'écran, dans un élan d’écœurement, elle lâche le téléphone et ce dernier ricoche sur le pied de la table pour finir sa course sous le canapé.
« Le SEUL qui m'appelle, c'est mon père ! »
Elle regarde autour d'elle une dernière fois, essayant de trouver quelque chose qui la raccroche à la vie, mais rien, au contraire. Ses yeux se posent sur la photo de sa mère qui est morte d'un cancer huit ans plus tôt.
Les larmes au bord des yeux, elle prend les cachets. Un par un, les avalant avec soin. Doucement mais sûrement en faisant glisser les récalcitrants avec de bonnes gorgées de ce breuvage rouge sang. Il en reste plus qu'un, vert clair. D'une main tremblante, elle le place dans sa bouche suivi du même traitement alcoolisé.
Dans un dernier effort, elle se lève pour prendre le portrait de sa mère, pour mourir avec elle. A peine avait-elle prit le cadre photo, qu'elle sentit ses jambes vaciller.
Elle se sent de plus en plus fatiguée. Tellement fatiguée qu'elle se laisse tomber à terre. Avec l'aide de ses mains, elle avance jusqu'à la table basse pour prendre le flingue. Elle est de plus en plus faible et, l'arme lui semble plus lourde que d'habitude. Mais tant bien que mal elle arrive à la soulever jusqu'à son cœur. Elle appuie sur la gâchette avec le peu de force qu'il lui reste, mais rien ne se passe. Rien ! Elle comprit qu'elle n'avait pas enclenché le chien. La photo de sa mère serrait contre elle, elle n'arrive pas à armer le 8mm. Le poids de l'arme à raison de sa faiblesse et emporte son bras las, contre le carrelage froid de vie.
Le téléphone se remet à sonner, suivi de la sonnette de l'appartement mais, elle commence à sombrer dans la noirceur de son esprit. Elle essaie de se lever
pour répondre, mais son corps ne répond plus à rien.
Dans la résonance de son âme, Sandra se sent partir dans les airs. Son cœur ne lui fait plus mal, elle a une sensation de légèreté, elle ne sent enfin plus rien...
K.J Deville