Faits divers

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Extrait : On avait tellement l'habitude, au régiment, de l'appeler Peau-de­-Balle, que, maintenant, impossible de retrouver son vrai nom. Aussi, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, va pour Peau-de-Balle ! Un étrange type, ce Peau-de-Balle, mystérieux, flemmard comme une brigade de lézards, loyal à faire pâlir Bayard et sa descendance. Je l'ai vu exécuter bien peu de corvées, mais jamais, au grand jamais, je ne l'ai entendu proférer le plus petit mensonge, tenter la plus mince carotte contraire aux lois de l'honneur.

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Nombre de lectures 47
EAN13 9782824712192
Langue Français
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ALP HONSE ALLAIS
F AI TS DI V ERS
BI BEBO O KALP HONSE ALLAIS
F AI TS DI V ERS
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1219-2
BI BEBO OK
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Sour ces :
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Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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compris à Bib eb o ok.   que l’ on p asse à côté d’ Allais, c’ est-à-dir e
qu’ on le tr ouv e ennuyant p ar ce qu’ on n’a p as eu la chance de lir eI ses meilleur s te xtes. Alphonse Allais est comme tous ceux qui
é criv ent sans r elâche , inég al à lui-même . Particulièr ement lui qui é crivait
ses te xtes le mer cr e di soir afin qu’ils p araissent dans plusieur s r e v ues le
jeudi matin et qui suivait fidèlement la v oie tracé e p ar son ami Je an
Goudezki : « Si l’idé e est drôle , Allais fait un article . Si l’idé e n’ est p as drôle ,
il fait un article . Et s’il n’a p as d’idé e du tout, il fait un article . »
Nous v ous pr op osons ici son meilleur cr u, quand l’auteur e xploite la
nar ration complice av e c le le cteur au maximum de ses p ossibilités, quand
il raconte jusqu’au b out la logique absurde inscrite dans le quotidien du
fait div er s et de l’ane cdote .
Peut-êtr e aur ez-v ous le sentiment de r e dé couv rir Alphonse Allais ;
c’ est dans ces te xtes qu’il maîtrise le mieux son art de conteur .
Je an-Claude Boudr e ault
n
1CHAP I T RE I
Mes débuts dans la pr esse
   des tur pitudes de ce séminair e
et bien dé cidé à plaquer l’état e cclésiastique auquel me desti-L naient mes p ar ents, je réussis enfin à m’é vader de
l’établissement, se dr essa de vant moi, âpr e et désolé , le pr oblème de la vie à g agner .
Je détenais sur moi un lég er p é cule , où le cuiv r e jouait un rôle plus
considérable que l’ar g ent et d’ où l’ or et le p apier semblaient bannis
comme à plaisir .
Un ami d’ enfance que je r encontrai m’indiqua :
— Il y a un imprimeur que je connais et qui désir e fonder un p etit
jour nal lo cal ; son absence à p eu près complète d’ orthographe le p ousse
à pr endr e un ré dacteur affublé , comme dit Laur ent T ail­hade ¹ , de vagues
humanités. Consentirais-tu à de v enir cet homme ?
— Je suis l’homme de cee place , n’ en doute p as, je serai the right man
1. Laur ent T ailhade (1854-1919), anar chiste , p oète et chr oniqueur .
2Faits div er s Chapitr e I
in the right place .
— Alor s, viens, je vais te présenter .
L’homme en question était une e x cellente pâte d’imprimeur jo vial et
muni de gr osses moustaches grisonnantes. Son accueil fut char mant :
— Un fait div er s, un simple fait div er s, sauriez-v ous le ré dig er ?
En mon for intérieur , je haussai les ép aules.
Le clair v o yant ty p o insista :
— Oui, un fait div er s, mais p as un fait div er s comme on les é crit dans
les p etits canards pr o vinciaux. Moi, dans mon jour nal, je v eux des faits
div er s qui ne r essemblent p as à ceux des autr es.
— D ésir ez-v ous m’ essay er ?
— V olontier s, tenez, asse y ez-v ous à mon bur e au et é criv ez-nous une
vingtaine de lignes sous ce titr e : « Imprudence d’un fumeur ».
Cinq minutes n’étaient p as é coulé es que je lui r emeais mon p apier .
n
3CHAP I T RE I I
Impr udence d’un fumeur
   Montsalaud vient d’êtr e le théâtr e d’un triste
drame qui s’ est dér oulé p ar suite de l’impr udence d’un fumeur .L Un sieur D . . ., sab otier , r entrait chez lui, hier soir , v er s dix
heur es, tenant à sa b ouche une pip e allumé e de laquelle s’é chapp aient
à cha­que instant de légèr es flammè ches.
En trav er sant le p etit b ois de sapins app artenant à Mme la Mar quise de
Chaudp ertuis, notr e homme ne prit p oint g arde qu’une simple étin­celle
p ouvait enflammer les p ommes de pin et les branches sè ches qui r e
couv raient le sol.
Il continuait donc à fumer sa pip e quand, soudain, il p oussa un cri.
Sur le b ord du chemin, deux p auv r es enfants d’une douzaine d’anné es
dor maient, étr oitement enlacés et gr eloant de fr oid.
Le sieur D . . ., e x cellent cœur , ré v eilla les bambins et les aida à fair e un
b on feu de b ois mort qui les ré chauffa un p eu, puis il s’éloigna.
Malheur eusement, le feu ne se tr ouvait p as suffisamment allumé , car
4Faits div er s Chapitr e I I
il s’éteignit bientôt.
On a tr ouvé ce matin les cadav r es des deux p auv r es p etits, morts de
fr oid.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
À la b onne heur e ! s’é cria mon nouv e au p atr on, v oilà ce que j’app elle
un fait div er s p as banal ! T op ons là , jeune homme !
n
5