Jeanne la fileuse

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Extrait : « Je fis la sourde oreille et après quelques instants, les coups cessèrent. Je m'endormis bientôt, pour ne me réveiller que le lendemain au grand jour, au bruit infernal que faisaient deux jeunes hommes du voisinage qui ébranlaient ma porte à grands coups de pied. Je me levai à la hâte pour aller les châtier de leur impudence, quand j'aperçus en ouvrant la porte, le corps inanimé d'un jeune homme qui était mort de froid et de misère sur le seuil de ma maison. J'avais par amour pour mon or, laissé mourir un homme qui frappait à ma porte et j'étais presqu'un assassin. Je devins fou de douleur et de repentir.

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Nombre de lectures 26
EAN13 9782824712536
Langue Français
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HONORÉ BEA UGRAN D
JEAN N E LA F I LEUSE
BI BEBO O KHONORÉ BEA UGRAN D
JEAN N E LA F I LEUSE
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1253-6
BI BEBO OK
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– Bibliothè que Éle ctr onique du éb e c
Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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V ous de v ez aribuer l’ o euv r e aux différ ents auteur s, y
compris à Bib eb o ok.Intr o duction
   je présente aujourd’hui au public, sous le titr e de :
Jeanne la Fileuse, est moins un r oman qu’un p amphlet ; moins unL travail liérair e qu’une rép onse aux calomnies que l’ on s’ est plu
à lancer dans certains cer cles p olitiques, contr e les p opulations
francocanadiennes des États-Unis.
C’ est p our quoi je m’ empr esse de dé clar er que je n’ai eu qu’un but, en
le publiant : celui de rétablir la vérité , tout en défendant l’honneur et le
b on nom de mes comp atriotes émigrés.
Je n’insisterai p as sur ce sujet délicat, car chacun sait qu’il a été de
mo de , depuis quelques anné es, de crier à la misèr e , à l’asser vissement et
à la dé cadence morale de ceux qui ont été for cés p ar la famine, à pr endr e
la r oute de l’ e xil.
Je sais que ces mêmes hommes dir ont que je fav orise l’émigration et
que je suis opp osé au rap atriement de nos comp atriotes émigrés ; et c’ est
p our quoi je m’ empr esse de pr otester d’avance contr e cee imputation
mensongèr e . Je suis et j’ai toujour s été en fav eur du r etour au p ay s de
mes comp atriotes émigrés, mais je répète aujourd’hui, ce que j’é crivais
en 1874 dans les colonnes de L’Écho du Canada :
« Pour ce qui concerne la question du rapatriement, nous posons comme
1Je anne la fileuse Chapitr e
principe, qu’étant données les facilités nécessaires, les Canadiens-Français
des États-Unis retourneront en masse au pays qu’ils n’ont cessé de chérir
et de regreer. Mais qu’on y réfléchisse à ébec, avant d’agir ; il est
parfaitement faux que nous soyons ici dans l’esclavage, et si c’est une croisade
humanitaire que l’on entreprend, l’on ferait bien d’y renoncer de suite. Les
Canadiens des États-Unis, comme règle générale, ne sont pas dans la misère,
et que ceux qui sont chargés de mere à exécution ce plan de rapatriement,
veuillent bien se rappeler ce détail important. S’il nous faut en juger par les
rapports ridicules que nous voyons reproduits dans les journaux canadiens,
et si les législateurs de ébec y ont puisé leurs informations, nous leur
prédisons un fiasco qui les étonnera d’autant plus que nous les croyons de bonne
foi dans leurs efforts. »
Les é vénements ont amplement pr ouvé , depuis, que j’avais raison :
le rap atriement a été une affair e manqué e . On avait pris p our p oint de
dép art des e x ag érations ridicules et des rapp orts fantaisistes fabriqués
p our pr o duir e une commisération qui n’avait aucune raison d’êtr e , et l’ on
a fait fausse r oute .
J’ai essayé , dans la mesur e de mes humbles cap acités, de rétablir la
vérité sur ce sujet imp ortant, et comme je l’ai dit plus haut, c’ est là l’unique
but de ce travail.
Ai-je réussi ? C’ est au public intellig ent à en jug er .
J’ai cr u de v oir adopter la for me p opulair e du r oman, afin d’intér esser
la classe ouv rièr e qui for me , aux États-Unis, la pr esque totalité de mes
le cteur s, mais je me suis effor cé , en même temps, de fair e une p eintur e
fidèle des mœur s et des habitudes de nos comp atriotes émigrés. J’ai intr
oduit en outr e , dans mon ouv rag e , quelques statistiques qui ne sauraient
manquer d’intér esser ceux qui s’ o ccup ent des questions d’émigration et
de rap atriement.
La pr emièr e p artie , intitulé e : Les Campagnes du Canada, traite de la
vie des habitants de la camp agne du Canada français. La deuxième p artie
qui a p our titr e : Les filatures de l’étranger, est le ré cit des av entur es d’une
famille émigré e ; cee der nièr e p artie contient des r enseignements
authentiques sur la p osition matérielle , p olitique , so ciale et r eligieuse qu’ o
ccup ent les Canadiens de la Nouv elle- Angleter r e . L’intrigue est simple
comme les mœur s des p er sonnag es que j’avais à mer e en scène , et je
2Je anne la fileuse Chapitr e
me suis effor cé d’é viter tout ce qui p ouvait appr o cher l’ e x ag ération et
l’inv raisemblance .
J’ai emplo yé , en é crivant, plusieur s e xpr essions usité es au Canada, et
que tous mes le cteur s compr endr ont facilement sans qu’il soit né cessair e
d’ en donner une définition sp é ciale . Je me suis ser vi indistinctement, p ar
e x emple , des mots : paysan, fermier, habitant, en p arlant des cultivateur s ;
me basant sur l’usag e que l’ on fait de ces e xpr essions, dans les camp agnes
canadiennes. J’ai aussi é crit passager, comme l’ on dit g énéralement au
Canada, p our voyageur qui est l’ e xpr ession usité e en France ; et ainsi de
suite .
Je donne ces e xplications afin que l’ on ne soit p as tr op sé vèr e à mon
ég ard, si j’ai quelques fois sacrifié l’élég ance du lang ag e au désir de me
fair e compr endr e des classes ouv rièr es qui ne lisent encor e que bien p eu.
’ on me p er mee , en der nier lieu, de dir e un mot des difficultés que
j’ai r encontré es p our l’ e x é cution ty p ographique de ce v olume . For cé de
le confier à des imprimeur s américains qui ne connaissaient p as un mot
de français, il m’a fallu en sur v eiller p er sonnellement tous les détails, et
malgré tous mes efforts, des incor r e ctions se sont glissé es en plusieur s
endr oits. Écrit au jour le jour , publié en feuilleton et mis en p ag e
immédiatement, sans êtr e ré visé , cet ouv rag e a dr oit à l’indulg ence que l’ on
accorde g énéralement aux articles de jour naux.
C’ est ce que je demande de la bienv eillance du le cteur .
Fall River, Mass., ce 15 mars 1878.
n
3Pr éface de la deuxième é dition
   la pr o vince de éb e c a pr omis de fair e
de nouv e aux efforts p our enray er la mar che de l’émigrationL qui dép euple les camp agnes du Canada français, au pr ofit des
centr es industriels des États de la Nouv elle- Angleter r e .
Les essais d’une administration pré cé dente , en 1878-1879, basés sur
des infor mations sup erficielles ou er r oné es, ont malheur eusement é choué ,
et les dép enses faites sont r esté es absolument infr uctueuses. Le flot
d’émigration a p er sisté et plusieur s de nos plus riches camp agnes ont grav
ement souffert de cet e x o de qui est le résultat é vident d’une fausse
situation é conomique .
L’éminent et sy mp athique auteur de la France aux Colonies, M.
Rame au, avait déjà traité cee question, en 1859, av e c la haute autorité
que chacun se plaît à lui r e connaîtr e . Malheur eusement le mouv ement
qu’il cr o yait entravé p ar les mesur es éner giques inauguré es en 1856 s’ est
accentué depuis quelques anné es, et chacun se demande aujourd’hui
comme cela p our rait bien finir .
Les centr es franco-canadiens aux États-Unis ont augmenté en nombr e
et en imp ortance , et il est à p eine un État, une ville ou un villag e , de
la Nouv elle- Angleter r e qui ne compte aujourd’hui des Canadiens
fran4Je anne la fileuse Chapitr e
çais comme députés, conseiller s municip aux, av o cats, notair es, mé de cins,
mar chands, etc.
Nos comp atriotes sont de v enus, tout en r estant français de cœur et
de sy mp athies, cito y ens de la république américaine et leur influence p
olitique va grandissant chaque jour chez nos v oisins, qui ont appris à les
connaîtr e et à appré cier leur s solides qualités.
Cee question de l’émigration est de v enue de plus en plus comple x e ,
et nous av ons hâte de v oir le g ouv er nement actuel à l’ œuv r e , afin d’
obser v er les résultats de sa p olitique de rap atriement.
Rien n’a été chang é dans la deuxième é dition de ce travail, qui r este
ce qu’il était en 1878. La pr emièr e é dition était épuisé e , et l’auteur ,
convaincu que ce qui était déplorable il y a dix ans, l’ est davantag e
aujourd’hui, a cr u de son de v oir de contribuer à tenir l’ opinion publique en
é v eil, sur les désastr euses consé quences d’une p olitique de laisser fair e et
d’indiffér ence de la p art de ceux qui sont char g és de v eiller au pr ogrès et
à l’avancement de la race française , sur les b ords du Saint-Laur ent.
Montréal, septembre 1888.
n
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