Le bec en l

Le bec en l'air

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Extrait : Des cris, la foule ne tarda point à passer aux projectiles. Quelques cailloux, que je n'hésite pas à attribuer à la malveillance, brisèrent les vitres et même les litres, et en général tous les objets en verre étalés à la vitrine. M. Pivre, attiré par tout ce fracas, et n'en devinant pas la cause, voulut réagir ! Ah ! il fut bien reçu, M. Pivre ! --- À l'eau, le sale Prussien ! À l'eau, le cochon d'Italien !

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Nombre de lectures 25
EAN13 9782824712208
Langue Français
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ALP HONSE ALLAIS
LE BEC EN L’AI R
BI BEBO O KALP HONSE ALLAIS
LE BEC EN L’AI R
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1220-8
BI BEBO OK
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Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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Directeur parfait, ami meilleur encore.A A. A.
n
1CHAP I T RE I
Insultes à la Fr ance
   ’   printemps, M. Piv r e , nég o ciant en Vins
et Spiritueux, résolut de fair e r ep eindr e la façade de son mag a-V sin.
M. Piv r e , disons-le tout de suite , est un b onhomme p eu intér essant.
Il app artient à la catég orie de ces méprisables individus qui v endent,
sous la fallacieuse dénomination de vin , un mélang e d’ e au de Seine ,
d’alco ol amylique , de bitartrate de soude et de fuchsine .
M. Piv r e , au lieu de mer e sa b outique sous le p atr onag e d’un Bor gia
quelconque , avait eu le toup et de pr endr e cee enseigne :
A ux vignobles français
D onc, l’ab ominable Piv r e fit v enir un p eintr e et le char g e a de
badig e onner sa façade av e c de fraîches et pimp antes couleur s.
L’ ouv rier se mit à l’ ouv rag e .
Il commença p ar graer la p eintur e de la tr omp euse enseigne .
Il graa l’ A, il graa l’U , il graa l’X, il graa le V , il graa. . .
2Le b e c en l’air Chapitr e I
Non, il allait se mer e à graer l’I, quand midi vint à sonner .
C’ est une vieille coutume administrativ e chez ce p eintr e d’aller
déjeuner chaque fois que sonne midi.
Il fit ce jour-là comme il faisait tous les jour s, et, lâchant là son
ouv rag e , se dirig e a v er s un p etit r estaurant du quartier .
Machinalement, un p assant qui p assait p ar là , comme l’indique son
nom, le va les y eux v er s l’ enseigne abandonné e et lut, non sans stup eur ,
ces mots :
Ignobles Français
Puis, ce fut un se cond p assant qui joignit son étonnement à celui du
pr emier .
Puis un tr oisième .
Et sav ez-v ous comment bientôt s’app elèr ent les p assants ar rêtés ?
Ils s’app elèr ent légion !
Et ce fut une légion hurlante d’indignation, é cumante de fur eur !
— Sale Pr ussien ! criaient les uns.
— Co chon d’Italien ! v o ciféraient les autr es, p as mieux r enseignés.
D es cris, la foule ne tarda p oint à p asser aux pr oje ctiles.
elques cailloux, que je n’hésite p as à aribuer à la malv eillance ,
brisèr ent les vitr es et même les litr es, et en g énéral tous les objets en
v er r e étalés à la vitrine .
M. Piv r e , airé p ar tout ce fracas, et n’ en de vinant p as la cause , v oulut
ré agir !
Ah ! il fut bien r e çu, M. Piv r e !
— À l’ e au, le sale Pr ussien ! À l’ e au, le co chon d’Italien !
Et un vieil ouv rier gueulait :
— Dir e qu’ on s’ est fait casser la figur e à Mag enta p our ces g ens-là !
e ça nous ser v e de le çon !
Cep endant, le badig e onneur avait accompli son déjeuner .
Il v enait consciencieusement r epr endr e son ouv rag e .
Sans souci de la cohue , il grimp a sur son é chelle et graa.
Il graa l’I, il graa le G, il graa. . .
Non, il allait se mer e à graer l’N quand une clameur s’éle va, d’
enthousiasme et de p ardon !
On lisait maintenant :
3Le b e c en l’air Chapitr e I
Nobles Français
La foule se r etira satisfaite , sans qu’ on eût à déplor er autr e chose que
des dégâts matériels, comme dit Chincholle .
Et on dit que les Français sont difficiles à g ouv er ner !
I.1 Contr e les chiens ¹
— Moi qui ador e la plup art des bêtes, j’ai toujour s pr ofessé une ardente
répulsion p our le chien, que je considèr e comme l’animal le plus abje ct
de la cré ation.
Le chien est le ty p e de l’animal larbin, sans fierté , sans dignité , sans
p er sonnalité .
. . . Une dame pleurarde et sentimenteuse inter r ompit ma diatrib e :
— Oh ! le b on r eg ard humide des b ons toutous ! lar mo ya la p er sonne .
Comme ça v ous console de la mé chanceté des hommes !
Il n’ en fallut p as plus p our me mer e hor s de moi.
Les b ons toutous ! Ah ! ils sont chouees, les b ons toutous !
Le chien est aimant et fidèle , dit-on, mais quel mérite à s’aacher au
pr emier v enu uniquement p ar ce qu’il s’intitule v otr e maîtr e , b e au ou laid,
drôle ou rasant, b on ou mauvais ?
On a v u des chiens, dit-on encor e , se fair e tuer en défendant leur
maîtr e contr e un bandit.
Parfaitement, mais le même chien aurait pu êtr e aussi bien tué en
attaquant l’honnête homme p our le compte du bandit, si ce bandit avait été
son maîtr e et si l’honnête homme avait détenu l’indisp ensable r e v olv er .
Le chien est un pitr e qui fait le jacque p endant des heur es, p our av oir
du susucre .
C’ est un lâche qui étranglerait un bébé sur le moindr e signe de sa
frip ouille de p atr on.
D ans tout chien, il y a un fauv e , mais un fauv e idiot qui, sans l’ e x
cusable b esoin d’une pr oie p er sonnelle , fait du mal p our la quelconque lubie
d’un tier s.
1. Il n’ est, bien entendu, nullement question dans cee diatrib e des chiens de nos le
cteur s.
4Le b e c en l’air Chapitr e I
Le chien est lé cheur : il lè che tout.
Il lè che la main qui lui donne un mor ce au de p ain.
Il lè che la b oe qui vient de lui défoncer tr ois côtes.
Il lè che bien d’autr es choses, le co chon !
Et bien d’autr es choses encor e , le salaud !
Le chien a un instinct ép atant, mais une âme de b oue .
Ah ! quelle différ ence av e c le chat, av e c l’admirable chat !
Je sais p ar cœur tous les v er s que les p oètes ont faits sur les chats,
les v er s de Gautier , de Baudelair e , de Rollinat, et même tout le délicieux
v olume que leur consacra notr e b on Raoul Gineste .
Ah ! les chats ! j’aime leur allur e har monieuse , forte , câline et souple .
J’aime leur s aitudes de my stèr e et de fierté .
Essay ez de les frapp er , ceux-là , même en jouant, et v ous v er r ez quels
cr o c s sur gis et quelles griffes !
Ah ! les chats ! En v oilà qui en r emontr eraient à Maurice Bar rès p our
l’individualisme et la cultur e du Moi !
. . . Mais non, il est g énéralement conv enu que le chien est un b on
toutou, et le chat, à p eu d’ e x ceptions près, une sale bête !

D epuis les temps les plus r e culés jusqu’à nos jour s, mon e x cellent
ami le vicomte A. Br y d’ Abbatut se r efusait far ouchement à p artag er mon
hor r eur du chien.
Le chien, disait-il, avait du b on, b e aucoup de b on.
Pour sa p art, il était heur eux de p ossé der Mé dor , un e x cellent ter r
eneuv e qui avait v u naîtr e son enfant, le p etit Henri, et p our le quel Henri,
Mé dor se serait fait hacher menu.
— and Mé dor est auprès d’Henri, je suis tranquille , aussi tranquille
que si j’avais Henri dans mes bras.
Or , sav ez-v ous ce qui ar riva, la semaine der nièr e , dans la vaste pr
opriété que p ossède mon ami le vicomte A. Br y d’ Abbatut sur la côte
d’azur ?
Non.
Eh bien, je vais v ous le dir e .
On avait donné au jeune Henri (tr ois ans et demi), déjà très assoiffé
de sp ort, une p etite v oitur e et un p etit har nachement, le tout destiné à
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