Le chercheur de pistes

Le chercheur de pistes

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Extrait : Depuis que les Américains des États-Unis ont révélé au monde, en s'emparant de la moitié du Mexique, où tend leur ambition, les habitants de ce beau pays sont un peu sortis de la torpeur dans laquelle ils se complaisaient et ont tenté de grands efforts pour coloniser leurs provinces et appeler sur leur sol, si riche et si fécond, des hommes intelligents, travailleurs et industrieux, qui pussent changer la face des choses et faire régner l'abondance et la richesse partout où, avant eux, ne se trouvaient que ruines, désolation, incurie et misère. Malheureusement, les nobles efforts tentés jusqu'à ce jour sont, par une fatalité incompréhensible, restés sans résultat, soit à cause de l'apathie naturelle des habitants, soit par la faute du gouvernement mexicain lui-même. Cependant de grands propriétaires, comprenant toute l'opportunité de la mesure proposée et combien il était de leur intérêt de combattre l'influence mortelle, pour leur nationalité, des invasions américaines, se sont généreusement dévoués à la réalisation de cette grande question d'économie sociale qui, malheureusement, devient de plus en plus irréalisable.

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Nombre de lectures 43
EAN13 9782824712086
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo
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GUST A V E AIMARD
LE CH ERCH EU R DE
P IST ES
BI BEBO O KGUST A V E AIMARD
LE CH ERCH EU R DE
P IST ES
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1208-6
BI BEBO OK
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– Bibliothè que Éle ctr onique du éb e c
Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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compris à Bib eb o ok.Pr emièr e p artie
Le Cèdr e-Roug e
1CHAP I T RE I
La forêt vier g e
 M,  p opulation n’ est divisé e qu’ en deux classes : la
classe éle vé e et la classe inférieur e ; il n’y a p as de rang inter-A mé diair e p our lier les deux e xtrêmes ; aussi la cause des deux
cent tr ente-neuf ré v olutions qui, depuis la dé claration de l’indép endance ,
ont b oule v er sé ce p ay s, est-elle facile à compr endr e ; la puissance
intelle ctuelle se tr ouv e entr e les mains d’un p etit nombr e , et c’ est p ar cee
minorité r emuante et ambitieuse que s’ effe ctuent toutes les ré v olutions ;
d’ où il résulte que le p ay s est g ouv er né p ar le desp otisme militair e le plus
complet, au lieu d’êtr e une république libr e .
Cep endant les habitants des États de Sonora, de Chihuahua et du
T e x as ont conser vé encor e aujourd’hui cee phy sionomie sé vèr e ,
sauvag e , éner gique que l’ on cher cherait vainement dans les autr es États de
la confé dération.
Sous un ciel plus fr oid que celui de Me xico , l’hiv er , qui couv r e
souv ent les rivièr es de ces régions d’une ép aisse couche de glaces endur cit
2Le cher cheur de pistes Chapitr e I
les fibr es des habitants, épur e leur sang, purifie leur cœur et en fait des
hommes d’élite qui se distinguent p ar leur courag e , leur intellig ence et
leur pr ofond amour p our la lib erté .
Les Ap aches, qui habitaient originair ement la plus grande p artie du
Nouv e au-Me xique , ont p eu à p eu r e culé de vant la hache des pionnier s,
ces enfants p erdus de la civilisation, et r etirés dans d’immenses déserts
qui couv r ent le triangle for mé p ar le rio Gila, le del Norte et le Colorado ,
ils font pr esque impunément des cour ses sur les fr ontièr es me xicaines,
pillant, brûlant et dé vastant tout ce qu’ils r encontr ent sur leur p assag e .
Les habitants des contré es que nous av ons cité es plus haut, tenus en
r esp e ct p ar ces pr oté es insaisissables, sont dans un état de guer r e
continuelle contr e eux, toujour s prêts au combat, fortifiant leur s haciendas
(fer mes), et ne v o yag e ant que les ar mes à la main.
El Paso del Norte p eut êtr e r eg ardé comme l’ultima ule de la p artie
civilisé e du Me xique . A u-delà , v er s le nord et le nord-ouest, s’étendent les
vastes plaines incultes de Chihuahua, le b olson de Mapimi et les déserts
arides du rio Gila.
Ces immenses déserts, nommés Ap acheria, sont encor e aujourd’hui
aussi inconnus qu’ils l’étaient à la fin du X V I ᵉ siè cle .
El Paso del Norte doit son nom à sa situation près d’un gué , ou Paso
du rio del Norte . Cet établissement est le plus ancien de tous ceux du
Nouv e au-Me xique ; sa fondation r emonte à 1585, c’ est-à-dir e à la fin du
X V I ᵉ siè cle .
L’établissement actuel est ép ar s dans une étendue de dix milles
envir on, le long des b ords du del Norte , et compte 4000 habitants au plus.
La plaza, ou villag e del Paso , est situé e à la tête de la vallé e ; à l’ e
xtrémité opp osé e est le pr esidio de San Elezario . T out l’inter valle est r empli
p ar une ligne continue de maisons blanches à toits plats, enfouies dans
des jardins et entouré es de vignobles.
À un mille au-dessus du p assag e , la rivièr e est bar ré e et l’ e au conduite
p ar un canal de dérivation app elé A ce quia madr e dans la vallé e qu’ elle
ar r ose .
C’ est à quelques milles à p eine de cet établissement que commence
l’ Ap acheria.
On sent que le p as de l’homme civilisé n’a foulé que timidement et à
3Le cher cheur de pistes Chapitr e I
de rar es inter valles cee contré e toute primitiv e où la natur e , libr e de se
dé v elopp er sous l’ œil tout-puissant du Cré ateur , pr end des asp e cts d’une
fantaisie et d’une b e auté incr o yables.
Par une b elle matiné e du mois de mai, que les Indiens nomment
wabig on-quisis ( lune des fleur s), un homme de haute taille , aux traits
dur s et accentués, monté sur un fort che val à demi sauvag e , déb oucha au
grand tr ot de la plaza, et après quelques minutes d’hésitation emplo yé es
sans doute à s’ orienter , il appuya résolument les ép er ons aux flancs de sa
montur e , trav er sa le gué , et après av oir laissé der rièr e lui les nombr eux
cotonnier s qui, en cet endr oit, couv r ent les b ords du fleuv e , il se dirig e a
v er s les ép aisses forêts qui v erdissaient à l’horizon.
Ce cavalier était r e vêtu du costume adopté sur les fr ontièr es, costume
pior esque que nous dé crir ons en deux mots.
L’inconnu p ortait un dolman de drap v ert, g alonné en ar g ent, qui
laissait v oir une chemise de batiste br o dé e , dont le col rabau était fer mé p ar
une cravate de soie noir e , néglig emment aaché e à la Colin p ar une bague
en diamant, en guise de nœud. Il p ortait une culoe de drap v ert g alonné
d’ar g ent, g ar nie de deux rang é es de b outons du même métal, r etenus aux
hanches p ar une ceintur e de soie r oug e à frang es d’ or . La culoe , entr
ouv erte sur les côtés jusqu’au milieu de la cuisse , laissait libr ement floer
le cale çon de fine toile de dessous ; ses jamb es étaient défendues p ar une
bande de cuir br un g aufré et br o dé , nommé b oes vaqueras, aaché es au
bas du g enou p ar un tissu d’ar g ent. À ses talons résonnaient d’énor mes
ép er ons. Une mang a, r esplendissante d’ or , r ele vé e sur l’ép aule , g
arantissait le haut de son cor ps et sa tête était abrité e des ray ons ardents du soleil
p ar un chap e au de feutr e br un g alonné , à lar g es b ords, dont la for me était
ser ré e p ar une lar g e to quilla d’ar g ent qui en faisait deux ou tr ois fois le
tour .
Sa montur e était har naché e av e c un lux e gracieux qui en faisait r
essortir toute la b e auté . Une riche selle en cuir g aufré , g ar nie d’ar g ent
massif, sur le der rièr e de laquelle était aaché le zarap é ; de lar g es étrier s
maur esques en ar g ent, aux ar çons de b elles ar mes d’ e au ; une élég ante
anquera faite de cuir ouv rag é , g ar nie de p etites chaînees d’acier , r e
couv rait entièr ement la cr oup e , et tombant jusqu’au milieu des cuisses du
che val, r etentissait au moindr e mouv ement du cour eur .
4Le cher cheur de pistes Chapitr e I
L’inconnu semblait, p ar le lux e qu’il déplo yait, app artenir à la haute
classe de la so ciété : à son côté dr oit p endait un machete , deux pistolets
étaient p assés dans sa ceintur e , le manche d’un long coute au sortait de sa
b oe dr oite , et il tenait en trav er s de vant lui un sup erb e rifle damasquiné .
Penché sur le cou de son che val lancé au g alop , il s’avançait
rapidement sans jeter un r eg ard autour de lui, bien que le p ay sag e qui se dér
oulait à ses côtés fût un des plus majestueux et des plus arayants de ces
régions.
Le fleuv e for mait les plus capricieux mé andr es au milieu d’un ter rain
accidenté de mille façons bizar r es.
Çà et là , sur des plag es de sable et de gravier , on v o yait étendus av e c
leur s branches, des arbr es énor mes que le courant plus faible avait laissés
ép ar s et qui, sé chés p ar le soleil, montraient p ar leur couleur lavé e qu’ils
étaient morts depuis plusieur s siè cles.
A uprès des endr oits bas et maré cag eux, er raient lourdement des
caïmans et des cr o co diles.
D ans d’autr es endr oits où le fleuv e coulait pr esque unifor mément, ses
riv es étaient unies et couv ertes de gr os arbr es butés ou ser rés p ar des
lianes qui, après s’y êtr e entortillé es, r etombaient jusqu’à ter r e où elles
plong e aient p our s’élancer de nouv e au dans l’ esp ace , en for mant les plus
e xtravag antes p arab oles.
Les b ois four rés laissaient entr e v oir de temps en temps de p etites
prairies, des maré cag es, ou un sol uni couv ert d’ ombrag es inaccessibles aux
ray ons du soleil et p arfois embar rassés d’arbr es morts de vieillesse ; plus
loin, d’autr es, qui semblaient jeunes encor e à cause de la couleur et de la
solidité de leur é cor ce , se ré duisaient en p oussièr e au moindr e souffle du
v ent.
Sur des riv es éle vé es à pic, où la rapidité de l’ e au indiquait l’inég alité
du sol, des ter r es éb oulé es laissaient v oir d’énor mes racines sans appui
et annonçaient la chute des colosses déjà inclinés, qu’ elles ne soutenaient
plus que p ar artifice .
Parfois le ter rain tout à fait miné en dessous, ré duit à son pr opr e
p oids, entraînait av e c lui le b ois qu’il p ortait, et faisait, en tombant, r
etentir un br uit confus pr o duit p ar l’é coulement des ter r es, le sifflement des
branches qui se r omp aient après leur vibration, et dont le fracas, rép
er5