Le docteur Pascal
310 pages
Français

Le docteur Pascal

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Description

Le Docteur Pascal est le vingtième et dernier volume de la série des Rougon-Macquart. L’intrigue se déroule entre 1872 et 1874, autrement dit après la chute du Second Empire, période qui constituait le cadre historique de l’ensemble de l’œuvre. En fait, il s’agit ici de donner une conclusion à l’histoire de la famille, et de développer les théories sur l’hérédité que Zola a empruntées aux docteurs Prosper Lucas et Bénédict Augustin Morel. Extrait : Souriante, Clotilde songeait aux commérages dont lui avait parlé Martine, à ce père Boutin qu'on accusait le docteur d'avoir tué. Il ne tuait donc pas tous ses malades, sa médication faisait donc de vrais miracles ? Et elle retrouvait sa foi en son maître, dans cette chaleur d'amour qui lui remontait au cœur. Quand ils partirent, elle était revenue à lui tout entière, il pouvait la prendre, l'emporter, disposer d'elle, à son gré.

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Nombre de lectures 560
EAN13 9782824702490
Langue Français

Exrait

ÉMI LE ZOLA
LE D O CT EU R P ASCAL
BI BEBO O KÉMI LE ZOLA
LE D O CT EU R P ASCAL
1893
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-0249-0
BI BEBO OK
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Le te xte suivant est une œuv r e du domaine public é dité
sous la licence Cr e ativ es Commons BY -SA
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encourag é à le fair e .
V ous de v ez aribuer l’ o euv r e aux différ ents auteur s, y
compris à Bib eb o ok.CHAP I T RE I
   de l’ardente après-midi de juillet, la salle , aux
v olets soigneusement clos, était pleine d’un grand calme . Il neD v enait, des tr ois fenêtr es, que de minces flè ches de lumièr e , p ar
les fentes des vieilles b oiseries  ; et c’était, au milieu de l’ ombr e , une clarté
très douce , baignant les objets d’une lueur diffuse et tendr e . Il faisait là
r elativ ement frais, dans l’é crasement tor ride qu’ on sentait au dehor s, sous
le coup de soleil qui incendiait la façade .
D eb out de vant l’ar moir e , en face des fenêtr es, le do cteur Pascal
cherchait une note , qu’il y était v enu pr endr e . Grande ouv erte , cee immense
ar moir e de chêne sculpté , aux fortes et b elles fer r ur es, datant du der nier
siè cle , montrait sur ses planches, dans la pr ofondeur de ses flancs, un
amas e xtraordinair e de p apier s, de dossier s, de manuscrits, s’ entassant,
déb ordant, pêle-mêle . Il y avait plus de tr ente ans que le do cteur y jetait
toutes les p ag es qu’il é crivait, depuis les notes brè v es jusqu’aux te xtes
complets de ses grands travaux sur l’héré dité . A ussi les r e cher ches n’y
1Le do cteur Pascal Chapitr e I
étaient-elles p as toujour s faciles. P lein de p atience , il fouillait, et il eut un
sourir e , quand il tr ouva enfin.
Un instant encor e , il demeura près de l’ar moir e , lisant la note , sous
un ray on doré qui tombait de la fenêtr e du milieu. Lui-même , dans
cee clarté d’aub e , app araissait, av e c sa barb e et ses che v eux de neig e ,
d’une solidité vig our euse bien qu’il appr o chât de la soix antaine , la face
si fraîche , les traits si fins, les y eux r estés limpides, d’une telle enfance ,
qu’ on l’aurait pris, ser ré dans son v eston de v elour s mar r on, p our un
jeune homme aux b oucles p oudré es.
―  Tiens  ! Clotilde , finit-il p ar dir e , tu r e copieras cee note . Jamais
Ramond ne dé chiffr erait ma satané e é critur e .
Et il vint p oser le p apier près de la jeune fille , qui travaillait deb out
de vant un haut pupitr e , dans l’ embrasur e de la fenêtr e de dr oite .
― Bien, maîtr e  ! rép ondit-elle .
Elle ne s’était p as même r etour né e , tout entièr e au p astel qu’ elle
sabrait en ce moment de lar g es coups de cray on. Près d’ elle , dans un vase ,
fleurissait une tig e de r oses trémièr es, d’un violet singulier , zébré de
jaune . Mais on v o yait neement le pr ofil de sa p etite tête r onde , aux
chev eux blonds et coup és court, un e x quis et sérieux pr ofil, le fr ont dr oit,
plissé p ar l’aention, l’ œil bleu ciel, le nez fin, le menton fer me . Sa nuque
p enché e avait surtout une adorable jeunesse , d’une fraîcheur de lait, sous
l’ or des frisur es folles. D ans sa longue blouse noir e , elle était très grande ,
la taille mince , la g or g e menue , le cor ps souple , de cee souplesse
allong é e des divines figur es de la Renaissance . Malgré ses vingt-cinq ans, elle
r estait enfantine et en p araissait à p eine dix-huit.
― Et, r eprit le do cteur , tu r emeras un p eu d’ ordr e dans l’ar moir e . On
ne s’y r etr ouv e plus.
― Bien, maîtr e  ! rép éta-t-elle sans le v er la tête . T out à l’heur e  !
Pascal était r e v enu s’asse oir à son bur e au, à l’autr e b out de la salle ,
de vant la fenêtr e de g auche . C’était une simple table de b ois noir ,
encombré e , elle aussi, de p apier s, de br o chur es de toutes sortes. Et le silence
r etomba, cee grande p aix à demi obscur e , dans l’é crasante chaleur du
dehor s. La vaste piè ce , longue d’une dizaine de mètr es, lar g e de six, n’avait
d’autr es meubles, av e c l’ar moir e , que deux cor ps de bibliothè que , b ondés
de liv r es. D es chaises et des fauteuils antiques traînaient à la débandade  ;
2Le do cteur Pascal Chapitr e I
tandis que , p our tout or nement, le long des mur s, tapissés d’un ancien p
apier de salon Empir e , à r osaces, se tr ouvaient cloués des p astels de fleur s,
aux colorations étrang es, qu’ on distinguait mal. Les b oiseries des tr ois
p ortes, à double baant, celle de l’ entré e , sur le p alier , et les deux autr es,
celle de la chambr e du do cteur et celle de la chambr e de la jeune fille , aux
deux e xtrémités de la piè ce , dataient de Louis X V , ainsi que la cor niche
du plafond enfumé .
Une heur e se p assa, sans un br uit, sans un souffle . Puis, comme Pascal,
p ar distraction à son travail, v enait de r ompr e la bande d’un jour nal oublié
sur sa table , le Temps , il eut une légèr e e x clamation.
―  Tiens  ! ton pèr e qui est nommé dir e cteur de l’Époque , le jour nal
républicain à grand succès, où l’ on publie les p apier s des T uileries  !
Cee nouv elle de vait êtr e p our lui inaendue , car il riait d’un b on
rir e , à la fois satisfait et aristé  ; et, à demi-v oix, il continuait  :
― Ma p ar ole  ! on inv enterait les choses, qu’ elles seraient moins
b elles. . . La vie est e xtraordinair e . . . Il y a là un article très intér essant.
Clotilde n’avait p as rép ondu, comme à cent lieues de ce que disait
son oncle . Et il ne p arla plus, il prit des cise aux, après av oir lu l’article ,
le dé coup a, le colla sur une feuille de p apier , où il l’annota de sa gr osse
é critur e ir régulièr e . Puis, il r e vint v er s l’ar moir e , p our y classer cee note
nouv elle . Mais il dut pr endr e une chaise , la planche du haut était si haute
qu’il ne p ouvait l’aeindr e , malgré sa grande taille .
Sur cee planche éle vé e , toute une série d’énor mes dossier s
s’alignaient en b on ordr e , classés métho diquement. C’étaient des do cuments
div er s, feuilles manuscrites, piè ces sur p apier timbré , articles de jour naux
dé coup és, réunis dans des chemises de fort p apier bleu, qui chacune p
ortait un nom é crit en gr os caractèr es. On sentait ces do cuments tenus à
jour av e c tendr esse , r epris sans cesse et r emis soigneusement en place  ;
car , de toute l’ar moir e , ce coin-là seul était en ordr e .
Lor sque Pascal, monté sur la chaise , eut tr ouvé le dossier qu’il
cherchait, une des chemises les plus b our ré es, où était inscrit le nom de
« Saccard », il y ajouta la note nouv elle , puis r eplaça le tout à sa ler e
alphabétique . Un instant encor e , il s’ oublia, r e dr essa complaisamment une pile
qui s’ effondrait. Et, comme il sautait enfin de la chaise  :
―  T u entends  ? Clotilde , quand tu rang eras, ne touche p as aux
dos3Le do cteur Pascal Chapitr e I
sier s, là-haut.
― Bien, maîtr e  ! rép ondit-elle p our la tr oisième fois, do cilement.
Il s’était r emis à rir e , de son air de g aieté natur elle .
―  C’ est défendu  !
― Je le sais, maîtr e  !
Et il r efer ma l’ar moir e d’un vig our eux tour de clef, puis il jeta la clef au
fond d’un tir oir de sa table de travail. La jeune fille était assez au courant
de ses r e che

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