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Pour moi : irrésistibles !
A vous de me dire si je suis dans le vrai ou si je me trompe.

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Publié le 09 mai 2014
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Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Exrait

JOYEUX TEMOIGNAGES
P a g e| 1
Au hasard le premier à venir est celui là. Un jour que je suis venue de la pension Marie-Thérèse de Nîmes, en vacances chez ma grand-mère, elle s’était fait ratiboiser la colline si courte, qu’elle ressemblait plus à un hérisson qu’à autre chose. Je l’ai surnommée très affectueusement : Ririsson-gris. Pour ne pas rester en reste et compléter la famille piquante, je me suis autoproclamée : Oursinette. Aucun rapport avec l’ourse, mais plutôt avec l’animal marin : l’oursin. De part mon signe astrologique le Cancer, je fais déjà partie du milieu de la mer. Il est représenté par le crabe et par l’élément aqueux : l’eau. Ou si on préfère : l’écrevisse, qui elle vit surtout dans les rivières. L’autre raison de ce choix particulier, c’était la sempiternelle répétition par ma mère qui se plaignait qu’elle ne savait jamais par quel bout me prendre. Il faut dire que je la déconcertais tellement par mon comportement qui pour elle était plus qu’incompréhensible. Ainsi que par mon caractère tout aussi singulier. Vu qu’il est très difficile de prendre un oursin sans se piquer, et qu’on ne sait jamais comment faire, dans mon esprit le rapprochement donc l’analogie a été vite fait. Je l’ai souvent entendu dire que j’étais comme les chats puisque dans n’importe quelle situation où je m’embarquais, je retombais toujours sur mes pattes. Aussi que j’étais aussi rusée qu’un renard. A cela j’y ai rétorqué le jour où j’ai su mon signe chinois que ça ne pouvait être autrement puisque j’étais un singe. Ce qui l’a bien fait rire. Je vous donne en mille mon fruit que j’adore le plus. ère Non pas la fraise, bien qu’elle ait pu lui ravir sa 1place, mais bel et bien la banane. Une de mes statues préférée, était et qui l’est encore, est les 3 Sages, représentée par 3 singes, avec toute la philosophie et l’humour qu’elle comporte. Ma Grand-mère avait une petite histoire rigolote qu’elle me racontait pour m’expliquer leurs différentes postures que bien plus tard, après mures réflexions, j’ai comprises. Malheureusement je n’en ai qu’un infime et très vague souvenir.
Un dimanche après-midi ma famille et moi décidons d’aller se promener aux Jardins de la Fontaine. Il fait un soleil magnifique. Après une bonne petite balade, comme nous avions chaud, mes parents s’installent à la terrasse du café vers le fond. Je repère très vite à la télé qu’il y a un film super intéressant. Moi, je m’installe plus près, sur un fauteuil, sans pour autant gêner le passage du serveur, afin de mieux pouvoir suivre l’intrigue. Plus rien autour de moi ne compte. J’étais vraiment dans le feu de l’action quand sans crier gare, je me retourne vers ma grand-mère lui criant avec ma voix stridente de l’enfant que j’étais encore, et avec un enthousiasme débordant : « - Bonne-maman, Bonne-maman, les indiens attaquent. » Un ovni passant par là aurait eu le même effet de stupéfaction les gens alentours. On aurait pu entendre une mouche voler tant qu’un silence d’or était apparu. Le temps était comme suspendu à mes lèvres.
P a g e| 2 Tous les yeux s’étaient retournés sur moi, et quelques-uns se devaient se demander à qui je m’adressais si intempestivement. Je devais être rouge écarlate comme un coquelicot. J’ai eu une sacrée chance que le serveur ne sursaute pas et ne lâche son plateau rempli de boissons. J’aurais été dans de beaux draps. Je ne savais pas que faire vu la tournure étrange pour moi que prenais les choses. Soit je me replongeais illico presto dans mon western et essayais de me faire plus invisible que l’homme. Soit j’allais voir mes parents. Soit j’attendais gentiment dans mon coin la réaction de ma mère. Après un instant incertain, qui me paru infini, le temps enfin repris son cours normal. Ma grand-mère me sourit et me fis comprendre de continuer de regarder la télé. Quand à maman bien qu’elle fut elle aussi toute rouge, ce n’était pas de colère mais de chaleur. Elle acquiesça d’un petit signe de tête la décision de sa mère, et ne dit mot qui vaille. Les personnes m’entourant comprenant le burlesque de la situation, me regardaient d’un air entendu. Et le brouhaha repris sa place.
Un dimanche du mois de juin 1968, il faisait une chaleur étouffante comme l’on peut en avoir sur Nîmes en été. La ville étant construite dans une cuvette, elle stagne au lieu de circuler. Ma grand-mère me propose de m’emmener piscinger pour nous rafraîchir. Dans le temps il était hors de question de se baigner après avoir manger. Il fallait attendre au moins 3h pour que la digestion se fasse. Donc nous nous installons dans un bar près de la piscine, sur la ceinture des boulevards entourant le centre de la ville. Je ne sais plus ce que commande ma grand-mère. Ma mère en bonne alsacienne qu’elle est de naissance, tellement elle était assoiffée commande un ? de bière. Je ne connaissais pas, donc pour essayer je prends une comme maman. A ce moment, je pense que ma famille était tellement atomisée par le soleil qu’elle n’a pas eu la présence d’esprit de se dire que c’était une boisson alcoolisée. Que je risquais d’avoir des effets assez dévastateurs, surtout à mon âge. Nada. La seule conséquence que j’ai eue, a été de développer une allergie envers cette boisson. J’aurais pu y prendre goût, mais non. Certes aujourd’hui j’en bois, mais occasionnellement et une marque bien précise. C’est aussi vrai que ma mère et moi nous avons été plus que guillerettes. Nous étions intenables. Pour une fois c’était bonne-maman qui se tapait la care. J’ai repris mes esprits en me plongeant dans l’eau du grand bassin, à la minute prêt. Je bouillonnais autant de l’intérieur que de l’extérieur. Car quand ma grand-mère avait une idée dans la tête, elle ne l’avait pas dans le derrière. Et rien ne pouvait la faire changer d’avis. Même pas une petite écrevisse qui ne demandait que de faire le grand saut dans la baille.
P a g e| 3 Quand je n’avais pas la visite de ma famille, nous sortions avec nos éducatrices du pensionnat, les mercredis et dimanches après-midi. Je pense que le samedi était consacré à d’autres activités plus calmes. Nous faisions beaucoup de choses. On allait se promener dans la garrigue alentours, dans le Jardin de la Fontaine. J’ai une foule d’images qui me reviennent en mémoire quand j’évoque cette période. Mais elles sont tellement isolées et fugaces dans le temps que je ne peux pas les faire revivre, même au cours d’une histoire. Il y a des souvenirs qui peuvent être racontés et d’autres non parce qu’ils ne s’inscrivent pas dans un récit viable.
Par contre, il y a eu un lieu assez énigmatique où l’on se rendait souvent. On remontait la rue Rouget de Lisle assez haut et loin. Arrivées à un ancien poteau en ciment, le long d’une maison qui je crois était à l’abandon, les éducs après avoir vérifié que personne n’arrivait, nous y faisaient monter très rapidement. Elles nous demandaient de sauter dans un jardin intérieur ou nous passions toute l’aprèm à jouer. Après le goûter rebelote, en sens inverse. Toujours avec autant de précautions. Pour moi cette situation me paraissait insolite, stupéfiante. En cours nos profs nous initiaient la morale, et dans cette circonstance précise on faisait fi de tout ce que l’on avait appris. C’était paradoxal.
Une semaine, on nous dit que le dimanche suivant, nous irions dans un premier temps à la plage au Grau du Roi. Que nous y pique-niquerions. Que dans l’aprèm, il était prévu de nous faire visiter l’usine de la source de Perrier. Nous étions excitées comme des puces, mais nous faisions aussi très attention de ne pas faire de trop bévues de peur d’être punies. Le jour tant attendu arrive. J’étais désolée parce que le temps était couvert. J’avais la frousse que la mer soit froide. Que je ne puisse profiter à fond de cette journée d’exception. J’ai pu me baigner puisque la température de l’air était à peu près similaire que celle de l’eau. Heureusement, dans la matinée le temps s’est levé. Enfin de compte, le soir je me suis retrouvée avec un coup de soleil carabiné. J’étais en feu et flapie. Une fois dans mon lit j’ai du m’endormir comme une souche malgré la douleur des brûlures.
Une fois en début d’automne 1968, nous avons été au Pont du Gard. Cela faisait à peine un an que je nageais. Je me suis lancée un défi. De faire quelques longueurs en descendant et remontant le courant, tout doucement, en brasse coulée. Je m’étais pris des points de repères sur la berge. Pendant que les autres s’amusaient, je me suis attelée à la tache. Lentement et sûrement, j’ai du en faire une dizaine. Tout en faisant l’effort nécessaire, j’essayais de ne pas me faire embarquer par le courant descendant et de bien gérer ma respiration et mon rythme en sens inverse.
Un lundi de Pentecôte, nous nous sommes dirigées vers les Arènes.
P a g e| 4 Il y avait un de ces peuples pas possible. Nous pensions que c’était une promenade comme une autre. Quand les éducs nous ont conduites vers une entrée decette enceinte magistrale et impressionnante, pour nous petites filles, nous avons mes camarades et moi été perplexe. Ni les unes, ni les autres n’osions croire à cette folle espérance qui avait germé dans notre tête. Sans s’être donné le mot, nous étions sages comme des images de peur que la belle réalité que nous vivions, ne s’effondre aussi rapidement qu’un château de cartes. Et si ! Ce n’était pas un rêve. Et c’est en cette occasion que je suis rentrée la toute première fois dans cet amphithéâtre. Et c’est à cette occasion que j’ai vu mon premier spectacle taurin.
Pendant un mois automnal, la vogue s’était installée devant la porte principale de l’entrée du Jardin de la Fontaine. Je m’explique. Juste en face de ce dernier se trouve une double Avenue,très longue : Jean Jaurès. Elle suit une ligne droite de perspective exacte entre la Tour Magne en haut du jardin avec le Simbeu, sur le rond point de Camargue, et le monument-pyramide dédiée aux héros et martyrs du combat pour la liberté, au fin fond de cette artère. Un dimanche, nous y avons été avec notre groupe. Nous devions choisir dans quel manège, nous voulions faire un tour. Moi cette fois là, je me suis fait offrir le train fantôme. Je n’étais pas plus effrayée que ça. Car une fois que tu connais les astuces, ça devrait ne plus rien te faire. Je qui me faisais le plus rire c’était les réactions stupides et irrationnelles de mes petites camarades. Je me demande toujours si elles ne le faisaient pas exprès pour se faire mousser elles et les autres. Enfin de compte cela faisait boule de neige. C’était à celle qui crierait le plus fort. Dans ma tête je me disais : s’il ne faut que ça pour leurs faire plaisir, tant mieux pour elles. La seule fois où j’étais d’accord avec leurs choix, c’était le dimanche soir quand après le repas nous pouvions voir : Sébastien parmi les hommes. Avant son début, il y avait des résultats sportifs. Et dans tous les sports, je râlais, je pestais, je fulminais intérieurement de l’absence de Montpellier. Je ne comprenais pas que les clubs de foot, rugby, de volley et de basket de chez moi jouaient les filles de l’air. Et chaque dimanche soir, c’était à l’identique. Maintenant je sais comment cela fonctionne. Mais à l’époque j’étais chagrinée de l’incompétence sportive des Montpelliérains.
Un dimanche après-midi de 1968, ma famille et moi avons décidés d’aller au cinéma voir Le Petit Baigneur, réalisé par Robert Dhéry. Du début jusqu’à la fin cela n’a été qu’un gros fou rire familial, même pour ma mère qui était plutôt du genre taciturne et morose. Quelqu’un difficile à dérider. J’ai même révolutionné la salle par mon rire strident et communicatif. Mais cette rigolade n’était que le hors d’œuvre.
P a g e| 5 Au sortir de la séance bonne-maman a lâché sa bombe de gaz hilarant en nous avouant qu’elle était gênée parce qu’elle avait fait pipi à la culotte tellement qu’elle avait rigolé. Une vraie rigolo mania, s’est emparée de nous à tel point que tout le monde se retournait à notre passage se demandant qu’elle mouche nous avait piquée, et qu’est ce qui pouvait nous rendre si hilare. Chaque fois qu’on remarquait les figures interloquées des passants, plus cela nous déclenchait une cascade de rire, ce qui relançait les réactions des gens et impossible de sortir de cette spirale. Nous avons quand même réussi à retrouver notre sérieux, surtout moi, à l’approche de l’heure de rentrer au pensionnât. Mais combien d’années encore avons-nous ri ensembles soit à l’évocation de cet épisode joyeux. Encore plus lors de sa diffusion à la télé que l’on a été en famille ou non.
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