PEREGRINATION d
330 pages
Français

PEREGRINATION d'une FAMILLE NOMBREUSE SINGULIERE tome II

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Un enseignant débutant, un rappelé en Algérie, un établissement très particulier, une découverte tardive cause de déboires récurrents mais un acharnement à faire front malgré tout !

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Publié le 11 novembre 2020
Nombre de lectures 6
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo
BLANCHARD Jef
PÉRÉGRINATION
D’UNE FAMILLE NOMBREUSE SINGULIÈRE
II
ENFANCE VIOLÉE CHARIVARI ASSURÉ
ROMAN
L’auteur.Breton d’origine, il connaîtra au gré des changements de poste de son institu-teur de père d’abord la Haute-Marne, puis le Loiret, sous l’Occupation, puis la ville de l’Aigle de Meaux où il finira ses études primaires à l’école Bossuet dirigée par son père. Puis les confins du pays, à Cherbourg pour le collège, puis la ville de Reims pour le se-condaire, enfin le lycée public d’Epernay. Habitant alors à Ay-Champagne il partira pour effectuer son service militaire à Epinal. Son départ pour l’Algérie suivra. Alger, Aumale, Constantine, Tizi-Ouzou et enfin la frontière tunisienne près d’une exploitation minière d’importance où en tant que sous-officier, il procèdera à la construction du premier tronçon de la ligne téléphonique entre la mine et le port de Bône. Son frère aîné juste avant lui avait fait l’école dans le bled.De retour en métropole il s’installera à Briare-le-Canal où il enseignera de conserve avec son père, son frère aîné et quelques autres collègues dans l’école privée de la célèbre manufacture d’émaux. Après avoir pratiqué la classe du certificat d’étude il se verra chargé de mettre en place progressivement les classes de collège, toutes matiè-res confondues, à deux collègues : un vrai défi !C’est aujourd’hui un enseignant à la retraite. Professeur de collège à Tournon, il le fut depuis 1968, pour enseigner le français mais aussi l’histoire et développer l’expres-sion artistique. Moniteur de colonies de vacances dans sa jeunesse, cela lui permettra d’avoir une relation empathique avec les élèves, même, et parfois surtout, avec les plus éloignés de la discipline scolaire. Il mettra au point ainsi, dans les dix dernières années de sa carrière, une méthode originale d’enseignement plébiscitée par les enfants. Une métho-de approuvée par le ministre de l’Education Nationale d’alors et reconnue par Philippe Mérieux, le spécialiste de la pédagogie sur la région Rhône-Alpes. Elle recouvre les es-sentiels de l’éducationà venir : alternative à la note, fin de l’ennui en classe, bien-être par la non-violence institutionnelle au niveau de la classe, évaluation formatrice et motivante.C’est un personnage discret sans être timide. Il prend sa part dans l’engage-ment citoyen : associations, responsabilités syndicales et politiques, soutien des adultes dans l’apprentissage de la langue française…Du point de vue culturel, il regrette de n’avoir pas rencontré assez tôt la musique, de n’avoir pas cultivé la pratique d’un instrument à l’exception des percussions. Il se rattrapera en participant à de multiples chorales, de la plus populaire comme de la classique et sacrée à la moderne qui associe chansons et chorégraphie. Il s’essaie aussi à l’écriture, sans doute trop tard pour réaliser une œuvre. Le théâtre amateur sera une de ses principales occupations avec la pratique de la photo, particulièrement le portrait. Il a découvert et profité d’un lieu édénique, la Lardenne, un cadre enchanteur et très difficile d’accès.Avec son épouse ils amèneront la différence, à l’époque, chez les élèves de l’école Communale, en y inscrivant deux de leurs enfants venus de Corée. En arrivant à Tournon, il découvrira l’Ardèche, le ski, le Rhône, les grottes et rivières souterraines, le naturisme....Enfin ce fut un grand randonneur. Aujourd’hui une promenade tranquille sur le bord du Rhône accompagné de son épouse, suivi ou précédé de leur chien, lui suffit am-plement, il a dépassé les quatre-vingt ans...
REMERCIEMENTS
À Odile FERRÉ Anne-Marie PORTAL Yves BLANCHARD pour leur relecture attentive autant qu’efficace de ce texte.
PROLOGUEQui ne connaît la trilogie de Marcel Pagnol ? ‘‘La gloire de mon père’’‘‘Le château de ma mère’’‘‘Le temps des secrets’’Cette vie d’instituteur public au siècle der-nier avec ses rentrées scolaires, ses grandes vacan-ces, ses ambitions professionnelles et sa vie fami-liale. Un régal, avec l’accent du midi et le chant des cigales. On connaît moins la vie d’un instituteur de l’autre réseau, le privé confessionnel. C’est le pari qui est fait ici de la dépeindre en suivant Jeannot, l’un des fils du directeur d’école catholique, et croyez-le, les anecdotes sont croustillantes, parfois banales, d’autres peu édifiantes voire scabreuses, le plus souvent ignorées. C’est incarné dans une famille certainement unique en son genre puisque, le temps venu, le pè-re et deux des fils y enseigneront de conserve plu-sieurs années de suite, une entreprise familiale... impossible dans l’enseignement public...Les lieux sont réels. Les faits, comme chacun sait, sortis de l’imagination de l’auteur. Par extraordi-naire, si des personnages ou des institutions venaient à s’y reconnaître ce serait pure coïncidence... Jeannot adulte sera suivi dans cette seconde partie car la marque indélébile de l’enfance forge le devenir...
AŸ LA PÉTILLANTE
Le berceau du champagne  Jean-François ne restera que peu de temps dans ce nouvel environnement, une année scolaire en classe de terminale au lycée public d’Epernay, une demi année en poste d’instituteur à l’école Saint-Augustin de la pa-roisse d’Aÿ. Les deux années suivantes il fera son service militaire à Epinal et sera maintenu sous les drapeaux en Algérie. Pour l’inscription au lycée public, ce n’est pas son père qui s’en chargea, on se doute pourquoi. C’est le frère aîné, toujours lui, qui vint présenter son cadet au principal dont on connaît déjà la rigidité pour avoir interdit le collier de barbe, pourtant taillé avec soin, et en dépit de l’absence de ce point dans le règlement in-térieur  Jean-François découvrira ainsi la vie dans l’autre réseau d’enseignement. Il pourra se faire une idée plus juste des différences et des pertinences de l’un et de l’autre tout en constatant que les mêmes manques, les
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mêmes insuffisances, les travers semblables s’y déve-loppaient allègrement. Il prendra donc, l’année suivant l’obtention de son Bac, sa classe de cours élémentaire, sans plus de préparation. À lui de faire ses préparations, ses correc-tions, sa progression en se servant de ses souvenirs d’é-colier, des manuels et de son intuition pédagogique. Ça lui réussira assez bien tant pour lui c’était sa vocation dans l’attente d’une autre plus élevée, lui semblait-il, mais imprécise encore. Ce qui est certain c’est qu’il fut invité avec son directeur de père dans la famille d’un renommé pro-ducteur de champagne dont il avait le fils en classe, était-ce la famille Gosset, le gérant ? était-ce la famille Roger elle-même, la quelle fournissait la reine d’Angle-terre ? Toujours est-il qu’il fit pour la première fois un repas tout au champagne dans une demeure de rêve et une ambiance amicale voire reconnaissante. Il apprit plus tard que les caves du Champagne Pol Roger, l’au-tre branche de la famille, creusées dans le calcaire du sol d’Epernay, s’étendaient sur plusieurs kilomètres et que les bouteilles se comptaient en millions !  Marité toujours aussi soucieuse de sa ligne choi-sira un poste actif dans les caves Deutz, encore un grand du champagne. Elle y travaillera courageusement jusqu’à ce que le choix du couple l’en délivrera. Dédé entra dans la vie active. Il sera opérateur à la salle de cinéma du lieu. Il faut imaginer les énormes machines qu’étaient les projecteurs pour longtemps en-
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core, jusqu’à l’arrivée du numérique. Il faut imaginer la chaleur provoquée par les charbons incandescents, la surveillance constante de leur consumation, de l’avance alors à régler. Il faut imaginer les kilomètres de films, les nombreuses bobines à changer sur l’un des appa-reils quand l’autre tourne. C’était son travail les soirs de séance, les matinées et les soirées le dimanche. Pendant la semaine il partait ici ou là dans la région proche ou parfois très lointaine pour mettre en place des écrans géants panoramiques, réparer des projecteurs ou enco-re installer des cabines complètes de projections. Son patron pouvait compter sur lui, rapidement il s’aperce-vra de la perle qu’il avait recruté. Après plusieurs années de bons et loyaux servi-ces, il regagnera la Bretagne pour ouvrir son atelier de tournage-fraisage, il emploiera Bernard son cadet. L’a-telier deviendra rapidement une entreprise artisanale prospère.  Pierrot macérait au petit séminaire de Reims, tel un cornichon entre deux petits oignons blancs. Un évè-nement inattendu viendra mettre un peu de change-ment temporaire dans sa vie de reclus. Le feu se déclara dans les greniers du bâtiment. Sûrement spontané-ment… Dans l’attente de la remise en état des dortoirs gorgés de l’eau des pompiers il retrouvera sa famille pour quelques jours, sans trop de regret d’abréger son trimestre.
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Dagobert,l’amiL’aumônerie du lycée d’Epernay organisait, pour les élèves volontaires de terminales, une marche de plus de quarante kilomètres, la nuit, pour se rendre à Notre-Dame de l’Épine. Jean-François dont les questions reli-gieuses ne l’avaient pas quitté s’y inscrivit. C’est ainsi qu’au cours de cette randonnée particulière il ren-contra, même s’il faisait nuit noire, Dagobert le seul étudiant de Côte d’Ivoire de l’établissement. Ce pèleri-nage lui apportera cette amitié qui devait durer. Notre-Dame de l’Épine était aussi réputée depuis des siècles pour faciliter la rencontre amoureuse en vue du maria-ge, il s’en remit au rite : on ne sait jamais, ça peut tou-jours servir !  Dagobert qui logeait à Aÿ sera reçu souvent dans la famille tel un roi mage. Nombreux furent les foyers du quartier qui le choyèrent. Il fut de toutes les sorties, de toutes les fêtes de ses connaissances. En ef-fet à cette date Jean-François et ses amis installèrent le foyer de jeunes de la paroisse, en fait des jeunes gar-9
çons seulement, l’heure n’était pas encore à la mixité généralisée. Activités modestes mais utiles pour faire le lien entre les uns et les autres.  Baby-foot, ping-pong, jeux de société et de car-tes, écoute de musiques choisies, préparation de séan-ces de théâtre d’ombres, courtes randonnées, réveillons de fin d’années, préparation de chars pour le défilé ré-mois du rassemblement des jeunesses agricoles et, pour les aînés, animations des offices dominicaux et prépara-tion du séjour sous tentes à Trèves en Allemagne.  Après le service militaire Jean-François retrouve-ra son ami Dagobert et gardera des liens très forts avec lui bien que ce dernier se trouvât à suivre ses études dans la région parisienne. Des années plus tard, le temps que Dagobert se marie avec une belle ivoirienne -elle avait concouru pour l’attribution du titre de miss Côte d’Ivoire-qu’ils engendre un beau garçon et Jean-François sera appelé à Paris pour transporter la famille dans sa Dauphine, la fameuse Léa, jusqu’à Caen. La marraine invitait pour célébrer le baptême de Didier, l’enfant dont il était lui, le parrain. Plus tard encore il se rendra à Sarcelles pour ré-ceptionner la Mercédès neuve et enfourner famille et bagages direction Valence, nouvelle étape de l’étudiant dans ses études à la faculté libre de droit. Quelle fierté, conduire un tel carrosse quand il était habitué à des vé-hicules d’occasion de beaucoup moins de prestige et quel contentement d’avoir réussi à sortir sans trop de difficultés de la circulation intense de la capitale, même
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s’il s’y était perdu un temps, confondant direction et porte et qu’il dût s’arrêter pour demander son chemin !Installé à Valence Dagobert aura l’occasion de rencontrer plus souvent son ami. Un jour ils se ren-dront en promenade sur les bords de l’Ardèche suivant l’équipe habituelle des collègues et amis baroudeurs. Le hasard, mais en était-ce un, voulut qu’une jeune institutrice trouvât sa place dans la Mercédès du convoi près de Jean-François. Sur place les baroudeurs sacs au dos s’enfoncèrent dans les gorges de l’Ardèche pour la journée. Le couple Dagobert et leur petit Di-dier profitèrent de tout ce temps, un peu long à leur gré, sur les plages de galets. Au retour chacun s’installa comme il était venu dans les véhicules. L’institutrice de nouveau à l’arrière près de Jean-François. Là, grâce à l’ami Dagobert qui n’y était pour rien mais qui fut le maillon évident, les deux passagers de l’arrière pendant les deux heures du trajet trouvèrent le temps de se tou-cher la main et l’on sait à quoi cela peut mener surtout quand on se souvient du rite prémonitoire du pèlerina-ge à Notre-Dame de l’Épine. Quelques mois plus tard, la famille Dagobert en tenue traditionnelle africaine déboulait dans les HLM de Tournon pour fêter les fiançailles du futur couple. Pour marquer la journée on ira passer la fin d’après-midi dans le Vercors tout proche. Ce sera l’occasion de faire des photos inoubliables des trois familles, deux blanches, la troisième noire sur fond de neige immacu-lée.
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