Vive les colos

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Comme le chanterait Pierre Perret :
Les jolies colonies de vacances :
Merci papa !
Merci maman !
Pour moi c'était : Merci Bonne-Maman !

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Publié le 15 avril 2014
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Langue Français
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VIVE LES COLOS
P a g e|1
Bonne-maman a toujours su que le changement d’air pour les enfants était très bénéfique. Pour ceux qui vivaient à la montagne, il leurs fallait un mois à la mer. Et pour ceux qui comme moi passaient le plus clair de leur temps près des flots bleus de la Méditerranée, un petit stage soit à Caraman ou à Brassac suffisait amplement. Afin que je puisse fêter mon anniversaire en famille en Juillet, le cousin Raymond, s’était entendu avec sa cousine germaine, pour descendre en vacances, chez elle, au mois d’Aout. De Caraman, j’ai le souvenir d’une immense forêt ou l’on faisait des jeux de pistes. Il y avait aussi la corvée du courrier à écrire aux parents. Par contre j’étais toute heureuse de recevoir des jolies cartes de leur part. J’ai aussi chez moi un cadeau qui appartenait à mes parents. C’est une ardoise ou j’avais gravé un lapin automate. Il est peint et verni. Je l’ai récupéré, il y a peu chez ma mère. Par contre je me souviens mieux du château à 3 km, de Brassac-sur-Agout. C’était la colonie de vacances de La Caisse d’Epargne de Montpellier. Ma grand-mère y était une fidèle cliente. Juste à côté du château, était une petite ferme, avec des poules, coq, canards et même une vache et je crois avec son veau. J’en garde des souvenirs très diffus de ces animaux. Je me vois encore aller au Peyrou, assez tôt le matin, accompagnée de ma famille, avec mes bagages pour prendre le car. Nos moniteurs faisaient l’appel et une fois notre nom prononcé, c’était les adieux aux parents. Combien d’enfants pleuraient parce qu’ils devaient s’en aller seul, vers l’inconnu. A part les fratries, ceux qui se connaissaient déjà, sans oublier les anciens colons. Nos valises étaient mises soit sur le toit ou bien dans les soutes du bus. Nous montions dedans et regardions attristés nos mamans. Comme nous ne connaissions personne, nous étions tous tranquilles à notre place, sages comme des images. De vrais petits anges. Des fois, à cause d’un retardataire venant en voiture de loin, l’heure du départ était un peu différée. Ce qui nous arrangeait plutôt bien. Mais une fois partis nous étions impatients d’arriver. Loin des yeux loin du cœur était notre devise une fois en route. Même les plus irréductibles, au bout de quelques kilomètres, étaient pris dans le tourbillon de l’aventure qui se profilait à l’horizon. Nous savions aussi que pendant le séjour, le troisième dimanche, nous aurions la visite de nos proches, ce qui nous rassurait. De plus nos monos, nous distrayaient en nous proposant des chansons pour que nous ne nous ennuyions pas. Les uns dormaient. D’autres étaient invariablement malades. Certains lisaient. Les plus téméraires tissaient déjà des liens d’amitiés avec leurs voisins. Pour ceux qui connaissaient déjà le trajet nous savions que nous n’étions pas encore rendus. Que nous devions faire une halte, pour la pause pipi et nous dégourdir les jambes.
P a g e|2 Le voyage retour était bien différent de celui de l’aller. Nous étions beaucoup plus dissipés, et malheureux de devoir quitter nos nouveaux amis. Je savais toujours quand nous arrivions dans les environs de Montpellier. J’avais déjà imprimé dans ma mémoire mes repères. Mais malgré nos vacances merveilleuses, nous étions tous heureux de rentrer chez nous. C’est là-bas que j’ai vaincu la douleur du brossage de mes cheveux. Un jour, avant le souper, une rumeur s’était répandue comme une trainée de poudre. Le soir même nous allions voir un film au cinéma. Le titre en était : Au lion d’or. Après le repas, dans la cour, nous étions excités comme des puces. Mais plus le temps passait, que la nuit tombait, plus nous nous posions des questions. Il nous en a fallu du temps pour comprendre que ce n’était une blague de mauvais goût. Je ne sais pas qui avait lancé la bombe, mais il avait bien réussit son coup. Il nous a tenus en haleine une bonne partie de la soirée. C’est quand, il nous a fallu aller au lit que nos moniteurs nous ont révélé ce que voulait dire en réalité le titre du soi-disant film : Au lit on dort. Les pauvres ! Il leurs en fallut du temps pour consoler les plus petits qui étaient, aussi, les plus déçus. On me l’a fait une fois, mais pas deux. C’est du même style que la chasse au dahu en hiver. Après le repas de midi, nous faisions deux heures de sieste, pour nous éviter les grosses chaleurs. Je l’ai compris cette réalité, le jour où nous sommes partis, à pied, au village, à 13h. Je trouvais injuste de nous priver d’un temps de jeux avec nos copains. Il y avait tant à faire en un temps si court. Un mois est vite passé quand on est jeune, plein de vie et d’une énergie débordante. Nous n’arrêtions pas de courir dans tous les sens. Avant ce temps de repos obligatoire, règlement oblige, nous allions dans un pré pour nous dégourdir un peu les jambes. J’avais trouvé une astuce pour ne pas m’ennuyer pendant ces deux heures de tranquillité et de silence. Je chassais de grosses sauterelles. Quand je pouvais en attraper une, je lui coupais difficilement ses couteaux, pour éviter qu’elle saute à tout bout de champs. Je m’étais rendue compte qu’elle suintait au niveau de la coupure. Je me doutais bien que ça pouvait lui faire mal, mais voilà j’étais égoïste et ne pensais qu’à moi. Je la ramenais avec moi dans mon lit. Si je ne m’endormais pas j’avais un petit compagnon pour jouer sous le couvre-lit. Ni vu, ni connu je t’embrouille. Quand nous ressortions, je la remettais, si elle était encore vivante en liberté. Si, je m’assoupissais, automatiquement, à mon réveil, je la cherchai. La plupart du temps, elle était écrabouillée. Quelques fois, elle était vivante mais en piteux état. Dès fois, elle s’était fait la malle et je ne la retrouvais plus. Et très rarement, dans ses moments là, elle retrouvait sa liberté. Plus tard, j’ai pris conscience avec exactitude de l’atrocité et la cruauté de mon geste envers ces pauvres bêtes innocentes.
P a g e|3 J’ai eu bien du mal à me pardonner, et ce souvenir égocentrique m’a suivi très longtemps.
Nous avions beaucoup d’activités. Celle que je préférais sans conteste était l’apprentissage des danses folkloriques et traditionnelles françaises et étrangères. La musique que je j’appréciais plus que tout était celle d’Israël. Ce qui plus tard, ne c’est jamais démenti. C’est une de mes musiques autre que le Classique qui me ravit toujours autant lorsque je l’écoute. Elle me va droit au cœur. Même plus, elle touche le fin fond de mon Ame. Elle est vive, enjouée, entrainante, même parfois envoutante. Elle a tout pour elle et pour plaire. J’aimais aussi les danses écossaises.
Un jour pour faire peur aux filles, les garçons avaient attrapés tout un attirail d’insectes. Déjà aux yeux de tous j’étais cataloguée comme différente à cause de mon bégaiement. Donc méfiance, méfiance. Pour leurs damer le pion à tous, pour stupéfier les garçons, pour me singulariser aux yeux des filles, j’ai été la seule à m’avancer vers eux, prendre les bestioles dans ma main. Tandis que toutes les filles s’éparpillaient aux alentours, comme des moineaux en poussant des petits cris de frousse. Cela m’était très facile puisque ma grand-mère m’avait appris de ne pas avoir peur des animaux, en me répétant ce propos judicieux : -« Ce n’est pas la petite bête qui mangera la grosse. » En se qui concernait ceux plus grand que moi: les vaches et les chevaux sachant qu’ils étaient végétariens (oups: herbivores) et ruminants, cela ne m’a posé aucun problème pour aller les voir de près. Tandis que les autres gardaient une distance pour pouvoir prendre leurs jambes à leurs cous et déguerpir à toute vitesse, dés qu’ils bougeaient ne fusse les naseaux vers eux ou tourner leurs têtes dans leurs directions. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une fois accompagnée de ma mère et avec toute la prudence qu’il se devait, je m’étais approchée à quelques centimètres d’un guépard allongé, dans son enclos, au Parc Lunaret (zoo) de Montpellier. Ce, qui à ce jour est quasiment irréalisable. Un groupe de touriste Américains, nous ont même filmées, tellement que c’était extraordinaire. Même pour eux. Je devais avoir à l’époque 8 ans. Maman adorait les animaux, les grands fauves en particulier. Dès qu’elle a su qu’il y avait des guépards, chaque Week-end, elle allait les voir. Au fil du temps elle en a apprivoisé un. Chaque fois qu’elle venait, deux minutes après, il pointait le bout de son museau. Il était fidèle au rendez-vous. Il venait se coller au grillage et attendait que ma mère le caresse tout en ronronnant. Je peux en témoigner, puisque j’en ai été souvent, le témoin privilégier de cette scène. Maman avait mon odeur sur elle et il me voyait assez avec elle.
P a g e|4 Donc ce fameux jour quand elle m’a proposé de tenter cette expérience unique, tout c’est passé sans anicroche. Nous étions extrêmement concentrées. Nous agissions comme si nous marchions sur des œufs. La moindre inattention soit de ma part ou celle de maman, aurait pu avoir des conséquences tragiques. J’écoutais très attentivement les conseils de ma mère et faisait strictement ce qu’elle me disait de faire. Ce qui est totalement fou c’est que normalement je n’avais aucune confiance en elle. Pour une fois tous mes griefs envers elle avaient disparus. Et là je la suivais inconditionnellement, les yeux fermés. Au fond de moi, je me suis rendue compte que je vivais un instant d’exception. Je savais intuitivement que jamais plus de ma vie, je ne pourrais plus renouveler cet exploit. Et je voulais en aucune façon le gâcher stupidement. Ce n’est qu’après que nous avons vu l’homme filmant avec sa caméra super-huit. Et c’est discutant avec qu’ils nous ont appris qu’ils venaient des Etats-Unis. Qui sait si quelqu’un là-bas, n’a pas encore conservé, dans ses archives transmit par sa famille cette scène magique ? C’est quand, Youpi le siamois de grand-Bo est apparu dans notre foyer quand j’avais 11 ans et que j’étais en pension, que maman a décidé d’arrêter de peur que son ami ne détecte l’odeur du chat. Qu’il ne le tolère pas. Et maman tenait à conserver tout ses doigts.
Toutes les occasions qui me donnaient l’opportunité de détonner, pour bousculer les colons dans leur façon d’être avec moi, de me juger, toutes ces occasions là, je ne les laissais pas s’échapper. Je voulais leurs montrer par mon attitude singulière, quelque peu provocatrice, à laquelle ils ne s’attendaient pas, que bien que je sois différente à leurs yeux, je pouvais à tous leurs rendre des points. Que je ne me laissais pas enfermer dans la case où ils m’avaient mise. Si la plupart des enfants comme moi acceptaient ces situations sans réagir, ou s’enfermaient dans leurs bulles, soit pas peur ou par timidité, ou se laissaient traiter de cette façon sans rouspéter, ils eurent tôt fait de comprendre qu’avec moi c’étaient une autre paire de manche. Bien que maintenant je puisse expliquer ma façon de réagir, il va s’en dire qu’à l’époque des faits, je n’en avais aucune conscience. Je réagissais uniquement par protection. Et pour me protéger quoi de mieux que de prendre tout le monde à contre sens. Aller dans la direction opposée de là où à peu près tous les gens dans la même situation, vont par habitude, là où tout le monde t’attends. Pour la venue de nos parents, nous préparions une kermesse. Pour accueillir comme il se devait ses invités d’Honneurs si précieux, nous confectionnions, des banderoles, des guirlandes en papier que nous placions dans la cour en guise de bienvenue. Et pour achalander les différents stands pleins d’autres petits lots qui pouvaient être gagnés en jouant ou achetés. Certains venaient en voitures. Les autres venaient dans un car prévu pour l’occasion, Il me semble, mais je n’en suis pas sûre que ce fût offert par la Caisse d’épargne. Je ne sais toujours pas pourquoi, mais la nuit du samedi au dimanche, il m’est arrivé un problème auparavant, m’était inconnu. Jamais au cours de ma jeune vie d’alors, je ne l’avais expérimenté.
P a g e|5 Et d’autant que je m’en souvienne, même dans ma vie d’après, c’est la seule fois que cela m’est arrivé. Je me suis endormie comme d’habitude sans trop penser au lendemain, malgré l’éminence de la venue de ma famille. Normalement une fois la tête posée sur l’oreiller, après le petit balancement d’usage pour me détendre et m’assoupir, je dors d’une traite. Cette fois là, je me réveille en pleine nuit avec une douleur indicible au ventre. Mon lit se trouvait en plein milieu du dortoir. Bien qu’il y ait la veilleuse allumée, je ne savais pas quoi faire. Il faut avouer que j’avais un peu la frousse, car c’était bien la toute première fois que je voyais la chambrée de nuit. Pour ne pas risquer de faire du bruit et de me faire gronder par le veilleur qui avait sa chambre juste à coté de nous, dans un premier temps je décidais de rester couchée en espérant que ça passe. Mais mon malaise ne s’estompait pas. Bien au contraire, il empirait. J’avais tellement mal qu’un instant faisant fi de la révolution que mes appels pouvaient amener parmi mes camarades j’ai failli appeler haut et fort. Me ravisant, prenant sur moi puisque je me ne considérais pas comme une chochotte, ni une doudouille, j’essayais alors de me concentrer sur le parcours le plus direct, que je devais faire pour perdre le moins de temps possible. Soudain la cata. Je venais tout juste de prendre ma décision de me précipiter aux toilettes quand j’entendis un vent, bien qu’étouffé par les couvrantes, faire un bruit du tonnerre. Et dans le silence bien que relatif de l’immense salle, je crus entendre les murs trembler. J’eu peur des réactions à venir. Je me suis pelotonnée dans mes draps. Je me suis faite aussi petite que ma taille me le permettait. Je n’ai même pas osé bouger un cil. Alentours pas un bruit, tout était calme, un silence apaisant. Ouf ! Par un coup de baguette magique, je me sentis soulagée. Je ne ressentais plus rien. Je me suis dit chouette. Rien de grave. Et assommée par tant d’émotions, en si peu de temps, je ne tardais pas, sans me bercer, à plonger dans les bras de Morphée, comme une marmottine bien blottit, au chaud contre sa maman, tout au fond de leur terrier. Le lendemain matin, j’eu du mal à émerger de ma nuit mouvementée. Et là une surprise, pas du chef, m’attendait au tournant Dès que je me suis réveillée, j’ai été gênée, envahie pas une très forte odeur nauséeuse, qui tarabustait mes narines Je pensais qu’un de mes plus proches voisins avait fait pipi au lit, comme cela arrivait occasionnellement. Dans notre groupe, quelques enfants étaient encore atteints d’incontinence enfantine. La punition pour eux était systématiquement de prendre les draps souillés et de les laver, avec l’aide d’un moniteur. Le surveillant poussait même la cruauté de le fanfaronner à tous au petit déjeuner, pour que la pauvre victime ait la honte de sa vie, devant tous. Comme cela leur prenait beaucoup de temps, il ne pouvait pas participer aux activités de la matinée. Ce qui était embêtant pour eux quand le groupe avait prévu de partir la journée entière. Dans ces cas précis, ils étaient pris charge par un autre.
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C’est le seul grief que j’aurais eu à faire contre cette colo. Sinon c’était vraiment un séjour heureux. Mais le système éducatif d’avant Mai 68 était dur et strict. Nous, les enfants étions élevés à la baguette. Et gare à ceux qui déviaient in temps soit peu du chemin bien tracé par les éducateurs quels qu’ils soient. Ils étaient blâmés, remis dans le droit chemin. On ne se gênait pas pour les humilier en public, et même à utiliser les punitions corporelles. Heureusement les monos ne nous battaient pas. Mais les punitions étaient monnaie courante. Personnellement, à l’époque je ne collectionnais pas encore les bêtises plus grande que moi, et j’étais gentille, bien élevée, polie. Je n’étais pas une enfant qui se plaignait à tout bout de champs. Au contraire, j’étais réservée et introvertie. Et comme je m’y plaisais, tout baignait dans l’huile. En un mois, je ne pouvais me faire que des copains, malgré mes particularités, ma personnalité et mon petit caractère bien trempé. Revenons donc, à cet inoubliable dimanche matin. C’est en m’étirant que je sentis que mes draps étaient mouillés. Je croyais que je m’étais oubliée. Que mon mal au ventre provenait de cette forte envie de faire pipi. Jusque là, tout baignait. Il n’y avait pas le feu au lac. C’est quand j’eu mis le pied parterre, que je vis l’étendu des dégâts. Après la cata, le caca !!! J’étais pétrifiée sur place. C’était comme si le ciel m’était tombé sur la tête. Les murs avaient résisté au vent et au coup de tonnerre de la nuit. Mais moi, je n’étais pas vraiment de taille à supporter l’avalanche de reproches et les critiques qui ne manqueraient pas de s’abattre violement sur mon dos et surtout dans mes oreilles. Le temps d’atterrir, une pensée fulgurante me traversa l’esprit et me glaça le sang. J’étais horrifiée par l’idée, simplement l’idée de la journée funeste qui s’ouvrait devant moi. Dimanche ! Nous étions dimanche. Et pas n’importe lequel : l’unique. Celui qu’il ne fallait pas entacher par des imprévus. Celui de tous les bonheurs. Le bonheur de revoir ses parents. Le bonheur de les serrer très fort dans nos bras. Le bonheur des bisous, des câlins, de la tendresse, enfin retrouvés. Le bonheur de leurs présenter ses nouveaux amis. Le bonheur de partager des instants de découvertes. Le bonheur de leurs raconter tous nos faits et gestes. Le bonheur de les emmener dans ma cabane en Crusoé. Le bonheur d’immortaliser cette belle journée par des photos. Et tant d’autres petits bonheurs dont d’anciens colons se souviendront. J’étais dans l’expectative.
P a g e|7 Que va faire, dire cet affreux bonhomme qui ne laissait rien passer ? Allait-il pour une fois être indulgent ? Pour l’instant à croire que tous mes camarades s’étaient donné le mot. Aucuns des draps étaient mouillés. Il faut avouer que c’étaient les mêmes qui s’oubliaient. Donc le contrôle était ciblé. Normalement ces enfants là, étaient tous, proches des toilettes. Pour les autres ce n’était qu’une inspection rapide de routine. Mais là avec le parfum, (non de roses), qui se dégageait de mon lit et de moi, il eu vite fait de se diriger à grands pas, vers l’odeur qui empestait si désagréablement. Tout mon bas de pige moi ça (pyjama) en était recouvert. Et……. Oh ! Pas la peine que je vous en fasse une dissertation. Ni un dessin ! Vous aurez bien compris dans quelle mélasse, je me retrouvais (au propre et au figuré). Ce qui devait arriver arriva. Si ses yeux avaient été des mitraillettes, il y aurait bien longtemps que je ne serais plus de ce monde. Y compris actuellement devant mon ordinateur, pour vous raconter ma vie. Anéantie. J’étais anéantie par ce que je venais d’entendre. Ce monstre de pacotille venait d’édicter sa sentence. J’étais punie. Normal. Si cela n’avait été que cela, la pilule aurait vite passée. J’en aurais pris mon parti. Et j’aurais accepté la sentence s’en rechigner. Mais ce qui m’a fait monter la moutarde au nez, exploser de mes gongs, c’est que la sanction prise était que je ne pouvais pas voir mes parents. Moi qui ordinairement acceptais très docilement les sages et normales décisions des monos, surtout lorsque je savais que je le méritais, je tempestais, je fulminais. Je mis une telle révolution qu’après une bonne douche et le petit déjeuner nous fûmes tous deux convoqués chez le directeur. A sa demande, avec mes mots, je lui ai expliqué que c’était bien la première fois que cela m’arrivait. Je lui fis comprendre que j’avais eu peur d’aller aux toilettes. Que c’était pour cette raison que j’étais restée bien au chaud dans mon lit. Et qu’une fois mon mal de ventre dissipé, je m’étais rendormi comme une bien heureuse, sans me rendre compte des dégâts. Il me fît sortir. En m’en allant rejoindre mes camarades, j’entendis au loin, des brides d’une discussion apparemment houleuse. Puis plus rien. Chose extraordinaire, je pus attendre dans la cour l’arrivée du bus sans revoir qui que ce soit. J’en étais estomaquée. Je me demandais bien si c’était du lard ou du cochon. Qu’est-ce donc, qui allait me tomber dessus ? Mais ce que je craignais le plus était la réaction de ma famille. Surtout celle de ma très chère Maman. A la descente de mes parents de leur transport, je me dirigeais vers eux, toute pimpante.
P a g e|8 Je savourais pleinement l’immense joie, non feinte, de nos retrouvailles. Un vrai petit cabri. Je ne savais pas où donner de la tête. Soudain, je me retourne. Qui vois-je venir à grandes enjambées vers nous: mes deux cauchemars ambulants de l’après petit-déjeuner. Mes pieds furent irrémédiablement collés sur le sol. Mon sourire éclatant se transforma en une moue tristounette et déconfite. Ce qui ne passa pas inaperçu au regard de lynx de ma grand-mère. Elle n’eu pas le temps de se requérir, auprès de moi, le pourquoi de ce subit changement, qu’ils étaient déjà à côté de nous. Après les salutations d’usage, le directeur m’intima l’ordre de m’éloigner pour qu’ils puissent s’entretenir avec ma famille, en me promettant que ce ne serait pas long. Je m’exécutais à contre cœur. De loin je les observais. Surtout les réactions de bonne-maman et de ma mère. Enfin au bout d’un temps qui me paru une éternité, ils se séparèrent tous le sourire aux lèvres. Et comme si de rien n’était, nous avons passée toute les trois une journée magnifique, pleines de surprises, d’aventures et de gaîté. Je m’attendais a des remontrances de ma grand-mère, d’une belle engueulade de ma maman. Rien de rien. Ne voulant pas remuer le couteau dans ma plaie, j’ai suivi le mouvement et me suis amusée comme une innocente aux mains pas pleines. N’empêche que sur le coup, je n’ai compris que pouic. J’étais interloquée. Après le départ de nos visiteurs chéris, je m’attendais quand même au pire. Pas une réflexion. Mon étonnement allait grandissant. Mais il atteignit le zénith quand je vis mon lit tout propre, tout fait. Ce soir là, je ne demandais pas mon reste. Je ne sais même pas, si je me suis bercée, tant que j’étais éreintée, par une journée très riche en émois de tout genre et d’une intensité exceptionnelle. J’étais passée par toute la palette des émotions possibles en un temps record. Ce n’est que bien longtemps après, au cours d’une remémoration de souvenirs avec ma grand-mère, que je sus le fin mot de l’histoire. Au cours de la mini réunion, le directeur lui demanda la confirmation de mes dires. Comme c’était la vérité et que j’étais un colon plein d’entrain, sage, qui participait aux activités avec un entrain non feint, chose exceptionnelle, il décida en accord avec le surveillant de passer l’éponge. De plus que ce dernier, a part mon balancement qui gênait un peu mes camarades n’avait vraiment rien à me reprocher. Il avait même avoué à son supérieur qu’il avait vraiment été étonné que cela me soit arrivé. Ayant très mal dormi à cause de problèmes personnels, il s’était laissé emporter et dépassé par cet évènement.. Enfin qu’il n’avait pas maitrisé la situation. Il s’en était même excusé au près de mes parents. Il fut décidé de ne rien me dire et de faire comme si de rien était. Ces vacances se sont terminées sur des roulettes et sans aucunes autres anicroches. L’année d’après ce fut une autre paire de manche. Elles ont failli se finir tragiquement. Les moniteurs nous avaient formellement interdit de monter jouer dans le dortoir. Ce que nous nous sommes empressés d’occulter. La dernière semaine, un jour après le repas du midi, avec quelques de mes camarades, nous voilà pour nous amuser entrain de courir entres les lits. Je ne sais comment, ma jambe s’accroche à un pied de lit. Je n’arrive pas à me retenir.
P a g e|9 Et patatrac: je m’étale de tout mon long, ma tête venant heurter violemment l’autre pied du même lit. Je me suis retrouvée à l’hôpital le plus proche où on m’a mis quelques points de sutures. Qu’elle ne fut pas la mauvaise surprise de mes parents lors de mon retour de colo en voyant le résultat. Ma mère était aux cents coups. Il faut vous avouer que lors de notre correspondance, je ne m’en étais pas vantée, de peur de me faire gronder. En fin de compte c’était reculer pour mieux sauter à deux pieds cette fois-ci à mon arrivée dans la tourmente. Et là pas moyen de nier l’évidence. J’ai eu tout de même un peu de répit. Quand à mes monos eux aussi avaient gardé, le secret pour ne pas les inquiéter.
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