Livre numérique et terminaux de lecture, quels usages ? – note d’analyse

Livre numérique et terminaux de lecture, quels usages ? – note d’analyse

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Description

À l’occasion des Assises du livre numérique du 19 mars 2015, l’Hadopi (DREV) publie une note d’analyse sur les usages des terminaux de lecture.
Les prochaines Assises du livre numérique se tiendront au Salon du Livre de Paris et auront pour thème « Ebook, applications, Web : ce que nous apprend le livre pratique ». La présente note propose une analyse des usages des terminaux de lecture selon les profils de lecteurs et les comportements de lecture.
En particulier, un focus est réalisé sur les genres de livres lus en numérique (livre pratique notamment) et les usages des supports de lecture.
Cette note s’appuie sur l’étude Hadopi-GLN « Perceptions et usages du livre numérique » réalisée par l’IFOP (octobre 2014).

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Publié le 17 mars 2015
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Langue Français
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Hadopi Département Recherche,
Etudes et Veille (DREV)
Livre numériqueet terminaux de lecture,
quels usages ?note d’analyseDans le cadre de la missionlégale d’observation des utilisations licites et illicites de l’Hadopi,le Département Recherche, Etudes et Veille (DREV) a mené avec le Groupement pour le Développement de la Lecture numérique (GLN), une étude exploratoire sur les usages du livre numérique, confiée à l’institut IFOP. L’objet de la présente note d’analyse est deréaliser un focus, à partir de cette étude, sur les spécificités des usages de lecture selon le terminal, à l’occasion des Assises du livre numérique du 19 mars 2015.
Source : Etude Hadopi - GLN sur les«Perceptions et usages du livre numérique», réalisée par l’institut IFOP- octobre 2014.
L’article L. 331-13-1° du Code de la propriété intellectuelle confie à l’Hadopi une mission générale d’ «observation de l'utilisation licite et illicite desœuvreset des objets auxquels est attaché un droit d'auteur ou un droit voisin sur les réseaux de communications électroniques utilisés pour la fourniture de services de communication au public en ligne».La mission légale d’observation de l’Hadopi détaillée par l'article L. 331-23 du CPI comprend une série d’actions et d’objectifs incombant à la Haute Autorité.
Le Département Recherche, Etudes et Veillede l’Hadopi met en œuvrecette missionà travers la conduite de travaux d’étude et de recherche sur différentes catégories de biens culturels dématérialisés, notamment la musique, les films et séries TV, le jeu vidéo et le livre numérique. Le DREV a souhaitémener avec le GLNen 2014 une étude exploratoirespécifiquesur les usages et perceptions liés à la lecture de livresnumériques. Cette étude s’est articulée autour de 4 grands axes : Les usages et attitudes des lecteurs L’offre et l’expérience d’achatLes leviers et freins au développement de la lecture numériqueLes pratiques licites/ illicites
L’étude a été conduite selon une méthodologie en 3 phasescomplémentaires: 1.Une phase de cadrage de façon à déterminer le profil des lecteurs : étude quantitative par téléphone auprès d’un échantillon de 3000 individus,représentatif des Français de 15 ans et plus2.Une phase qualitative permettant d’analyser en profondeur les usages et attitudes des lecteurs : 4 focus groupes de 3h30 3.Une phase quantitative permettant d’estimer le poids des pratiques identifiées en phase qualitative au sein d’un échantillon représentatif des lecteurs de livres numériques de 15 ans et plus : 1000 individus interrogés en ligne.
PROFIL DES LECTEURS EN NUMERIQUE
11% des Français lecteurs de livres numériques
Périmètre del’étude
Tous types de livres numériques (romans, livres pratiques ou art de vivre, scolaires, BD et mangas…), lus sur écran, en dehors des magazines et journaux.
« Sur le confort, je préfère le papier mais [le livre numérique] c’est accessible de partout»
« Pas de concurrence entre les livres numériques et les livres papier. Ça peut remplacer un livre papier mais un livre c’est un livre »(phase qualitative).
Petits/ moyens/ gros lecteurs
Une segmentation dans l’étude entre petits lecteurs (1 à 4 livres numériques lus sur les 12 derniers mois), moyens (5 à 10) et gros lecteurs (11 livres et plus) de livres numériques.
Taux de pénétration et profil
1 Selonl’étudedes « » , Perceptions et usages du livre numérique 11% des Français de 15 ans et plus sont des lecteurs de livres numériques. Il s’agit d’un lectorat plutôt masculin, jeune (surreprésentation des 15-34 ans), citadin et de catégorie socio-professionnelle élevée. Les gros lecteurs en numérique sont de gros lecteurs de livres imprimés
Dans la majorité des cas, on constate des volumes de lecture déclarés qui sont similaires entre livres numériques et livres imprimés. Les gros lecteurs de livres numériques sont ainsi pour la plupart de gros lecteurs de livres papier.
La phase qualitative fait néanmoins apparaître des différences de perceptions entre livre imprimé et livre numérique : si le livre physique garde la valeur symbolique et suscite une relation affective à l’objet, le livre numérique est avant tout valorisé pour sa fonctionnalité, avec en contrepartie une relation plus distante à un support qui semble à la fois moins personnel et moins « sensuel ». Il apparaît ainsi comme un produit secondaire par rapport àl’offre imprimée. Une majorité de « petits lecteurs » de livres numériques
Au sein de cette populationde lecteurs d’ebooks, on observe une large majorité de « petits lecteurs » (58%), par rapport aux « moyens » (22%) et aux « gros lecteurs » (20%).
On note des différences de profil entre ces catégories de lecteurs : les « gros lecteurs» ont un profil plus féminin que l’ensemble des lecteurs de livres numériques, avec également une surreprésentation de l’Ile-de-France, des 25-39 ans et des diplômés d’études supérieures.A l’inverse, les «petits lecteurs » sont largement masculins, avec une surreprésentation des 40 ans et plus.
1 Etude HadopiGLN réalisée par l’IFOP ;oĐtoďre ϮϬϭ4Ϳ,http://www.hadopi.fr/observation/publications/etude-des-perceptions-et-usages-du-livre-numerique-0
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Un profil de lecteurs de livres pratiques numériques similaire à celui de l’ensemble des lecteursd’ebooks: une majorité d’hommes (58%) et un lectorat essentiellement < 50 ans(53% de 15-34 ans, 31% 35-49 ans et 16% de 50 ans +).
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Les livres pratiques, art de vivre et loisirs sont lus par 19% des lecteurs de livres numériques, dont 5% pour lesquels c’est le genre lu le plus souvent. On retrouve, comme pour d’autres genres, un taux plus élevé chez les gros lecteurs d’ebooks: 28%d’entre euxlisent des livres pratiques numériques.
Les romans sont de loin le genre le plus lu ennumérique
Les romans sont de loin le genre le plus lu en format numérique (54% des lecteurs, dont 41% pour lesquels c’est le genre lu le plus souvent),devant les livres scientifiques (30%), les bandes dessinées et mangas(27%) et les livres d’actualité (20%). Livres pratiques, arts de vivre et loisirs
Les genres lus en numérique
59% des utilisateurs de liseuse lisent en moyenne plus de 30 min par session de lecture (51% pour la tablette, 38% pour le smartphone).
LES TERMINAUX
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«A l’étranger avec juste 3 bouquins chacun, on s’est retrouvé sans rien à lire et je me suis dit: ‘tiens, si j’allais sur le Net via [ma tablette] »(phase qualitative).
Tablette et ordinateur : principaux supports de lecture
Le terminal comme clef d’entrée
La phase qualitative de l’étudecomplète ces résultats et montrequ’onvient souvent à essayer le livre numérique suite à une contrainte (de type stockage, transport). L’expérimentation permet alors de dépasser les réticences préétablies (fatigabilité, lisibilité notamment) concernant la lecture de livres numériques.
Taux d’utilisationLa tablette (37%)et l’ordinateurportable ou mini PC (33%) sont les plus utilisés pour la lecture de livres numériques, loin devant la liseuse (24%).
C’est néanmoins la liseuse qui offre la meilleure expérienceglobale de lecture selon les interviewés, devant la tablette, qui arrive en deuxième position, les autres supports se situant plus en retrait. La liseuseest d’ailleurs davantage utilisée par les moyens et gros lecteurs en numérique(37% de taux d’utilisation chez ces profils).
La liseuse est notamment valorisée pour sa facilité de transport, sa capacité de stockage, la facilité d’accès aux livres téléchargés et une fatigue oculaire générée par l’écran inférieure à celle des autres supports.supporte Elle d’ailleursdes sessions de lecture plus longues en moyenne que les autres supports et est utilisée aussi bien de façon sédentaire qu’en mobilité.
L’étude fait apparaître l’importance du terminal commeclefd’entrée dans la catégorie livre numérique : le terminal a servi de déclencheurà l’essai de la lecture en numérique pour 46% des lecteurs interrogés.A l’inverse, près de la moitié (47%) des gros lecteurs de livres numériques déclarent être venus au livre numérique de manière délibérée, parce qu’ils avaient «envie d’essayer ce nouveau format ».
Expérience de lecture selon le terminal
«Je lis sur l’écran le plus pratique : dehors le smartphone, chez moi au calme,l’ordinateur portable »(phase qualitative).
31% des 15-24 ans lisent des livres numériques sur smartphone (vs. 26% pour l’ensemble)et 39% sur ordinateur portable ou mini PC (vs. 33%).
On constate de plus certaines différences selon le terminal : alors que le smartphone correspond davantage à un appareil de complément (59% des lecteurs sur smartphone lisent sur au moins un autre terminal), la liseuse est plus souvent utilisée comme unique support de lecture (dans 66% des cas), confirmant son statut de support de lecture dédié.
Des préférences selonle profil et le genre lu
Profil d’utilisateursselon le terminal
On constate desdifférences d’utilisationdes supports de lecture selon le profil de lecteur: l’ordinateurportable/ mini PC et le smartphone sont davantage utilisés par les 15-24 ans ; la liseuse est plus employée par les femmes (31% vs. 24% pour l’ensemble) ; tandis que l’ordinateur fixe est plus utilisé par les hommes (20% vs. 17% pour l’ensemble)les 40 ans et plus (22%). Ces préférences sont à relier et aux genres lus selon le terminal. Selon le genre de livre lu, une tendance à privilégier certains terminaux
46% des lecteurs de livres pratiques lisent sur tablette, 39% sur ordinateur portable/ mini PC et 28% sur smartphone.
La liseuse est très largement utilisée pour la lecture de romans (80% des utilisateurs de ce support lisent des romansvs. 54% pour l’ensemble). La tablette est privilégiée pour la lecture de BDs/ mangas (35% des utilisateurs vs. 27% pour l’ensemble) et de livres pratiques, art de vivre et loisirs (24% vs. 19% pour l’ensemble). Lordinateur sert davantage pour la lecture de livres scientifiques, scolaires ou professionnels (49%vs. 40% pour l’ensemble) et les livres de sciences humaines (30% pour lordinateur portable vs. 23% pour lensemble).
Si 74% des lecteurs déclarent lire des ebooks sur un seul appareil, les gros lecteurs ont plus tendance à mixer les terminaux de lecture (40% lisent sur plusieurs appareils).
Le plus souvent, un terminal principal
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Le genre lu en numérique est également à considérer en lien avec le format : les lecteurs de romans, très souvent utilisateurs de liseuse, sont sous-représentés sur le format enrichi (37% ont déjà lu un livre enrichi dont 9% en lisent régulièrement).
2,1 plateformesd’accès utilisées en moyenne pour se procurer des livres numériques
Les fonctionnalités de travail et de repérage sur les appareils de lecture sont davantage utilisées par les lecteurs de livres pratiques, arts de vivre et loisirs et de livres scientifiques, techniques, scolaires ou professionnels.
Concernant les livres de sciences humaines, ce sont davantage les fonctions liées à la prise de notes et création de critiques qui sont employées ; tandis que les lecteurs de romans sont plus représentés sur les fonctions de confort de lecture (changement de police, couleur de fond, luminosité notamment). Format et terminaux
Les lecteurs de livres pratiques se servent davantage que les autres lecteurs de fonctionsde sélection et classement de l’information: notamment le dictionnaire, la mise en surbrillance du texte et la possibilité de prendre des notes, le classement des livres de la bibliothèque par tags ou notes etla construction d’un lexique spécifique.
Si 44% des lecteurs ont déjà lu des livres numériques au contenu enrichi (dont 12% régulièrement), cette proportion est plus élevée chez les lecteurs sur ordinateur portable (54%), fixe et tablette tactile (51%), ainsi que chez les gros lecteurs (52%).
Les lecteurs de livres scientifiques ou scolaires, emploient eux plus que la moyenne des fonctions qui facilitent le travail sur le texte telles que la recherche plein-texte et la possibilité de mettre le texte en surbrillance et de prendre des notes.
On notera enfin que les gros lecteurs, les lecteurs sur plusieurs terminaux et les lecteurs sur liseuse notamment, varient en moyenne un peu plus les plateformes d’accès à l’offre de livres numériques.
Le choix du terminal de lecture apporte également un éclairage sur les modes d’accès aux livres numériques.85% des lecteurs utilisent le plus souvent le même appareil pour se procurer leurs livres numériques et pour le lire, c’est notamment vrai dans 94% des cas sur l’ordinateur, tandis que la liseuse est un peu moins utilisée comme support de procuration (33% des lecteurs sur liseuse utilisent un appareil différent pour se procurer leurs livres numériques et pour les lire).
Par ailleurs, 34% des lecteurs ont recours au magasin associé par défaut à leur terminal pour accéder aux ebooks, notamment les utilisateurs de tablettes (43%) et de liseuse (41%).
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Selon le genre lu, une tendance à employer des fonctionnalités distinctes
Des canaux d’accès privilégiés selon le terminal
56% des lecteurs de livres pratiques ont déjà lu des livres enrichis, dont 17% en lisent régulièrement.
2,7 chez les gros lecteurs, 2,5 chez les lecteurs qui mixent les terminaux et 2,3 canaux chez les lecteurs sur liseuse.
CONCLUSIONS
Clef d’entrée importante pour venir au livre numérique,le choix du terminal de lecture fait également apparaître certaines tendances en termes de profil de lecteur (sexe, âge) et de comportements de lecture (genres lus en numérique et canaux d’accès à l’offre de livres employés notamment). Ainsi, les 15-24 utilisent davantagel’ordinateur portable/ mini PC et le smartphone comme supports de lectureque l’ensemble de l’échantillon; les lecteurs de BDs/ mangas et de livres pratiques lisent plus sur tablette quel’ensemble des lecteurs.
Le terminal éclaire aussi sur la satisfaction concernant la lecture en numérique : les plus équipés en terminaux dédiés, liseuse notamment, se montrent plus satisfaits tant par la lecture sur écran que par les livres numériques en général, auxquels ils trouvent plus d’avantages que le reste de l’échantillon. A l’inverse, les lecteurs sur ordinateur évaluent moins bien leur expérience de lecture sur ce support et voient moins d’avantages aux ebooksque la moyenne de l’échantillon.
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Thème : Frédéric Nassar modifié DREV
hadopi.fr
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