Ces prénoms qui dérangent

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cahier32-58 4/02/09 21:09 Page46
SOCIÉTÉ
LES “LISTES BASRI” DE PRÉNOMS AUTORISÉS SONT TOUJOURS D’ACTUALITÉ Ces prénoms qui dérangent
Le Maroc interdit les prénoms berbères «parce qu’ils sont incompatibles avec l’identité marocaine».
Les consulats marocains à l’étranger reconnaissent l’utilisation d’une «liste de prénoms autorisés par le ministère de l’Intérieur». Au Maroc, l’interdiction de certains prénoms amazighs est actuellement contestée devant des tribunaux administratifs. ’affaire a fait grand bruit ces derniers lanLdaisTrouwaffirme que le Maroc a récem-jours aux Pays-Bas. Dans son édition du 28 janvier 2008, le quotidien néer-ment envoyé des instructions à l’ensemble de ses services consulaires afin d’interdire
les prénoms amazighs. Une mesure qui toucherait directement la communauté néer-lando-marocaine, dont la plupart des mem-bres sont originaires du Rif. Selon Idris Bajdi, un «haut responsable maro-cain» cité par le quotidien, le Maroc interdit les prénoms berbères «parce qu’ils sont incom-patibles avec l’identité marocaine, et parce qu’ils ouvrent la porte à une prolifération de prénoms dépourvus de sens». Cette décision scandalise Samira Bouchibti. Dans les colonnes deTrouw, la députée néer-lando-marocaine du Parti travailliste s’in-surge: «Nous devons nous débarrasser de ces listes de prénoms et de cette ingérence. Je veux pouvoir décider toute seule du nom que je donne à mes enfants. C’est discriminatoire!». Au consulat marocain d’Amsterdam, on dément formellement avoir reçu de telles
46MAROC HEBDO INTERNATIONALN°825 du 06 au 12 février 2009
instructions. Un fonctionnaire de l’état civil reconnaît cependant que le ministère de l’In-térieur leur envoie régulièrement une liste actualisée -mais «pas exhaustive»- des pré-noms autorisés afin qu’ils puissent appliquer «les dispositions en vigueur». Le consulat de Bruxelles reconnaît également l’existence de cette liste, mais assure que les Marocains qui le souhaitent peuvent choisir des prénoms amazighs «si le sens du prénom est conforme à la loi» (lire ci-contre). A l’ambas-sade du Maroc à Paris, on est un peu plus explicite: les Marocains qui viennent déclarer la naissance de leurs enfants «doivent regar-der la liste et vérifier que le prénom choisi est autorisé». On nous indique même que la liste est à la disposition du public sur le site internet du ministère marocain des Affaires étrangères. En effet, dans la rubrique “Action consu-laire”, un fichier PDF intituléListe des pré-noms approuvés par le ministère de l’Intérieur recense les prénoms “litigieux” autorisés ou refusés par la Haute commission de l’Etat civil. Mais le document de 18 pages est en grande partie incomplet ou illisible.
Actualité En mai 2008, le ministre de l’Intérieur, Cha-kib Benmoussa, avait pourtant affirmé devant la Chambre des Représentants «qu’il n’existe aucune liste limitative pour la liberté des citoyens en la matière». Les “listes Basri” établies en 1996, annulées par un dahir de 2002, seraient donc toujours d’actualité. Et les ambassades et consulats marocains à l’étranger ne sont pas les seuls concernés. Au Maroc, les exemples de refus de prénoms sont légion. Si Sarah a été refusé il y a trois ans à Meknès à cause de sa conno-tation juive, les cas les plus polémiques -et qui ont souvent gain de cause devant les tribu-naux administratifs- concernent les prénoms amazighs. Le recteur de l’IRCAM, Ahmed Boukouss, affirme cependant que ces refus sont le fait d’initiatives personnelles et localisées. «La