1 James Thwaites
Autour de la mondialisation : éléments dintroduction
UN CONCEPT A FACETTES MULTIPLES
C’est Marshall McLuhan qui nous donna le concept du «Global Village». Ce concept évoque l’image d’un contact immédiat et continu avec le monde entier, de la région la plus proche à celle la plus éloignée. Cela fut rendu possible, dans un premier temps, par diverses phases de découvertes scientifiques dans le domaine de la communication, de la diffusion de la page imprimée à la transmission de signaux, de la voix humaine et enfin de l’image. Aujourd’hui, ce monde rapproché s’aborde sous ses diverses dimensions : culturelle, sociale, économique, politique, etc. Pour décrire ce monde nouveau, en expansion et en interaction, il fallait soit adapter un vocabulaire existant, soit forger un nouveau vocabulaire approprié. Ce dont nous nous servons 2 aujourd’hui est issu de ce double courant de connotation et de néologisme. On décèle une certaine continuité entre le « national » et l’« international ». Le terme « mondial » est utilisé tantôt en tant que synonyme de « international » tantôt comme quelque chose de distinct. Avec le temps, les termes se transforment. Prenons, par exemple, la question nationale. Elle occupait le discours de l’humanité pendant une bonne partie des deux derniers siècles et continue à l’occuper. Pendant ce temps, elle 3 évoluait d’une façon substantielle et couvre encore plusieurs réalités de nos jours . De la même manière, le concept « international » possède sa propre complexité issue de plusieurs décennies d’utilisation. Le concept « mondial » est le plus jeune des trois et il évolue toujours. En effet, l’utilisation du concept soeur, la « mondialisation », se manifeste de plus en plus depuis environ une quinzaine 4 d’années. Notons que lePetit Roberttandismondial » de synonymes international » et « de 1973 traitait « que leLe Dictionnaire des Mots contemporains1991, du même éditeur, présentait une véritable famille de de mots associés au dernier terme : « mondialisation », « mondialiser », « mondialisme », « mondialiste », 5« mondialité » exemples à l’appui. On nous explique, entre autres, que la « mondialisation » décrit les fluctuations du phénomène appelé le « mondialisme ». On définit souvent un concept en le comparant à d’autres. Ce fut le cas avec « national » et « international ». En ce moment, on le fait avec « international » et « mondial ». Certains auteurs récents identifient ce premier en fonction de relations bi-directionnelles ou mutuelles entre, par exemple, deux États et ce dernier en fonction de relations multi-directionnelles entre plusieurs États, ou encore entre 6 tous les États du monde . Pourtant, dans la pratique actuelle, on continue à parler des ministères aux affaires « internationales », des organisations « internationales », de profils « internationaux » d’études, etc. Enfin, les programmes d’études « mondiales » ne paraissent pas encore dans les listes de cours de nos universités. Ainsi, la mondialisation en tant que concept est relativement nouveau. Cependant, derrière ce concept se trouvent des racines très profondes. De nos jours, sans doute à cause des débats entourant les ententes commerciales contemporaines, on y prête souvent une coloration économique et commerciale. En effet, l’idée du commerce entre des nations est très ancienne. On n’a qu’à penser aux histoires séduisantes, qu’on nous racontait dans notre enfance, des navigateurs-marchands grecs ou romains de l’antiquité, ou, plus tard, des voyages de Marco Polo en Orient, de la route de la soie, des caravanes de chameaux traversant les déserts nord-africains avec leur marchandise. Nos manuels scolaires nous racontaient également divers événements significatifs comme : la « réouverture » de la Méditerranée après l’ère de l’expansion de l’Islam ; la mise sur pied de la Ligue hanséatique dans les ports du nord de l’Europe ; l’élaboration du régime mercantiliste au sein de l’Empire britannique ; ainsi que du projet du libre-échange promu au dix-neuvième siècle par la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, dans nos journaux et revues populaires, on discute constamment du libre-échange « mondial », ou « universel »,